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LES PSAUMES LUS A NAZARETH

Guide à la lecture et utilisation des Psaumes

réalisée sous la direction du

P. ÉVODE BEAUCAMP o.f.m.

avec un commentaire “nazaréen” de

Fr. LINO DA CAMPO, f.s.f.

 

 Le commentaire est divisé en trois parties précédées de trois mots :
« Israël » : pour rappeler la sensibilité de l’Ancien Testament;
« Église » : qui indique la sensibilité chrétienne du Nouveau Testament;
« Nazareth » : qui offre une lecture de chaque psaume à la lumière de Nazareth.

 

 

 

Prologue

 

“Venez et voyez” (Jn 1,39) et les deux disciples sont allés et ils ont vu, ls sont devenus des témoins et, à la lumière de leur expérience et de leur témoignage, aujourd’hui nous marchons encore.

Si nous entendons résonner la même invitation dans notre cœur ,nous entrons “sous l’humble toit de Nazareth”, qui hébergea la famille de Joseph, avec Marie et Jésus, notre esprit et notre cœur s’ouvrent à une contemplation spéciale des relations possibles et idéales avec Dieu et avec les hommes.

La maison de Jésus, Marie et Joseph à Nazareth est une école où nous devenons plus humains et plus divins. C’est le temple où Dieu s’incarne de plus en plus profondément et où l’homme sympathise avec le divin. C’est le temple de la rencontre de Dieu avec l’homme dans l’humanité de Jésus.

Quand l’esprit et le cœur vivent à Nazareth, les sentiments de Nazareth en prennent possession peu à peu et ils les rendent nazaréens, en les enrichissant d’émotions et de sentiments humains et divins, incarnés, immanents et transcendants.

 

Dans la vie publique de Jésus, on dirait que fleurit ce qu’il a cultivé à Nazareth avec Marie et Joseph. Il y a surtout les relations avec Dieu, dans lesquelles il commence à manifester le vrai visage du Père. Sur le chemin de cette sensibilité filiale, la prière des psaumes confluera dans le Notre Père.

En tant que bon Juif, Jésus ne modifiera pas le texte des psaumes et ses disciples ne le feront pas non plus. Mais dans l’Évangile et dans les Actes des Apôtres on perçoit qu’il y a eu une évolution mystérieuse dans la manière de les célébrer. Presque imperceptiblement, mais en profondeur, du psaume célébré avec de la mentalité israélienne et hébraïque, on passe au psaume célébré avec de la mentalité chrétienne, des Psaumes de David au Notre Père de Jésus et de l’Église. En célébrant avec un cœur nazaréen-chrétien les psaumes, il nous est donné d’en découvrir et d’en récupérer, jour après jour, leur humanité, leur modalité chrétienne et nazaréenne.

 

Célébrés à Nazareth, parfois les psaumes nous portent à louer et à adorer Dieu le Père, en nous unissant au regard d’amour religieux de Jésus, Marie et Joseph.

Le regard passe du temple de Jérusalem, imposant et hiératique, à l’humble maison de Nazareth, le temple de l’incarnation et du quotidien, où Jésus, Marie et Joseph vivent leur foi et nous enseignent à vivre la nôtre et où ils parlent avec Dieu le langage de l’intimité et de l’humilité, le profil le plus beau de l’amour.

Parfois le regard est centré sur Jésus. Marie et Joseph regardent vers lui. Et nous regardons aussi vers Lui avec eux. De sa présence et en sa présence vivent Marie et Joseph; ils sont ainsi le germe initial de l’Église et de chaque communauté chrétienne. Avec Lui et en le regardant, nous affinons notre intimité avec Dieu.

Jésus, Marie et Joseph constituent le noyau initial de l’Église. Leur prière devient de plus en plus chrétienne, puisque Christ la rend « sa prière ». La plénitude de la prière du Christ sera célébrée dans sa Pâque : le Fils de Dieu, à travers la porte de la mort, passe du côté du Père et il nous apprend le chemin de l’amour de Dieu à l’homme et de l’homme à Dieu. De Marie nous savons qu’elle a dépassé la limite du temps pascal de Jésus pour s’ouvrir au nôtre, pour nous rappeler que, si une épée lui a traversé le cœur, la bouche peut chanter encore son magnificat, parce que soit la vie, soit la mort sont un hymne à Dieu et un hymne à l’homme.

Nazareth est une école de vie, c’est un atelier spirituel, c’est un style de vie, où tous les sentiments humains et divins deviennent “chrétiens”. A Nazareth le cœur commence à se purifier et les mêmes psaumes deviennent chrétiens. Alors l’enseignement fondamental sera : nous tâcherons d’aller à Nazareth en chantant les psaumes avec la foi d’Israël et de sortir de Nazareth en chantant les psaumes avec la foi chrétienne.

 

Frère Lino da Campo.

 

 

 

 


PSAUME 1 : EN GUISE DE PRÉFACE

 

Israël. En guise d’introduction au psautier, le poète entend saluer et féliciter ceux qui ont choisi de s’attacher aux préceptes du Seigneur. Le juste est d’abord défini négativement par son refus d’entrer dans le jeu des méchants, c’est-à-dire du « sans loi », du pécheur et des moqueurs. Mais deux motifs amènent surtout le chantre à célébrer la conduite du fidèle : la loi de Dieu est au cœur de sa méditation : alors, tel un arbre bien planté et toujours vert, il atteint, dans la demeure de Dieu, la stabilité et la plénitude d’être. Un autre fait garantir la réussite de sa vie : il a remis sa route entre les mains de Dieu, alors que le pécheur, paille emportée par le vent, s’engage sur un chemin qui ne mène nulle part.

 

Église. Tout homme est un voyageur sur terre, mais plus que toute autre, la vie du chrétien implique un choix décisif : où il va se perdre, seul, sur une route qui mène à l’échec et à la ruine; où il s’engage à marcher avec Dieu, selon ses indications :

« Tout homme qui entend les paroles (du Seigneur) et les met en pratique, peut être comparé à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. » (Mt 7, 24).

 

            Nazareth. Heureux est l’homme qui… se plaît dans la loi du Seigneur.” Nous pouvons non seulement contempler ce grand “amour de l’alliance” (= la loi en est le témoin fidèle,) que le psaume proclame, en Jésus, Marie et Joseph; mais nous pourrons le transfigurer aussi en le paraphrasant : “Heureux qui a mis sa demeure dans la maison de Jésus, Marie et Joseph à Nazareth.” Là il rencontrera Dieu, qui s’est mis à la portée des hommes ses frères. Et nous pouvons nous demander aussi : qui sera heureux dans la vie ? La réponse sera toujours : celui qui est heureux dans la loi du Seigneur Jésus. Celui qui demeure avec Jésus, Marie et Joseph à Nazareth. Celui qui fait de sa vie une demeure où il peut vivre avec Dieu.

 

USAGE :        Engagement ou décision à prendre

Discernement spirituel

Retraite

TEXTE : Mt 7, 24

 

 

PSAUME 2 : IL Y A UN ROI À SION

 

Israël. Les rois sont en révolte; sans doute par suite de la mort du souverain de Jérusalem. Ce rejet des liens de sujétion étonne, car il ne sert à rien. Du haut de son trône, Dieu s’en amuse; il lui suffit de parler pour que tout tremble. Le Seigneur va siéger en se con­sacrant un roi, à Sion. Ce nouveau venu se présente alors comme le fils « engendré », adopté, dans « l’aujourd’hui » d’un acte liturgique. Ce qui importe maintenant pour les rois, c’est de se soumettre dans la crainte de Dieu car la fureur du Seigneur leur serait fatale.

 

Église. Les puissants du monde ont beau s’agiter, se soulever, leur victoire restera toujours passagère. On peut croire que Dieu est mort, ou plutôt son Christ, mais celui-ci ne meurt que pour res­susciter; en Lui, toutes les puissances ennemies sont vaincues. Le Christ, l’Oint de Dieu sera le Roi des rois et 1e Seigneur des seigneurs; « une voix clame : désormais la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu et la domination à son Christ ».

 

            Nazareth. Psaume messianique, qui se purifie dans le mystère de Nazareth, où l’incarnation de l’amour de Dieu pour son peuple dépasse les attentes de son peuple.

            Dans le cœur de Jésus, Marie et Joseph, se profile le visage du vrai Messie peu à peu : “il dominera” avec la force de la grâce, il anéantira les ennemis avec le pardon et l’amour qui les rend amis, il les soumettra à la loi de l’amour qui les libérera de tout autre esclavage.

            Le vrai Messie régnera sur trône de la croix et du trône du sein de sa mère.

 

USAGE :        Noël, Pâques

Célébration communautaire analogue à celle que vit la communauté primitive en Ac 4, 24-30, à un moment de persécution aigüe..

TEXTE : Ap 2, 26-28

 

 

PSAUME 3 : CHEZ DIEU AVANT L’ATTAQUE DE L’ENNEMI

 

Israël. Le suppliant expose le danger de sa situation : les ennemis atta­quent avec une supériorité écrasante, doutant que Dieu inter­vienne en faveur de son fidèle. Celui-ci s’affirme, certain du contraire : non seulement le Seigneur assurera sa défense, mais le salut divin donnera à sa démarche une allure victorieuse et triomphante; il ne craint pas car le Très-Haut le tient en main. Sa foi est même puissante et sereine au point que, Dieu,veillant, il jouit d’un sommeil tranquille au milieu du brouhaha des armes; le Seigneur répond favorablement à la confiance de son servi­teur, de sorte qu’à son réveil, il ne voit plus autour de lui qu’un adversaire réduit à 1’impuissance.

 

Église. C’est ancré en Dieu que le chrétien peut affronter sans peur l’hostilité d’un monde démesurément fort, avec la sereine certi­tude de la victoire finale. Faute de cette attache solide, nom­breux seront ceux que tentera l’abandon de la lutte, voire le pacte avec l’ennemi : « Je ne suis pas seul : le Père est avec moi. Je vous ai dit ces choses, pour qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 32, 33).

 

            Nazareth. Le Seigneur est mon soutien, toujours proche. La confiance en Dieu doit être comme l’air que tu respires et il te donne vie vingt-quatre heures par jour. A Nazareth les trois nous enseignent à nous plonger dans le mystère de Dieu avec une confiance totale. Et d’une telle immersion totale ils émergent et font émerger en paix et sérénité parce qu’à Nazareth la confiance totale en Dieu se manifeste en Jésus, Marie et Joseph, c’est-à-dire dans la nouvelle humanité qu’il inspire à la famille de Nazareth.

 

USAGE :        Prière ou office du soir

A la veille d’un affrontement décisif : ex. conflits syndicaux

TEXTE : Jn 16, 32-33

 

 

PSAUME 4 : TÉMOIGNAGE D’UN AMI DE DIEU

 

Israël. Le fidèle oppose la paix qu’il a trouvée dans le Seigneur aux vaines prétentions des gens de son entourage qui se jugent assez forts pour se passer de Dieu. L’homme qui se confie dans le Sei­gneur trouve en lui toute sa plénitude d’être. L’infidèle devrait apprendre comment Dieu sauve; de salutaires réflexions l’inci­teraient à prendre peur au lieu de rire. Le fidèle connaîtra la joie exultante des riches moissons, la bénédiction de l’Alliance lui est assurée; sur sa couche, il ne tarde pas à s’endormir, il som­meille paisiblement sous la vigilance de son Dieu.

 

Église. Le riche ou le puissant peuvent se croire heureux ou ils feignent de l’être. Oseront-t-ils avouer qu’ils n’ont pas trouvé le bonheur et qu’ils ont couru en vain ? La véritable joie est dans « la lumière de la Face divine », et nulle part ailleurs. Il est même un bonheur plus haut, plus plein que les plus simples joies humaines, c’est celui qui vient non plus du don, mais de la Main qui la dispense.

« Je sais en qui je me suis confié »

 

            Nazareth. Tu mets dans mon cœur plus de joie que…” La confiance en Dieu engendre grande sagesse : quand nous invoquons la lumière du visage de Dieu, la lumière qui éclaire le bien et le mal, l’essentiel et l’inutile nous pouvons espérer que celui-ci nous rendra libres de « l’amour aux choses vaines ». Qui aime les choses vaines, il durcit son cœur envers Dieu et envers les frères.

            Jésus, Marie et Joseph cultiveront à Nazareth sagesse de la simplicité du cœur, de l’humilité, de l’amour, de la paix, en leur faisant devenir les béatitudes. Nous nous reposerons tranquilles dans les bras du Seigneur.

 

USAGE :        Prière du soir

Au sortir d’une impasse

TEXTE : Ph 4, 6-7

 

 

PSAUME 5 : DANS L’ATTENTE DE L’ACCUEIL DE DIEU

 

Israël. L’orant vient offrir à son Dieu un sacrifice matinal. Tout est prêt, mais pour entrer chez le Seigneur, il faut être appelé; le fidèle attend cette faveur.

Dieu ne reçoit pas n’importe qui; cependant, il peut mettre l’homme sur le chemin de la justice et lui faire la grâce de le recevoir. Aussi, le Seigneur finit-il par accueillir le suppliant, alors que la mort guette ceux qui restent à l’extérieur.

 

Église. « Ne savez-vous pas que les injustes n’héritent point du Royaume de Dieu ? » (1 Co 6, 9) dit l’apôtre. Dieu ne peut être complice du mal; mais, même le juste ne peut exiger l’accueil du Seigneur. Car c’est une grâce qui réside uniquement dans la sollicitude amoureuse et gratuite de Dieu. Notre confiance implique donc un décentrage : il faut nous jeter dans les bras de l’autre et ne plus regarder que lui.

 

            Nazareth. “Seigneur, tu bénis le juste” parce que dès le matin le “juste” se range de ta part. Le juste sait que Dieu aime le bien et il déteste le mal. Dès le matin l’homme est appelé à devenir “juste.” Chaque matin, à Nazareth, Joseph renouvelle sa justice en se mettant du côté de Dieu avec Marie, la pleine de grâce, et avec Jésus le Fils de Dieu.

            Accueillis dans la maison de Nazareth, nous aussi avec Jésus, Marie et Joseph pouvons contrer chaque suggestion du mal, chaque injustice, chaque duperie et avoir la bienveillance de Dieu comme bouclier qui nous protège.

 

USAGE :        Consécration matinale

Prière d’offertoire

 

TEXTE : Mt 11, 28-30

 

 

PSAUME 6 : CRI DANS LA NUIT

 

Israël. Un patient cherche à exciter la pitié en présentant son état comme désespéré : il est à bout de forces, secoué jusqu’au fond de l’être, jusqu’en ses os. I1 n’a qu’un nombre limité d’argu­ments à faire valoir, car le péché lui a fait perdre tout droit et le pardon divin est un geste gratuit. L’orant fait appel à la fidélité de Dieu, à son engagement à l’endroit de ses serviteurs, car si le Seigneur se montre trop exigeant, il ne trouvera plus personne pour chanter sa gloire. Comme épuisé par sa requête, le patient retombe dans son accablement mais le cri de victoire jaillit devant la disparition des ennemis : c’est le retour en grâce : Dieu a accueilli la prière du fidèle.

 

Église. Les malades ne sont plus pour nous des pécheurs, mais le péché reste une maladie, et au plus profond de l’isolement que nous a valu notre péché, nous sentons toujours peser sur nous le silence de Dieu. Et c’est le sentiment de la présence divine qui redonne courage quand je crie au plus profond de mes nuits. Le Seigneur entend mon appel angoissé, il agrée mes requêtes; je peux le louer.

 

            Nazareth. Le Seigneur accueille ma demande.” S’il y a quelque chose d’universel c’est le gémissement de celui qui souffre en son âme et en son corps. Jésus, Marie et Joseph n’échappent pas non plus à cette expérience. Marie sera rappelée dans l’Église comme étant la mère au cœur transpercé par sept glaives. Joseph a vécu dans l’angoisse pour sauver la famille de Dieu. Et Jésus se fait notre gémissement auprès du Père. Et il nous donnera le courage de gémir auprès de Dieu se faisant notre porte-parole : “Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? …” (Jn 12, 27-28). Nous sommes certains que l’amour de Dieu est celui d’un Père mais d’un père dont l’amour n’enlève pas la croix.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle

En temps de découragement

Prière pour un malade

TEXTE : Mt 22, 31-32

 

 

PSAUME 7 : APPEL AU JUGEMENT DE DIEU

 

Israël. Poursuivi par les ennemis qui l’accusent, le plaignant s’est réfu­gié chez Dieu. Il est sûr de son bon droit au point de sommer le Très-Haut de tenir des assises où sont conviés tous les peuples. Sa prière n’en continue pas moins très humble pour son propre cas. Mais il n’existe pas de petites causes pour le Seigneur; celui-ci, par la voix du prêtre, répond au suppliant : le méchant sera écrasé par le mal qu’il a conçu, car c’est lui-même qui a creusé sa tombe.

 

Église. Le chrétien, comme Jésus lui-même, comme tous les hommes en définitive, souffre de l’injustice et subit quelque atteinte dans son droit. Mais Dieu permet que l’homme accablé lui adresse sa supplication. Il suffit que ce soit une prière con­fiante, et non un cri de vengeance; il suffit que ce soit l’appel de l’enfant en danger vers son Père, et non une protestation exas­pérée, doublée de suffisance.

 

Nazareth. Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge !Dieu, le sauveur des cœurs droits. Angoisse, plainte et confiance : ce sont des sentiments que nous avons expérimenté plusieurs fois. Se réfugier près du Seigneur humblement, aussi quand nous pourrions proclamer notre innocence. Mais qui peut se déclarer vraiment innocent auprès de Dieu ? Seul Jésus, Marie et Joseph pourraient avancer une innocence “sûre”. Pourtant ils ont aussi partagé notre appel auprès de Dieu, et ils nous ont enseigné à demander cette “innocence”, qui est plus pardon de Dieu que manque de faute. Il y n’aura pas alors à nous préoccuper de l’ennemi qui tombera dans la fosse qu’il a cherché à creuser devant nous.

 

USAGE :        Sous le sentiment d’une injustice

Devant les médisances ou calomnies me concernant ou concernant mes proches

ΤΕΧΤΕS : Mt 5, 11-12; Rm 12, 19-21

 

 

PSAUME 8 : AU FILS D’ADAM L’EMPIRE DU MONDE

 

Israël. Après avoir souligné le caractère étonnant et paradoxal de l’in­térêt que Dieu porte à l’homme, le psaume exalte la puissance de ce dernier sur l’univers. C’est le monde entier avec tout ce qu’il contient encore d’étranger et d’hostile, que l’homme reçoit en héritage; et sa victoire sur le monde semble achever la victoire de Dieu. L’homme est dit « couronné » de gloire et de splendeur, c’est-à-dire revêtu d’une majesté toute royale. Dieu lui donne l’universelle domination, mettant tout sous ses pieds. Quelle dignité dans l’homme créé à l’image de Dieu ! Il est sur terre le signe vivant de la grandeur de Dieu et son représen­tant.

 

Église. Plus le chrétien se rend semblable au Christ par sa confor­mité à l’Évangile, plus il participe de près à la souveraine royauté du Christ sur l’univers : « tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu ». Le Nouveau Testament a lu dans ce psaume une prophétie du Christ ressuscité devenant maître de l’univers.

 

            Nazareth. Qu’il est grand ton nom, Seigneur, mieux encore, que tu es grand Seigneur !

La question revient du fond du cœur et de la contemplation : “Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?” La réponse vient de Nazareth : l’homme se révèle là comme Fils de Dieu, Dieu est venu habiter là comme un homme parmi les hommes. A Nazareth on dirait que Dieu veut se faire reconnaître dans la petitesse et dans la grandeur de l’homme, pour que l’homme n’oublie pas qu’il a été créé à image et ressemblance de Dieu. A Nazareth la transcendance de Dieu et l’immanence de l’homme se donnent rendez-vous en Jésus !

 

USAGE :        Célébration communautaire dans la nature

Inauguration ou visite d’un complexe, tel un barrage ou toute gigantesque construction

TEXTE : 1 Co 15, 25-28

 

 

PSAUME 9 A & B – (HÉBR. 10) : JUGEMENT DU SEIGNEUR ROI

 

Israël. Le fidèle rend grâce au Très-Haut, car la justice divine s’est exercée en sa faveur : ses ennemis se sont effondrés. Mais, du fait que le trône du Seigneur est établi à jamais, son jugement prend un caractère universel : il est prêt à accueillir tous les mal­heureux, sans exception. De cette vision, l’orant retombe sur terre. Se sentant aux portes de la mort, il implore d’abord Dieu pour lui-même, puis finalement, ne considère plus que la gloire du Seigneur. Suit un dramatique appel où le patient dénonce la perversité du méchant. Mais sa prière se ter­mine dans un chant d’assurance : puisque Dieu est roi, les hum­bles verront leurs rêves se réaliser, alors que les méchants iront à leur ruine : ils ont creusé eux-mêmes la fosse où ils vont tom­ber.

 

Église. Nous nous heurtons à de multiples formes d’injustices : atteintes dans notre droit personnel ou scandale des inégalités sociales. Israël nous apprend alors à nous tourner vers le seul Juge dont les sentences soient justes et définitives; à ne pas blas­phémer quand nous sommes accablés, mais à reprendre le vœu déjà formulé par l’Ancienne Alliance et que Jésus nous a ensei­gné à répéter chaque jour : « Que ton règne vienne ! »

 

            Nazareth. Ps 9 A (= 9) : Dieu sauve ! L’amour qu’il a pour chaque personne passe devant l’amour du peuple dans son ensemble. Pour le peuple chacun vaut dans la mesure où il est en relation avec la masse. Dieu aime par contre chacun avec un amour unique. Il n’abandonne pas celui qui le cherche. Chacun des trois personnages de Nazareth est précieux. Chacun de nous est précieux !

Ps 9 B (= 10) : A Nazareth, Jésus, à l’école de Marie et Joseph, voit et constate que le mal semble prévaloir. Mais c’est une apparence : Dieu fera justice. Cependant, ce que fera Dieu est vu seulement par le juste, les justes comme Jésus, Marie et Joseph, parce qu’ils voient avec le regard de Dieu. Les justes seront les “purs de cœur…”

 

USAGE :        Dans l’évocation d’une situation d’injustice, par solidarité avec les gens qui en sentent le poids

TEXTE : Αρ 19, 1-10

 

 

PSAUME 10 (HÉBR. 11) : L’HEURE DU SEIGNEUR

 

Israël. Pour échapper à ses adversaires, il ne s’agit pas de fuir, mais de s’en remettre à Dieu le refuge assuré. Le méchant semble maitre d’une situation, il dirige ses flèches sur l’homme mi cœur droit; c’est la loi de la jungle qui domine. Le Seigneur qui trône dans les cieux ne peut rester en dehors de ce qui se passe; il a l’œil ouvert, il voit le fond des cœurs et connait les intentions secrètes des fils d’homme. L’impie pourra échapper à la justice de Dieu, il boira la coupe du destin qui lui est réservée. Puisque le Seigneur veille, prêt à agir en son heure, il ne faut pas céder à la tentation de fuir; les hommes droits contempleront sa face.

 

Église. Dans une situation d’injustice où nous aurions envie de nous laisser nous enfoncer, nous sommes invités à nous abandonner à la Sagesse de Dieu qui parlera au moment favorable. La foi découvre que nous avons un protecteur assuré, qui, de là-haut, observe tout ce qui se passe dans le monde et dans les cœurs. Au chrétien incompris ou persécuté, tenté de fuir un entourage hostile ou de se décourager, Dieu offre un appui qu’il refuse à l’impie : « J’ai vaincu le monde » — « Je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles ». La justice triomphera, la victoire finale est promise.

 

            Nazareth. Vraiment, le Seigneur est juste ; il aime toute justice.” Les yeux de Dieu sont ouverts sur le monde. Cela engendre une confiance immense en celui qui est juste. Non seulement “les hommes droits le verront face à face.“, comme ils ont vu jour après jour Marie, Joseph et Jésus, mais ils ne se sentiront plus comme oiseaux effrayés, toujours prêts à fuir. Si Dieu les tient d’œil, si Dieu veille sur eux, s’ils peuvent voir son visage, alors tout change. Cette certitude ils l’ont vécue à Nazareth Jésus, Marie et Joseph, c’est pour cela que Jésus pourra proclamer : “ Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.” (Mt 5,8), mais aussi parce qu’ils verront que Dieu est en train de veiller sur eux.

 

USAGE :        Perte d’un emploi, d’une situation

Victime d’intrigues ou de malveillance

TEXTE : Mt 10, 17-25

 

 

PSAUME 11 (HÉBR. 12) : PAROLE DE DIEU ΕΤ DISCOURS HUMAINS

 

Israël. Le patient en appelle au Dieu sauveur, face à l’injustice qui règne dans le monde. La traîtrise humaine revêt ici un caractère particulier : tous, même les proches, mentent et ne tiennent pas parole.

Le cri du pauvre qu’on a dépouillé, incite Dieu à l’action : le Seigneur se lève et promet de venger celui qu’on persécute. Le malheureux recevra donc le salut : alors que l’homme ne cher­che qu’à leurrer, on peut compter sur Dieu : sa parole est pure, comme de l’argent éprouvé au creuset.

 

Église. Comme Israël, qui a donné sa foi au Seigneur et rien qu’à Lui, il faut reconnaître qu’un infini sépare la fragilité des dires humains et la solidité des promesses de Dieu. Accomplissant ces promesses, le Christ est venu afin de reléguer dans la nuit tout mensonge : « Le ciel et la terre passeront, dit-il, mais mes Paroles ne passeront pas » (Mt 24, 35).

 

            Nazareth. Entre eux la parole est mensonge, cœur double, lèvres menteuses.” Jésus démasquera plus d’une fois la duplicité du cœur humain. Et il nous donne une règle que certainement à Nazareth Jésus, Marie et Joseph ont vécue en plénitude : que votre propos soit oui, si c’est oui, non si c’est non. Le mensonge vient du mauvais. Et Paul dira : Jésus a été seulement un oui à Dieu et à l’homme. Souvent le mensonge est le mot de l’orgueil et l’orgueil est ce qui emmène l’homme à la perdition. Que l’humilité et la vérité nous fassent toujours dire oui, si c’est oui, non si c’est non.

 

USAGE :        Au milieu d’intrigues où nous avons à prendre nos responsabi­lités comme citoyens honnêtes ou comme chrétiens

Hommage à la Parole

Après une campagne électorale

TEXTE : He 4, 12-16

 

 

PSAUME 12 (HÉBR. 13) : DANS L’ATTENTE DU SALUT DE DIEU

 

Israël. Le fond du drame qui apparaît ici réside dans l’approche de la mort qu’annonce déjà l’obscurcissement du regard. L’interro­gation angoissée du patient trahit une grande lassitude qui prend l’allure d’un reproche à Dieu parce qu’il persiste dans l’oubli des siens. Tandis que le Seigneur cache sa face, l’ennemi crie victoire et se rengorge. Mais à l’abattement succède la supplica­tion qui se fait impérieuse. Ce que le pénitent désire, c’est que Dieu daigne regarder, qu’il daigne répondre; et l’âme qui vient de prier passe de la quasi désespérance au cri de confiance, qui se marie à la joie d’avoir été sauvé, comblé; les yeux sont tour­nés vers Dieu dans une action de grâce faite de paix, de contem­plation de la bonté de Dieu.

 

Église. Le péché est une maladie en tant qu’expression de l’aban­don de Dieu. Laissé à lui-même, le fidèle perd toute son assu­rance. Son cœur n’a rien de celui d’un héros, prêt à faire face au danger. Si Dieu détourne les yeux, refuse d’écouter, l’âme du fidèle devient comme une montagne secouée jusqu’à ses raci­nes. Ce trouble est le signe d’une faiblesse dont l’ennemi saura tirer parti. Mais l’abattement se change en action de grâce quand, dans la prière, le fidèle retrouve la sérénité.

 

            Nazareth. Combien de temps, Seigneur ?” Le Seigneur n’oublie pas même quelqu’un qui est né là où se trouve dans le village le plus misérable et délaissé. Il n’est pas facile de prendre conscience de la certitude du souvenir qu’il a pour celui qui en a besoin. Nazareth nous enseigne que la présence de la Parole vivante et salvatrice de Dieu est possible et, en même temps, de l’incapacité de l’homme s’en rendre compte. Aussi à Gethsémani et sur la Croix, Jésus continuera à proclamer la présence de l’amour de Dieu : “J’ai confiance dans ta miséricorde !”

 

USAGE :        Célébration pénitentielle

Moments de sécheresse spirituelle

Près d’un mourant

TEXTE : Jn 12, 27-28

 

 

PSAUME 13 (HÉBR. 14) : EN UN MONDE SANS DIEU

 

Israël. Le fidèle affirme d’emblée que la terre est corrompue et il semble établir un lien entre le mal universel et le fait de nier Dieu. Aussi, s’agit-il pour le Seigneur de décider s’il devra en finir avec ce monde, faute de pouvoir y trouver un seul juste ?

Dieu devra intervenir : le pécheur, qui pousse l’impiété jus­qu’à opprimer le peuple de Dieu, périra dans l’épouvante, mais pour Israël, c’est le salut qui lui viendra de Sion. Dans un monde sans foi ni loi, le jugement de Yahvé prend parti pour la race des justes.

 

Église. L’opposition est irréductible entre les deux mondes : celui de Dieu et l’autre. Comme Israël autrefois, le Christianisme est rejeté par la société même qu’il a mission de transformer. Mais à l’Église du Christ est promise la même issue heureuse qu’au peuple de l’Alliance, mais à la fin des temps :

« Le monde se réjouira, dit le Christ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie » (Jn 16, 20); et l’Apôtre ajoute : « Notre cité, à nous, est dans les cieux, d’où nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire » (Ph 3, 20-21).

 

            Nazareth. « Dieu accompagne les justes ».

Tableau désolant d’une corruption générale : tous sont perdus !

Comme a fait Jésus à Nazareth, notre regard voit la grande persécution d’aujourd’hui, la corruption générale et la tranquillité devant le mal. Mais Jésus vient pour dire que « Dieu accompagne les justes », le juste Joseph et la Vierge Marie. Est-ce qu’ils veulent nous tromper ? Le Seigneur est notre refuge !

 

USAGE :        Pour un groupe de croyants, victimes de critiques ou de calomnies.

ΤΕΧΤΕ : Ph 3, 20-21

 

 

PSAUME 14 (HÉBR. 15) : L’ΗÔΤΕ DE LA MONTAGNE SAINTE

 

Israël. Pour se présenter au temple, il ne s’agit rien moins que d’être l’hôte du Seigneur et d’habiter sur sa montagne sainte. Les por­tes du sanctuaire sont des « portes de justice » que seul le juste décidé à demeurer fidèle, à marcher humblement avec son Dieu, est autorisé à franchir. On ne laisse pas entrer chez soi des semeurs de troubles, des fauteurs de désordres. Dieu reçoit chez lui ceux-là seulement qui le craignent et qui ont du mépris pour le vil, le réprouvé. Aux conditions requises, on peut devenir l’hôte du Seigneur et être assuré de sa protection; ii est l’éternel Rocher qui empêche de trébucher.

 

Église. Ô Dieu, tu ne veux pas être complice du mal. Avant d’entrer chez toi, je veux scruter mon cœur, m’enquérir sur mes dispo­sitions générales. Ce que tu me demandes, c’est de pratiquer la justice, d’aimer avec tendresse et de marcher humblement avec toi. Pour pénétrer dans ta maison, ô Père, le Christ exige l’amour des frères. L’exercice de cet amour me permet d’être l’hôte de Dieu : « Venez les bénis de mon Père ».

 

            Nazareth. Pour habiter le temple du Seigneur, sa montagne sainte, et pour habiter la maison de Nazareth ou l’Église, en dernières analyse, les conditions morales sont les mêmes.

            Jésus reprendra et enseignera ces conditions avec la parole et avec l’exemple de sa vie, vécue avec Marie et Joseph. Avec Marie et Joseph, Jésus sait que le « oui » est un « oui » et que le « non » est « un « non ». Et il sait que la fidélité dans les petites choses du quotidien est la base pour les grandes fidélités.

            Qui fait grandir en lui-même un cœur nazaréen, pourra être hôte dans la maison de Nazareth.

 

USAGE :        Examen de conscience

Célébration pénitentielle

TEXTE : 1 Jn 3, 3-10

 

 

PSAUME 15 (HÉBR. 16) : LE CHOIX QUI COMBLE

 

Israël. Le fidèle présente une profession de foi : il s’agit de choisir le Seigneur et de refuser les faux-dieux. Plutôt qu’à ces dieux de mort, il s’en remet au Seigneur de son destin : or, pour l’orant, c’est Dieu lui-même qui sera son héritage et son « lot », désigné par le sort. La joie de l’union personnelle avec Dieu s’exprime alors dans une confession de bonheur. Le Seigneur est là tout près du fidèle pour le conseiller, l’instruire et le tenir en alerte, en cas de danger. La sécurité de ce dernier est parfaite et il exulte, car Dieu est sa gloire.

 

Église. De même qu’à Israël, Dieu ouvre au chrétien l’accès à sa grâce, il le guide et le soutient. Et s’il demande un engagement, c’est qu’il s’est engagé totalement lui-même, Il attend donc que l’élu réponde non pas de mauvaise grâce, mais librement à l’Amour d’un Dieu qui le traite gratuitement en fils et en héri­tier : « Seigneur, toi, ma part d’héritage et ma coupe » sont les paroles suprêmes de la foi, de la confiance et de l’amour joyeux.

 

            Nazareth. Qui a choisi Dieu comme partenaire de la propre vie est heureux de vivre en sa présence. Jésus transmet à Marie et à Joseph la joie et la sûreté de vivre à la présence d’un Dieu qui est Père. Marie et Joseph nous enseignent la joie et la sûreté de vivre en présence et de la présence de Jésus le Fils du Père. La présence réciproque est plénitude de vie et source de la joie plus profonde, parce que c’est la réalisation de l’amour. La mort n’est plus redoutable dans cette perspective; tout amour vrai vit perspectives d’immortalité. Tout ceci nous pouvons le savourer si avec Jésus envers le Père et avec Marie et Joseph envers Jésus, nous pouvons dire : Tu es mon Dieu ! Je n’ai pas d’autre bonheur que toi.”

 

USAGE :        Engagement : profession religieuse, profession de foi d’adulte

Renouvellement des promesses baptismales

TEXTE : Jn 15, 9-16

 

 

PSAUME 16 (HÉBR. 17) : L’INNOCENT A L’ABRI CHEZ LE SEIGNEUR

 

Israël. Au nom de la « justice », un fidèle somme le Seigneur d’écouter ses cris. Le requérant s’empresse de préciser que sa démarche est pure de tout artifice; Dieu n’est d’ailleurs attentif qu’aux causes justes. Le fidèle invite le souverain Juge à sonder les pro­fondeurs de son cœur; et ce, jusque dans le silence des nuits. L’orant peut ensuite implorer la réponse divine aux vœux exprimés. Sous la vigilance de Dieu, il vivra en paix et pourra se retrouver face à face avec lui.

 

Église. Ô Dieu, tu défends les causes justes, on peut me con­damner, tu mettras en lumière mon bon droit. J’irai te rencon­trer au lieu où tu demeures et je te redirai ma fidélité. Non, je ne me laisserai pas séduire par les trompeuses promesses des hommes au lieu où tu demeures et je te redirai ma fidélité. mais j’entrerai avec toi, ô Dieu, dans le combat pour l’avè­nement de la justice. Chez toi, je suis en sécurité, mais au dehors l’ennemi attend, il veille toujours, il me suffit de sortir pour me sentir poursuivi, attaqué. Seigneur, libère-moi pour que je puisse jouir en paix des biens de ta maison, m’en nourrir à satiété, jusqu’à en laisser pour ma descendance, et me retrouver un jour avec toi.

 

            Nazareth. Jésus se fait suppliant dans la voix du persécuté innocent et avec nous il continue à nous demander “Montre, ô Père, les prodiges de ton amour.” L’Évangile ne nous dit pas que Jésus, Marie et Joseph aient bénéficié de privilèges ou de miracles à leur profit. Ils sont parmi nous une voix de supplication au Père. Et ils sont la force et l’espoir de notre supplication. Ils l’ont commencé à Nazareth et aujourd’hui ils la continuent avec chacun de nous, quand nous réussissons à faire nôtre l’espoir : “Au réveil, je me rassasierai de ton visage.”

 

USAGE : Situation personnelle d’injustice

TEXTE : Lc 23, 34

 

 

PSAUME 17 (HÉBR. 18) : LE SEIGNEUR ET SON OINT

 

Israël. Une angoisse mortelle étreint le roi : il est en butte aux attaques de l’ennemi et même à l’assaut des puissances infernales. Il crie vers Dieu qui prend résolument parti pour son Oint. Il renou­velle en sa faveur l’exploit de la création et il apparait dans une théophanie formée de tonnerre et d’éclairs. Du haut des cieux, il tend la main au roi et le retire des grandes eaux de la détresse. Mais la fidélité du Seigneur exige réciprocité : pourquoi le Père a-t-il déployé toute cette puissance salvatrice si ce n’est pour qu’en retour son fils ne s’attache et ne soit qu’à Lui.

Parce qu’il est entré loyalement dans le jeu de son Dieu, le roi a été investi d’une puissance irrésistible. Ses ennemis le tenaient à leur merci; maintenant, il fonce sur eux et son succès est total et sans ombre. Cette éclatante victoire accroit son prestige et le place « à la tête des nations ». Aussi, rend-il grâce au Seigneur dans un hymne triomphal.

 

Église. Le triomphe du Christ sur le monde et la mort nous revêt d’un sentiment de puissance victorieuse, qui constitue un élément essentiel de toute spiritualité chrétienne. En effet, le Sauveur n’est pas venu nous inciter à une désertion, mais à une conquête du monde. Cette tâche nous dépasse, mais le Christ est notre force et, de cette Cité qu’il nous a confiée, nous attendons ce même Seigneur qui « transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son Corps de gloire, avec cette force qu’Il a de pouvoir sou­mettre tout l’univers » (Ph 3, 21).

 

Nazareth. Ce psaume complexe célébre la certitude que le salut est seulement en Dieu. Il a trois parties :

            Première partie : c’est un chant de remerciement, parce que Dieu se révèle comme “mon roc, ma forteresse, mon libérateur”, chant murmuré dans le cœur de Marie et de Joseph, quand ils ont réussi à mettre en sûreté leur enfant de la menace d’Hérode en Égypte. La “faiblesse de Jésus” rend forts et courageux Joseph et Marie.

            Deuxième partie : au lieu de la théophanie terrible de l’Ancien Testament, Dieu proposera une nouvelle théophanie : la naissance d’un enfant ! Dieu se révèle dans un amour fragile pour sauver l’humanité qu’il aime.

Troisième partie : Le Seigneur nous traite selon une justice qui ne correspond pas en forme directe aux choix de l’homme : “ Tu es fidèle envers l’homme fidèle, sans reproche avec l’homme sans reproche ; envers qui est loyal, tu es loyal, tu ruses avec le pervers.” (Ps 18, 26-27).

 

USAGE :        Pour chanter le triomphe du Christ ou la permanence victorieuse de l’Église dans le temps

TEXTE : Ph 3, 20-21

 

 

PSAUME 18 A & B (HÉBR. 19)) : SOLEIL ΕΤ LOI GLOIRE DE DIEU

 

Israël. Les cieux chantent à la gloire de Dieu : ceux-ci demeurent les témoins privilégiés et enthousiastes de la création de la terre, ayant été les seuls spectateurs du fait. C’est une louange à l’adresse du Dieu créateur qui se fait entendre jusqu’aux limites du monde. Mais c’est dans le lever du soleil qu’existe la raison de ce chant cosmique à la gloire de Dieu.

Comme l’astre du jour, la loi glorifie Dieu; et de cet éloge nous passons à l’adhésion de la loi : c’est le chemin parfait qui prémunit contre les erreurs fatales. Aussi nous invite-t-on à faire effort pour pénétrer les secrets de cette loi et nous laisser consulter et reprendre par elle.

 

Église. Dieu demande de construire notre vie comme il a construit le monde. La sagesse contenue dans l’univers nous a été con­fiée, de sorte qu’en obéissant aux exigences de Dieu, nous devenons responsables de l’ordre de l’univers et de la gloire divine qui s’y manifeste. Conscients de nos imperfections et de nos faiblesses, nous sollicitons de Dieu la grâce de nous péné­trer de ses volontés : « qu’il daigne nous faire parvenir à la pleine connaissance de sa volonté en toute sagesse et intelligence spiri­tuelle ».

 

            Nazareth. Les commandements du Seigneur sont limpides. Qui l’aime, les observe. Qui les observe possédera la contemplation de l’amour et qui aime, sera vraiment libre.

Combien de fois Jésus, Marie et Joseph se seront rencontrés dans cette contemplation dans laquelle on voit dans le reflet de l’univers la sagesse de l’amour de Dieu qui crée et récrée l’homme et le peuple à son image.

USAGE :        Engagement

TEXTE : Mt 13, 3-33

 

 

PSAUME 19 (HÉBR. 20) : UN PEUPLE EN PRIÈRE POUR SON ROI

 

Israël. Nous assistons au déroulement d’une liturgie royale dans le temple. Tandis que le Roi se bat contre l’ennemi, le peuple implore le Seigneur et sa prière s’accompagne, sans doute, d’un sacrifice. En réponse, Israël reçoit un oracle favorable. Rassuré, il affirme de nouveau sa confiance en Dieu : c’est du Seigneur et de lui seul, qu’il tient sa force.

 

Église. Le chrétien, en danger de succomber, n’implore pas un Dieu inaccessible : le Temple, c’est Dieu en nous dans la Per­sonne du Fils : « Et il a planté sa Tente parmi nous » (Jn, 1, 14); c’est aussi Dieu en nous, dans la Personne de l’Esprit : « Ne savez-vous pas que vous êtes un temple et que !’Esprit habite en vous ? » (1 Cor. 3, 16).

Comment, dès lors, le Père ne nous exaucerait-il pas ? « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l’aurez » (Jn 15, 7)

 

Nazareth. Dans ce psaume messianique, le roi prie pour son peuple et le peuple pour son roi. Jésus, notre roi, prie pour nous, nous pour Jésus, pour que son Royaume s’étende à tous les hommes et à tous les pays. Le nouveau roi, qui grandit dans l’humilité de Nazareth, prie pour ceux qu’il réussira à racheter par son amour. Nous, avec Marie et Joseph, nous demandons de l’imiter en son désir de faire toujours la volonté salvatrice du Père.

 

USAGE :        Pour nos dirigeants spirituels et temporels

Lancement d’une année pastorale

Départ missionnaire

TEXTE : Jn 15, 7

 

 

PSAUME 20 (HÉBR. 21) : LE SEIGNEUR ACCUEILLE ΕΤ COURONNE SON ROI

 

Israël. Un prêtre exprime au Seigneur la joie du roi à se trouver chez son Dieu. Même si l’hôte de Dieu ne semble faire aucune demande, il reçoit l’oracle divin. Le monarque quitte alors le temple avec l’assurance d’une victoire sans ombre. La force salvifique qui envahit le roi lors de cette rencontre avec Dieu, rejaillit en gloire et bénédiction sur le peuple et sa terre. Celui-ci crie sa fierté : c’est le Seigneur le véritable héros, c’est lui le grand triomphateur, et non le roi; la force vitale du roi, c’est celle même de Dieu.

 

Église. La véritable joie est une joie en Dieu, la joie de la rencontre avec Dieu qui remplit l’homme. Le rêve de vie et de bonheur qui hante notre cœur trouvera son plein accomplissement dans l’éternelle contemplation de la face de Dieu. L’entrée du Christ dans la maison du Père constitue pour nous, chrétiens, un gage de notre succès complet dans la lutte où nous sommes engagés. Le Fils de David, ayant reçu la vie, se trouvera désormais en pleine possession de la force même de son Dieu; il sera assuré d’une victoire totale sur toutes les puissances des ténèbres et de mort : « le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis ».

 

            Nazareth. Ce psaume célèbre la victoire du Messie qui a grandi pour nous à Nazareth. Mais il y a un renversement de perspective : à Nazareth il y n’a pas de nostalgie pour une gloire liée à une souche royale ou pour des victoires avec les armes. A Nazareth il y a par contre l’attente de la gloire qui arrivera après une mort vécue comme couronnement d’un amour total. Jésus, montrera sa gloire avec sa mort et, au-delà de tout mal, avec la victoire de la résurrection. Nous aussi, avec Marie et Joseph, nous attendons la pleine manifestation de Jésus notre frère et notre Roi.

 

USAGE :        Évocation d’un triomphe finale en Dieu : béatification, canonisation

Ascension

TEXTE : 1 Co 15, 20-24

 

 

PSAUME 21 (HÉBR. 22) : LE SEIGNEUR FAIT JUSTICE À SON PAUVRE

 

Israël. Condamné à mort, le plaignant fait appel à la fidélité du Sei­gneur envers Israël. Aux prises avec la force officielle, avec le mépris de la foule et même face à la mort, il n’en est pas moins sûr d’être exaucé, au point de faire suivre sa lamentation d’une action de grâces. Il invite ceux qui « cherchent Dieu » à partager sa joie, car son retour à la vie et sa justification laissent présager le règne de Dieu sur tous les peuples.

 

Église. Le christianisme a recueilli d’Israël cette certitude réconfortante : la vie, la lumière et la Justice ne peuvent venir d’ici-bas Le Christ en sa « kénose » ouvre aux vaincus de l’histoire la Voie de la victoire, pour peu qu’ils acceptent de mourir et de ressus­citer avec Lui : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort » (Ph 2, 8), mais « Dieu l’a ressuscité, ce Jésus (…) » et « l’a fait Seigneur et Christ » (Ac 2, 32, 36).

 

            Nazareth. Jésus, sur la croix, fera sienne l’invocation initiale du psaume « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” Les habitants de Nazareth l’ont abandonné quand il commencera à leur parler de Dieu venu à eux pour les sauver. Seuls Marie et Joseph le soutiendront jusqu’à la fin. Sur la croix Jésus portera chaque douleur humaine, sous la croix sa mère et Jean découvriront jusqu’où est capable d’aller Dieu pour nous exprimer son amour.

 

USAGE :        Psaume de la Croix : dimanche des Rameaux, Vendredi-Saint

Situation de condamnation injuste vécue en communion avec le Christ”

TEXTE : Ph 3, 5-11

CHANT : Alpec 1 Psaume 21.

 

 

PSAUME 22 (HÉBR. 23) : RETOUR AU BERCAIL

 

Israël. Le Dieu de l’Alliance reprend en main le destin de son peuple. Israël avait épuisé ses forces à courir après les faux dieux; la prise en charge du Dieu-Berger assure désormais aux siens défense et subsistance. Le troupeau pourra satisfaire son appétit sans crainte. Lorsque Dieu sert, i1 sert largement : la table est assez riche pour provoquer la rage de l’ennemi. Israël est com­blé par le bonheur et 1’amour de son Dieu, et la joie d’être chez le Seigneur possède un goût d’éternité.

 

Église. Sur la route qui conduit à la demeure du Père, nous sommes assurés de ne manquer de rien. Le Dieu-Berger nous entoure de sa bienveillante sollicitude; il désire combler toutes nos atten­tes, toutes nos soifs. Ce chemin qui mène au repos final est un chemin de pardon, de justice, mais pas un chemin de facilité. Dieu veut nous tirer de tous nos esclavages pour nous ouvrir la porte de justice, là où nous pourrons contempler sa face. Les épreuves de la route paraissent légères quand brille l’espérance de trouver tout bonheur, toute richesse dans la maison de Dieu.

 

            Nazareth. Avec Jésus, le Bon Pasteur prend un visage humain à Nazareth. De Nazareth il ira parcourir les chemins des hommes, pour les inviter à Le suivre, Lui le bon Pasteur, qui les conduira au Père. A Nazareth il apprendra comment exploiter les symboles du quotidien : l’eau, l’huile, le pain, tous les éléments vitaux pour la vie quotidienne. Ils deviendront les aliments vitaux pour la nouvelle famille, l’Église : l’eau du baptême, l’huile de la confirmation, le pain de l’eucharistie. Nazareth est prophétie de l’Église guidée par Jésus Bon Pasteur.

 

USAGE :        Renouvellement des promesses du baptême

Psaume de communion : action de grâce avec un malade

Samedi-Saint

TEXTE : Jn 6, 35 et 54

 

 

PSAUME 23 (HÉBR. 24) : VERS LA MONTAGNE DU DIEU ROI

 

Israël. Les Israélites se dirigent vers le temple et le prêtre énonce les conditions pour y pénétrer. Suit un chant qui se rattache au rite de procession de l’Arche : le peuple est appelé à suivre le Sei­gneur jusque dans le sanctuaire où le Dieu de la conquête est entré le premier.

 

Église. Déjà, pour le Christ ressuscité, se sont élevés les linteaux des portes célestes et le Seigneur a fait son entrée dans le Tem­ple éternel. De cette montagne sainte, Il nous attend; car nous sommes de son cortège et il veut nous associer à son triomphe :

Ils viendront, criant de joie sur la hauteur de Sion, « ils afflueront vers les biens de Yahvé (…); « ils seront comme un jardin bien arrosé (…), « je les consolerai, je les réjouirai après leurs peines ». (Jr 31, 12-14)

 

            Nazareth. Pour entrer à Nazareth prévalent les trois conditions proposées par le psaume : mains innocentes, cœur droit, sincérité-loyauté. À ces conditions, avec le cœur pur, on pourra voir la présence de Dieu en Jésus le Verbe incarné. Et on pourra voir en chaque homme la présence de Jésus, comme il le proclamera au jugement final.

 

USAGE :        Ascension, Christ-Roi

Bénédiction des églises, des lieux de culte

TEXTE : Lc 19, 38

 

 

PSAUME 24 (HÉBR. 25) : EN QUÊTE DE LA ROUTE DE DIEU

 

Israël. Un pénitent compte sur le pardon divin pour pouvoir entrepren­dre une nouvelle marche sous la conduite de Dieu. La miséri­corde divine ne peut lui être refusée. Le Seigneur ne manque jamais de répondre à celui qui se retourne vers Lui, disposé à être fidèle aux exigences de l’Alliance. Après l’aveu libérateur de ses fautes, le fidèle s’en remet à Dieu qui le fait entrer dans son intimité. La route du bonheur est ouverte au pénitent; mais craignant sa faiblesse, il restera les yeux fixés sur Dieu, s’ap­puyant sur les promesses divines.

 

Église. Aucune faute, si grande soit-elle, ne doit me faire perdre la confiance divine. La tendresse et la miséricorde de Dieu sont de toujours à toujours pour qui le craint. Certes, Dieu ne me doit rien; je n’ai pas de justice à faire valoir devant Lui; toutefois, il ne saurait manquer à l’honneur de son Nom que ma faute a com­promis; et je compte sur son pardon. Dieu saura recommencer avec moi et me guider sur le chemin du bonheur où je partagerai les secrets de son intimité. En lui repose toute mon espérance, c’est lui qui me guide et m’instruit.

 

            Nazareth. Psaume nazaréen par excellence. Jésus se fait solidaire avec qui porte le poids du péché et espère dans la miséricorde de Dieu pour en être libéré. Avec Jésus se profile déjà la lumière de la résurrection.

            En outre sont valorisées les vertus nazaréennes : l’humilité (“Dieu lui montre le chemin qu’il doit prendre. “, la pauvreté (“il enseigne aux humbles son chemin. “. Les trois de Nazareth seront nos maîtres de vie : Marie mère de la sagesse, Joseph patron de la vie intérieure, Jésus voie, vérité et vie.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle

Départ en ayant Dieu comme guide

Décision à prendre après une erreur

TEXTE : Rm 6, 4-11

CHANT : Alpec 1 Psaume 24 — 2 Psaume 24.

 

 

PSAUME 25 (HÉBR. 26) : VERS L’AUTEL DU DIEU DE JUSTICE

 

Israël. Le fidèle veut approcher de l’autel du Seigneur afin d’y présen­ter son sacrifice. A son arrivée, il jure de son innocence : d’une part, il mène sa vie sous le regard de Dieu; par ailleurs, il évite la compagnie des malfaiteurs. Il remplit donc les conditions d’en­trée; il s’avance vers l’autel et fait retentir son action de grâce.

 

Église. À l’offertoire de la messe, nous disons avec le psalmiste : « Je me lave les mains, sûr de mon innocence ». Ce langage n’est pas celui du Pharisien de l’Évangile; nous exprimons par là un vœu : celui d’être purifiés, afin de pouvoir offrir le sacrifice. En fait, nous cachons nos misères et disparaissons derrière le seul Juste qui soit capable de se présenter au Père.

 

            Nazareth. Seigneur, j’aime la maison où tu demeures. Seigneur, j’aime Nazareth où tu as commencé à habiter notre quotidien avec un corps humain en compagnie de Marie et de Joseph. A Nazareth Jésus s’assied avec des personnes justes comme Marie et Joseph.

            A Nazareth, avec Marie et Joseph, Jésus fait de la table un autel du pain partagé et fruit du travail des trois. Nazareth devient le “nouveau temple”, où nous apprenons à devenir frères. A Nazareth notre chant du psaume prend un nouveau sens : “j’aime la maison où tu demeures” parmi nous, ô Seigneur, et jour après jour tu construis la famille.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle avant l’Eucharistie ou une prière communautaire

TEXTE : 1Jn 1, 5-7

 

 

PSAUME 26 (HÉBR. 27) : RÉCONFORT DE L’ACCUEIL DE DIEU

 

Israël. Ce psaume unit deux pièces liturgiques. La première évoque l’entrée d’un guerrier dans le temple. Celui-ci affirme qu’il n’a peur de personne parce qu’il a, en Dieu, trouvé salut, lumière et force. Le guerrier communique le bonheur qu’il éprouve à se trouver chez le Seigneur; il savoure la présence divine. Il se sait désormais à l’abri de tout mal, Dieu l’enveloppe et le protège.

Dans la deuxième partie du psaume, le fidèle se présente comme un « serviteur de Yahvé ». De faux témoins se lèvent furieusement contre lui; il se réfugie chez son Maître. Sa seule chance de salut est dans le regard favorable de Dieu, Lui seul le comble, et de Lui, il reçoit la certitude d’être accueilli, même si père et mère l’abandonnaient.

La confiance au milieu du danger constitue le lieu commun des deux parties du psaume.

 

Église. La vraie consigne du croyant, la seule susceptible de lui apporter le salut, c’est de s’en remettre à Dieu, quelle que soit la situation de fait. C’est chez Dieu qu’on acquiert la force de la victoire : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? ». En nous recommandant d’abandonner notre destin entre les mains du Père, jusqu’en ces moments les plus tragiques, le Christ nous enseigne une confiance qui ne nous replie pas sur nous-mêmes, mais une confiance qui en nous libérant, nous ouvre à des soucis plus vastes : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa jus­tice ».

 

            Nazareth. Si Dieu est familier comme Jésus pour Marie et Joseph, qui pourra nous enlever la confiance de trouver une solution positive ? Si notre regard va à Jésus comme le regard de Marie et de Joseph, Nazareth devient un domicile sûr et il donne tout son sens au psaume : “[Dieu]  il me cache au plus secret de sa tente, il m’élève sur le roc ” et moi je suis sûr, ma confiance est totale, je me trouve dans le secret de l’amour de Dieu.

 

USAGE :        Prière de confiance dans l’épreuve — avec les malades

Célébration dans une chambre funéraire

Sacrement des malades

 

TEXTE : Jn 14, 23-28

CHANT : Alpec 1 Psaume 26; 2 Psaume 26 Fiche Z 26-3

 

 

PSAUME 27 (HÉBR. 28) : DE CEUX QUE DIEU ÉCOUTE

 

Israël. Le roi demande au Seigneur d’être écouté, car si Dieu demeure absent, il se sent condamné à mort. Comme il sait que Dieu n’accueille pas les sans-loi et les gens au cœur double, il récuse toute complicité avec eux. L’oracle qui suit annonce la ruine de ceux qui ne comptent pas avec Dieu et promet l’aide du Sei­gneur au fidèle qui espère en lui. Alors, le psalmiste rend grâces en reprenant à son compte l’ancienne formule : « Béni soit le Sei­gneur ».

 

Église. En nous introduisant dans l’intimité divine, la prière nous ouvre la porte d’un univers de justice, où l’on ne peut entrer qu’en rompant avec le mal : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on le jette au feu et il brûle. Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l’aurez » (Jn 15, 6-7).

 

            Nazareth. Jésus est la Parole vivante qui donne vie. Sans elle il y a le silence de la mort. Marie et Joseph écoutent, ils voient, ils touchent cette Parole. Ils en prennent soin. Il n’y a que le silence Dieu après qu’il ait prononcé son Verbe. Et Dieu écoute son Verbe, qui intercède pour nous.

 

USAGE :        Lorsque Dieu se tait

TEXTE : Jn 15, 6-7

 

 

PSAUME 28 (HÉBR. 29) : LORSQUE PARAÎT LE SEIGNEUR ROI

 

Israël. La toute-puissance et la majesté attribuées à la voix de Dieu lui confèrent un caractère agressif bien en situation. Avant tout, cette voix domine les eaux, non pas celles d’en bas, mais les grandes eaux du ciel. Des hauteurs célestes, elle s’abat sur la terre, entrainant à sa suite l’ouragan qui balaie tout jusqu’aux cimes; d’un bond, il atteint le désert qui lui aussi paraît danser sous la force de l’aquilon. L’orage qui s’élève à la voix de Dieu n’est pas pour Israël une force mystérieuse, destructrice, c’est le surgissement de l’action divine. Le Seigneur prend place sur son trône royal dressé sur les eaux, affirmant ainsi sa maitrise absolue sur la création. Loin de trembler, Israël se sent investi de la force souveraine de son Dieu.

 

Église. La puissance de Dieu qui fait irruption dans ma vie est une force qui balaie tout sur son chemin. Mais pourquoi craindre ? Le passage de Dieu si bouleversant soit-il n’est que l’envahis­sement d’une présence qui apporte la vie, en détruisant ce qui met obstacle au don plénier de 1′ amour. La puissance et la gloire appartiennent au Christ qui règne dans les cieux et qui veut régner en moi.

 

            Nazareth. Il est beau pour Israël de voir, dans le déchaînement de la nature, un alléluia de Dieu pour l’homme qui l’habite. Mais à Nazareth, le nouveau “ Le Seigneur, il est roi pour toujours “, la royauté de Dieu choisit l’expression de l’humilité, il choisit la douceur de la réponse d’amour du Fils bien-aimé, entouré de Marie et de Joseph. Et tous dans son temple s’écrient : « Gloire ! » Dans la maison de Nazareth tous vivent de ta gloire incarnée et faite de ta présence d’amour.

 

USAGE :        Pentecôte. Anniversaire de fondation d’une communauté

Célébration d’une conversion

Accueil des décisions d’un Chapitre général

TEXTE : Αρ 5, 9-14

 

 

PSAUME 29 (HÉBR. 30) : SÈRENITÉ APRÈS L’ORAGE

 

Israël. Un patient rend grâce à Dieu de l’avoir retiré du gouffre, c’est- à-dire du péché et de la mort. Il invite alors les croyants à célé­brer Dieu avec lui, car son expérience personnelle n’est qu’un exemple de la manière dont le Seigneur agit envers tous les siens. Le fidèle ne bronchera plus désormais; solide comme le roc, il entonne un chant qu’il espère ne jamais voir finir.

 

Église. Selon la grande loi du pardon, la colère est un moment tou­jours réduit au minimum, alors que le temps de la grâce s’étend à l’infini. La miséricorde divine dissipe l’angoisse humaine qui fait place alors à la joie et à l’action de grâce, comme le jour suc­cède à la nuit.

 

            Nazareth. Jésus, Marie et Joseph ont vécu à Nazareth jours de joie et jours de peine avec leurs concitoyens et ils se sont unis à leurs joies et à leurs supplications. Cependant, Marie et Joseph entendent les menaces contre Jésus quand il commence sa vie publique. L’ombre de la croix et la joie de la résurrection se profilent devant eux, comme devant Jésus.

 

USAGE :        Action de grâce après la confession

Quand la sérénité revient

TEXTE : Lc 15, 9-10

 

 

PSAUME 30 (HÉBR. 31) : ENTRE LES MAINS DE DIEU

 

Israël. Après un cri d’appel à Dieu, le plaignant en vient à la descrip­tion de son état. Et au lieu d’affirmer sa confiance dans le Sei­gneur, 1’affligé avoue qu’il en était arrivé à douter de Dieu lui- même. Mais, ô merveille ! le Seigneur a accueilli sa prière. Voilà de quoi inviter les siens à rester fermes. Dieu a agi envers et contre tout; qui hésiterait à recourir à Lui dans les difficultés de l’existence ? Entre tes mains, mon Dieu, je remets mon souf­fle, toi qui m’as rendu libre.

 

Église. Je suis invité à cacher ma vie en Dieu et à lui confier pleine­ment mon destin. Aujourd’hui, comme hier, les forces du mal assaillent tout homme. Ma grande force réside dans le fait que je n’aborde pas en esclave les combats de la libération. Je suis un « affranchi » du Seigneur, bien que jamais à l’abri de nombreu­ses servitudes.

C’est sur toi, mon Dieu, que je mise, en raison de ce que tu as fait; je te remets ma vie, je te fais confiance; je me sens bien chez toi. Béni soit le Seigneur qui m’a témoigné sa tendresse !

 

            Nazareth. Combien de fois chacun des trois de Nazareth a fait sien ce psaume dans ses trois moments : je me suis réfugié en Dieu et il ne m’a pas déçu; parfois le mal semble m’emporter, mais je ne dois pas perdre la confiance en Dieu; la bonté de Dieu est plus forte de tout, il fait toujours reprendre courage quand on a recours à Lui. Jésus éprouvera au maximum ces sentiments à Gethsémani, Marie en l’accompagnant jusqu’à la mort et à la naissance de l’Église, Joseph quand il a dû prendre ses décisions pour sauver Jésus et sa mère.

 

USAGE :        Au moment d’une décision importante

En face de la mort

TEXTE : Lc 23, 46

 

 

PSAUME 31 (HÉBR. 32) : LA LEÇON D’UN PARDON

 

Israël. Un patient est libéré du poids de son péché et l’harmonie est rétablie entre lui et Dieu. C’est grâce à l’aveu de sa faute que le pénitent a trouvé refuge chez le Seigneur. L’angoisse causée par l’hostilité de Yahvé, a fait place maintenant à la paix de son intimité.

 

Église. L’Esprit se tient près de nous, s’offrant à nous diriger et à nous conseiller; encore faut-il que nous renoncions à nous obsti­ner sur des chemins condamnés. À regimber, on n’aboutit qu’à des disgrâces en chaîne. C’est dans l’abandon à la volonté divine que réside le secret d’une existence entourée de l’affec­tion du Seigneur.

 

            Nazareth. Bienheureux qui se sent pardonné. Et Jésus se fera dispensateur de cette béatitude. Le repli sur soi, sur son propre péché est une joie vraiment intime et divine. Réussir à demander pardon est un don divin. Droit de cœur est celui qui reconnaît vraiment le péché et ne le justifie pas, il demande pardon et il remercie. Jésus dira qu’il y a plus de fête pour un pécheur converti que pour 99 justes. Marie sera le refuge des pécheurs et Joseph, le juste qui guide à la rencontre avec Dieu.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle : confession du péché

TEXTE : 1 Jn 1, 8 ss.

 

 

PSAUME 32 (HÉBR. 33) : AUX ORDRES DU MAÎTRE

 

Israël. Les justes sont invités à louer Dieu. Le motif de ce concert de louange, c’est l’efficacité de la parole divine et sa rectitude. Cette puissance qui crée est aussi manifestation de la sagesse de Dieu; elle implique l’idée d’un dessein mûrement réfléchi dont rien, ni personne, ne peut entraver la réalisation. Le Dieu du ciel œuvre en Maître souverain sur terre, et la parole qui s’im­pose à l’histoire peut devenir une source de vie, pour tous ceux qui se confient en Dieu.

 

Église. La sollicitude de Dieu ne s’inscrit pas seulement dans l’œuvre créatrice ou dans la chronique des nations, mais dans la vie des individus, dans ma propre vie. Le regard de Dieu est aussi inévitable qu’infaillible. Je retrouve partout l’action prévenante du Père qui me permet de braver les épreuves de la vie et me donne le goût d’aimer. Tout l’univers proclame la présence de Dieu; mais c’est au plus profond de mon être que je puis consta­ter le mieux l’actuelle continuité de l’attention amoureuse de Dieu. Seule la Parole de Dieu donne un sens à ce que je fais, seule elle me fait vivre dans une crainte faite de confiance et d’amour.

 

            Nazareth. C’est un hymne au Dieu qui a un grand plan de salut pour l’homme. Mais c’est aussi une invitation à méditer sur son regard d’attention à l’homme, tenté d’être grand et de se sauver par ses propres forces. Maintenant, « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour » . Son regard est sur Nazareth : là est présent le nouveau peuple. Là peuvent se réunir ceux qui ont le cœur forgé par les béatitudes. Ils peuvent y chanter ceux qui continuent à expérimenter comme Marie et Joseph : “ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! “, Ps 33,22.

 

USAGE :        Méditation sur un projet de vie

TEXTE : Is 55, 10-11

 

 

PSAUME 33 (HÉBR. 34) : VIVRE L’EXPÉRIENCE DE DIEU

 

Israël. Un fidèle chante les fruits d’une communion avec le Seigneur. L’élu a fait l’expérience du Dieu de l’Alliance qui répond à l’ap­pel des siens et fonde la paix dans leur cœur. De là, la joie qui pousse l’orant à bénir, à chanter les louanges d’un Dieu si grand. C’est l’évocation du goût de Dieu dans cette expérience de rencontre où le Seigneur comble, nourrit et rassure.

Dans un deuxième temps, on chante avec chaleur le secret d’une vie réussie; ce secret gît dans la crainte de Dieu. Le Sei­gneur est proche de celui qui a misé sur lui; le juste ne sera jamais vaincu par l’épreuve, mais le sans-loi périra.

 

Église. Vivre l’Alliance, c’est vivre l’expérience de Dieu dans le concret de l’existence, c’est une façon de vivre chez Dieu. En mon cœur, Dieu a dressé sa tente, j’apprends à me laisser regar­der, aimer, à me laisser combler par Lui. Une vie passée dans l’intimité de Dieu constitue le secret de la joie qui rayonne de mon visage. Dieu m’enveloppe de sa lumière qui balaie les ombres de l’échec et de la honte. Il me donne le goût de savou­rer sa bonté, sa fidélité. Dieu m’a élu, choisi; son regard ne me quitte pas, il est prompt à me tirer de la détresse; avec lui, rien ne peut me manquer.

 

            Nazareth. C’est un psaume qil fleurira dans le “Magnificat.” Le Seigneur est près de qui a le cœur blessé. Le Seigneur regarde avec amour le pauvre et il laisse perdre celui qui n’a pas le cœur humble et pauvre. Jésus en fera une béatitude.

 

USAGE :        Chant de communion

Célébration d’un anniversaire d’engagement

TEXTE : 1 P 3, 8 ss.

CHANT : Alpec 1 Psaume 33 — 2 Psaume 33

 

 

PSAUME 34 (HÉBR. 35) : APPELS AU JUGEMENT DU SEIGNEUR

 

Israël. Les trois morceaux qui composent ce psaume contiennent cha­cun les éléments d’une requête en vue d’obtenir le jugement de Dieu. Alors que dans la première partie, l’accent est mis sur l’appel au Seigneur et sur l’imprécation contre l’adversaire; dans la deuxième partie, c’est l’exposé de la situation qui passe au premier plan. Le fidèle est victime d’une persécution : des « témoins de violence » menacent sa vie, mais Dieu veille et il voit; l’ennemi sera chassé et le fidèle pourra entonner son chant de louange dans la grande assemblée. La dernière partie reprend la plainte du fidèle, mais cette fois, il semble que ce soit la manifestation de la justice divine qui intéresse plus encore que le cri d’angoisse du plaignant. La persécuté, c’est semble-t-il, le peuple d’Israël, mais le jugement de Dieu confondra les impies et donnera la victoire aux justes. Et tout le peuple célé­brera la grandeur de Dieu; tous les jours, il redira sa justice en le louant sans cesse.

 

Église. Au moment où j’ai à subir le feu de l’humiliation, au moment où de faux témoins s’acharnent à me détruire, je peux désirer la disparition de mes adversaires, mais Dieu m’invite à me ressaisir, à me retourner vers Lui : « c’est moi, moi, qui me charge de ton salut ». La certitude de voir triompher la justice de Dieu me fait exulter de joie. Grand est notre Dieu ! Grand est Celui qui a exalté son Fils, humilié jusqu’ à la mort et la mort de la croix ! Grand est Celui au nom de qui nous triomphons de toute injustice, en participant à sa victoire qui rétablit l’exercice du droit et de la justice !

 

            Nazareth. Le mal ne semble pas se donner de trêve. On le voit contre le Christ, contre l’Église, contre chaque personne de bien. Et alors que, d’une part, on invoque une “intervention puissante et vindicative de Dieu”, ce qu’Il ne fera pas, de l’autre on s’adresse vers Dieu comme le salut unique, ce qui arrivera avec certitude. Pendant son agonie, Jésus, d’un côté, demandera au Père d’éloigner le calice de sa passion, ce que le Père ne fera pas, et de l’autre il mettra toute sa confiance dans le Père pour qu’Il le sauve, et le Père le ressuscitera !

 

USAGE :        Méditation de la Passion, œuvre par excellence de l’injustice humaine

Sous le coup d’une injustice personnelle

Quand l’injustice subie prend la forme d’une noire ingratitude

TEXTE : He 12, 2 ss.

 

 

PSAUME 35 (HÉBR. 36) : DE LA PERFIDIE DES HOMMES À LA JUSTICE DE DIEU

 

Israël. Le méchant ne croit pas que Dieu lui demandera un jour des comptes; c’est pourquoi il juge que tout lui est permis. La seule protection contre sa perfidie, c’est l’action du Seigneur. Aussi, le fidèle oriente-t-il sa contemplation vers les attributs divins : tendresse et fidélité, justice et jugement. Grâce à Dieu, i1 trouve dans le temple l’eau vivifiante et la lumière, c’est-à-dire la plé­nitude d’être et la paix.

 

Église. Par l’eau baptismale, nous sommes déjà entrés dans un Royaume de vie et de grâce. En attendant les cieux nouveaux et la Cité sainte « qui descend de chez Dieu », un abri sûr contre le péché et la mort s’offre à nous « sous les ailes de Dieu » : « Où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé : ainsi, de même que le péché a régné dans la mort, de même la grâce règne par la Justice, pour la vie éternelle » (Rm 5, 20-21).

 

            Nazareth. Par ta lumière nous voyons la lumière” Ce que le psalmiste dit de Yahvé, nous le disons de Jésus, la vraie lumière du Père venue dans ce monde. Marie et Joseph ont pu la contempler revêtue d’un visage humain. À la lumière de Christ nous savons distinguer entre le bien et le mal, surtout le bien. À la lumière de Christ, Marie et Joseph, eux-aussi, rendent visibles leur identité.

 

USAGE :        Naissance dans un monde nouveau : baptême, conversion

Prière de l’apôtre devant son impuissance à changer le cœur des hommes

TEXTE : Rm 5, 20-21

 

 

PSAUME 36 (HÉBR.37) : LA TERRE APPARTIENDRA AU JUSTE

 

Israël. Les fidèles sont invités à ne pas se laisser impressionner par le spectacle irritant des sans-loi qui réussissent, car leur compte est réglé d’avance : Dieu agira. A se laisser emporter contre eux, on se fait tort à soi-même : « garde le silence, attends le Sei­gneur »; en pleine lumière paraîtra ta justice. Dieu se rit des menaces du sans-loi contre le juste, tout autant qu’il se moque de celles que profèrent les nations contre Israël. Justice est pro­mise à qui fuit le mal et accomplit le bien en toute humilité. Tan­dis que le sans-loi poursuit son œuvre de violence, le juste mar­che en toute sagesse, selon la loi divine.

 

Église. Le spectacle de gens pervertis qui réussissent me choque, le triomphe de conquérants malhonnêtes qui cherchent à détruire le juste me porte à penser que Dieu est mort; et pourtant, il agit toujours, il ne laisse pas impunie la lutte ouverte contre le juste, il n’abandonne pas ses amis. La Parole de Dieu gravée dans mon cœur me rappellera toujours qu’au plus fort de la détresse du Christ, au plus creux de sa tentation, le Père n’ a jamais aban­donné son Fils. Le Dieu de l’alliance est toujours fidèle.

 

            Nazareth. Ce psaume sapiential indique un chemin agréable à Dieu un chemin certainement parcouru par Joseph et Marie. Nous le reconnaissons en effet dans les enseignements de Jésus, le fils amoureusement élevé par eux. De leurs enseignements Jésus semble avoir pris en effet quelques-uns des points pour les béatitudes : rectitude de cœur, la joie, la justice, se réfugier dans le Seigneur…

 

USAGE :        Pour garder la paix devant les vaines réussites de ce monde : Ps. 73

TEXTE : Lc 6, 20-26

 

 

PSAUME 37 (HÉBR. 38) : LE PÉCHEUR S’AVOUE VAINCU

 

Israël. Le suppliant est un pécheur qui sent peser sur lui la main d’un Dieu hostile; pour lui, c’est une situation de rupture et de mort. Il est écrasé et son énergie ne lui sert qu’à crier. Ses proches s’éloignent et le laissent à la merci de ses ennemis, sans espoir. C’est alors l’aveu libérateur : il reconnait qu’il a péché; il s’en remet à la parole de Dieu et à son oracle de pardon qui, seuls, peuvent le sauver.

 

Église. Dire à Dieu et au monde qu’on a péché, c’est confesser que là se trouve l’origine de nos maux. Or, proclamer sa faute, c’est s’avouer vaincu, se déclarer à la merci de celui qu’on reconnait avoir offensé; bref, c’est s’abandonner totalement à la miséri­corde divine.

 

            Nazareth. Cette plainte profonde de l’expérience du péché Jésus la fait sienne (1 P 2,21-22.24-25) : « C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge… Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes revenus vers votre berger, le gardien de vos âmes. » Mais à Nazareth avec Marie, refuge des pécheurs et Joseph (homme juste), Jésus a cultivé l’amour miséricordieux et la tendresse d’un Dieu qui est Père, source de toute la tendresse envers l’homme pécheur. Il y a un grand encouragement pour ne pas perdre confiance dans la bonté de Dieu.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle : constatation que je ne peux refaire ma vie ailleurs qu’avec Dieu

TEXTE : Lc 15, 11-32

 

 

PSAUME 38 (HÉBR. 39) : LE PÉNITENT ATTEND EN SILENCE

 

Israël. L’orant est un pécheur brisé par la souffrance. Celle-ci est telle qu’il redoute, en l’exprimant, d’offenser Dieu. C’est en silence qu’il veut attendre l’heure du Seigneur. Ce qui le soutient dans sa détresse, c’est l’espérance qu’il ne subit là qu’un châtiment éducatif et il demande à Dieu de l’accueillir dans sa maison avant qu’il ne soit trop tard.

 

Église. Il faut garder au cœur l’enseignement d’Israël : dans une situation créée par le péché, il faut céder devant le Seigneur, attendre son heure, en évitant toute fausse manœuvre inspirée par des mouvements d’impatience. La restauration appartient à Dieu seul et son pardon ne se court-circuite pas. Le péché est une maladie que seule guérit une démarche pénitentielle loyale, où l’on ne triche pas avec Dieu.

 

Nazareth. Nazareth est la maison de la contemplation où apprendre la sagesse qui nous fait voir l’agir de Dieu dans son Fils Jésus. Surtout devant la mort, à quoi bon accumuler des trésors si après la mort ils sont dispersés ? Il te faut faire respirer l’âme en Dieu, comme les trois de Nazareth, et tu connaîtras la vraie vie. Dans le silence de la contemplation on peut comprendre vraiment l’agir de Dieu et dépasser, par sa grâce, la situation de péché.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle : dans l’attente silencieuse de Dieu

TEXTE : Jn 14, 18-21

 

 

PSAUME 39 (HÉBR. 40) : PROCLAMATION DU BIENFAIT REÇU

 

Israël. L’expérience a prouvé au patient qu’il avait raison de se fier au Seigneur. Il se sent même submergé par la masse des hauts-faits reçus et il comprend qu’il se doit de les célébrer. Son action de grâce s’accompagne d’un rappel : en échange de ses faveurs, Dieu exige non pas des sacrifices, mais l’amour de sa volonté. Pour que la leçon porte, c’est dans la « grande assemblée » que le fidèle publie la bonne nouvelle de l’action divine.

 

Église. Dans la mesure où nous discernons les grâces reçues, nous vivons en sécurité au milieu de nos peines. La vrai joie transpire comme une clarté et porte témoignage de la vie chré­tienne : c’est le bonheur calme d’un cloître, mais c’est aussi le regard tranquille de l’ouvrier au soir de la journée, le sourire déconcertant de 1’éprouvé qui sait faire quelque chose de sa souffrance.

 

Nazareth. A Nazareth Jésus montre comment se confier à Dieu dans un dialogue dynamique et constant : “Alors j’ai dit : « Voici, je viens. « Dans le livre, il est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. * Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles. » (Ps 40 :8-9). La lettre aux Hébreux dit que ce “je viens” est le mot clé pour son incarnation comme vocation, tandis que pour nous c’est l’appel au retour au Père. C’est le mot clé de chaque dialogue quotidien avec Dieu. Et le dialogue se fait prière, c’est la prière, source du discernement et du courage qui nous fait dire avec confiance à Dieu “Daigne, Seigneur, me délivrer ; Seigneur, viens vite à mon secours !”… parce que je suis venu à ta présence.

 

USAGE :        Célébration d’un jubilé

Chambre funéraire : action de grâce pour la vie passée et le triomphe sur la mort

TEXTE : 2Co 1, 3-7

 

 

PSAUME 40 (HÉBR. 41) : LE PÉCHEUR S’EN REMET À DIEU

 

Israël. Un ministre du culte invite un malade à s’en remettre à Dieu dans son épreuve qu’il sait liée au péché. L’homme à qui l’exhortation s’adresse est aux prises avec un mal qui le tient couché sur un lit de souffrance, et il se trouve entouré d’enne­mis qui préparent sa ruine. Il sent douloureusement le besoin du réconfort de Dieu. Le patient avoue son péché, cause de son mal, il décrit sa solitude, provoquée par le rejet de tous, même de ses amis, et il réclame l’ assistance divine. Le Seigneur inter­viendra; il est le seul à pouvoir et à vouloir entendre le cri du malade. Le pardon de sa faute le rétablira dans la situation d’un vainqueur, face à des ennemis qui vont à leur perte.

 

Église. S’il est vrai que la maladie n’est plus péché, il reste que celui-ci revêt toujours l’aspect d’une maladie; c’est une absence de Dieu, qui se traduit de quelque manière par une perte de vita­lité et qui porte de lourdes conséquences sociales. C’est la reconnaissance de ma faute, l’aveu de mon péché qui me per­met le retour en grâce. Je peux encourir le mépris de mes sem­blables, l’abandon de mes amis, de mes proches, un jugement sévère de la société; il me restera toujours la possibilité de crier vers Dieu pour qu’il prenne en main ma cause; je serai guéri; mes ennemis confondus fuiront devant la victoire de Dieu.

 

            Nazareth. A Nazareth Jésus cultive avec Marie et Joseph une confiance absolue en Dieu. Ceci n’enlève pas qu’il expérimentera l’abandon des apôtres, pendant la passion. Sur la croix il expérimentera plus tragiquement encore de se sentir abandonné par le Père. Mais Jésus n’abandonnera jamais la confiance dans le Père qui le rachètera de la mort à son temps.

            La certitude qui ne nous abandonnera pas est le fondement de notre consolation dans les moments de l’épreuve.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle : accent sur les conséquences sociales du péché

TEXTE : Jn 13, 18

 

 

PSAUME 41‑42 (HÉBR. 42-43) : : DE LA PROSTRATION À LA PRIÈRE DE L’EXILÉ

 

Israël. Au fond de son exil, le lévite est accablé, car il éprouve une soif brûlante de revoir son Dieu et rien ne laisse prévoir son retour à Jérusalem. Aussi, adresse-t-il au Seigneur, qui l’oublie, un dou­loureux pourquoi ? De la plainte, il s’enhardit jusqu’à la prière proprement dite : il demande à Dieu de juger ses ennemis et de le conduire à la montagne sainte. Là, il retrouvera la joie de l’ac­tion de grâce et pourra chanter de nouveau le Seigneur.

 

Église. Si nous ressentons la vie comme un exil, c’est que la pers­pective chrétienne nous montre, non pas une terre opposée au ciel, mais un monde où souvent la voix de Dieu ne se fait plus entendre. La soif de Dieu habitant notre cœur, demeure la nos­talgie d’une communion, seule capable de féconder l’aventure humaine au sein même de l’univers matériel.

 

            Nazareth. Nostalgie du temple, nostalgie de Dieu, nostalgie de Nazareth.

            Quand verrons-nous le visage de Dieu sous le humble toit de Nazareth ?

            La nostalgie est un halètement qui aiguise la capacité de reconnaître et d’aimer avant encore d’avoir vu, non seulement un lieu, mais surtout des personnes. Elle nous donne des ailes aux pieds pour aller et revenir à Nazareth, pour reconnaître et aimer chaque personne comme un frère. Sans ce halètement, nous ne percevrons jamais notre “être en exil.”

 

USAGE :        Samedi saint

Situation d’exil, de captivité ou de toute autre aliénation

 

TEXTE : Rm 8, 31.35-39

CHANT : Fiche Z 42

 

 

PSAUME 43 (HÉBR. 44) : ISRAËL EN APPELLE À LA FIDÉLITÉ DE SON DIEU

 

Israël. La confiance d’Israël s’est toujours fondée sur les hauts faits de son histoire; le salut lui est toujours venu du Seigneur. Et pour­tant, ce peuple est délaissé aujourd’hui, son territoire est livré au pillage, l’ennemi lui lance des défis humiliants. Israël a beau scruter sa conscience, il ne trouve pas en quoi il a pu mériter un tel rejet de Dieu; il réalise qu’il n’a même pas failli aux obliga­tions de l’Alliance. Le Seigneur parait donc le seul responsable de la situation; qu’il vienne donc au secours des siens car rien en dehors du péché ne peut l’empêcher d’être fidèle à l’œuvre qu’il a librement entreprise.

 

Église. Comme le peuple élu de Dieu, j’ai souvent fait l’expérience du secours divin, toujours offert gratuitement. Mais aujour­d’hui, alors que Dieu parait s’éloigner, alors que j’ai l’impres­sion d’avoir à me battre seul contre un ennemi bien puissant, dois-je perdre confiance, douter de la présence divine ? Si je n’ai pas moi-même oublié, trahi le Dieu de mes pères, je ne saurais craindre; le Seigneur se cache, il se tait pour me faire sentir que c’est Lui qui est le Maître, et c’est encore à la fidélité de son amour que je dois de pouvoir continuer à crier vers Lui.

 

            Nazareth. Tu les as sauvés parce que tu les aimais !

            Combien de fois à Nazareth ce psaume aura été récité par Jésus, Marie et Joseph, comme intime dialogue avec le Père, conscients d’être les instruments de la réponse du Père aux nécessités de chaque personne et du peuple de Dieu. Aujourd’hui, comme à Nazareth, nous pouvons réciter ce psaume pour chaque personne, pour l’Église, pour l’humanité, avec la confiance et la certitude qui vient y de penser que “parce que tu les aimais comme, aujourd’hui aussi, tu continus à nous aimer.” Nous confier au Père est continuer la foi et confiance de Jésus : entre tes mains je remets mon esprit.

 

USAGE :        En temps de difficulté, prière de l’Église ou d’une communauté ou d’une famille religieuse

Anniversaire de la fondation d’une communauté

Triomphe de l’Amour : Rm 8, 35-36

TEXTE : 1 Co 12, 26-27

 

 

PSAUME 44 (HÉBR. 45) : MARIAGE ROYAL AVEC UNE PRINCESSE ÉTRANGÈRE

 

Israël. Béni du Seigneur, plein de beauté et de force, le roi instaure la justice en Israël. Il est alors choisi par Dieu qui l’oint de l’huile d’allégresse. C’est le moment où le poète présente la reine, une fille de Tyr, parée des bijoux que lui a donnés son fiancé. Elle doit oublier son passé, alors, en tant qu’épouse royale, riches­ses et privilèges seront son partage. On la conduit à son nouveau maître et la foule laisse éclater son enthousiasme.

 

Église. Le mariage rêvé par le fidèle est devenu une réalité chrétienne. La fiancée, ce sont toutes les âmes livrées au Christ, une à une, comme à leur Époux; la princesse, c’est l’Église elle-même qui vient à la rencontre de son Seigneur; enfin, l’étran­gère, c’est l’humanité pécheresse conquise par le Christ et pour qui il s’est offert « afin de la sanctifier en la purifiant (…). Car il voulait se la présenter à lui-même, toute resplendis­sante (…) sainte et immaculée » (Ep 5, 26-27).

 

            Nazareth. Le parallélisme est repris le long de l’histoire de la foi de l’Israël, de Nazareth et de la nôtre : le roi et la princesse nous font penser au bien-aimé et à la bien-aimée du Cantique des cantiques, à Yahvé et Israël, au Christ et à l’Église, à Joseph et à Marie, à Jésus et à chaque personne… La foi nous permet la contemplation de la relation sublime entre Joseph et Marie, que Jésus a contemplée et aimée, en les contemplant comme “époux et épouse.” Cette intuition nous la pensons du Christ et de l’Église, du Christ et chaque personne qui l’aime. C’est une relation qui donne lumière et force pour célébrer dans le quotidien la vie avec Dieu.

 

USAGE :        Fêtes de la Sainte Vierge

Liturgie de profession religieuse

Fête des Vierges

Préparation au mariage

TEXTE : Αρ 21, 2

 

 

PSAUME 45 (HÉBR. 46) : CITÉ DE DIEU : REMPART D’ISRAËL

 

Israël. Israël vit une situation angoissante : sous les coups de bélier d’un envahisseur, tout semble vouloir s’effondrer, tout risque d’être submergé. Mais inutile de se mettre à trembler; le seul moyen de s’en sortir, c’est de se fier au seigneur, refuge assuré, source d’eau vive, qui demeure à Sion pour désaltérer son peu­ple au temps de la détresse. C’est Lui, le Dieu Très-Haut qui, élevant la voix, triomphera de tous les ennemis et célébrera la victoire finale avec les siens, dans la cité sainte.

 

Église. Des forces puissantes tentent toujours de s’attaquer à l’Église, des eaux tumultueuses essaient de la submerger pour la faire disparaitre à jamais; mais elle a, dans le Christ, les pro­messes de la vie éternelle; elle a, dans les sacrements, les sour­ces d’eau vive. Le Dieu de l’Alliance sauve et protège la Cité sainte, même dans la catastrophe universelle des temps à venir : « Je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle descendre du ciel » (Αρ 21, 2).(Αρ 21, 2).

 

            Nazareth. Dieu descend vivre à Nazareth et “Nazareth” ne pourra pas vaciller.

            Jérusalem se sent inexpugnable tant que Dieu est présent en elle. Elle préfigure l’Église et la nouvelle Jérusalem. Mais si nous pensons qu’à Nazareth Dieu a rendu sa présence perceptible, alors Nazareth nous révèle le “style incarné de la présence de Dieu.” Nazareth devient comme “le lieu spirituel du style de présence incarnée.” Dorénavant, aussi pour l’incarnation dans les sacrements, le style nazaréen sera le style de la présence incarnée de l’amour de Dieu. C’est pour cela qu’il est facile de percevoir que le tabernacle, avec la présence eucharistique, est le nouveau Nazareth.

 

USAGE :        Lors d’une méditation sur le mystère de l’Église : retraite, congrès de pastorale, etc.

Fêtes de la Sainte Vierge

 

TEXTE : • Α lire avec le récit du déluge

Αρ 21-22; He 12, 22-29 : la gloire de la Jérusalem nouvelle

 

 

PSAUME 46 (HÉBR. 47) : LE SEIGNEUR TRÈS-HAUT, ROI DU PAYS

 

Israël. Israël convie les peuples vaincus à acclamer Dieu comme roi du pays. Tous entonnent le chant de victoire. Nous assistons alors à l’intronisation du Seigneur-Roi à Jérusalem que David vient de conquérir. Le Seigneur monte avec l’arche, confirmant à Israël le don de son héritage. La foule, exubérante, proclame alors la souveraineté absolue de son Dieu sur toute la terre de Canaan.

 

 

Église. Le Christ ressuscité est « monté » en vainqueur et s’est assis à la droite du Père. En tant que chrétiens, nous règnerons avec Lui, puisque le baptême nous a donné l’onction royale. Mais, dès ici-bas, par la grâce, nous touchons les arrhes de notre héri­tage spirituel, en attendant la plénitude promise au terme du combat :

« Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde » (Mt 25, 34).

 

            Nazareth. A Nazareth, “la nouvelle et vraie arche où Dieu se fait présent”, Jésus, Marie et Joseph peuvent contempler le “Dieu très-haut” comme le “Dieu proche” comme un Père dans la visibilité du Fils bien-aimé. Et découvrir qu’il ne s’appuie pas sur le pouvoir des armes, comme pour un roi terrestre qui “soumet des adversaires”, mais dans la victoire de l’amour, s’ouvre à l’espérance que le Royaume de Dieu réussira à nous constituer en famille de frères qui s’aiment.

 

USAGE :        Ascension

TEXTE : Αρ 17, 14

CHANT : Alpec 1 Psaume 46 et 2 Psaume 46

 

 

PSAUME 47 (HÉBR. 48) : JÉRUSALEM : CITÉ DU GRAND ROI

 

Israël. La grandeur de Jérusalem, c’est d’être la cité du Seigneur, le grand Roi. La force et la puissance de Sion résident dans la pré­sence de Dieu, qui a toujours su repousser les agresseurs de la cité sainte. Non seulement le Seigneur est là, dans son temple, mais il ouvre à tous les siens sa demeure, il les garde en sécurité et les remplit de joie. Le pèlerin qui se rend dans la Cité sainte peut éprouver ce qu’est le Seigneur pour son peuple. Et celui qui a vu aura pour mission de tout raconter; il a fait l’expérience de Dieu, il redira ce qui lui a été donné de contempler : la gloire de la Cité qui tient moins à la solidité et à l’harmonie de l’édifice qu’à la présence toujours actuelle de Dieu.

 

Église. La pierre angulaire posée en Sion est devenue !’Église, Corps du Christ. Elle est construite de pierres vivantes, elle a résisté à la fidélité de ses générations. Debout à jamais, l’Église a l’assurance divine pour bastion, elle reste le signe permanent de la justice et de la miséricorde de Dieu. Après avoir pris cons­cience de sa beauté, de sa grandeur, de sa merveilleuse actua­lité, nous avons, comme pèlerins du siècle présent, à raviver sans cesse la conscience de la présence divine qui l’habite, pour pouvoir devenir d’infatigables ouvriers qui ne cessent de la vou­loir toujours plus accueillante, plus invitante, pour tous ceux qui la regardent.

 

            Nazareth. Sion est grande parce que l’Israël est sûr que Dieu y habite. Mais nous pouvons penser qu’à Nazareth la demeure de Dieu est encore plus grande, parce que Dieu vit entre les hommes avec visage humain. Près du temple de Sion, Jésus manifestera à Marie et à Joseph son identité divine. A Nazareth il fera comprendre que le temple qui compte n’est pas celui fait de pierres, mais là où Il demeure. Le Christ est le nouveau temple. Et il nous sera plus facile le comprendre comme une demeure au carrefour des peuples, un Nazareth “joie de toute la terre”

 

USAGE :        Pèlerinage, rassemblement communautaire, chapitre, etc.

TEXTE : 1 Co 12-14

 

 

PSAUME 48 (HÉBR. 49) : L’ÉTERNITÉ NE S’ACHÈTE PAS

 

Israël. « Ne crains pas », nous redit l’orant, ni aux heures de détresse, ni devant le scandale de la prospérité insolente des méchants. Son chant démasque l’illusion du riche qui croit pouvoir échapper au sort commun; quant au fidèle, étant entre les mains du Sei­gneur, il ne sera pas totalement à la merci de la mort.

 

Église. « L’éternité ne s’achète pas », car « trop lourd serait le prix à acquitter » (v. 9). Cependant, le Christ a dépassé la sentence portée par le chantre d’Israël. De son « sang précieux, comme d’un agneau sans reproche et sans tache » (1 P 1, 19), il a payé « pour une multitude » (Mc 10, 45) :

« unique est le médiateur (…), le Christ Jésus, homme lui- même, qui s’est livré en rançon pour tous » (1 Tm 2,6).

 

            Nazareth. Le paradoxe Nazaréen manifeste que “l’homme comblé ne dure pas”, tandis que dans la pauvreté il découvre une nouvelle béatitude. La vraie sagesse naît dans l’humilité, et de Nazareth, Jésus proclamera : “Heureux les pauvres”, parce qu’ils peuventse confier au Seigneur. Le riche insensé finira dans le sépulcre, le pauvre croyant sera racheté par l’amour de Dieu. Riches et pauvres passeront la même porte de la mort mais la destinée au-delà de cette porte sera différente parce que, déjà avant de passer, la voie était différente.

 

USAGE :        Dans le trouble causé par certains succès insolents

TEXTE : Mt 6, 21; 16, 25-26

 

 

PSAUME 49 (HÉBR. 50) : RENOUVELLEMENT DE L’ALLIANCE

 

Israël. Le Dieu de l’Alliance entre en scène, il rompt ainsi le silence qui pesait lourdement sur son peuple. La présence du Seigneur fait resplendir Sion; le Dieu d’Israël déploie toute sa puissance et impose ses volontés, bien décidé à briser toute résistance. Dieu ordonne le rassemblement des fidèles pour que ceux-ci renouvellent le rite sacrificiel d’alliance. Dans un discours où l’on retrouve les formules habituelles pour la promulgation de la loi, Dieu expose ses exigences. Le peuple élu doit être prêt à se laisser conduire par le Seigneur en abandonnant l’illusion qu’on puisse acheter Dieu en multipliant sacrifices et rites. Israël a souvent été infidèle; c’est pourquoi le discours divin prend la forme d’un blâme et il se termine par une menace finale, condamnant ainsi ceux qui oublient Dieu.

 

Église. Dieu est toujours celui qui continue de nous transmettre ses volontés. C’est à tout instant qu’il nous convoque à un engage­ment nouveau, à une conversion radicale : « écoute mon peuple ». Dieu et sa volonté sont perpétuellement à découvrir si l’on veut vivre. Ce qui fait la gloire divine, c’est notre fidélité à sui­vre le chemin tracé par le Christ : « vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande » (Sn 15, 14).

 

            Nazareth. A Nazareth, Jésus, en contact avec des cœurs purs et droits comme ceux de Marie et de Joseph, apprendra à reconnaître les cœurs bons et les cœurs pleins de malice. Des premiers il dira “heureux les cœurs purs”, aux autres il dira “éloignez-vous de Moi”. Le salut consistera à le suivre, parce que telle est l’expression de la volonté du Père. Et il nous purifiera continuellement dans nos intentions, parce qu’il n’est pas possible d’honorer Dieu par le culte, si avant il n’y a pas l’amour concret envers le frère, comme l’avait bien dit Isaïe : “Que m’importe le nombre de vos sacrifices ? – dit le Seigneur” (Is 1,10-17).

 

USAGE :        Pentecôte

Chapitre général

Renouvellement des promesses du baptême, des vœux de religion, de tout engagement envers Dieu

TEXTE : Μc 13, 15-16

 

 

PSAUME 50 (HÉBR. 51) : VERS LA JOIE D’UN COEUR PURIFIÉ

 

Israël. Le patient tente d’apitoyer le Seigneur sur la triste situation où l’a réduit son péché. Confiant dans la miséricorde de Dieu, il en vient à la demande positive d’une purification radicale, où il retrouvera la joie d’être de plain-pied en communion avec Dieu et de le servir avec enthousiasme. Suit l’action de grâces : si le Seigneur lave son fidèle, celui-ci proclamera hautement la jus­tice divine qui, d’un cœur brisé, fait l’équivalent d’un sacrifice pour le péché.

 

Église. Personne ne saurait pardonner à qui ne se reconnaît coupa­ble. D’autre part, notre foi en la miséricorde infinie de Dieu doit croître au même rythme que notre conscience au péché. Ainsi le veut la révélation biblique. L’Apôtre proclame la surabondance du pardon recréant l’homme radicalement, en même temps que l’universalité du péché; et, dans le même esprit, Jérémie annon­çait déjà que Dieu serait capable de donner un cœur nouveau à un peuple entièrement perverti :

« Je leur donnerai un cœur pour reconnaître que Je suis Yahvé. Ils seront mon peuple et Moi Je serai leur Dieu, car ils reviendront à Moi de tout leur cœur » (Jr 24, 7).

 

            Nazareth. Jésus le seul né libre du péché, fils de mère “immaculée” dès sa conception, nous enseigne, pour nous libérer du péché, les sentiments qui nous conduisent à la maison du Père. Un jour il l’expliquera avec la parabole du fils prodigue. Le Père nous attend avec tendresse et miséricorde et il se fait prodigue d’amour envers celui qui revient à Lui avec un cœur contrit et humble.

 

USAGE :        Carême

Célébration pénitentielle

Pour obtenir la pureté d’intention : discernement spirituel, engagement au service de l’Église

TEXTE : Jr 31, 31-34; Ez 36, 26

CHANT : Alpec 1 Psaume 50 et 2 Psaume 50 Fiche Z 50

 

 

PSAUME 51 (HÉBR. 52) : PAS DE PLACE POUR LES FOURBES

 

Israël. Un patient proteste contre la conduite de son adversaire, il le somme de rabattre ses prétentions, il dénonce les lèvres perfides de cet homme qui a délibérément opté pour le mal. L’arrogance de l’impie lui vaudra de perdre sa place sur la terre des vivants; il sera rejeté de la tente du Seigneur où réside l’es­pérance d’un salut définitif. Chez Dieu seulement on vit en plé­nitude et la vie resplendit d’une éternelle fraicheur.

 

Église. L’histoire continue de nous prouver que le triomphe du méchant est passager, son arrogance et ses discours perfides finissent toujours par être démasqués. Le jugement de Dieu est inexorable pour celui qui se fie en ses seuls biens et se fait fort de ses crimes. Seul vivra à jamais l’homme bien enraciné en Dieu.

 

            Nazareth. A Nazareth, comme dans n’importe quel endroit de ce monde, Jésus constate comment l’impie compte sur l’arrogance et sur la duperie et il se méfie de la malice et du mensonge, tandis que le juste n’a pas d’autre appui que la loi de Dieu et sa confiance en Lui. Dieu est sûreté, espoir, soutien pour le bon. Nazareth nous parle de la “constance de Dieu” dans la volonté d’aimer l’homme en respectant les temps et les limites. Si les tyrans nous persécutent, à Nazareth on trouve consolation.

 

USAGE :        Pour une fête d’apôtre, de martyr

TEXTE : 2 Th 1, 6-7

 

 

PSAUME 52 (HÉBR. 53) : EN UN MONDE SANS DIEU

 

Israël. Le fidèle affirme d’emblée que la terre est corrompue et il sem­ble établir un lien entre le mal universel et le fait de nier Dieu. Aussi, s’agit-il pour le Seigneur de décider s’il devra en finir avec ce monde, faute de pouvoir y trouver un seul juste ?

Dieu devra intervenir : le pécheur, qui pousse l’impiété jus­qu’à opprimer le peuple de Dieu, périra dans l’épouvante, mais pour Israël, c’est le salut qui lui viendra de Sion. Dans un monde sans foi ni loi, le jugement de Yahvé prend parti pour la race des justes.

 

Église. L’opposition est irréductible entre les deux mondes : celui de Dieu et l’autre. Comme Israël autrefois, le Christianisme est rejeté par la société même qu’il a mission de transformer. Mais à l’Église du Christ est promise la même issue heureuse qu’au peuple de l’Alliance, mais à la fin des temps :

« Le monde se réjouira, dit le Christ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie » (Jn 16, 20); et l’Apôtre ajoute :

« Notre cité, à nous, est dans les cieux, d’où nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire » (Ph 3, 20-21).

 

            Nazareth. Celui qui se dit à soi-même, en le proclamant aussi aux autres (parce que la sottise se fait reconnaître aux quatre vents) que “Dieu n’existe pas”, est un inepte. Sage, par contre, est celui qui cherche Dieu jusqu’à le trouver. A Nazareth nous trouvons Marie et Joseph qui ont rencontré Dieu, et qui habitent avec Lui, ils le voient, ils le touchent. Sage est donc celui qui va à Nazareth pour apprendre à rencontrer Dieu à le connaître et à cohabiter avec Lui.

 

USAGE :        Pour un groupe de croyants, victimes de critiques ou de calomnies.

TEXTE : Ph 3, 20-21

 

 

PSAUME 53 (HÉBR. 54) : UN DIEU SAUVEUR

 

Israël. Le plaignant est aux prises avec un adversaire violent et brutal. Mais Dieu, qui est fidèle, ne saurait manquer de l’épauler, non plus que d’exterminer son ennemi. En retour de l’assistance divine, l’orant offre un sacrifice et célèbre le nom du Seigneur.

 

Église. Le Père a écouté la prière de son Fils en butte aux puissants de ce monde; de la même manière, il relève notre courage et se fait notre allié dans les combats qui s’offrent à nous : « Ne crains pas car je suis avec toi, ne te laisse pas émouvoir car je suis ton Dieu; je t’ai fortifié et je t’ai aidé, je t’ai soutenu car je suis ton Dieu » (Is. 41, 10).

 

            Nazareth. Pour ton pouvoir, défends-moi, pour ton honneur sauve-moi.” Jésus, Marie et Joseph ont fait leur cette invocation d’une longue aide à leurs vies. Mais à Nazareth grandit une nouvelle perspective : on ne peut pas faire de pacte avec le mal, mais on peut faire un pacte avec le pécheur, parce qu’il est rachetable. Jésus ne dira pas ainsi, jamais : “tu rends le mal à mes adversaires, détruis-les”, mais il dira sur la croix, “Père pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qui font”. Et nous avec l’Église nous donnons à Marie le titre de “refuge” des pécheurs..

 

USAGE :        Célébration de la puissance salvifique du Nom de Dieu

TEXTE : Ac chap. 4 et 5

 

 

PSAUME 54 (HÉBR. 55) : AUX PRISES AVEC UN MONDE PERFIDE

 

Israël. Dès le début de cette lamentation, on entend les cris douloureux d’un homme qui garde les yeux fixés sur sa propre situation, avec sa peur et son envie de fuir au désert. Lorsque le plaignant lève les yeux, il ne découvre partout que perfidie humaine, que crimes, et cela jusque dans la cité de la justice; et même au cœur de ses amis. La cause de ce mal est que les méchants ne croient pas à l’intervention de Dieu. Qu’ils soient donc précipités au creux de la fosse fatale ! Moi, je m’en remets à toi, Seigneur.

 

Église. Les cris de ce fidèle, je les entends encore aujourd’hui; ils montent des cœurs humains et ils ne sont ni moins désespérés, ni moins angoissés. Ils traduisent la situation d’injustice dans laquelle se meut notre monde, y compris notre monde religieux. Les appels à la réconciliation, à la paix ne sont pas entendus au sein des foyers, des communautés, des peuples; les personnes et les cœurs se ferment et l’homme doit s’attendre à être trahi, même par ses frères. Dieu seul demeure Celui qui ne trompe jamais, Celui en qui je peux me fier.

 

            Nazareth. Nous avons la certitude que Dieu sauve et cela nous soutiendra en toute situation.

La certitude de savoir qu’il sauve ne nous épargne pas de vivre le drame de l’arrogance du mal, mais il nous soutient et il nous aide à dépasser les angoisses et la mort. Le psalmiste, et avec lui nous aussi, même s’il ne voit pas comment il sera sauvé, se sent agripé à Dieu, comme Jésus fait dans le jardin de Gethsémani. Quand un ami nous trahit, Dieu reste une certitude. Celle-ci est le premier salut. La seconde sera la résurrection.

 

USAGE :        Pour retrouver la paix dans des conflits pénibles : trahison des amis, intrigues et hypocrisie du milieu ambiant

Prière de l’Église : pour une purification de ses institutions

TEXTE : Lc 22, 48

 

 

PSAUME 55 (HÉBR. 56) : PAROLE DE DIEU AU COEUR DE LA DÉTRESSE

 

Israël. Le fidèle, persécuté, adjure Dieu de le secourir. Il a la certitude d’être entendu et sa foi le garde dans une grande sérénité. II sait que le Seigneur est avec lui et recueille ses larmes; aussi, voit-il ses ennemis reculer. Il célèbre alors la parole d’un Dieu, fidèle à ses promesses, et s’ acquitte de ses vœux en offrant un sacrifice.

 

Église. Jésus n’a pu supporter les larmes de la veuve qui menait son fils en terre : « Ne pleure pas » (Lc 8, 52), lui dit-il; Lui-même a mêlé ses larmes à celles des deux sœurs de Lazare. L’Évangile nous invite donc à remettre au Seigneur nos peurs et nos plain­tes, sûrs qu’un jour sera réalisée la promesse eschatologique : « Il essuiera toute larme de leurs yeux : (…) de pleurs, de cris et de peine, il n’y en aura plus. . . » (Ap 21, 4).

 

            Nazareth. J’ai confiance en Dieu et je ne crains pas. “Que peuvent sur moi des humains ?”

            Avec cette certitude, Joseph peut affronter toutes les difficultés pour accueillir Marie comme épouse : le recensement, la fuite en Egypte, le retour, la recherche de Jésus au Temple. Et Marie est toujours à côté de lui. Ils peuvent découvrir peu à peu que Dieu est avec eux, dans la fragilité de leur Fils et dans la puissance d’un Père qui, à travers leur amour, trouve les solutions justes. Paul comme Marie et Joseph, pourra proclamer : ”Si Dieu est avec nous, qui pourra être contre nous ?”

 

USAGE :        Dans les moments de détresse, pour trouver la consolation de Dieu

Hommage à la Parole consolatrice

TEXTE : Lc 18, 1-8

 

 

PSAUME 56 (HÉBR. 57) : DE L’ANGOISSE À L’ACTION DE GRÂCE

 

Israël. Après un appel pressant au Dieu Très-Haut, le plaignant demande asile au sanctuaire; il se réfugie près de Dieu pour être protégé le temps que durera le danger qui le menace : Dieu a tout fait pour lui, il le délivrera; et c’est alors que commence le chant enthousiaste d’action de grâce. Le cœur du fidèle est disponi­ble, préparé comme sa harpe, pour le chant, il est envahi par l’amour et prêt à louer Celui qui le fera vivre dans la fidélité; il fait résonner son hymne au milieu des peuples pour que la gloire du Seigneur en vienne à couvrir la terre.

 

Église. Pour le chrétien, le refuge assuré à l’heure de l’angoisse, du naufrage, c’est Dieu, forteresse inébranlable. Je L’appelle et il me sauve. Mon cœur est disposé à la louange, mon cœur est éveillé dès l’aube pour chanter Dieu, pour communier à sa gloire, contemplant sa tendresse, sa fidélité pour tous les peu­ples en qui revit son amour et sa miséricorde.

 

            Nazareth. En toi je cherche refuge, un refuge à l’ombre de tes ailes.” Les trois de Nazareth expérimentent cette protection depuis la naissance de “l’enfant.” Attente sûre du salut, vigilance d’amour de la part de Dieu. Jésus reprend cette image pour dire son amour envers Jérusalem. Pour toujours Marie sera le refuge des pécheurs et Joseph patron de la bonne mort, le moment le plus délicat, où l’on verra jusqu’à quel point arrivent l’amour et la protection délicate et forte de Dieu.

 

USAGE :        Prière du matin : Ière partie du psaume

Dernière partie : anniversaire de mariage, de profession, d’ordination

Psaume entier : action de grâce au souvenir d’une épreuve

Fête de l’Action de grâces

TEXTE : Col 1, 11-14

 

 

PSAUME 57 (HÉBR. 58) : JUSTICE ENFIN RENDUE

 

Israël. Le fidèle prend d’abord à partie les mauvais juges. Il les accuse d’être de connivence avec les méchants dont la malice est incu­rable. En dernier recours, il se tourne vers le jugement de Dieu pour une solution radicale : le sans-loi doit disparaître à jamais. Alors seulement l’aventure humaine du juste trouvera son sens.

 

Église. Le ton violent de ce texte n’infirme en rien la profondeur de sa signification. Il représente l’une des pages les plus fortes jamais écrites sur la perversité du cœur humain. Il n’y a que la Bible qui puisse se permettre ce réalisme et cette lucidité. Car, seule, elle promet l’ avènement infaillible du jugement du Sei­gneur, lequel un jour remettra tout en place.

 

            Nazareth. A Nazareth Jésus mûrira une nouvelle vision : un homme ne peut pas demander à Dieu la destruction du propre frère, parce qu’il est méchant. Jésus présentera la perspective d’un Dieu qui cherche le salut de tous, d’un Dieu qui peut demander à ses disciples : “bénissez, ne maudissez pas”, “faites du bien aussi à qui vous fait du mal.” Les imprécations viennent du cœur humain, les bénédictions du cœur divin.

 

USAGE :        Α réciter en face d’une injustice flagrante, entérinée par la société

TEXTE : Mt 21, 33-41

 

 

PSAUME 58 (HÉBR. 59) : SOUS L’ATTAQUE DE FORCENÉS

 

Israël. Un fidèle est attaqué par des traîtres, infidèles à la parole don­née. On entre en guerre contre lui alors qu’il est innocent. Le persécuté somme le Dieu d’ Israël de se réveiller et de se charger de punir ces sans-loi qui se parjurent et rompent l’Alliance Le Seigneur se contentera de se moquer de tout ce vain bruit; i1 lui suffit de s’avancer avec sa tendresse et le juste pourra rire de ses adversaires, en contemplant leur défaite. Le fidèle célébrera au matin la victoire de son Dieu.

 

Église. Les forces hostiles qui s’acharnent à détruire, à mépriser, ne doivent pas être soudainement anéanties, mais terrassées et rendues impuissantes pour que soit fortifiée, dans un exemple durable, la foi des croyants. Le Christ, l’innocent, est encore persécuté dans son Église, où déjà résonne l’hymne de recon­naissance du juste qui, à la fin des temps, triomphera des puis­sances ennemies de Dieu.

 

            Nazareth. Ce psaume accentue les deux attitudes fondamentales : confiance en Dieu, mépris des adversaires pour lesquels on invoque destruction et humiliation. A Nazareth commence une relecture dans laquelle s’accentue la confiance en Dieu, dans la certitude qu’en Lui est déjà inhérente toute victoire et surtout l’affranchissement de toute peur. Cependant Jésus n’élimine pas toute peur. S’il y a quelqu’un à craindre, c’est celui qui rôde dans la nuit du mal.

 

USAGE :        Dans le noir de l’existence

ΤΕΧΤE : Αρ 15, 4

 

 

PSAUME 59 (HÉBR. 60) : L’ORACLE D’OÙ VENAIT L’ESPOIR

 

Israël. La situation d’Israël est tragique, sinon désespérée : sous le coup de la colère divine, le pays tombe en ruines. Les fidèles crient alors vers Dieu qui répond dans un vieil oracle, lequel prophétise la soumission de droit aux nations rivales. En conclusion, le peuple et son roi rappellent qu’ils ne peuvent rien faire sans le Seigneur; mais, maintenant, sûrs de son appui, ils se sentent forts et voient déjà leurs ennemis écrasés.

 

Église. L’Église connaît des heures sombres où tout semble fait pour briser le ressort des bonnes volontés survivantes. Mais la charte de l’Évangile, comme autrefois celle d’Israël, demeure un soutien toujours en vigueur. Les meilleurs entendent la voix du Christ. Un saint, un grand pape, une institution vivifiée par la grâce, fait se ressaisir les cœurs. L’Église reprend un nouvel élan : c’est le désert qui refleurit (Is 35, 1).

 

            Nazareth. À partir de la présence de Dieu à Nazareth, chaque situation change : la victoire d’Israël ou de l’Église ne sera plus vue comme victoire de Dieu et, vice versa, la défaite de l’Israël et de l’Église sera vue comme défaite de Dieu. Dieu, en Jésus, passe comme battu aux yeux humains, mais il termine comme vainqueur : il sera le Ressuscité. Et Jésus le dira à la pleine voix : “J’ai vaincu le monde !.” L’amour résultera à la fin toujours vainqueur, même s’il a à passer par la vallée obscure de la mort.

 

USAGE :        Aux heures où l’Église doute d’elle-même

TEXTE : Rm 11, 25-32

 

 

PSAUME 60 (HÉBR. 61) : UN ROI DEMANDANT L’HOSPITALITÉ À SON DIEU

 

Israël. Le roi aspire à être reçu chez le Seigneur; là réside l’espoir de la sécurité et de la vie. Du bout de la terre, le monarque crie vers l’inaccessible roc; Dieu seul peut le hisser en son palais. En tant que loyal serviteur de Dieu, le roi jouit.de la certitude d’être écouté de celui qui exauce toujours celui qui le craint.

À la prière du roi se joint celle de la foule qui réclame pour le souverain la faveur d’un long règne sous la garde de la tendresse de Dieu.

 

Église. Grâce au Christ qui nous a ouvert l’accès auprès du Père, nous avons maintenant droit d’entrée au sanctuaire où Dieu demeure : « Quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai vous prendre avec moi, afin que, là où je suis, vous soyez, vous aussi » (Jn 14, 3). Ici-bas, nous gémissons, acca­blés, soupirant après l’heure où Dieu nous hissera jusqu’en sa maison, là où avec Lui, nous règnerons à jamais : « sur le roc trop haut pour moi hisse-moi à jamais je chanterai ton nom. »

 

            Nazareth. Il vient spontané de dire à Dieu : à Nazareth, “ Je veux être chez toi pour toujours”. A Nazareth, où Dieu, “ tu es pour moi un refuge, un bastion, face à l’ennemi.” Nous aspirons des frontières de la terre à la maison humble de Nazareth, parce qu’en elle habite notre roi, “doux et humble de cœur”, comme il plaît à Dieu. Et spontanément nous acclamons ”qu’il règne pour toujours, Jésus de Nazareth.”

 

USAGE :        Prière contemplative du matin

Désir de rencontrer Dieu : retraite, révision de vie, après une faute

TEXTE : Ph 1, 21

 

 

PSAUME 61 (HÉBR. 62) : LE REPOS SEUL EN DIEU

 

Israël. Pour le patient, le monde constitue une menace, car ses conseils sont décevants et ses bénédictions, hypocrites. Aussi, le fidèle cherche-t-il son repos dans le Seigneur, près duquel il peut, en toute confiance, épancher son cœur. Ce discours reçoit un bon accueil de la part des auditeurs. Fort de cet appui et de son expé­rience personnelle, le récitant exhorte alors le public à préférer Dieu aux hommes, qui ne sont que fragilité et mensonge.

 

Église. Quels que soient le mal ou le pouvoir qui nous oppriment, il faut faire crédit à Dieu. Bien plus, il est le seul qui mérite notre confiance. La clé de 1a foi c’est d’opposer au mythe de la puis­sance de l’homme, la force reposante et sûre que propose le Sei­gneur..

 

            Nazareth. Si je suis uni à Jésus, Marie et Joseph, Nazareth devient ma roche de salut. Que peuvent me faire les hommes ? Je peux non seulement contempler la forteresse des murailles de Nazareth : leur foi en Dieu, aux hommes et au leur travail; leur amour à Dieu, entre eux et avec chaque vivant; leur travail, qui continue l’œuvre créatrice de Dieu, pour gagner le pain honorablement et servir aux nécessités de tous. Dans ces murailles règne la paix !

 

USAGE :        Profession de foi à la manière du Ps 16

TEXTE : Lc 12, 22-32

 

 

PSAUME 62 (HÉBR. 63) : PRÈS DE DIEU, DANS LA JOIE

 

Israël. L’orant de ce psaume est montré languissant dans l’attente d’une réponse : il a soif du Dieu de vie, l’unique source capable de le désaltérer. De la contemplation de la puissance et de la gloire du Seigneur, à l’intérieur du sanctuaire, émerge le goût de la tendresse fidèle de Dieu; et, de là, naît le besoin de chanter dans l’enthousiasme de la reconnaissance : « je goûte ta tendresse plus que la vie (= parce que ta grâce vaut plus que la vie)». Tandis que ceux qui en voulaient à sa vie sombrent dans les profondeurs de la terre, le souverain se réjouit en Dieu qui vient en aide à son élu.

 

Église. La communion profonde avec Dieu apporte à l’homme une joie qui jaillit de la conscience de vivre et de vivre pleinement. Le rassasiement de l’être se traduit par un besoin de chanter. Tout ce qui fait obstacle sur la route disparaît en quelque sorte pour faire place au souvenir des bienfaits divins. En présence de Dieu, l’ âme goûte le plein consentement dans la réalisation de ses aspirations profondes : « je colle à toi de tout mon être ».

 

            Nazareth. Est-ce que nous pouvons imaginer et désirer une joie plus grande que de rester avec Dieu, comme l’ont pu vivre Marie et Joseph avec Jésus à Nazareth ? Nazareth est le lieu théologique où Dieu incarné se fait présent. Il y est possible de “passer des heures d’amour en dialoguant avec le bien-aimé.” Nous pouvons nous y jeter dans les bras de notre mère.

 

 

USAGE :        Expression du bonheur d’être avec Dieu : début d’une retraite, prière du matin, jubilé d’argent

TEXTE : Ερ 3, 19; Ph 3, 7-8

 

 

PSAUME 63 (HÉBR. 64) : L’ΕNΝΕΜΙ DÉBUSQUÉ

 

Israël. Le mal sévit dans le monde; mais ce qui étonne le patient, c’est le caractère insidieux de l’action de ses ennemis. Ils préparent leurs coups dans l’ombre, puis frappent à l’improviste. Mais le Seigneur utilise lui aussi l’effet de surprise et ses flèches lais­sent les méchants désemparés. C’est alors que le juste, enthou­siaste et joyeux, proclame l’œuvre divine.

 

Église. La frontière du mal commence là οù l’on parle mécham­ment des autres. Lorsque cette action souterraine et incontrôla­ble détruit les réputations et les personnes, même au sein du peuple de Dieu, les victimes de 1a malfaisance trouvent leur refuge dans le Seigneur. Autrefois, un mot de celui-ci, telle une flèche, frappait Pharisiens οu Sadducéens. Ce que Jésus a fait dans l’Évangile, il le continue encore pour les siens. Il nous demande seulement de « croire » en Lui.

 

            Nazareth. Le cœur de chacun demeure impénétrable ! “, Ps 63,7. On s’étonne de quelle perversité est capable l’homme. Surtout quand il s’acharne contre un innocent, comme avec Jésus dans la flagellation, dans le couronnement d’épines, dans la crucifixion. Aussi Jésus prie pour être libéré des méchants. Dieu interviendra au moment qu’il jugera opportun. Ses flèches consistent à remettre en ordre les choses et à faire triompher l’innocence et la justice.        

 

USAGE :        À réciter sous le coup des attaques de la calomnie ou du mensonge

TEXTE : Mt 5, 10-12

 

 

PSAUME 64 (HÉBR. 65) : L’UNIVERS REFAΙT À NEUF

 

Israël. Ce psaume chante la joie de l’être qui a recouvré la fraicheur vitale première et qui se retrouve propre dans un univers purifié. Dieu seul peut enlever la souillure de tout être de chair, Dieu seul peut redonner au Temple, sa pureté, et au peuple élu, la beauté de sa jeunesse. L’écran du péché ayant disparu, tout est envahi par la puissance divine de salut qui fait jaillir une prospérité merveilleuse, un renouvellement, une plénitude venant du don de la pluie fertilisante. Le Seigneur reprend en charge l’homme et la terre et tout revit et chante à la gloire de Dieu.

 

Église. En la personne de Jésus, Temple absolument saint, nous avons reçu à la fois la purification de tout péché et la plénitude de la vie. Par sa résurrection, « le Christ s’est plu à réconcilier tous les êtres pour Lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux : en Lui, habite toute plénitude » (cf. Col 1, 19-20). C’est pour nous que Dieu veut ouvrir aujourd’hui ses sources intarissables, c’est par amour qu’il veut féconder nos vies, les transformer et renouveler 1′ univers.

 

            Nazareth. Nous remercions Dieu parce qu’il est Père que nous pouvons lui dire tout ce qui est important pour nous. Pour celui qui remercie “tout est don, tout est grâce, tout chante et crie de joie.” A Nazareth ce psaume accompagne toute action des trois personnages, qui tissent leur prière vraiment dans le “remerciement.” “Je te loue, Père, parce que tu révèles ces choses aux petits.” “Mon âme exalte le Seigneur.” L’agir de Dieu est la vraie merveille de la création, pour celui qui a les yeux de la foi pour le reconnaître.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle : action de grâce

Onction des malades

Fêtes du printemps

En Orient : retour des pluies

ΤΕΧΤE : 1 Co 1, 4-7

 

 

PSAUME 65 (HÉBR. 66) : L’ACTION DE GRÂCE D’ISRAËL AU MAÎTRE DE L’HISTOIRE

 

Israël. Dieu apparait comme le souverain qui tient en respect les puis­sances du monde : aussi Israël laisse-t-il éclater son admiration et sa joie. Mais ce n’est pas assez. Les peuples sont cοnνοqués afin de communier à son action de grâce pour la délivrance de l’Exode et le don gratuit de Canaan. À l’intérieur de cette démarche collective, le fidèle s’avance et proclame avec fierté que le Seigneur a entendu son propre cri et prêté attention â ses vœux.

 

Église. Les anciennes liturgies apprennent aux Chrétiens à relier tous les dons du Seigneur, même les plus petits, au souvenir de la Création et de la Rédemption; car nous ne recevons de vie que dans l’Église et nous ne serons pas sauvés sans elle. Rendre grâ­ces pour le pain de la table, pour la santé recouvrée; pour toute autre faveur du Père, c’est s’associer pour son compte à 1’eu­charistie qui, de siècle en siècle, unit la Chrétienté entière dans la même action de grâce.

 

            Nazareth. Notre Dieu est un Dieu de salut et il mérite toute louange. S’il y a des épreuves, elles sont à être interprétées comme la fusion de l’argent dans le creuset. L’argent est purifié et rendu à sa beauté. Dieu a préservé son fils de la mort pendant qu’il était un enfant : fuite en Egypte, retour, installation à Nazareth, mais par la suite il n’a pas fait de miracles pour cette famille sainte. Mais Jésus, Marie et Joseph se sentent également protégés par Dieu, comme aussi tout vrai croyant, qui voit la main de Dieu dans les différents événements de la vie.

 

USAGE :        Christ-Roi

Aboutissement d’un projet

Évaluation à la fin d’un congrès

Clôture d’un Chapitre

Célébration du Nom du Seigneur

TEXTE; Αρ 15, 3-4; Jn 18, 36

 

 

PSAUME 66 (HÉBR. 67) : GLOIRE DU SEIGNEUR ΒÉNΙSSΑΝΤ SΟΝ PEUPLE

 

Israël. Israël est le témoin privilégié de ce que le Seigneur peut et veut faire pour les hommes. L’œuvre divine qui suscite le plus d’admiration parmi tous les peuples et le cosmos entier, c’est l’exercice d’un jugement droit. Si Dieu comble les siens de manière éclatante, c’est pour que tous connaissent sa Route, celle du salut. Et le grand courant de vie, émanant de la Justice se répandra sûr un univers pacifié en ruissellement de bénédictions divines, et ce, jusque dans le concret de l’existence du peuple de Dieu. Et toutes les nations verront le geste divin et confesseront la puissance du Seigneur.

 

Église. Les bienfaits dont Dieu comble le chrétien sont ressentis comme un avant-goût du salut universel à venir. Le plus grand de ces biens, c’est la vie, et la vie dans le Christ, c’est Jésus, la vraie Vigne , dont nous sommes les sarments. Si nous sommes greffés sur le Christ et nourris de sa sève par l’Esprit-Saint, l’Église sera féconde, elle entrera dans sa pleine maturité et fera resplendir le salut aux yeux des nations.

 

            Nazareth. Dieu se lève et ses ennemis se dispersent “(v. 2). Il y aura des moments durant lesquels Dieu fera resplendir son visage glorieux. Mais il y a une manière quotidienne avec lequel Dieu fait resplendir son visage et que Marie et Joseph ont contemplé pendant trente ans à Nazareth et qu’ils nous enseignent à contempler dans le quotidien de chaque visage humain. Il n’est pas facile, surtout quand le visage humain est défiguré par la maladie ou du mal. Mais le visage de Dieu reste toujours visible en chaque geste d’amour.

 

USAGE :        Anniversaire de fondation d’une paroisse, d’une communauté

Fête d’Action de grâces

TEXTE : Jn 15, 1 ss.

 

 

PSAUME 67 (HÉBR. 68) : LE ROI D’ISRAËL ΤΟΝΝΕ ΕΝ SON SANCTUAIRE

 

Israël. Faisant justice à son peuple, Dieu l’installe sur sa terre, lui donne la vie et procure une demeure à « ses pauvres ». À sa mis­sion de juge, il associe celle de chef des armées : il s’ensuit la fuite précipitée des rois, le partage du butin et la montée du Dieu vainqueur à Sion, la montagne qu’il s’est choisie.

Israël est fier de son Dieu, car il se manifeste comme ouvrant le salut; il conduit même les ennemis aux pieds de son peuple afin que celui-ci les extermine. Cette victoire cède la place à une procession liturgique bien ordonnée où les tribus respectent les règles de la préséance. Comme un écho des pre­miers versets, le Seigneur fait entendre de nouveau ses menaces contre les ennemis éventuels de la nation : cette voix pénètre l’âme d’Israël pour y ancrer la certitude de la puissance irrésisti­ble de son Dieu.

 

Église. L’âme chrétienne attend la victoire décisive du Christ. Mais c’est l’Esprit, qu’il a répandu sur le monde, qui prélude aux succès de la fin des temps. Toujours en action, il passe et repasse sur l’humanité; sa Voix « donne la force à son Peuple » (Pr 29, 11) et ne retentit que pour la faire vivre dans son Royaume. Alors, quand la Mort, son dernier ennemi, sera tombée, tout ce qui sommeille se relèvera, en entendant, plus éclatante que jamais, la voix du Roi : « L’heure vient où tous ceux qui gisent dans la tombe en sortiront à l’appel de sa Voix » (Jn 5, 28).

 

            Nazareth. La grande victoire de Dieu est celle de prendre soin de nous. L’aspiration d’Israël à la justice est aussi notre aspiration chrétienne : et nous savons que le Christ reviendra vainqueur et il remettra tout ordre selon le plan de Dieu. Mais à Nazareth, Dieu est encore venu convoquer la justice et il a dit qu’il est possible de l’établir à partir de l’humilité et de l’amour. A Nazareth il a réussi. Pourquoi ne pas cultiver cet espoir aussi pour nous ? Tout le vacarme de luttes et de victoires est seulement pour souligner que “Dieu a soin de nous et, quand il voudra, il nous libérera du mal et des méchants.

 

USAGE :        Ascension, Pentecôte, Christ-Roi

Dimanche des Missions

Célébration du Nom de Dieu Sauveur

ΤΕΧΤΕ : Αρ 11, 17-18

 

 

PSAUME 68 (HÉBR. 69) : LES SERVITEURS DU SEIGNEUR ATTENDENT LA CONSOLATION

 

Israël. Ce psaume marie un texte pénitentiel et une lamentation contre les ennemis. Les deux morceaux, imbriqués l’un dans l’autre, reprennent en partie les mêmes thèmes; mais dans l’énoncé de la plainte, l’accent n’est pas placé au même endroit : le pénitent attend la miséricorde, et le pauvre écrasé par l’injustice, réclame une intervention salvifique. Le public n’accepte pas les manifestations de pénitence du pieux israélite portant le poids de son péché et celui de son peuple, pas plus qu’il ne sait com­patir avec le persécuté ployant sous le coup d’attaques injusti­fiées de nombreux ennemis. C’est l’implacable condamnation d’un monde accusateur et impitoyable, qui fait contraste avec le besoin de louer le nom de Dieu qui relève et sauve. Et le chant de reconnaissance du rejeté devient l’action de grâce des pau­vres et l’action de grâce de la nature tout entière.

 

Église. En prenant sur lui le malheur d’un peuple coupable, le Christ accepte de porter toutes les conséquences de l’incompré­hension touchant sa personne et sa mission. Le salut qu’il apporte lui vaut d’être rejeté, de subir les outrages et les sarcas­mes d’un grand nombre d’ennemis et de recevoir en guise de consolation du vinaigre pour étancher sa soif. « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître; s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jn 15, 20). « Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn 15, 33). Notre victoire est dans le Christ ressuscité, bien plus que dans les contestations et les cris qui risquent de n’être ni entendus, ni compris.

 

            Nazareth. Jésus s’est fait impliquer dans des moments d’apparent abandon de la part de Dieu : Gethsémani, sur la croix… Angoisse de Joseph quand sa famille est en danger de mort. Angoisse de Marie sur le chemin du Golgotha. Mais en aucun des trois personnages est manqué cette confiance en Dieu cultivé jour après jour à Nazareth,. Et si d’une part il sera toujours scandaleux de voir souffrir un innocent, la foi des trois de Nazareth montre qu’entre Nazareth et le Golgotha l’histoire ne se termine pas sur la croix et non plus dans le sépulcre, mais avec la résurrection.

 

USAGE :        Psaume de la Croix : Vendredi saint

À réciter avec des malades

TEXTE : Mt 10, 24-25

 

 

PSAUME 69 (HÉBR. 70) : APPEL AU SECOURS (cf. psaume 40, 14-18)

 

Israël. Le requérant veut faire échec à l’entreprise d’ennemis qui en veulent à sa vie. D’une part, il adjure Dieu de les couvrir de con­fusion. Par contre, il espère voir triompher ceux qui cherchent le Seigneur et son salut; car, ce sont ceux-ci, précisément, qui présentent une attitude favorable à sa cause personnelle.

 

Église. Au seuil de la mort, le Fils á appelé le Père à son aide; celui-ci a libéré le Christ. Sa miséricorde ne viendra-t-elle pas secourir tous les fidèles qui cherchent Dieu de tout cœur ? « Ma justice, je la rends proche, elle n’est plus éloignée et mon salut ne sera plus retardé; je donnerai en Sion le salut, à Israël je donnerai ma splendeur » (Is 46, 13).

 

            Nazareth. Le cœur de Dieu Père, touché par l’insistance dans la demande d’aide, répond par la présence de Jésus, qui a vécu à Nazareth avec des personnes simples dans un petit village et qui dès qu’il commence sa vie publique, accueille chaque personne frappée par le mal : “il vit… et il en eut compassion”. Ce psaume est citation d’un autre psaume… mais il y a la nuance de l’urgence : “viens bientôt me sauver !” Qui est le plus attentif à ce cri des trois de Nazareth ?

 

USAGE :        Célébration du Nom divin : appel au secours

TEXTE : Mc 14, 36-39

 

 

PSAUME 70 (HÉBR. 71) : LA PRIÈRE DU SERVITEUR VIEILLISSANT

 

Israël. Un vieillard présente sa requête à Dieu dans une prière pleine de confiance. Le Seigneur á toujours été son protecteur, il l’ a gardé dès sa conception et il l’a comblé de ses largesses. Quoi que disent ou quoi que fassent ceux qui lui en veulent, le vieux ser­viteur ne peut que s’en remettre à la justice de Dieu. Le déclin des forces n’est pas le moment de l’abandon de Dieu, mais l’heure de 1’action de grâce. Le serviteur n’attend qu’une chose : pouvoir toujours louer Dieu, en entrant dans son sanctuaire; chanter sans cesse ses prouesses et sa justice en contemplant l’œuvre incomparable de sa création et les merveilles de la recréation de son peuple.

 

Église. La confiance en ta fidélité, Seigneur, est gravée profondément dans mon cœur et dans les cœurs de ceux qui vivent « le temps de leur vieillesse ». Malgré les angoisses, les inquiétudes, qui peuvent obscurcir notre route, reste proche, Seigneur, et permets aux tiens de te louer en se rappelant tout ce que tu fis pour eux. En admirant ton œuvre de salut, ô Christ, fais que notre action de grâce prenne des accents toujours nouveaux, et qu’ils résonnent dans tout l’univers !

 

            Nazareth. Jésus meurt “violemment” encore jeune, mais Marie et Joseph ont atteint cette plénitude de vie qui va vers la vieillesse, normale pour beaucoup de gens. Ce psaume se révèle comme une prière de sensibilité familiale et surtout adaptée à ces moments où les forces physiques diminuent et la nécessité de l’aide des autres est plus attendue, car l’angoisse et les adversités sont plus fortes.

 

USAGE :        Prière du soir

Ρrière du troisième âge

Jubilé d’or ou de diamant

TEXTE : Ac 20, 24

 

 

PSAUΜE 71 (HÉBR. 72) : LE LIEUTENANT DU JUGEMENT DIVIN

 

Israël. Dans le cadre d’une intronisation, le poète formule les vœux de la communauté pour le roi : puisse-t-il défendre les humbles et garantir par sa justice et sa force, la prospérité du pays; à l’extérieur, que sa puissance s’étende d’une mer à l’ autre. Afin que ce programme royal se réalise, les intéressés, c’est-à-dire les sujets, prient pour leur souverain et le bénissent.

 

Église. Les rois d’Israël n’étaient qu’une pâle figure de Celui à qui « le Père a remis tout jugement » (Jn 5, 22). Son pouvoir dépasse les coercitions humaines : pour vaincre, Il convertit et fait renaî­tre; sa Justice libère l’homme de toute force d’oppression, externe ou interne; enfin seul son Amour fait goûter à l’humanité la paix véritable.         « Je vous laisse la Paix (…) Je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jn 14, 27).

 

            Nazareth. Description “prophétique” de ce que sera Jésus vrai roi universel et éternel. Salomon, ici hyperboliquement exalté, est peu de chose devant ce qu’est Jésus. Avec quelles anxiété et peur Marie et Joseph auront entendu vibrer ce psaume pour leur fils Jésus ! Avec le même espoir de Marie et Joseph, nous aussi continuons à cultiver la confiance dans la royauté de Jésus. “Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde.” Mais il le vaincra sur la croix, vrai trône de l’amour.

 

USAGE :        Épiphanie, Christ-Roi

A réciter avec des pauvres, des opprimés

TEXTE : Jn 5, 22-30

 

 

PSAUME 72 (HÉBR. 73) : AVEC DIEU ENVERS ET CONTRE TOUT

 

Israël. Le succès du sans-loi fait douloureusement ressortir l’échec du juste. Celui-ci s’est laissé troubler en voyant la paix dont jouis­sent les impies. Faut-il continuer à espérer malgré l’insuccès, s’obstiner à croire que Dieu agira, οu doit-on passer du côté des sans-loi ? La réussite des méchants se fait provocatrice, c’est un défi lancé à Dieu, un défi que Dieu ne se presse pas de relever. Pareil spectacle a de quoi ébranler la fidélité du juste, se résignera-t-íl à changer de route ?

La situation s’inverse à la lumière de Dieu, dans la deuxième partie du psaume. L’entrée du fidèle au sanctuaire a permis au brouillard de la tentation de se dissiper; l’éblouissant mirage du succès des sans-loi fait place à la certitude que c’est Dieu qui tire la conclusion de l’aventure humaine. Libéré de l’image du sans-loi, le fidèle se retrouve seul avec son Dieu. Ce n’est pas encore la fin de ses maux, mais la reprise de l’option première dans la confiance et l’abandon, sous la lumineuse cer­titude d’être dans la main de Dieu.

 

Église. O Dieu, laisse-moi te demander pourquoi tu nous laisses attendre en vain le succès quand nous travaillons pour l’exten­sion de ton Règne, pourquoi sembles-tu te désintéresser de la réussite de ceux qui optent pour toi ? À quoi bon une fidélité gra­tuite, celle où il nous faut opter pour la nuit obscure, là où la rai­son n’a plus accès ? Et tu m’as fait comprendre qu’en dehors de toi, tout est illusion; je resterai donc avec toi, comptant toujours sur ta fidélité envers et contre tout.

 

            Nazareth. Mon bien est de rester près de Dieu – près de Jésus, Marie et Joseph. Mais “Je voyais le succès des impies... ” Seulement les cœurs purs voient l’agir de Dieu. Seulement les purs de cœur peuvent dire par expérience : mon bien, ma joie, est de rester près de Dieu. A celui qui reste près de Dieu incarné, comme Marie et Joseph à Nazareth, est accordé d’entrer dans le mystère de l’eucharistie. Près de Dieu incarné il est possible de devenir pur de cœur, tandis que les voies des impies se pardonnent en une vaine gloire.

 

USAGE :        Renouvellement d’engagement

Nuits spirituelles : épreuve vocationnelle

TEXTE : Rm 8, 38

 

 

PSAUME 73 (HÉBR. 74) : SUR LES RUINES DU SANCTUAIRE

 

Israël. Le Temple a été profané et dévasté. Dieu parti, Israël est seul et comme à découvert devant ses ennemis. Un silence de mort couvre le pays, c’est « l’heure des ténèbres » . La foi du peuple de Dieu s’exprime alors dans une adjuration angoissée et pathéti­que : que le Seigneur, Lui qui est depuis toujours le roi de la terre d’Israël ne se laisse plus provoquer sans réagir et qu’il assure la survie de ses fidèles.

Quand, au Golgotha, le Temple vivant fut détruit, les Disci­ples en furent accablés : à leurs yeux, la merveilleuse vision du monde à venir s’était évanouie. C’était « l’heure des ténèbres », le Silence absolu.

 

Église. Cependant, une bataille surhumaine venait d’être gagnée. Celle de la Présence qui sauve, sur l’Absence qui laisse le monde en proie au désordre et à la mort. Aux ténèbres du Ven­dredi saint devait succéder l’éclatante lumière du matin de Pâques : « Détruisez ce sanctuaire : en trois jours, Je le relèverai » (Jn 2, 19) .

 

            Nazareth. Jésus, Marie et Joseph se sentent impliqués, avec leur peuple, par la profanation du temple. Jésus parlera de lui-même comme d’un temple détruit et reconstruit. Sa résurrection sera la preuve définitive de l’œuvre salvatrice de Dieu. Et nous sommes sûrs qu’aujourd’hui Jésus, Marie et Joseph intercèdent pour l’Église persécutée comme alors ils intercédaient pour leur peuple d’Israël. Mais aussi Jésus, Marie et Joseph se sont toujours mis du côté des persécutés et non pas du côté des persécuteurs. Dieu prendra leur défense et la nôtre.

 

USAGE :        Vendredi saint

Dans les temps creux de la vie de l’Église : espérance de renouveau

Chambre funéraire : espérance de la résurrection

TEXTE : 1 Co 3, 16; 1 P 3, 4-10

 

 

PSAUME 74 (HÉBR. 75) : PAS D’AUTRE JUGE QUE LE SEIGNEUR

 

Israël. Un fidèle annonce le message prophétique du jugement divin. De même que Dieu a, comme créateur, fondé et affermi la terre, de même sa puissance ordonnatrice s’imposera dans le domaine des hommes : il décrétera sur terre un jugement droit, inflexible. Il n’y á pas d’autre juge que Dieu et nul ne peut se soustraire au destin qu’il assigne. Les impies s’abreuveront à la coupe venge­resse de Dieu; ils seront écrasés et le juste exprimera sa satisfaction en des hymnes vibrants au Dieu de Jacob.

 

Église. La foi au jugement divin est une donnée fondamentale qu’on ne met pas en doute. Parce que Dieu possède la maîtrise des événements, il ne peut manquer de les infléchir pour que finalement les justes échappent à l’épreuve et que les sans-loi soient punis. L’appel au Dieu-Juge apparaît comme une ins­tance destinée à hâter l’heure du jugement final; et nous chan­tons à l’avance la gloire de ces assises solennelles où Dieu fera justice à tous.

 

            Nazareth. A Nazareth grandissent les justes dont la puissance est constituée par leur humilité devant Dieu et devant les hommes. Dieu les élèvera, il les rachètera, il les fera renaître. Parce qu’à le Nazareth s’est accompli le désir de Dieu “ Ne levez pas votre front contre le ciel, ne parlez pas en le prenant de haut ! …”, sinon pour prier. Le jugement qui rend justice ne vient pas des quatre points cardinaux, mais de Dieu. Et Jésus, Marie et Joseph sont comme le bras de salut tendu par Dieu vers son peuple.

 

USAGE :        Christ-Roi

Face au scandale de l’injustice

TEXTE : Αρ 14, 10; 19, 15-21

 

 

PSAUME 75 (HÉBR. 76) : TRIOMPHE DU SEIGNEUR EN SION

 

Israël. Tel un conquérant, le Seigneur a dressé sa tente en Sion. Grâce à la puissance du champion d’Israël, le butin s’accumule sur la montagne sainte. La Cité du Dieu vainqueur devient alors le lieu de son jugement royal : d’une part, l’ennemi ne peut soute­nir l’éclat de sa colère; par ailleurs, les pauvres dont la cause lui est chère, reçoivent le salut. Les fidèles, ivres de joie, s’acquit­tent de leurs vœux, alors que les nations voisines rendent hom­mage au Seigneur.

 

Église. Il est une Ville imprenable où les citoyens jouissent de la liberté garantie aux enfants de Dieu; c’est une Métropole qui s’enrichit du patrimoine intellectuel ou esthétique de toutes les civilisations; enfin, c’est l’Église, la Jérusalem dont la jeunesse renouvelée à chaque période de l’histoire, permet de regarder au-delà du temps, dans la foi et l’espérance.

 

            Nazareth. Quand Dieu se lève pour juger, pour sauver tous les humbles de la terre.” (v. 10) sa gloire n’est pas seulement dans le temple de Jérusalem. Il partage en plus la joie de Nazareth, parce que la vraie victoire de Dieu consiste à sauver les humbles, il se lève pour faire renaître son Fils de la mort.

 

USAGE :        Triomphe final de Dieu dans l’Église

Au terme d’un projet pastoral

 

TEXTE : Mt 24, 27; Αρ 17, 14

 

 


 

PSAUME 76 (HÉBR. 77) : UN DIEU FIDÈLE À SON OEUVRE

 

Israël. La première partie du psaume est une quête de Dieu dans la nuit. Le fidèle se croit abandonné du Seigneur maïs son abattement ne l’empêche pas de garder bien vivante en son esprit l’éblouis­sante image des faveurs divines du passé. L’histoire est là pour montrer que le comportement divin ne change pas. Mais pour­quoi ce Dieu si proche s’est-il retiré ?

Dans un deuxième temps, le fidèle réactualise les beaux jours où il a goûté la présence divine, il se rappelle toutes les merveilles de Dieu; c’est une nouvelle théophanie où le Sei­gneur récapitule son œuvre. Ce qui apparait avec plus d’évi­dence aux yeux de l’orant, c’est que les voies du Seigneur sont sans retour; elles atteignent leur but. La présence du Dieu fidèle est comme son œuvre, éternelle,

 

Église. Ce cri dans le noir, n’est-il pas déjà monté du cœur à nos lèvres dans des moments douloureux où Dieu semblait si loin ? Et le recours à la compréhension humaine n’a souvent fait qu’aggraver la douloureuse blessure. Plus que le peuple de l’Ancienne Alliance, j’ai raison de retourner à la méditation des merveilles de Dieu. En Jésus, toutes les promesses ont trouvé leur plénitude. En Lui, Dieu s’est fait proche de nous, et si nos yeux sont empêchés de le reconnaitre, c’est qu’il se cache pour nous permettre de le chercher, et en le cherchant de le redécou­vrir à nouveau.

 

            Nazareth. La certitude de la miséricorde de Dieu envers nous est confirmée pleinement par la présence de son Fils parmi nous à Nazareth : “Dieu a tellement aimé le monde qu’il a envoyé son Fils” (Jn 3,6). Le souvenir des œuvres de Dieu est non seulement un encourageant, mais surtout la possibilité de regarder en avant : Jésus indique que chacun doit affronter son exode comme Lui l’a affronté avec sa mort. Mais au-delà de la mort la Résurrection apparaît comme la terre promise. Le souvenir des œuvres de Dieu doit devenir la certitude qu’il ne nous oublie pas.

 

USAGE :        Pour les heures de découragement

Après la mort d’un ami, d’un enfant, d’un époux

ΤΕΧΤΕ : He 13, 7-8; 14-15

 

 

PSAUME 77 (HÉBR. 78) : L’AGIR DE DIEU ET L’ENGAGEMENT DE L’HOMME

 

Israël. Prologue — (vv. 1-11) Pour le fidèle, obéir à Dieu, c’est ratifier ce qu’il a fait pour nous. Aussi, met-il en étroite relation le souvenir des hauts-faits du Seigneur et l’observation de la loi. L’un et l’autre constituent la matière d’e l’enseignement des pères, de sorte que les fils sachent se souvenir et .obéir, pour ne pas ressembler à leurs ancêtres, qui faute de mémoire, n’ont cessé de se rebeller.

Ι — (νν. 13-40) Israël oublie que Dieu a « fendu » le rocher pour soulager sa soif et met le Seigneur au défi de lui « dresser une table au désert ». Courroucé, le Dieu satisfait quand même aux vœux de son peu­ple et lui donne la manne et les cailles. Toutefois, les convoiti­ses d’Israël sont ambiguës et elles attirent le mal sur lui : le don du pain demeure sans ombre, mais les cailles sont empoison­nées. Patient et miséricordieux, Dieu veut ainsi amener les siens à mettre leur confiance en lui, à le considérer comme seul sauveur.

II — (νν. 41-64) Le poète rappelle les hauts-faits divins : pour que changeât le destin d’Israël, le Dieu des pères força la main au Pharaon et conquit de son bras victorieux le territoire qu’il réservait aux siens. Mais oublieux de l’Égypte, Israël cède à la tentation de se conduire seul, sans plus d’engagement vis-à-vis de l’Allié divin. Pour le Seigneur, rester au milieu des siens, en pareil cas, deviendrait complicité. C’est pourquoi l’Arche tombe aux mains de Philistins. Dieu absent, le peuple est voué à périr.

III — (vv. 65-72) Dieu décide d’imprimer un nouveau tournant â son action. Il reprend l’initiative, choisit Juda, puis refait l’unité de la nation autour de Jérusalem. Enfin, il se bâtit un sanctuaire et trouve en David un serviteur au cœur ferme. Aussi, l’aventure se termine-t-elle dans un succès sans ombre qui se couronne dans l’attente du Christ-Jésus, le vrai fils de David.

 

Église. Comme Israël, par peur οu par une abusive confiance en nous-mêmes, nous opposons à l’emprise de Dieu une résistance opiniâtre. Cependant, la parfaite acceptation du dessein de son Père par le Sauveur, garantit à ceux qui renaîtront de Lui la réussite définitive. Notre impuissance foncière elle-même n’y mettra plus d’empêchement : « Vouloir le bien est â ma portée, mais non pas l’accomplir (…). Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ? Grâces soient à Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur ! » (Rm 7, 18, 24-25).

 

            Nazareth. L’histoire de l’Israël est une suite d’infidélités du peuple envers son Dieu, mais celui-ci multiplie les gestes de sa proximité, de son pardon et de son amour. A Nazareth commence une nouvelle histoire, dans laquelle finalement l’homme peut montrer qu’il est possible d’être fidèle à Dieu. La fidélité de Joseph, de Marie et de Jésus inaugure le nouveau peuple de l’alliance avec un amour filial envers un amour paternel de la part de Dieu.

 

USAGE :        Engagement

Renouvellement de profession religieuse

Cérémonie pénitentielle

Révision de vie.

TEXTE : Rm 7, 18.24-25

 

 

PSAUME 78 (HÉBR. 79) : SUR LES RUINES DE JERUSALEM

 

Israël. Jérusalem est en ruines, le Temple a été profané, les cadavres des fidèles gisent sur le sol, le peuple de Dieu réalise son impuissance devant les attaques des nations païennes. Israël conjure le Seigneur de tourner sa colère sur le camp ennemi. Le peuple élu ne mérite rien, il est vrai; son péché lui a fait perdre tous ses droits de partenaire de l’Alliance. Mais Dieu ne devrait-il pas songer à la gloire de son nom, compromise par le lamentable échec de ses alliés ? Montre, ô Dieu, ta puissance, et les païens verront que toi seul, tu peux nous sauver. Et Israël pourra reprendre une activité conforme à son élection : rendre grâce à jamais, publier la louange de Dieu éternellement.

 

Église. L’Église d’aujourd’hui, comme celle d’hier, est en face de grandes difficultés. Il ne manque pas d’observateurs pour la regarder lutter et se permettre de prédire l’inutilité de ses com­bats devant les forces rivales. Pas plus que le peuple de !’Ancien Testament, elle ne peut trouver en elle-même de quoi s’appuyer sur sa fidélité, mais elle doit toujours compter sur la puissance du bras divin pour pouvoir résister aux assauts du mal.

 

            Nazareth. Pourquoi laisser dire aux païens : « Où donc est leur Dieu ? »” Aussi Jésus, Marie et Joseph, en voyant la présence romaine, les profanations du temple, l’impiété des non croyants ont entendu brûler dans leur cœur ce cri railleur : Où donc est leur Dieu ?. Mais ils savent où est leur Dieu et ils savent qu’il n’y a pas besoin de rendre à l’ennemi des défaites éclatantes. La victoire vient du cœur de leur foi. Dieu est victorieux, mais à sa manière ! Et nous, avec du Jésus, Marie et Joseph nous pouvons en proclamer toujours les louanges.

 

USAGE :        Évocation des combats de l’Église

Supplication pour les péchés collectifs

Célébration communautaire de la pénitence

TEXTE : Mt 10, 17-25

 

 


 

PSAUME 79 (HÉBR. 80) : PLAIDOYER POUR LA VIGNE D’ISRAËL

 

Israël. La lamentation de l’orant s’adresse au berger d’Israël. Ce peu­ple ressemble à une vigne que le Seigneur, après l’avoir prise en charge, abandonne aux maraudeurs. Or, il suffirait d’une menace de la part de Dieu οu d’une manifestation de sa face pour que disparaissent les pillards. Que le Seigneur paraisse donc et agisse et la nation ne vivra plus désormais que pour la gloire de son nom.

 

Église. « Brille ta face et nous voilà sauvés » (νν. 4, 8, 20). Dans les temps bibliques, Dieu se fait voir aux hommes en réalisant les promesses de son Alliance, dont vit Israël, son peuple. Dans le Nouveau Testament, l’Alliance reçoit son accomplissement et Dieu se manifeste par le Fils, pour nous rendre fils; de sorte qu’au Ciel nous le verrons comme notre Père : c’est là qu’il nous donnera la vie éternelle qui vient précisément de la vue de Dieu (cf. Adv. Haereses, IV, 20, 5).

 

            Nazareth. Jésus est le bon Pasteur invoqué par le nouvel Israël. En Lui la fidélité de Dieu à son peuple et du peuple à son Dieu commence par rester toujours le lieu de la rencontre. En outre Jésus est la vigne, qui a été plantée et cultivée pour nous et il a fait de nous ses sarments. Non plus une vigne déracinée par l’Egypte, mais une vigne plantée par le Père et qui donnera des fruits pour la vie éternelle.

 

USAGE :        Pour le temps de l’Avent

Église ou communauté en difficulté

TEXTE : Mc 12, 1-12; Jn 15,1 ss.

 

 

PSAUME 80 (HÉBR. 81) : LA FÊTE DE L’ALLIANCE

 

Israël. Tout le peuple de Dieu est conνοqué à une fête de caractère national. Le motif de ces festivités populaires, c’est la merveille à chanter, c’est-à-dire l’alliance et la loi qui en explicite les obligations. Dieu est au milieu des siens, ii parlera : l’oracle revêt un ton mystérieux; la Voix divine garde des accents incon­nus, toujours nouveaux. Le Seigneur rappelle les bienfaits pas­sés; et le souvenir de son œuvre libératrice devrait inciter Israël à demeurer en état” de réceptivité. Malheureusement, le cœur des siens s’est endurci. Dieu se plaint de n’avoir pas été entendu : son peuple n’a pas voulu se laisser combler, se laisser conduire par son seul Libérateur; il connaîtra les tragiques con­séquences de sa résistance.

 

Église. Dieu continue de travailler avec les hommes à la réalisation de son dessein. En Jésus-Christ mort et ressuscité, il a mis le comble à ses largesses, accordant le salut à tous. Dieu a parlé en son Fils, dictant ses volontés, appelant les hommes à l’obéis­sance, mais son message n’a pas été entendu : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais hélas ! il est demeure caché à tes yeux » (Lc 19, 42). Quelle folie ! Alors que Dieu nous comblerait de ses biens si nous voulions être avec Lui et être attentifs à ses appels.

 

            Nazareth. Vas-tu m’écouter, Israël ?” (v. 9) Aussitôt j’humilierai ses ennemis, je le nourrirai de la fleur du froment… Après les entreprises de l’exode qui auraient pensé qu’elles n’étaient pas suffisantes pour rendre fidèle le peuple d’Israël ?Maintenant Dieu fait une proposition nouvelle : Nazareth. Et à Nazareth Marie, Joseph et Jésus ont dit leur oui à Dieu. Maintenant, nouvel Israël, si tu m’écoutais comme m’écouta la famille de Nazareth, tu aurais la paix.

 

USAGE :        Cérémonie d’engagement

Anniversaire de fondation

Fête paroissiale

Jubilé

TEXTE : 2 Co 6, 1-10

PSAUME 81 (HÉBR. 82) : LE SEIGNEUR JUGE ET DÉCHOIT LES DIEUX

 

Israël. Le Seigneur conteste la manière dont les dieux des nations exer­cent la justice. Or, ces puissances ne tiennent aucun compte de son avertissement. Le Dieu prononce alors leur déchéance et Israël s’en remet directement au jugement du Seigneur.

 

Église. Nous nous trouvons tous, un jour οu l’autre, face à l’injus­tice. Elle s’incarne parfois dans des hommes qui portent un nom et un visage; mais, bien souvent, elle est anonyme et insaisissable, tels l’opinion, la politique οu autres « dieux » plus forts que tout. Prenons patience ! À son heure, surgira une Justice qui dépasse infiniment la justice tout court, qui sert la cause non des grands, mais des petits, et en fin de compte, notre salut.

 

            Nazareth. Personne ne peut se dresser et juger comme s’il était un dieu. Mais quand Jésus viendra dans sa majesté, il portera déjà à l’accomplissement son jugement initié sur terre, quand il a accueilli et défendu les faibles, les orphelins, les veuves et tous ceux étaient objets de raillerie et injustice. A Nazareth, avec Marie et Joseph, il a vécu dans le cadre de la justice amoureuse de Dieu. À la fin des temps il viendra proclamer la justice qui vient du cœur de Dieu : venez, bénis… éloignez-vous, maudits.”

 

USAGE :        Devant l’indignation produite par des injustes à l’échelle nationale ou internationale : puissances, économie, multinationales, politique, presse, etc.

TEXTE : Αρ 11, 14-19

 

 

PSAUME 82 (HÉBR. 83) : LE COMPLOT DES PEUPLES

 

Israël. Le Seigneur a détourné son regard des siens; il s’est enfermé dans un silence incompréhensible. Pourtant si Dieu ne conduit pas Lui-même son peuple, les nations ennemies détruiront le Royaume de David. La coalition s’organise. La révolte est générale, tous les vassaux refusent l’allégeance et s’unissent pour combattre Israël; ils veulent aller jusqu’à s’emparer de l’Héritage. Le peuple de Dieu qui attend une intervention divine réduit cependant sa prière à une série d’imprécations : « Que l’ennemi soit couvert de honte et d’effroi, qu’il soit contraint de reconnaître la maîtrise du Dieu Très-Haut sur l’ensemble du pays ! »

 

Église. Le Nouvel Israël, l’Église, devenue elle-même l’Héritage, que les forces ennemies s’acharnent à conquérir, a résisté à tous les assauts. Parce qu’elle tire sa force de renouvellement perpé­tuel et sa justice en Jésus-Christ, elle durera toujours, elle survi­vra à toutes les persécutions. Contre le temps, contre le monde, contre la haine qui font à l’Église un destin dramatique, Dieu impose la présence, la durée et l’indépendance de l’Israël nou­veau. L’Église tient parce que Dieu est là par son Christ, vivant et agissant sans cesse et suscitant un souffle nouveau dans la puissance de l’Esprit. Durée humainement inexplicable d’un petit royaume, mais évidence qui interroge l’Histoire.

 

            Nazareth. Dieu, ne garde pas le silence, ne sois pas immobile et muet.” Combien d’anxiété aussi pour Jésus, Marie et Joseph en récitant ce psaume avec leur peuple. Pourtant les peuples resteront déçus du fait que Dieu ait pris soin de son peuple en lui envoyant son Fils, sa Mère et Joseph. Ils se battront la poitrine et ils comprendront la puissance de Dieu quand ils verront son Fils élevé sur le trône de la croix. Sur la croix apparaîtra “le très-haut”.

 

USAGE :        En face de complots contre une œuvre d’Église

TEXTE : Αρ 20, 7-10

 

 

PSAUME 83 (HÉBR. 84) : REQUETE DU RΟΙ POUR L’HOSPITALITÉ DE DIEU

 

Israël. Le roi exprime son impatience de se présenter devant le Sei­gneur; car c’est là qu’il trouve le bonheur et la force nécessaire pour mener sa vie. Le monarque témoigne ainsi d’une option décisive : il a choisi Dieu et rompu avec le sans-loi. En retour, le Seigneur lui donnera « faveur et gloire ».

 

Église. Dans le commerce de la divinité, l’homme trouve plénitude de vie. En route vers le sanctuaire, les anciens israélites avan­çaient en sécurité, forts de la force de Dieu. Μieux encore, le chrétien d’aujourd’hui, installé dans la demeure du Pères mais aussi en marche vers elle, trouve sa pleine liberté au sein d’un monde de servitude au cœur d’un univers lugubre et hostile. Certains de ceux qui sont passés par des camps de concentration sont là pour en témoigner.

 

Nazareth. Heureux les habitants de ta maison”, à Nazareth ! Heureux qui réussira à découvrir tes demeures, toutes concentrées dans ta maison de Nazareth ! Heureux qui te reconnaîtra dans ton “Incarnation.” C’est là la demeure où chacun se sent partie de ta famille. Tous les temples seront dépassés là, ou mieux, comme prévu dans l’apocalypse, ils ne seront plus nécessaires, parce que la présence de l’agneau sera sa lumière.

 

USAGE :        Préparation à la communion

Fête-Dieu

Dédicace d’une, église

Profession religieuse

Onction des malades

Prière avec un vieillard

TEXTE : Αρ 19, 6-9; 21, 3-7

 

 

PSAUME 84 (HÉBR. 85) : ORACLE DE PAIX

 

Israël. Le peuple célèbre la joie d’un retour à la vie. Après un temps de détresse, surgit l’espoir d’une complète restauration annoncée par un oracle de paix. Le monde reconstruit par Dieu est plus beau que celui que l’homme avait détruit. Dans la lumière. de l’amour divin, tout reprend vie, valeur et sens. Tendresse, fidé­lité, justice et paix revivent et embrasent l’univers de la terre au ciel; elles rétablissent l’harmonie brisée par le péché, non seule­ment entre Dieu et l’homme, mais entre l’homme et le monde. À la plénitude du geste de Dieu répond la plénitude de la créa­tion arrivant au bonheur, un bonheur qui s’épanouit en fécondité.

 

Église. En Jésus-Christ, le Dieu d’Israël, notre Père, a accordé la plénitude du pardon, il a réconcilié la terre, le ciel et tous les êtres. Une ère nouvelle a commencé, ère de justice et de paix où resplendit la gloire du ressuscité. Jésus-Christ lui-même, né du sein de la Vierge Marie, est le don de Dieu et l’achèvement du mouvement du cosmos et de l’élan de la vie. « Et de sa pléni­tude, tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce » (Jn 1, 16).

 

            Nazareth. Chaque réconciliation est comme un retour de l’exil, un lever les yeux vers Celui qui peut nous sauver, c’est comme avoir retrouvé le chemin vers la maison. Nazareth est la maison de Dieu, où son Fils a trouvé la paix et où il a préparé son service du Royaume. De Nazareth, encore aujourd’hui, continue à jaillir grâce sur grâce du sein de la Mère Marie, de l’amour du juste Joseph, du Fils médiateur de tout bien.

 

USAGE :        Célébration d’une journée de prière pour la paix

Fête de Noël

À la fin d’un conflit dans l’Église, la société, une famille

TEXTE : Ερ 2, 14-18

CHANT : 1 Psaume 84 et 2 Psaume 84

 

 

PSAUME 85 (HÉBR. 86) : LE SERVIΤEUR À SON MAÎTRE

 

Israël. Dans un dialogue confiant et affectueux, le fidèle demande au Seigneur, pitié, salut et joie. Porté par l’élan de sa prière, il évo­que la renommée universelle de Dieu, son Maître. Mais, pour lui-même, serviteur attentif, le plus beau titre de gloire consiste à communier à la volonté divine. Car le Seigneur lui prodigue une tendresse particulière et accepte de lui en fournir le signe.

 

Église. Sous diverses formes, l’épreuve est notre lot, mais Dieu est l’Ami par excellence, puissant et bon; aussi, recourons-nous à lui spontanément. Cependant, c’est notre attitude évangélique qui vérifie la sincérité de notre appel, c’est-à-dire la « pauvreté en esprit » : attitude qui inspirait déjà le serviteur de l’Ancienne alliance : « Réponds-moi … en ma misère et pauvreté » (v. 1).

 

Nazareth. « Unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom.”(v.11); on dirait que ce psaume jaillit du cœur simple et pur des trois personnages de Nazareth. De leur cœur jaillit la confiance en Dieu, mais aussi la “familiarité” avec Dieu. À Lui ils s’adressent avec expressions de louange, d’invocation et d’admiration. Nous pouvons les exprimer aussi envers chacune de trois personnes : Jésus, Marie et Joseph.

 

USAGE :        Visite à un malade

Célébration du Nom du Seigneur

TEXTE : Mt 7, 7-11

 

 

PSAUME 86 (HÉBR. 87) : À LA JÉRUSALEM NOUVELLE

 

Israël. Le Seigneur a fondé Sion; il la préfère aux autres « demeures de Jacob »; sous cette bénédiction, Sion est merveilleusement féconde; ses nombreux fils viennent de tous les points de l’uni­vers; et dans la joie, ses enfants célèbrent cette Mère qui porte en elle « toutes les sources de vie ». Les fils de Sion sont des pri­vilégiés qui peuvent, à la face du monde, se flatter de leur haute origine. Sur le livre divin des destinées humaines, chacun est nommément inscrit, en lettres indélébiles; sur chacun s’est posé le regard de Dieu, et son destin en prend une grandeur qui dépasse l’éphémère. Heureux fils ! Heureuse Mère !

 

Église. La Cité que le Christ a bâtie lui-même (Mt 16, 18), et dont il est la pierre d’angle (Ep 2, 20), celle qu’il garde jalousement, qu’il nourrit de sa propre chair et de son sang, ne peut être détruite. Le Christ a pour elle les promesses de la durée, elle résistera aux attaques des ennemis, elle élargira ses frontières, elle s’enrichira de la présence de nouveaux enfants, elle les fera vivre. Sa fécondité a jailli de la croix, le Christ mort et ressus­cité est pour l’Église, source de vie intarissable et principe d’unité.

 

            Nazareth. Israël et les différents peuples sont invités à reconnaître leurs origines à Sion, comme il l’a été pour Jérusalem. Et cela parce que “Dieu demeure en Sion.” Combien plus nous devrions dire aujourd’hui que nos origines sont à Nazareth, où le Fils de Dieu a vécu pendant trente ans. Nazareth est “la vraie ville messianique”, la maison de Marie et de Joseph est le temple de l’incarnation. Reconnaître nos racines plantées dans l’humilité de Nazareth, nous donnera la joie de le proclamer à jamais.

 

USAGE :        Fête de l’Église paroissiale ou diocésaine

Reprise des activités pastorales ou religieuses

TEXTE : He 12, 22-29

PSAUME 87 (HÉBR. 88) : ULTIME APPEL AU BORD DE LA TOMBE

 

Israël. La vie du patient, marquée tout entière par l’épreuve, touche à sa fin. Cependant, le Seigneur n’est pas étranger à ce drame. Aussi, c’est vers lui que le plaignant dresse les mains : que Dieu intervienne rapidement, car dans le shéol, on ne peut plus chan­ter sa louange. Mais le Seigneur entend l’humble soupir de ce pauvre et ne rejettera pas ce « miséreux » dont personne ne veut plus.

 

Église. Avant la venue du Messie, une foule humaine n’avait cessé de chercher un Dieu caché à ses yeux. Mais le Christ mort est descendu dans leur tombeau pour les associer à sa gloire de res­suscité. Il réalisait ainsi ce que tous avaient jugé inconcevable, c’est-à-dire une action de Dieu au sein de shéol, action qui com­blait en plénitude l’attente de l’Ancien Testament : « descendit ad inferos ».

 

            Nazareth. Une plainte profonde semble se perdre dans les ténèbres. Jésus, Marie et Joseph savent aussi qu’ils devront franchir le seuil de la mort. Mais ils savent dans la foi que la mort n’a pas le dernier mot et que la vie ne se terminera jamais. C’est pour cela que nous pouvons nous confier à eux pour qu’ils nous conduisent dans la maison du Père.

            Depuis toujours l’Église a invoqué à l’heure suprême : “Jésus, Joseph et Marie, je vous donne mon cœur et ma vie; Jésus, Joseph et Marie –assistez-moi dans ma dernière agonie; Jésus, Joseph et Marie, avec vous mon âme repose en paix”

 

USAGE :        Avec les esseulés, les rejetés, les malades

TEXTE : He 5, 7-9

 

 

PSAUME 88 (HÉBR. 89) : FIDÉLITÉ DU SEIGNEUR ROI

 

Israël. Le peuple élu chante le triomphe du Seigneur aux cieux; cette victoire du Dieu créateur et tout-puissant suscite l’admiration d’Israël; c’est la manifestation première de l’amour divin et le gage de tout ce que Dieu accomplira encore en faveur de son peuple; c’est le prélude à l’activité historique de Dieu et à l’ac­complissement de son dessein.

Le Dieu triomphateur, dominant à la fois sur le chaos et sur toutes les puissances célestes, est aussi le Dieu de l’Alliance. En créant la monarchie, le Seigneur promettait une participa­tion à la puissance divine; comment accorder les promesses fai­tes à la maison de David avec la réalité présente si misérable ? Cela semble impossible. Évoquant les grâces faites à David, un orant supplie Dieu de ne pas remettre en cause la stabilité du trône, signe de son affection à l’endroit de son serviteur. Il fait appel á la fidélité divine, il demande à Dieu de se souvenir du néant de l’existence humaine, d’étendre les promesses de l’Al­liance à la nation tout entière.

 

Église. L’alliance conclue avec David n’a en réalité jamais été rom­pue, même Si ses aspects terrestres sont restés soumis aux varia­tions de l’histoire. L’annonce de la naissance de Jésus fait dis­paraitre jusqu’aux apparences d’une telle rupture : « Il sera grand, et on l’appellera Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père » (Lc 1, 32). L’oracle royal du psaume a atteint sa suprême perfection dans le Christ, mais la plainte nationale a encore sa place dans le cœur des hommes d’aujourd’hui, puisque la royauté de Jésus-Christ, dans sa gloire, est encore à venir.

 

            Nazareth. Dieu montre sa fidélité non seulement dans les grandes manifestations. A Nazareth Il nous ouvre aussi les yeux à la dimension du quotidien de la fidélité de Dieu à son peuple. La merveille de sa fidélité on ne la reconnaît pas seulement “parmi les éclairs et les tonnerres”, mais encore quand, jour après jour, il devient fils, frère, père et mère. A Nazareth la fidélité se révèle humble de façon surprenante. C’est la fidélité de l’amour dans lequel Dieu se fait prochain pour chacun, frère et sœur.

 

USAGE :        Christ-Roi

Célébration de la fidélité dans un engagement : mariage, profession religieuse, ordination sacerdotale

TEXTE : Ph 3, 20-21

 

 

PSAUME 89 (HÉBR. 90) : LE PARDON, LE TEMPS, L’ÉTERNITÉ.

 

Israël. La fidélité de Dieu domine les siècles; son pardon peut tarder puisque, pour lui, le temps ne compte pas. En revanche, la vie de l’homme décline rapidement : de cette situation précaire, jail­lit une imploration : que le Seigneur revienne promptement vers les siens ! qu’Il rassasie les fils de Dieu d’autant de joies qu’ils ont connu de maux !

 

Église. Trop de chrétiens se font de Dieu l’image d’un père fouet­tard, dont il faut à tout prix ménager la redoutable susceptibi­lité. Imaginent-ils assez que ce Dieu, source inépuisable de leur félicité, aime à faire désirer son intervention, au point de savoir apprécier les manifestations d’impatience de ses enfants ?

 

            Nazareth. Dieu transcendant et éternel a devant Lui l’homme qui vient de la poussière et dont l’existence est brève. C’est pour cela que l’homme doit tâcher d’apprendre la sagesse du cœur qui naît de la contemplation de Dieu et de l’homme. À Nazareth, Marie et Joseph pouvaient exercer cette contemplation en regardant Jésus, Dieu et homme. Jésus les ouvre aux œuvres de Dieu, mais aussi aux œuvres de l’homme : “Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains “, parce que Dieu continue son œuvre avec nos mains.

 

USAGE :        Prière du matin

Célébration pénitentielle

TEXTE : He 12, 5-13

 

 

PSAUME 90 (HÉBR. 91) : VIVRE À L’OMBRE DU TOUT-PUISSANT

 

Israël. Un fidèle vient se réfugier dans le sanctuaire du Très-Haut pour y passer la nuit. L’élu y jouira de cette paix parfaite dont rêvaient en vain les peuples lorsqu’ils cherchaient à s’abriter sous l’ombre de leurs rois. Un officier du culte adresse à l’Hôte divin un grand discours d’encouragement : si tu as placé ta demeure chez le Très-Haut, tu n’ auras peur de rien; sur ta route, les anges marcheront afin de faire sauter l’obstacle au moment voulu. Si tu veux jouir de la protection du Seigneur, attache-toi à lui comme lui-même s’est attaché à Israël; tu seras rassasié de jours et tu verras le salut.

 

Église. Je dois entrer chez Dieu pour être couvert de sa protection; et chez Dieu, il ne saurait être question de se servir de lui, mais bien de le servir. Ma profession de foi confiante en ce Dieu Père, qui me reçoit comme son enfant, justifie ma certitude d’être écouté, d’avoir ma vie intégrée dans son dessein d’amour, de pouvoir avancer en marchant sans trébucher. La victoire du Christ sur les forces du mal annonce celle de ses dis­ciples : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Aussi bien vous ai-je donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire » (Lc 10, 18-19).

 

            Nazareth. Je me tiens sous l’abri du Très-Haut et repose à l’ombre du Puissant.” Et Jésus venu faire la volonté du Père, nous l’apprend avec sa vie quotidienne à Nazareth et sa vie publique sur les chemins de Palestine. A Nazareth, demeure du Très-Haut, se trouve notre refuge. Marie et Joseph nous montrent comment se réfugier en “faisant la volonté de Dieu, qui est Père” est comment trouver le refuge le plus sûr, parce que c’est le refuge de l’amour. En plus on découvre avec eux que faire la volonté de Dieu peut se compléter par une vraie familiarité avec Lui dans son Fils Jésus.

 

USAGE :        Psaume de Carême

Prière du soir

Départ en voyage ou en mission

Baptême

Célébration de l’expérience intime avec Dieu : vieillard, malade, religieux âgé, prêtre, etc. .. .

Devant la mort de quelqu’un qui a toujours mis sa confiance en Dieu

TEXTE : Jn 16, 32-33

CHANT : Alpec 1 Psaume 90 et 2 Psaume 90

 

 

PSAUME 91 (HÉBR. 92) : JOIE DE CHANTER LA VICTOIRE DU SEIGNEUR

 

Israël. Le fidèle se répète, en lui-même et comme devant le Seigneur, sa joie de célébrer l’action divine : joie qui s’approfondit lors­qu’il compare les illusions qu’entretiennent les sots à la pléni­tude qu’il ressent à vivre chez Dieu. Un tel contentement débouche dans l’action de grâce.

 

Église. Parce que nous sommes heureux de notre sort, nous témoi­gnons que nous sommes entre les mains de quelqu’un qui est solide comme le roc et le sûr garant de notre espoir. Notre allé­gresse nous fait entrer en communion avec tout le peuple chré­tien dont le climat naturel est la louange et la joie.

 

            Nazareth. Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur” A partir du Magnificat et de l’eucharistie, nous déduisons qu’à Nazareth était important la louange à Dieu dès l’aurore de chaque journée et au début de la prière quotidienne. Nous pouvons voir la bonté et la fidélité de Dieu aujourd’hui dans la présence sur la terre de Jésus, Marie et Joseph. L’insensé ne réussit pas à rendre gloire parce que son cœur ne réussit pas à voir l’œuvre de Dieu. La voie des impies conduit à la ruine, celle des justes conduit au salut. Les justes seront comme des plants d’arbres dont les racines sucent la sève de la vie en Dieu.

 

USAGE :        Prière du matin : pour s’entretenir dans la joie de Dieu

Célébration du Nom de Dieu : action de grâces

Anniversaire de naissance

ΤΕΧTΕ : Ερ 3, 20-21; 5, 19-20

 

 

PSAUME 92 (HÉBR. 93) : AUTORITÉ DU SEIGNEUR ROI

 

Israël. Depuis toujours, le Seigneur est roi; aussi ne dépend-ί1 de rien ni de personne. Son trône, aucune main ne l’a dressé, sinon la sienne, nulle date n’en marque l’origine, puisqu’il existe avant toute chose. Et si l’œuvre créatrice de Dieu parait indestructi­ble et inviolable, c’est que, de son trône, Dieu domine de haut les remous de l’histoire et surveille la terre. Le Roi divin pos­sède aussi son Temple, un Temple saint qui implique l’idée d’exigences, en même temps qu’est garantie la stabilité des ins­titutions.

 

Église. Plus que le fidèle de l’Ancien Testament, j’ai raison de faire confiance à Dieu, quoi qu’il arrive. Le déferlement des flots, les bruits terrestres, les vaines agitations des puissances humaines sont sous la domination de l’immuable seigneurie du Christ- Roi : « Dieu a déployé sa puissance en la personne du Christ, le ressuscitant d’entre les morts et le faisant siéger à sa droite, dans les cieux » (Ep 1, 20-23).

 

            Nazareth. Jésus, Marie et Joseph ont invoqué avec tout Israël la royauté stable de Dieu. Aujourd’hui nous invoquons la même royauté confiée par le Père au Fils, l’agneau immolé, qui, sur le trône d’humilité de Nazareth, est signe de la toute-puissance de l’amour de Dieu Père.

 

USAGE :        Christ-Roi

Moments difficiles de la vie de l’Église : présence victorieuse de Dieu

Devant une œuvre imposante de la nature ou des hommes : superpuissance de Dieu

TEXTE : Αρ 11, 15 et 17

 

 

PSAUME 93 (HÉBR. 94) : JUGEMENT VENGEUR DU SEIGNEUR

 

Israël. Israël en appel à la vengeance du Seigneur contre !’arrogance de ses ennemis. Sa prière n’est pas angoissée. Il sait qu’il appar­tient à un Dieu qui l’instruit et l’éduque, le fait voir et entendre. La sollicitude de Yahvé sera couronnée par un juste jugement en faveur des siens et le mal retombera sur ses auteurs.

 

Église. Comme une œuvre d’art, le Créateur de l’homme a « façonné » les yeux, et comme on fait d’un arbre, il a « planté » les oreilles. Or, par son action, Dieu n’a pas détaché de Soi sa créature, ainsi que fait l’artiste : au contraire, Il donne la vie pour qu’on vive en Lui et par Lui; des yeux et des oreilles, non seulement pour voir et entendre, mais pour qu’on Le voie et L’entende, Lui, le Seigneur.

 

            Nazareth. Dieu juge, mais c’est parce qu’il instruit. À Nazareth Jésus, Marie et Joseph ont choisi de se faire instruire par Dieu. C’est une instruction qui portera les trois jusqu’à la sagesse des béatitudes. Mais, Marie et Joseph ont surtout vécu le respect pour le Dieu-maître de vie, un Dieu qui connaît les pensées de l’homme et qui l’aide à chercher les pensées de Dieu.

 

USAGE :        Au cœur de l’adversité, sous le coup d’une injustice : la fidélité de Dieu

TEXTE : Rm 8, 31-39

 

 

PSAUME 94 (HÉBR. 95) : ISRAËL DEVANT SON DIEU

 

Israël. Ce qui motive l’exultation triomphale du peuple de l’Alliance, c’est la grandeur souveraine du Seigneur : il domine sur la terre et sur les mers et il est celui qui a tiré Israël de son esclavage pour le recevoir dans son Alliance, en lui disant : « Tu seras mon peuple et je serai ton Dieu ». Ceci constitue pour Israël un motif de confiance et de joie. En réponse à l’acclamation enthousiaste des siens, Dieu rappelle les conditions de l’Alliance, sous une forme rude et sévère. L’aujourd’hui du message ne tolère pas d’hésitation dans l’engagement. Le Seigneur a maintes fois donné des preuves de sa puissance et de sa fidélité; le peuple est-il en droit de tenter Celui qui lui impose ses lois et qui exige l’obéissance inconditionnelle ? Israël a toujours résisté; il n’a pas voulu connaître les voies de Dieu et les portes lui sont res­tées fermées; la génération du désert a été décimée avant d’at­teindre le repos ».

 

Église. Le peuple de la Nouvelle Alliance est invité à célébrer le Seigneur, à réciter des psaumes, des hymnes (Col 3, 16), mais aussi à être à l’écoute de l’avertissement de Jésus. « Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 7, 21). Fermer l’oreille à la Parole de Dieu, c’est lui fermer son cœur, c’est « s’endurcir ». Je veux rester en appétit de Dieu, je veux garder cette soif de l’éternelle nouveauté de l’Amour.

 

            Nazareth. Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?” c’est l’invitation constante à entreprendre le pèlerinage vers Dieu. A Nazareth sa voix, son Verbe s’est fait chair, il s’est fait compréhensible, il a assumé les caractéristiques d’une incarnation permanente. Nous accueillons l’invitation à nous mettre à l’école de Nazareth, école d’humanité, école de spiritualité, école de vie éternelle.

 

USAGE :        Engagement

Session capitulaire

Mise en présence de Dieu : matin

TEXTE : He 3, 7 à 4, 11

 

 

PSAUME 95 (HÉBR. 96) : DANS LE SANCTUAIRE DU SEIGNEUR ROI

 

Israël. Bénéficiaire de l’action divine, Israël annonce le « salut » à la terre entière. Les nations elles-mêmes sont appelées à glorifier Dieu : leur hommage est le prélude du jugement final du Seigneur-Roi, alors qu’il achèvera son œuvre de fidélité non seulement envers le peuple élu, mais aussi à l’égard de tout l’univers.

 

Église. « Chante au Seigneur un chant nouveau » (v. 1) : Dieu lui- même se renouvelle constamment. Il ignore l’usure du temps, le vieillissement des hommes et des choses. Aussi, le monde s’achèvera-t-il en lui, par son jugement. Avec Israël, nous désirons ce Jour et rendons hommage à cette justice définitive qui couronnera l’histoire.

 

            Nazareth. La contemplation du Dieu grand et glorieux comble de satisfaction le cœur. Jésus, Marie et Joseph ont joui de cette merveille, mais à Nazareth une nouvelle vision de Dieu grandit peu à peu : Dieu se fait humble avec l’homme, parce qu’il l’aime. Un Dieu qui aime l’humilité, parce que c’est l’expression la plus vraie des relations d’amour entre Dieu et l’homme et entre l’homme et Dieu. Et l’évangéliste Matthieu nous rappellera que le jugement final se fera vraiment sur les gestes d’amour, sur les gestes d’un amour humble et serviable : j’avais faim, j’avais soif…

 

USAGE :        Pentecôte, Épiphanie

Dédicace d’une église

Cérémonie d’hommage

TEXTE : Mt 25, 31-46; Αρ 21, 1-5

CHANT : Fiche Z 95-3

 

 

PSAUME 96 (HÉBR. 97) : THÉOPHANIE DU SEIGNEUR ROI

 

Israël. Le Seigneur est roi et sa puissance se déploie au service de sa justice, qu’on ne lui arrache pas mais qu’il impose. Cette pré­sence souveraine, efficace de Dieu, a de quoi réjouir toute la terre jusqu’au bout des îles. Tout l’univers s’incline devant son Maître. Le mobile de l’intervention divine demeure inconnu, mais les conséquences en sont claires : la confusion, d’une part, et la joie de l’autre. A la fierté victorieuse du peuple élu succède l’assurance que l’heure de la justice a sonné; et cet avènement du Seigneur-Roi présuppose l’exigence de fidélité : « la lumière se lève pour le juste, et pour l’homme au cœur droit, c’est la joie ».

 

Église. L’œuvre de vie et de lumière du Dieu-Roi a son point de départ dans la création; elle se termine quand le Verbe de vie se manifeste (Jn 1, 4). Dans sa mort et sa résurrection, le Christ porte tout à son achèvement; en Lui, la justice donne son fruit parfait et les siens « passent de l’empire des ténèbres à son admi­rable Lumière » (Col 1, 13). Quelle est cette justice qui nous vaudra la plénitude de vie dans l’éternité : c’est la charité envers le prochain. « La miséricorde triomphe du jugement » (Jc 2, 13)

 

            Nazareth. Le “Seigneur” qui règne, sera par excellence le Christ ressuscité. C’est une théophanie de la nouvelle création, qui grandit à partir de l’humilité de Nazareth jusqu’à la résurrection. De Nazareth jaillit la vision de la nouvelle création, la création qui vient de l’amour, non seulement de Jésus, mais aussi de la mère Marie et du juste Joseph.

 

USAGE :        Christ-Roi, Épiphanie, Pentecôte

TEXTE : Mt 25, 31-46

 

 

PSAUME 97 (HÉBR. 98) : AU JUGE DE LA TERRE ET SAUVEUR D’ISRAËL

 

Israël. Israël a été sauvé par Dieu; aussi, le poète convie-t-il le monde à acclamer le Seigneur-Roi pour son œuvre de justice. Le fidèle associe même le cosmos à l’exultation universelle, car il entre­voit le jugement final qui assainira la création tout entière.

 

Église. La jubilation de l’univers, pressentie par le chantre d’Israël, s’incorpore fort bien à la prière chrétienne. C’est un appel qui monte des profondeurs de la création et nous exhorte à nous libérer dans le Christ; car, si nous secouons les chaînes du péché, la nature elle-même deviendra participante de « la glo­rieuse liberté des Enfants de Dieu » (cf. Rm 8, 20-21) ! … Ainsi Dieu « sera tout en tous » (1 Co 15, 28).

 

            Nazareth. Chantez au Seigneur un chant nouveau” ( v. 1), parce qu’il s’est rappelé de son amour, de sa fidélité à la maison de l’Israël. Ce sont les sentiments que Marie souligne dans le Magnificat, ce sont les sentiments d’Israël fidèle. Ce sont les sentiments de Jésus, incarnation de l’amour du Père. Nous n’épuiserons jamais la nouveauté de cet acte continuel de mémoire du nouvel et surprenant amour de Dieu. Il est le salut pour toute la terre et pour tous les temps. Non seulement quand on le célèbre à Jérusalem ou dans une grande église, mais surtout dans l’humilité du quotidien et dans n’importe quel lieu de la terre, comme à Nazareth, à Ars ou à Sotto il Monte. C’est un hymne qui résonne aussi bien dans le temple de Jérusalem que dans la maison de Nazareth, dans la basilique Saint-Pierre de Rome comme dans la plus humble maison.

 

USAGE :        Christ-Roi, Epiphanie, Pentecôte

TEXTE : 1 Co 15, 23-28

CHANT : Alpec 1 Psaume 97 — 2 Psaume 97 et 3 Psaume 97 Fiche : Z 97-23

 

 

PSAUME 98 (HÉBR. 99) : LES EXIGENCES DU SEIGNEUR ROI

 

Israël. À Sion, le Seigneur s’installe sur son trône, et tout tremble. Israël éprouve personnellement les effets de cette grandeur : « le Nom glorieux et redoutable » pèse de tout son poids sur le peu­ple élu. Le trône du Dieu-Roi est fondé sur la justice; et son jugement, il le prononce, non seulement en faveur d’Israël, mais en Israël.

 

Église. Dans l’intime dépendance d’un Dieu qui entend exercer directement la justice, le peuple choisi aura plus que jamais besoin d’intercesseurs avec qui Dieu condescendra à s’entre­tenir. Le Dieu, toujours prêt à écouter les plaidoyers, garde jalousement la liberté de ses décisions; c’est pourquoi il ne veut dialoguer qu’avec ceux qui lui ont donné des preuves de fidé­lité à l’Alliance; c’est une condition rigoureuse; point d’inter­locuteur qui ne soit homme de la Volonté divine.

 

            Nazareth. Nous rendons gloire à Dieu, parce qu’il est bon et qu’il nous aime ; il est fidèle à son alliance d’amour. Il est beau de nous unir à Jésus, Marie et Joseph dans cet hymne de louange. Mais il est beau de nous présenter avec exultation devant Lui, incarné dans l’humilité de Nazareth, dans l’humilité du tabernacle. En toute la terre, Il est présent sacramentellement comme à Nazareth, objet d’exultation et d’un amour inexprimable.

 

USAGE :        Christ-Roi

Célébration pénitentielle

Célébration du Nom de Dieu

Baptême

TEXTE : lié 10,11-18

 

 

PSAUME 99 (HÉBR. 100) : L’HOMMAGE D’ISRAËL À SON DIEU

 

Israël. Dans une ambiance enthousiaste, Israël est invité à se présenter devant le Seigneur; le peuple fait alors acte d’ allégeance en reprenant la formule de l’ alliance; enfin, heureux et fier de son Dieu, il fait retentir le temple de ses « louanges » et « bénédic­tions » .

 

Église. Il faut nous laisser emporter par le mouvement joyeux du poème et rajeunir l’élan de notre prière. Le Dieu de notre Bap­tême est la Cause de notre vie, Il en est aussi la Fin car Notre vie grâce à Lui, a un sens. « Il nous a faits pour être à Lui » . Dans l’allégresse matinale, avançons-nous donc, ainsi qu’Israël, vers sa Demeure :

… je vais, dès mon réveil, « contempler ta Face et me rassasier de ta vue » (Ps 17, 15).

 

            Nazareth. Quand Marie et Joseph, conduisant avec eux Jésus, entraient dans le temple pour célébrer la Pâque, ils laissaient vibrer leur cœur au chant de cet hymne. Dans ce même lieu, Jésus fera remarquer à ses disciples que l’hymne le plus apprécié par Dieu c’est l’obole de la pauvre veuve. Avec ses monnaies, elle se donnait au Seigneur totalement. C’est-à-dire : l’hymne prend les connotations de notre attitude intérieure devant le Seigneur. Présentons-nous avec joie, avec reconnaissance. Chaque personne, au fond, est un temple dont on s’approche avec amour, respect, joie.

 

 

USAGE :        Mise en présence de Dieu

Préparation à la communion

Psaume d’entrée pour la messe

Fête d’alliance, de fidélité

TEXTE : 1 P 2, 9 ss.

CHANT : Alpec 1 Psaume 99 et 2 Psaume 99 Fiche Z 99

 

 

PSAUME 100 (HÉBR. 101) : DISCOURS DU TRÔNE

 

Israël. Le roi présente « sa maison » du Seigneur elle est digne de tous les éloges; l’administration y est impeccable. Le monarque lui-même suit le chemin des parfaits, il est un roi sage, un intendant modèle; son gouvernement inspire confiance parce qu’il ne tolère aucune compromission avec le mal; il admet auprès de lui des gens connus et éprouvés, qui l’aideront à atteindre l’un des principaux objectifs de l’Alliance : l’édification d’un royaume d’où le mal serait sans cesse déraciné, un royaume digne de Dieu.

 

Église. Ce programme du gouvernement royal sera réalisé à la lettre par le Christ dans la gloire de son Règne. Jésus, le roi saint, innocent, sans tache, a chassé de son Royaume le Prince de ce monde et ses suppôts; il exige de ses serviteurs un compte rigou­reux de leur charge; il va jusqu’ à réprimander sévèrement Pierre qui a tardé à se plier à la volonté du Père : (cf. Mt 16, 23). Les jugements divins ne cesseront de purifier l’Église. Les inten­dants devront être trouvés fidèles, travaillant à l’instauration d’un règne juste, règne d’amour, de service pour tous.

 

            Nazareth. Cet engagement du roi pour la justice est l’engagement que Jésus réalise pendant sa vie. Il est vraiment le roi décrit par le psaume. L’engagement qui assume chaque jour est l’engagement que Marie et Joseph ont aussi choisi. D’autre part, les quatre piliers du nouveau royaume sont ceux qui soutiennent la famille de Nazareth et chaque famille chrétienne : amour, justice, sagesse, innocence.

 

USAGE :        Fête d’un responsable de communauté, d’un pasteur de paroisse

Pour un chef d’action socioreligieuse

Pour les gouvernements civils ou religieux qui font l’objet de critiques

TEXTE : Mc 10, 42-45

 

 

PSAUME 101 (HÉBR. 102) : LE PAUVRE ABANDONNÉ FACE AU DIEU ÉTERNEL

 

Israël. Le patient se présente comme un malade poursuivi par la colère divine. Il supplie le Seigneur, lui dont le temps est illimité, de ne pas abréger son existence. L’évocation d’un Dieu qui demeure éternellement, alors que tout disparaît, fait entrevoir au plaignant le destin de Sion : victorieuse, la Cité sainte se dresse au milieu des peuples rassemblés autour d’elle, pour chanter les louanges du Seigneur.

 

Église. La conscience de la brièveté de la vie s’ajoute au sentiment de la détresse humaine et garde souvent un aspect douloureux. Cependant, au-dessus de cette vie qui se dissipe comme une « fumée », apparaissait déjà pour Israël, rassurante et lumineuse, l’éternité de Dieu. Mais, combien davantage le chrétien bénit-il Dieu « qui l’a fait renaître pour une espérance vivante (… ), pour un héritage qui ne se peut corrompre, ni se souiller, ni flétrir » (1Ρ1,3-4).(1Ρ1,3-4).

 

            Nazareth. Dans un village comme Nazareth tous se connaissent les uns des autres et d’une certaine manière se sentent impliqués dans la joie et dans la douleur des autres. Jésus, Marie et Joseph ont fait leurs les invocations de ce psaume pour leurs voisins, jusqu’au jour où les trois pourront être la réponse à ces mêmes invocations. Nous invoquerons non seulement le salut de Jésus, mais nous l’invoquerons aussi Marie comme santé des malades, refuge des pécheurs, espoir des affligés. Des invocations semblables nous ferons à Joseph, patron de l’Église universelle (= de la famille humaine).

 

USAGE :        À réciter avec des malades ou des personnes découragées

TEXTE : 1 P 1, 3-9

 

 

PSAUME 102 (HÉBR. 103): GRATITUDE DU PÉCHEUR PARDONNÉ

 

Israël. Un bénéficiaire du pardon divin se promet de ne pas oublier ce que le Seigneur a fait pour lui; le geste de Dieu dépasse ce à quoi il aurait pu s’attendre. Dieu comble le déficit passé, il refait à neuf ce qui a été brisé. Le pécheur pardonné entreprend un nou­veau départ avec la vigueur de l’aigle éternellement jeune. Dieu a tout redonné jusqu’au temps lamentablement gaspillé.

À l’instar du peuple élu, chaque Israélite est appelé à goûter l’inattendu de l’attitude de Dieu pour le pécheur. Le pardon divin n’est pas mollesse, faiblesse; c’est une puissance, la puis­sance d’une confiance que rien ne désarme; c’est une victoire de l’amour paternel sur le péché. Dieu peut refaire l’œuvre de ses mains, poussé par une impatience de la revoir; le caractère éphémère de la vie humaine ne saurait faire échec à un amour dont rien n’use la force.

 

Église. Dieu ne veut pas que nous gardions les yeux fixés sur le spectacle décourageant de nos faiblesses; il nous invite à tout regarder dans la lumière de l’infinie miséricorde divine : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fau­tes, nous a fait revivre avec le Christ, c’est par la grâce que vous êtes sauvés ! — avec lui, il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux dans le Christ Jésus » (Ep 2, 4-6).

 

            Nazareth. Un psaume profondément nazaréen : “ Bénis le Seigneur, ô mon âme”. “Mon âme exalte le Seigneur”, continue à chanter Marie; et Jésus : « Je te rends grâces, Père… parce que tu as révélé ces choses aux petits”; “Ne crains pas, Joseph, de prendre chez toi Marie comme épouse”;… C’est un psaume qui, à Nazareth, rythme la contemplation des trois personnages et qui nous invite à faire autant de long notre vie quotidienne, parce que la miséricorde est la dimension la plus lumineuse du visage de Dieu.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle : action de grâce

Action de grâce en temps de convalescence

TEXTE : Rm 5, 8-11

CHANT : Alpec 1 Psaume 102 et 2 Psaume 102

 

 

PSAUME 103 (HÉBR. 104) : LA SAGESSE DU DIEU CRÉATEUR

 

Israël. Le poète s’émerveille devant la sagesse royale du Dieu créa­teur. Le Seigneur a construit l’univers, pourvu aux besoins de tous les êtres et réglé leur existence dans le temps. Seul, il est source de vie pour le monde dont il assure le peuplement. Aussi, le chantre souhaite-t-il que l’achèvement de la création consacre la gloire de son auteur.

 

Église. L’homme est la gloire de Dieu. Seul, il est capable de se soumettre joyeusement à sa volonté; seul, il peut chanter la sagesse du créateur, dont l’œuvre reste partiellement à sa mesure; s’ élevant de la sorte au-dessus de sa propre condition, il trouve sa place véritable dans l’univers.

 

            Nazareth. Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens.” (v. 24). Tout concourt à faire rester nous surpris des merveilles créées par Dieu. Ce qui nous remplit de de joie est de voir que maintenant le Verbe est à côté du Père; il contemple dans la création sa propre œuvre avec des yeux humains, des yeux profondément surpris de l’agir de Dieu, immergé comme il est dans la création qu’il avait présidée. Le psaume nous invite donc à jouir et à contempler avec des yeux nazaréens, ses yeux et ceux de Marie et Joseph. L’expression “Avec des yeux nazaréens” veut dire expérimenter la contemplation joyeuse suggérée par cet hymne en rendant gloire incessante à Dieu. Une gloire, qui dit la joie de notre amour.

 

USAGE :        Christ-Roi

Dans la nature : louange à la sagesse de Dieu créateur

TEXTE : Rm 1, 20

 

 

PSAUME 104 (HÉBR. 105) : DIEU FIDÈLE À SON PACTE AVEC ABRAHAM

 

Israël. Les fidèles dispersés au milieu des nations sont invités à se sou­venir des merveilles de Dieu, et à lui rendre grâce en proclamant son nom d’un cœur fier et joyeux. Le Seigneur n’ a pas oublié ce qu’il avait promis aux ancêtres et sa promesse inconditionnelle est unilatérale : l’Alliance avec Abraham, ne peut être remise en cause par le péché. La main de Dieu conduit sûrement hommes et événements vers le Jour décisif,. Tout concourt à préparer l’éclosion de l’avenir, jusqu’au crime le plus sordide : la trahi­son des frères de Joseph. À travers les siècles, se répercute l’écho de la Parole qu’a entendue Abraham. Lentement, mûrit la Parole, préparant, comme en secret, la naissance d’Israël. Et toute cette longue gestation et le surgissement soudain du Peu­ple de Dieu proclament de façon éloquente la fidélité sans faille du Seigneur à sa Promesse. Mais pour que la conquête de la terre soit un fait à jamais acquis, Israël devra demeurer fidèle à la loi divine.

 

Église. Ta sainteté, ô Dieu, te rend bien différent des hommes : c’est ce qui apparaît avec une merveilleuse évidence dans ton amour miséricordieux. Tu as pardonné sans te lasser à ton peuple rebelle, tu continues de nous faire grâce en ton Fils. L’histoire de nos pères, c’est notre histoire, et tu restes toujours le même Dieu fidèle. Nous sommes les « enfants de la Promesse » (Ga 4, 28), décidés à te suivre sur la route qui mène à la Terre Promise. Comment ne pas laisser nos cœurs chanter à haute voix, procla­mer joyeusement, et bénir dans une louange pleine d’amour et de reconnaissance, ton œuvre de fidélité, ô Père !

 

            Nazareth. Israël ne se fatigue pas de rappeler de mille manières l’œuvre de Dieu. Dieu a fait de l’histoire de l’Israël une histoire de salut. Avec Jésus, Marie et Joseph, l’œuvre de Dieu arrive à sa plénitude. A Nazareth, le Fils de Dieu s’est fait présent; s’il y a encore une histoire, ce sera l’histoire de Jésus dans le cœur des hommes. Marie et Joseph autour de Jésus sont le nouvel Israël, qui n’oublie pas le passé, mais qui commence une nouvelle histoire encore plus belle, une histoire qui renaît continuellement du cœur de Dieu et de l’humanité.

 

USAGE :        Clôture d’un Chapitre général

Anniversaire d’une fondation

Fête de l’Action de grâce : fidélité de Dieu à son projet sur nous

TEXTE : 1 Co 1, 4-9

 

 

PSAUME 105 (HÉBR. 106) : L’ESPOIR D’UN PEUPLE CONFESSANT SES FAUTES

 

Israël. Le peuple exilé veut louer son Dieu, mais le pardon divin doit précéder sa libération et son salut. Pour hâter cette heure, Israël se reconnaît coupable et confesse publiquement les infidélités commises depuis la sortie d’Égypte jusqu’à l’exil de Babylone. Il remémore par là la patience et la clémence du Seigneur; ce qui l’amène à conclure avec une confiance renouvelée : « Dieu, sauve-nous ! Que nous rendions hommage à ton saint nom ! »

 

Église. Le chrétien de la Nouvelle Alliance n’évoque pas le souve­nir de ses fautes passées pour raviver un perpétuel remords; son but est de suivre comme à la trace les preuves de la miséricorde du Père, de reprendre confiance en la fidélité d’un Dieu qui nous a appelés à la communion de son Fils.

 

            Nazareth. Le psaume fait une nouvelle synthèse de l’histoire du salut, histoire d’un amour miséricordieux de la part de Dieu, qui provoque en Israël un repentir sincère pour ses infidélités innombrables. Dieu est intéressé plus par l’amour et pat la miséricorde que par les infidélités. Jésus, à Nazareth, non seulement se fait solidaire avec son peuple, en assumant aussi ses infidélités, mais il porte sur lui-même le péché, pour conduire son peuple à Dieu. Dieu règne avec son amour et Jésus en sera la preuve la plus évidente. Et à côté de Lui il y aura Marie et Joseph comme une autre preuve sublime de l’amour de Dieu !

 

USAGE :        Chapitre de Congrégation

Célébration pénitentielle : le pardon de Dieu, espoir de renouveau

TEXTE : Rm 5, 20-21

 

 

PSAUME 106 (HÉBR. 107) : LE CHANT DES RACHETÉS DU SEIGNEUR

 

Israël. Les rachetés du Seigneur, ceux qui reviennent de leur exil après avoir été dispersés aux quatre coins du monde et avoir ployé sous le joug des ennemis, ce sont des gens perdus dans le désert, aux prises avec la faim et la soif, ce sont des prisonniers enchaî­nés, brisés dans leur épreuve et ne pouvant plus compter sur personne, ce sont des malheureux sur « la voie du péché », tout près des portes de la mort. Le Seigneur a entendu leurs cris de détresse, il les a pris en charge, les a comblés, les a fait revivre; ils proclament devant toute la grande assemblée l’œuvre de salut de Dieu et toute la communauté s’émerveille de voir comment Dieu est prêt à bousculer tous les obstacles, à remettre en cause le cours de l’histoire et le rythme même de l’univers pour défendre la vie de ses élus.

 

Église. Il fait bon vivre sous le regard du Père, et quoi qu’il arrive, s’en remettre à Lui avec confiance. Comme le Christ, le chrétien peut s’attendre à connaître l’échec humain qui brise, la dure traversée du désert, l’esclavage du cachot, la longue attente d’un secours divin qui tarde à venir. Dieu a son heure pour agir et son douloureux silence prépare les cœurs à une reconnais­sance sans égale quand éclate la merveille de Dieu, qui suscite l’action de grâce de toute la communauté. L’Église d’aujour­d’hui, comme celle d’hier, se construit sur le Calvaire. La puis­sance du Christ se déploie dans notre faiblesse.

 

            Nazareth. Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !” (v. 1). Le psaume rappelle “les libérations” opérées par Dieu pour l’homme et pour son peuple. Jésus, depuis le début de sa vie publique, continue à “libérer” l’homme des mêmes esclavages et des mêmes angoisses. Les “miracles” en faveur des personnes (soin de toute forme de maladie et de la mort, libération des possessions démoniaques…) font voir que Dieu est à l’œuvre. Et nous continuons à demander à Jésus, Marie et Joseph ce que eux, syntonisant avec la foi du peuple, demandaient pour leurs contemporains.

 

USAGE :        Retour de prisonniers, d’exilés

Accueil de réfugiés

Fin d’une aventure périlleuse

TEXTE : Mt 10, 40-42

 

 

PSAUME 107 (HÉBR. 108) : GLOIRE DU SEIGNEUR INTERVENANT POUR LES SIENS

 

Israël. Le fidèle situe l’intervention de Yahvé qu’il demande, dans la perspective première d’un hymne à sa gloire. Aussi son chant débute par une chaleureuse action de grâces. Puis, il formule une demande d’appui avant de partir en guerre contre Edom; le Seigneur répond favorablement sous forme d’oracle et l’orant laisse échapper un cri de confiance final.

 

Église. « Mon cœur est prêt », dit le chantre d’Israël. Or, au sens biblique, le cœur est la source des sentiments, de l’énergie et même de l’intelligence. Notre cœur est donc prêt lorsqu’il est guidé par l’amour qu’ il voue à Dieu, par une piété nourrie de méditation et par une volonté tout orientée vers celui par qui et pour qui il vit. Rien ne fait alors obstacle au Dialogue et, comme les statues égyptiennes caressées par les rayons du soleil levant, notre cœur chante dès que l’effleure la Présence du Sei­gneur.

 

            Nazareth. Avec Dieu nous ferons des prouesses” (v. 14), quand notre cœur se déclarera prêt à travailler avec Lui. Nazareth nous indique une autre grandeur de Dieu : non plus une marche triomphal contre Edom mais la victoire de sa présence invincible, de sa présence humble. Sa proximité est une certitude de toute victoire et de toute gloire. Nazareth naît du « fiat » de Marie et de Joseph et de l’obéissance de Jésus. La nouveauté d’un hymne vraiment “nouveau” jaillit d’un agir nouveau de la part de Dieu.

 

USAGE :        Prière de l’aube : action de grâce

TEXTE : Col 1, 11-13

 

 

PSAUME 108 (HÉBR. 109) : FACE À UNE ACCUSATION INIQUE

 

Israël. Un plaignant, victime d’accusations injustes, défend son inno­cence devant le tribunal de Dieu. Ce qu’on dit de lui est inspiré par une haine gratuite; rien ne semble justifier pareille attitude puisqu’il n’a manifesté que de la bienveillance envers ceux qui l’accusaient, allant même jusqu’à prier pour eux dans leur détresse. Ce n’est pas un désir de vengeance personnelle qui inspire l’imprécation mise dans la bouche du persécuté, c’est une façon de faire triompher la vérité de sa cause au jugement de Dieu. La plainte se change en prière : l’accusé supplie le Sei­gneur d’agir afin que le monde reconnaisse l’action de sa main. La réponse de Dieu suscite un chant de reconnaissance.

 

Église. Le Christ a accepté d’être condamné par les siens, d’être accusé de mensonge, d’infidélité à la loi et pourtant, il est passé en faisant le bien. Puisqu’il nous dit : « Je suis le Chemin, venez à ma suite », nous devons nous attendre à connaitre l’injustice, la persécution : « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux, vous serez trainés devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi » (Mt 10, 17-18). A la suite du Christ, Saint Paul nous demande de ne pas nous venger nous-mêmes, mais de laisser opérer la colère de Dieu.

 

            Nazareth. La liturgie chrétienne n’utilise pas ce psaume ; il est basé sur la loi du talion et il exprime un désir de vengeance. Jésus, en effet, fera d’autres propositions : je suis venu pour sauver et non pas pour condamner… “aimez vos ennemis”. C’est un psaume compréhensible comme rébellion contre toute injustice, mais inacceptable quand il souhaite le mal du pécheur, objet possible de miséricorde…

 

USAGE :        Dans le sentiment d’avoir été trahi par des amis ou des gens à qui on a fait du bien

TEXTE : Rm 12, 19-20

 

 

PSAUME 109 (HÉBR. 110) : INVESTITURE À SION DU CONQUÉRANT DE LA TERRE

 

Israël. L’officier du culte profère un oracle : David se voit invité par le Seigneur à s’asseoir à sa droite, investi du pouvoir royal. Avec son armée, il dominera sur tout le territoire environnant. Enfin, Yahvé, par un serment solennel, lui confère le sacerdoce à la suite de Melkisédek . Le peuple contemple alors son nouveau roi, lequel s’apprête à voler de victoire en victoire.

 

Église. Le Christ, en voulant être figuré à la fois par David et par Melkisédek , nous enseigne qu’aucune des valeurs humaines ou religieuses ne doit être méconnue, parce qu’elles prennent un sens dans l’économie de la Rédemption. Ce que ce monde peut avoir de beau et de grand, nous devons l’assumer, afin de nous en enrichir, et d’aider précisément ce monde à l’apprécier de façon exacte, et à découvrir ainsi le Dieu qu’il cherche obs­curément.

 

            Nazareth. A Nazareth les caractéristiques du Messie assumeront des traits précis, pour faire comprendre ce qu’Israël ose penser du Oint du Seigneur par rapport à la royauté (siège à ma droite), à la filiation divine (Je t’ai engendré) et au sacerdoce éternel (A la manière de Melkisédek ). La royauté vient du don de soi, de son amour. Son trône sera la croix. Une filiation comme “aîné” parmi beaucoup de frères, tout en restant “le Fils unique” du Père. Un sacerdoce qui consiste à s’offrir soi-même au nom de tous les frères sans médiations d’autres types de sacrifice.

 

USAGE :        Ascension, Christ-Roi

Départ missionnaire

TEXTE : He 5, 5-10

 

 

PSAUME 110 (HÉBR. 111) : DEVANT L’OEUVRE DU DIEU DE L’ALLIANCE

 

Israël. Un fidèle célèbre la grandeur « royale » de l’œuvre divine; une œuvre qui resplendit d’éclat et de majesté et semble marquée au coin d’une éternelle justice; une œuvre dont on ne doit pas per­dre le souvenir.

L’action du Seigneur proclamée dans une cérémonie de renouvellement d’Alliance, montre comment le Dieu de l’Exode a conduit son peuple, l’a nourri, et cette action divine procède d’un jugement fidèle, d’un engagement ferme; la sain­teté redoutable du nom divin est comme le sceau apposé à cette œuvre de Dieu, objet d’éternelles louanges.

 

Église. L’amour que nos cœurs veulent célébrer s’est manifesté en Jésus-Christ; en Lui, l’Alliance a pris tout son sens. L’œuvre divine du salut accomplie par le Christ se perpétue; en Lui, nous avons nourriture, miséricorde, tendresse et bonté. Avec les siens, Jésus glorifie et remercie le Père éternellement.

 

            Nazareth. Hymne alphabétique, c’est-à-dire universel, à la providence divine, que Jésus célèbre avec Marie et Joseph dans la maison de Nazareth et qu’il résumera dans l’eucharistie. Dans cet hymne les sentiments de Marie sont reconnaissables dans le Magnificat. Un hymne que nous faisons nôtre dans le quotidien de la reconnaissance à Dieu, comme nous pensons que Jésus, Marie et Joseph l’aient fait chaque jour.

 

USAGE :        Action de grâce pour une fête d’anniversaire de fondation

Avec le Ps 112, renouvellement d’alliance : jubilé sacerdotal, de vie religieuse ou de mariage

TEXTE : 1 Co 1, 4-9

 

 

PSAUME 111 A (HÉBR. 112) : LA BÉNÉDICTION DU JUSTE

 

Israël. Au serviteur de Dieu qui consacre sa vie à accomplir amoureu­sement ce qui plaît au Seigneur est promis le bonheur et une bénédiction est assurée à sa descendance. Cette relation d’ami­tié entre Dieu et l’élu est créatrice de solidarité dans le peuple choisi où chacun est appelé à pratiquer la justice, à l’exemple de Dieu lui-même. Pour le juste, « se lèvera une lumière dans les ténèbres », car Dieu manifeste à l’égard des siens, plénitude de grâce, pitié et justice, comme il s’est défini lui-même au jour de son Alliance. La paix du juste qui met sa confiance en Dieu ne sera jamais troublée; et sa sécurité profonde l’autorise à épouser les options les plus généreuses. Le juste sera glorifié et le sans- loi subira l’inévitable échec, ce dernier disparaîtra sans avoir vu la réalisation de ses rêves, ce qui constitue l’envers même de toute bénédiction.

 

Église. Pour nous, le Christ est le vrai cep et nous sommes les sar­ments. De par nous-mêmes, nous ne pouvons être justes, mais unis au Christ, nous vivons de sa vie, nous demeurons dans son amour; sa paix inonde nos cœurs et nous sommes porteurs de fruits de justice. La communion à l’amour du Père nous engage sur la voie de la charité fraternelle.

 

            Nazareth. Profil de l’homme idéal que nous reconnaissons en Jésus, Marie et Joseph de Nazareth. Il y a une invitation pour nous a imiter cet homme Jésus, juste et droit. Cet hymne est une espèce de code moral de spiritualité et de sagesse nazaréenne que Jésus portera à son accomplissement en lui-même comme modèle pour nous. A Nazareth Jésus grandissait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Le miracle le plus grand est cette vie quotidienne qu’il assume.

 

USAGE :        Avec le Ps 111, renouvellement de promesses de fidélité

Fête d’un personnage important par sa vie de foi et ses bienfaits

TEXTE : 1 Jn 3, 21-24

 

 

PSAUME 112 (HÉBR. 113) : HOMMAGE DES FILS D’ISRAËL DISPERSÉS Α LEUR DIEU

 

Israël. Tous les peuples de la terre sont invités à louer le Seigneur. Le fondement de cette louange réside dans l’éclatante transparence de Dieu qui domine à la fois de sa taille et de sa gloire, l’univers et l’histoire. Des sommets inaccessibles d’où elle s’exerce, l’autorité suprême de Dieu atteindra jusqu’ aux réalités les plus infimes de la création : Dieu est si grand qu’il n’y a rien de petit pour lui. Les grandeurs humaines n’ont qu’à s’effacer devant la seule Grandeur qui soit et qui s’affirme dans la promotion des faibles, plus encore que dans la déchéance des puissants. Le monde étonné verra dans le serviteur, non ce qu’il est, mais ce que Dieu fait de lui, parce qu’il aura accepté de n’être rien par lui-même.

 

Église. Ta puissance, ô Dieu, a éclaté souverainement dans l’exal­tation de Jésus qui, obéissant jusqu’à la mort, a accepté d’aller jusqu’au bout de l’abjection par la Croix. Par l’abaissement du Très-Haut, tu as voulu, Dieu très bon, relever les humiliés; dans le Christ « devenu chair », l’œuvre du salut a atteint sa plénitude.

De rien, ô Dieu, tu fais quelque chose : du dénuement, une richesse, d’une infirmité, une force; voilà ce qui de façon saisis­sante manifeste ta Gloire. « Ta puissance se déploie dans la fai­blesse. »

 

            Nazareth. Psaume de profonde sensibilité nazaréenne. Tous louent le Seigneur parce que “De la poussière il relève le faible, il retire le pauvre de la cendre.” La grandeur du Dieu de l’Israël consiste en son attention envers les misérables et les pauvres. Jésus incarnera cette délicatesse de Dieu. Il sera le bon pasteur qui cherche les brebis égarés; le bon samaritain qui couvre sur les blessures de celui qui était abandonné par les autres. La louange plus belle, et mieux comprise par tous, est vraiment l’attention à la misère. Teresa de Calcutta en est un exemple.

 

USAGE :        Ps 113-118 : grand hallel pascal

Fête de Pâques

Fête des Mères

Fête d’un couple humble pour lequel on veut rendre grâce au Seigneur

TEXTE : 2 Co 12, 9-10

CHANT : Fiche Z 112-2

 

 

PSAUME 113 A & B (HÉBR. 114) : ISRAËL SORT AVEC SON DIEU

 

Israël. L’univers tremble devant le Seigneur conduisant son peuple. Devenus « chose sainte », Juda et Israël soulèvent les mers et renversent les montagnes au même titre que Dieu lui-même. Mais cette action, malgré un aspect dévastateur, inclut l’espoir d’une renaissance de la vie et laisse pressentir les sources fécondantes.

 

Église. Le Sauveur est venu réaliser une nouvelle sortie d’Égypte pour les chrétiens. En cet exode spirituel, tout est bouleversé, non plus de manière tumultueuse, mais en silence et au tréfonds de l’âme : du rocher aride de notre cœur, le Christ fait jaillir en vie éternelle la seule Eau qui désaltère (Jn 4, 14).

 

            Nazareth. L’exode de l’Egypte, où conduira-t-il ? À la terre où Dieu a préparé une demeure pour son peuple. A Nazareth cela se réalise de manière unique : Marie et Joseph se font commensaux de Dieu en Jésus. Quand les hommes découvriront être devenu des invités à la table de Dieu, ce sera pour eux une surprise plus grande que de voir sautiller les collines comme les agneaux d’un troupeau.

 

USAGE :        Baptême

Samedi saint

Grand hallel pascal

TEXTE : 1 Co 10, 1-5

 

 

PSAUME 114 (HÉBR. 115) : BÉNÉDICTION DU PEUPLE PAR SON SEIGNEUR

 

Israël. L’image de la beauté, de la grandeur d’Israël a été ternie par les péchés du peuple élu; aussi demande-t-í1 à Dieu d’agir pour l’honneur de son Nom. Devant l’humiliation d’Israël, les nations mettent en doute la puissance salvifique du Seigneur. Les Juifs ripostent en opposant la souveraineté divine dans les cieux à la vanité des dieux que les mortels fabriquent. Israël ne risque d’être déçu par Dieu qui réalise ce qu’Il veut au ciel et sur terre. Le peuple se voit inviter à la confiance en Dieu de qui la communauté attend la bénédiction qui fait vivre.

 

Église. Ô Dieu, apprends-moi à te regarder, à te découvrir, toi, le Saint des saints. Que la contemplation de ta face me donne d’en venir à te ressembler ! Je ne t’ai jamais vu, mais je sais que tout l’univers est dans la mouvance de ta volonté et tributaire de ta Puissance. Tu es le Dieu des dieux; ne permets pas que je m’at­tache à des idoles muettes qui ne sont que mensonge et néant. Toute ma confiance repose sur toi; que ta bénédiction, source de vie et de lumière, me donne de faire remonter, à la gloire de ton nom, tout ce que j’ai reçu de toi et de te chanter éternellement !

 

            Nazareth. Nazareth offre nous la lecture complète de ce psaume : on loue Dieu qui est aux cieux, et on reconnaît également que dans son amour il a donné à l’homme la gestion de la terre. A Nazareth, Dieu se fait proche, il naît et vit comme un homme. En même temps Nazareth nous offre la manière de continuer la louange perpétuelle d’Israël et de l’Église au Père qui est dans les cieux, comme nous l’anticipent Marie et Joseph.

 

USAGE :        Grand hallel pascal

TEXTE : Lc 12, 22-32

 

 

PSAUME 115 (HÉBR. 116) : LE SEIGNEUR ÉCOUTE

 

Israël. Le fidèle a vécu des moments tragiques, mais il a crié vers le Seigneur qui l’a écouté et s’est fait tout ouïe pour lui; ce même cri, il le pousse dans la joie en s’acquittant de son vœu. Porté par son enthousiasme, il prend à témoin de son action de grâces, le peuple de Sion tout entier.

 

Église. Le chrétien vit dans la certitude exaltante d’être écouté par le Père et veut exprimer son allégresse. C’est alors que l’Église, mieux encore que ne le faisait Sion, s’ouvre à lui comme un haut lieu d’échanges spirituels : son action de grâces réconforte ses frères, comme s’il les nourrissait de sa propre foi.

 

            Nazareth. Les “psaumes de Pâque” ont une résonance spéciale dans la sensibilité nazaréenne. Les Évangiles de l’enfance, en effet, peuvent être lus en profondeur seulement à la lumière de la Pâque. L’agonie de Jésus, les agonies de Marie corédemptrice, les agonies de Joseph quand il fait tout son possible pour sauver sa famille, sont bien décrites dans ce double psaume. La coupe de la famille souvent élevée par Joseph sera bue par Jésus comme le mémorial laissé à ses disciples.

 

USAGE :        Grand hallel pascal

Rénovation des vœux de religion

Consécration religieuse

TEXTE : Mt 11, 28-30

 

 

PSAUME 116 (HÉBR. 117) : INVITATOIRE

 

Israël. Si la sollicitude fidèle du Dieu de l’Alliance joue normalement en faveur de ses élus, elle n’en intéresse pas moins, de par sa gratuité même, tous les êtres sur lesquels elle aurait pu, ou pour­rait encore s’exercer. La reconnaissance du bienfait reçu con­serve toujours un certain relent d’universalisme.

 

Église. Saint Paul encourage les païens convertis à rendre gloire à Dieu à cause de sa miséricorde : « Toutes les nations, louez le Seigneur; que tous les peuples le célèbrent ! » (Rm 15, 11). Le Dieu Sauveur, par nature amour et fidélité, veut que tous les hommes voient l’amour incarné dans les vies des chrétiens pour en rendre témoignage au Père.

 

            Nazareth. A Nazareth on participe à cette louange universelle. Et Jésus, avant de disparaître de cette terre, donnera aux siens la mission de faire des disciples de toutes les nations, pour leur dire que notre Dieu, leur Dieu est Père, c’est notre Père qui est dans les cieux et qui prend soin de tous.

 

USAGE :        Graduel : invitation à la louange au début d’une célébration

Refrain à intercaler (à plusieurs reprises) à l’intérieur d’une célébration

TEXTE : Mt 5, 14-16

 

 

PSAUME 117 (HÉBR. 118): L’ENTRÉE TRIOMPHALE AU JOUR DE LA FÊΤΕ

 

Israël. La Maison d’Israël rend grâce au Seigneur pour le pardon, le secours et la justice accordés à son peuple. Cette joie se traduit dans une action liturgique : la foule monte vers l’autel et le prêtre fait descendre sur elle la bénédiction divine, espoir d’un lende­main lumineux.

 

Église. Le bloc rejeté et devenu Pierre angulaire, c’est le Christ, dont la résurrection récapitule toutes les libérations et tous les pardons. Il est entré dans le sanctuaire céleste par la porte réser­vée aux justes. Sanctifiés par lui, les hommes pourront emprun­ter cette voie à sa suite et se joindre à l’éternelle action de grâce qu’il rend au Père.

 

            Nazareth. Voici le jour que fit le Seigneur” (v. 24). Celui-ci est le psaume pascal par excellence, soit pour Israël soit pour les chrétiens. Christ est la pierre éliminée et devenue pierre d’angle. A Nazareth chaque jour est célébré comme “le jour fait par le Seigneur”, parce que le Fils, qui sera constitué Seigneur, y a vécu; l’Église y a été anticipée par Marie et Joseph autour de Jésus ; le fils de Dieu y apprend à être fils de l’homme. “Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes” : nous pouvons dire en conséquence mieux vaut se réfugier à Nazareth, pour rencontrer le Dieu-Emmanuel et rencontrer la paix.

 

USAGE :        Individuellement ou collectivement dans le grand hallel pascal

Action de grâces de fin d’année

Dédicace d’une église

TEXTE : Mt 21, 8-9; 1 P 2, 4-10

CHANT : Alpec 1 Psaume 117

 


 

PSAUME 118 (HÉBR. 119) : AVEC LA LOI, SUR LA ROUTE DU SEIGNEUR

 

Israël. C’est bien de la Loi dont il s’agit à travers tout le psaume, loi que la Bible appelle du nom générique de « torah ». Plutôt que d’un corps de prescriptions, la « torah » se présente comme un chemin à suivre sous la direction de quelqu’un, elle présuppose que Dieu a conçu un plan pour réaliser l’harmonie du monde et qu’il presse l’homme de s’y intégrer. Les mots : décisions, ordres, volontés entrent dans cette perspective. La détermina­tion de Dieu appelle celle de l’homme; plus qu’une volonté s’imposant à une autre, il s’agit de deux volontés qui tendent à se conjuguer et à s’harmoniser; la « torah » implique alors un engagement réciproque : les mots : parole ou dire marquent l’en­gagement de Dieu; « exigences » est le terme consacré pour les serments jurés, et « consignes » évoque la prise en charge par Dieu du destin de l’homme.

Et une route se définit par un point de départ et un point d’ar­rivée. Le premier n’est autre que Dieu seul, et au terme du che­min, il y a la vie : pleine et définitive réalisation du destin humain, accomplissant les promesses de l’Alliance.

L’adhésion à la « torah » équivaut à une communion à Dieu; c’est une manière d’être avec Dieu, de demeurer avec Lui.

 

Église. Le Christ est accomplissement, plénitude de la Loi (Mt 5, 17). Il est le chemin à suivre, il est l’expression de toute la volonté du Père; il révèle ce qu’il a appris de Lui. Pour nous, garder les commandements, c’est demeurer dans l’amour du Père et du Fils, c’est se laisser conduire par l’Esprit, qui mène à la plénitude de la Vérité, de l’Amour. Et voici mon commande­ment : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12).

 

            Nazareth. Le Christ est notre loi. Ce psaume nous pouvons le vivre comme dialogue d’amour avec le Père auquel nous disons sans cesse que Jésus il est notre loi, notre voie, vérité et chemin, notre commencement et notre fin, Celui qui nous rend y frères et fils. Il ne nous pas donné de savoir comment Jésus, Marie et Joseph l’ont vécu, mais certainement ils l’ont vécu comme communion avec le Père. En même temps rien ne nous empêche de penser à Marie et à Joseph comme contemplatifs de cette “nouvelle loi personnalisée en Jésus”, digne d’amour et pour être vécue dans l’amour.

 

USAGE :        Méditation qui introduit dans l’intimité de la rencontre avec Dieu

Une ou deux strophes chaque jour, ou à l’intérieur d’une célé­bration, quelle qu’elle soit

TEXTE : Jn 14, 6

CHANT : Alpec 1 Psaume 118 et 2 Psaume 118

 

 

PSAUME 119 (HÉBR. 120) : QUÊTE DE PAIX

 

Israël. Le patient lance un appel angoissé vers le Seigneur, car il est victime de la perfidie du monde ambiant. En fait, la réponse di­vine qu’il espère, tarde à venir et son cri demeure sans écho. Il en reste donc à la plainte et à la nostalgie de la paix.

 

Église. L’ouvrier de la paix cherche à vivre en frère avec tous (Rm 12, 18), il répand la paix, selon le mot d’ordre du Christ : « Paix à cette maison » (Lc 10, 5); il doit aussi affronter les coups d’un monde hostile : le mensonge et la calomnie, en suivant le conseil de l’Apôtre :

« Ne pas se laisser vaincre par le mal, mais triompher du mal à force de bien (Rm 12, 21).

 

            Nazareth. Seulement près de Dieu on peut entendre à l’abri les langues malveillantes et vivre en paix. Mais à Nazareth cette expérience semble être atteinte déjà au niveau de famille, parce qu’à Nazareth Jésus, Marie et Joseph réussissent à vivre des relations positives d’amour avec Dieu, entre eux et avec les autres et ils participent à la réalité du monde par leur travail. Et quand Jésus sortira de Nazareth, il condamnera quiconque profane la sacralité du frère avec des propos malveillants. (Mt 5, 22).

 

USAGE :        Avec les Ps 121 et 122 : liturgie du soir

Dans une situation troublée, personnelle ou collective : après d’interminables discussions ou des réunions fatigantes

Au départ d’un pèlerinage

TEXTE : Col 3, 15

 

 

PSAUME 120 (HÉBR. 121) : SOUS LA GARDE DU SEIGNEUR

 

Israël. L’orant a confié son destin au Dieu d’Israël et il affirme, devant qui pourrait en douter, qu’avec le Seigneur, il n’y a rien à craindre. Tout au long de sa route, le fidèle est assuré de la protection divine; Dieu seul peut le garder parce qu’il est au-dessus de tout et qu’il ne connaît pas de repos. Dieu veille même quand il lais­se ses fidèles dans la nuit; i1 défendra les siens contre les atta­ques de l’ennemi certes, puisqu’il est assez grand pour porter intérêt à des êtres bien petits, et cela jusque dans les détails de leur vie obscure.

 

Église. Jésus, le « pasteur et le gardien de nos âmes » , est toujours celui qui donne à ses brebis la vie éternelle, et il assure que celles-ci ne s’égareront jamais et que l’ennemi ne pourra s’en emparer. Le Père, plein de tendresse, de sollicitude, lui a donné les brebis, et comme il est plus grand que tous, nul ne pourra les ravir de sa main.

 

            Nazareth. Ce ne sont pas les mont, remparts naturels qui entourent Jérusalem, à la sauver du danger mais le Seigneur. On est vraiment en sécurité là où on vit avec le Seigneur, comme l’ont expérimenté Marie et Joseph à Nazareth, où ils ont vécu avec du Jésus.

 

USAGE :        Avec les Ps 120 et 122 : liturgie du soir

Départ : projet, pèlerinage, voyage

TEXTE : Jn 10, 27-30

 

 

PSAUME 121 (HÉBR. 122) : SOUS LES MURS DE JÉRUSALEM

 

Israël. Les pèlerins s’ arrêtent à la vue de Jérusalem, impressionnés par le sentiment d’unité qui se dégage de la Ville sainte. C’est là que se concrétisent l’engagement de l’Alliance et le jugement du Seigneur. Il s’ensuit que la paix rêvée au départ trouve en ce lieu l’espoir d’une réalisation; en effet, de Sion, pourront s’étendre sur le pays, tranquillité et prospérité. D’où les vœux ardents des fidèles pour la Ville aimée.

 

Église. Le salut du chrétien exige d’être nourri par une Église forte et vivante; aussi l’âme progresse-t-elle dans la mesure où la Communauté monte autour d’elle; enfin, sa prière touche le Père à la condition d’être incorporée au cri de tous ses frères, appelant, solide et chaleureuse, la paix sur la Cité sainte.

 

            Nazareth. En paraphrasant ce psaume, nous pouvons dire : “Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à Nazareth, la maison du Seigneur”. Rien de plus beau que ce psaume pour dire notre désir de revenir à Nazareth chaque jour, à cette maison que, plus que Jérusalem, est une maison compacte pour les gens qui l’habitent. De Nazareth sortiront ceux qui seront les vrais juges de l’Israël et de l’Église : Jésus, le Roi; Marie, la reine; Joseph le juste. Ils savent ce qui impliquent les commandements de l’amour : “j’avais faim, j’avais soif,…”

 

USAGE :        Psaume d’entrée

Avec les Ps 120 et 121 : liturgie du soir

TEXTE : Ερ 4, 2-6

CHANT : Fiche Z 121

 

 

PSAUME 122 (HÉBR. 123) : LES YEUX TOURNÉS VERS LE SEIGNEUR

 

Israël. Pleins de confiance en la bonté de Dieu, des fidèles font appel à sa pitié. L’humiliation et l’oppression, où les tiennent les atta­ques rageuses des ennemis, les poussent à crier vers le Dieu plein de miséricorde. Mais l’angoisse s’estompe sous le regard que portent les orants vers la main du Seigneur.

 

Église. La défaite de toutes les forces adverses, étant déjà acquise dans le Christ, nous pouvons fixer notre regard sur Dieu en tou­te confiance; les attaques des puissances de ce monde n’ont plus raison de nous laisser dans l’inquiétude, quoi qu’en disent les journaux ou les prophètes de malheur. Nous demeurons les yeux fixés sur Dieu, en répétant : Notre Père, préserve-nous du mal, garde-nous dans ta paix.

 

            Nazareth. Ce psaume semble nous inviter à baisser le regard sur les mains laborieuses de Jésus, Marie et Joseph à Nazareth, pour mieux comprendre ce que veut dire avoir les yeux fixés sur Dieu et sur sa manière d’opérer le salut. De cette prière contemplative vient la force de la fidélité et de la persévérance : Dieu est proche, il est vigilant.

 

USAGE :        Ps 123-124-125-126-127-128 : recueil de psaumes de Vêpres

À prier pendant l’évolution d’un projet

TEXTE : Mt 6, 8-13

 

 

PSAUME 123 (HÉBR. 124) : SI NOUS N’AVIONS PAS EU LE SEIGNEUR AVEC NOUS

 

Israël. Au début de sa prière, le fidèle laisse échapper un cri : « Sans le Seigneur, qu’allait-il arriver ? » Puis il évoque les dangers mor­tels qui ont plané sur Israël. Mais Dieu a sauvé son peuple : Il au­rait pu le livrer aux dents des fauves, ses voisins, mais Il ne l’a pas voulu. Qu’Il en soit béni.

 

Église. Sans le Christ, l’Église ne saurait tenir contre les Portes de l’Enfer (Mt 16, 18). Depuis toujours, la barque de Pierre est ballottée par les tempêtes. Mais alors qu’elle est déjà submer­gée, le Sauveur— et Lui seul — intervient et maitrise les flots. En vérité, nous pouvons chanter avec assurance :

« Notre secours c’est le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre (v. 8) ».

 

            Nazareth. Sans le Seigneur qui était pour nous”, que nous serait-t-il arrivé ? Si le Seigneur n’avait pas été à Nazareth, qui se rappellerait de ce village ? Tout aurait été emporté et le temps aurait tout enterré dans la cendre de l’oubli. Mais notre vraie aide vient du Seigneur qui, aussi en vivant à Nazareth comme homme, a fait le ciel et la terre. Alors, tout change : dans la mémoire de ce que nous avons parcouru, nous découvrons qu’il existe et qu’il a opéré notre salut, même s’il a travaillé avec nos mains avec notre intelligence.

 

USAGE :        Psaume de Vêpres

TEXTE : Mt 10, 29-31

 

 


 

PSAUME 124 (HÉBR. 125) : LE SEIGNEUR ENTOURE SON PEUPLE

 

Israël. L’homme οu le peuple qui se fie dans le Seigneur, c’est-à-dire qui se retranche et se fixe en Lui, est aussi indéracinable que le mont Sion; celui-ci est protégé par les hauteurs qui l’encerclent; Israël, par Dieu Lui-même. La vue de Sion dégage, à elle seule, une impression de sécurité; son site évoque la façon dont Dieu entoure son peuple. Si Israël reste libre et subsiste comme peu­ple de Dieu, c’est parce que le Seigneur réserve ses faveurs à ceux qui lui obéissent. Et loin de couvrir de son indulgence les ennemis de son Peuple, qui sont aussi les siens, il les abandonne à eux-mêmes. Leur ruine est pour Israël, condition de salut, de vie, de développement.

 

Église. En devenant fils de Dieu, le chrétien est un être libre (cf. Rm 8, 15), il ne doit plus devenir esclave du monde. Avec la venue du Christ, l’homme du dehors n’est plus l’ennemi; il est un frère qui a droit à notre amour puisque « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45). On ne pourra jamais éluder le combat : l’œuvre de Dieu aura toujours des adversai­res. L’ennemi est au-dedans et au-dehors de nous, mais dans les deux cas, l’adversaire n’est plus l’homme lui-même, mais le mal qui ne s’identifie pas à l’homme.

 

            Nazareth. Ville sainte de Jérusalem et maison sainte de Nazareth : deux réalités que, dans la foi, nous pouvons voir en parallèle. Pour les deux, le salut vient de la protection de Dieu, plus sûre que les monts qui entourent la ville, plus sûre que les murailles qui constituent la maison matérielle. Mais aussi, comme il y a un pèlerinage vers Jérusalem, devrait exister un pèlerinage vers le Nazareth. Dans ses murs peuvent vivre seulement “les bons”, parce que là on vit avec Dieu.

 

USAGE :        Psaume de pèlerinage et de Vêpres

TEXTE : Rm 9, 33

 

 

PSAUME 125 (HÉBR. 126) : RETOURNEMENT DE SITUATION

 

Israël. Jérusalem a connu des heures sombres, mais on ne s’en sou­vient plus aujourd’hui que comme d’un mauvais rêve. Son réta­blissement qui laisse augurer celui de tout Israël, a provoqué une joie, la joie de la moisson après la peine des semeurs.

 

Église. Israël apprend aux Chrétiens que leur Élection les engage au-delà d’eux-mêmes : nos faillites mettent moins en cause no­tre honneur que celui du Père. Si nous le comprenons, nous éprouverons davantage dans sa pureté notre fierté de fils, heu­reux de voir partout notre Père admiré, la gloire et la sainteté de son Nom reconnues.

 

            Nazareth. Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,* nous étions comme en rêve !” (v.1). Chaque libération, chaque changement en mieux est source de joie. Il nous faudrait dire : si le Seigneur vous donnait la chance de vivre à Nazareth avec Lui, Marie et Joseph, vous connaîtriez la paix et la joie libératrice de l’esprit de famille de Nazareth. Alors votre cœur se remplirait vraiment de chants de joie.

 

USAGE :        Pour rendre grâce lors d’un retour à Dieu

Psaume de Vêpres

TEXTE : Col 1, 3-14

CHANT : Alpec 1 Psaume 125 et 2 Psaume 125 Fiche Z 125-6

 

 


 

PSAUME 126 (HÉBR. 127) : SI LE SEIGNEUR NE BÂTIT LA MAISON

 

Israël. C’est le Seigneur qui bâtit la maison, comme c’est Lui qui garde la ville. Toute réussite humaine se révèle, en dehors de Lui, sans lendemain. C’est Lui, en définitive, qui bâtira une maison à David, comme c’est Lui qui rebâtira la vierge Israël. C’est Lui qui installe ses élus, leur donnant terre, foyer et postérité. En dehors de cette action de Dieu, qui donne corps et sens à l’acti­vité humaine, il n’y a de place que pour l’agitation fébrile qui ne mène nulle part.

 

Église. À quoi bon mes ambitions de conquête ou de réussite per­sonnelle ? Dieu est la clé de voûte de tout succès humain. C’est sagesse que de se fier au conseil d’Isaïe : « dans la conversion et le calme est le salut; dans une parfaite confiance est votre for­ce ». Aujourd’hui comme hier, rien ne garantit l’édifice le plus solide et le plus impressionnant. Au terme de nos efforts, nous abandonnons à Dieu le soin de faire déboucher tout le bénéfice de notre travail sur un avenir qui déborde l’existence humaine particulière. La semence lève quand nous avons accepté de lais­ser le grain de blé tomber en terre et mourir.

 

            Nazareth. Si le Seigneur ne bâtit la maison…” l’homme travaille en vain ! On se fatigue, on fait des choses extraordinaires, et que reste-t-il ? Nazareth est peu de chose, et physiquement elle a disparu aussi. Pourtant, la maison de Nazareth continue à exister de mille manières, là où le Seigneur se fait il pressent. Nazareth est un lieu théologique, où Dieu continue à nous proposer de rester avec Lui, si on veut la bénédiction et la paix. Nazareth continue dans la présence du tabernacle !

 

USAGE :        Rassemblement de famille pour célébrer : un mariage, un jubilé, une réalisation d’un de ses membres

Prière d’ouverture pour une réunion d’agents de pastorale

TEXTE : Mt 6, 25-34

 

 

PSAUME 127 (HÉBR. 128) : LES BÉNÉDICTIONS DE JÉRUSALEM POUR QUI CRAINT DIEU

 

Israël. On ne réussit sa vie qu’en la confiant à la direction de Dieu, en « la vivant dans cette crainte », qui n’implique pas la peur provo­quant la fuite, mais le sentiment d’être dépassé par Dieu, de per­dre son assurance devant Lui, de s’abîmer en Lui et de s’aban­donner à Lui. Le premier signe du succès de sa vie, c’est de voir son travail aboutir, et c’est le dynamisme de l’Alliance qui don­ne sens et élan au travail du peuple tout entier et à celui de cha­cun de ses membres.

Dans le prolongement du don de la terre fait à Israël, la fem­me devient un don du Seigneur, le don par excellence, comme le champ, comme la vigne, elle ancre l’homme dans l’univers des vivants; elle le fixe sur le sol qui porte, à travers les généra­tions successives, le sceau de l’amour de Dieu pour les siens. Et toute bénédiction divine descendant sur les membres de la com­munauté s’avère être une bénédiction répandue sur l’ensemble, et toutes ces bénédictions ont leur source en Sion.

 

Église. Ma vie sera féconde, elle portera les fruits attendus si je de­meure profondément attaché à la Vigne dont je suis un sarment. « Par la puissance de son Esprit, Dieu fortifie en moi l’homme intérieur pour que je sois enraciné, fondé dans le mystère d’a­mour du Christ » et de l’Église.

Et puisque je suis appelée à être « vigne au cœur de la mai­son », c’est vers Marie, l’idéal féminin d’intériorité et de silence que je regarde; elle m’invite à être acquiescement au don du Christ pour son Église, pour mes frères; et avec elle, je pourrai bénir le Seigneur qui fait de grandes choses pour son peuple.

 

            Nazareth. La bénédiction la plus grande de Dieu pour un homme est celle de le doter d’une bonne famille, avec une épouse féconde, avec de nombreux enfants, avec l’essentiel pour vivre. Cadeau merveilleux que Dieu a fait à Joseph, en lui donnant pour épouse Marie et pour fils Jésus, l’aîné de beaucoup de frères. Exemple merveilleux de bénédiction, que Dieu a donné à l’humanité avec le don de la famille idéale de Nazareth.

 

USAGE :        Mariage

Fête des Mères

Bénédictions finales, pour un congédiement

TEXTE : Jn 15, 5-9

 

 

PSAUME 128 (HÉBR. 129) : FIN D’UNE HOSTILITÉ

 

Israël. La haine tenace du monde extérieur n’a pu avoir raison de l’existence du peuple de l’Alliance. Le danger conjuré, le res­sentiment n’a pas désarmé; mais la stabilité de Jérusalem garan­tit, ici encore, celle du pays. Les ennemis de ce dernier auront le sort de ceux qui en veulent à Sion, celui de l’herbe séchée avant d’avoir vu le jour.

 

Église. Les persécutions et les épreuves ne sont pas épargnées à l’Église, et selon la parole de Jésus, le peuple de Dieu subira l’épreuve jusqu’à la fin des temps. Mais ceux qui essaient de dé­truire !’Église et son œuvre perdent leur temps. Dans la résur­rection du Christ et dans son élévation à la droite du Père, s’est déjà manifestée cette puissance de Dieu qui condamne à la ruine toutes les puissances de ce monde, et les rend semblables à l’herbe qui se fane (cf. Je 1, 10-11). Cette vérité, l’Apocalypse l’évoque en son langage imagé.

 

            Nazareth. La souffrance, les persécutions ne manqueront à personne, et non plus à Jésus, à Marie et à Joseph. Il y a aussi une allusion à la flagellation qui creusera des sillons profonds sur le dos du Christ. Mais ces souffrances ne prévaudront pas. La résurrection remettra tout à la place. Le Seigneur est avec les persécutés. Et si cela est arrivé à Nazareth, à l’Église – et à chaque chrétien – on pourra reprendre courage au milieu des souffrances, épreuves et persécutions.

 

USAGE :        Ps. 129-130-131 : Persécution et péché, deux sources d’angoisse qui sont éliminées

TEXTE : Αρ 19, 1-10

 

 

PSAUME 129 (HÉBR. 130) : L’ATTENTE CONFIANTE DU PÉNITENT

 

Israël. La misère du patient est extrême. Le péché, c’est-à-dire la rup­ture des liens avec le Seigneur, menace son existence. Aussi, exprime-t-il sa confiance dans les ressources infinies de la misé­ricorde que garde le Dieu de l’Alliance.

 

Église. Le pardon divin demeure toujours un geste libre, qu’il faut attendre à la manière dont la sentinelle sur le rempart attend l’aurore. Le silence de Dieu est encore plus profond que le si­lence des nuits. Il n’est pour le rompre que la voix du Maître. Car le Dieu de la Bible ne parle pas sans cesse; il faut accueillir sa parole lorsqu’elle jaillit inopinément pour récompenser une plus ou moins longue période d’écoute.

 

            Nazareth. De la profondeur de chaque expérience difficile, je crie vers toi, Seigneur. Jésus vivra ce cri d’angoisse au moment dramatique de la passion, pendant lequel il a expérimente jusque à l’abandon de Dieu. Mais celui qui crie des profondeurs ne restera pas sans réponse. Les entrailles de la miséricorde du Père en sont secouées en profondeur. Et Marie se fera “refuge” des pécheurs.

 

USAGE :        Célébration pénitentielle

Ps. 129-130-131 : persécution et péché, deux sources d’angois­se qui sont éliminées

TEXTE : Jn 8, 2-11

CHANT : Alpec 1 Psaume 129 et 2 Psaume 129 Fiche Z 129

 

 

PSAUME 130 (HÉBR. 131) : L’ÂME SEREINE ΕΤ SILENCIEUSE

 

Israël. Le fidèle n’éprouve plus la tentation de la démesure; acceptant sa relative petitesse, il ne se laisse pas éblouir par ce qui le dé­passe. Blotti dans la chaude intimité de l’amour divin, à la ma­nière d’un nourrisson qui se replie, content, sur le sein de sa mère, il regarde, apaisé, le monde et ses grandeurs.

 

Église. Renoncer aux ambitions exagérées libère de l’obsession de puissance et laisse le champ libre à la recherche d’un épanouis­sement selon Dieu. Or, la plénitude de Dieu produit calme et si­lence. Non pas que les désirs d’absolu de l’homme soient tron­qués, mais le Seigneur les réalise de façon paradoxale, selon son échelle de valeurs à lui :

« ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes (1 Co 1, 25) ».

 

            Nazareth. Une proposition de Nazareth : “Ne cherche pas de grandes choses” ! La vraie “grandeur” est devenir comme un enfant. Le Royaume des cieux est à eux. Un enfant en nécessité crie et il pleure, tant qu’il n’est pas pris dans les bras par la mère ou le père. Alors il s’apaise. Ainsi, quand nous nous sentons accueillis entre les bras de Dieu, notre âme s’apaise. Et c’est la plénitude du bonheur. Nazareth nous rappelle vraiment ce tableau familial qui est resté dans notre mémoire ou dans nos désirs : un enfant qui s’endort entre les bras de la mère, en pleine sécurité, parce qu’il se sent protégé par l’amour.

 

USAGE :        Dans le prolongement du Notre Père

Ultime prière du soir

Ps. 129-130-131 : persécution et péché, deux sources d’angoisse qui sont éliminées

 

TEXTE : Rm 8, 14-17

 

 

PSAUME 131 (HÉBR. 132) : SERMENT DE DAVID, SERMENT DU SEIGNEUR

 

Israël. Le roi en prière réclame la faveur divine, en rappelant les méri­tes de son ancêtre David; car celui-ci, accomplissant son ser­ment, fit monter l’Arche à Jérusalem. En réponse, le Seigneur promit à David des grâces particulières, mais dans le cadre gé­néral d’une bénédiction, destinées à toute la nation.

 

Église. C’est le seigneur, et non pas David, qui fait monter l’Arche jusqu’à Sion. Nous désirons construire l’Église; or ce n’est pas nous qui installons Dieu parmi les hommes; en réalité, c’est Dieu qui nous « rassasie de pain » (v. 15), nous « prépare une lampe » (v. 17) (Jn 8, 12) en ce monde et une « couronne » (v. 18) pour l’éternité.

 

            Nazareth. On ne doit pas, peut-être, trop s’enorgueillir de ses aïeux, comme de David, parce que c’est le Seigneur qui construit sa maison et il donne à l’homme sa famille. L’opposition est évidente : un beau temple est construit pour Dieu par l’homme, mais Dieu choisit une petite et humble maison comme demeure. Dieu reconnaît l’effort de l’homme pour lui, et il le bénit, mais il préfère d’habiter avec les humbles.

 

USAGE :        Avec Ps 133 et 134 : promesses de Dieu à son Église

TEXTE : He 5, 5-10

 

 

PSAUME 132 (HÉBR. 133) : BÉNÉDICTION DES FRÈRES VIVANT Α SION

 

Israël. De Sion, bénédiction et vie descendent abondamment. C’est comme une huile de choix sur la tête οu une rosée bienfaisante. L’huile apporte l’allégresse tandis que la rosée revigore la natu­re et est symbole de richesses très précieuses.

Mais si, pour Israël, le bonheur est de vivre ensemble, ce n’est pas n’importe οù qu’on goûte cette joie, mais à Sion, et nulle part ailleurs. Si l’on vit heureux ensemble, à Sion, c’est parce que c’est là que Dieu prodigue la vie

 

Église. L’Église reste le lieu privilégié où Dieu veut répandre la ro­sée de sa grâce. Le Père fait descendre, jour après jour, sur la Sion nouvelle, ce qui rend les frères unis entre eux, ce qui nour­rit les corps et les cœurs; c’est en Lui que sont toutes les sources de vie. C’est bon d’habiter ensemble parce qu’on vit ensemble des dons de Dieu.

 

            Nazareth. Vivre bien ensemble, unis comme des frères est une grande aspiration. Le souvenir de Caïn et d’Abel et de beaucoup d’autres luttes fratricides mettent plus encore en contraste cet idéal. Il s’agit d’un idéal qui n’est pas impossible si nous regardons vers la maison de Nazareth. Et c’est certainement en son souvenir que l’Église primitive a rêvé de constituer de nouveau une “famille de frères” dont l’amour réciproque forme un seul cœur et une âme seule.

 

USAGE :        Rencontre communautaire

Fêtes paroissiales

Avec Ps 132 et 134 : Promesse de Dieu à son Église

TEXTE : 1 Jn 4, 11-16

 

 

PSAUME 133 (HÉBR. 134) : BÉNÉDICTION FINALE

 

Israël. L’office du soir est terminé. La bénédiction descend de Sion sur les partants; en même temps, elle monte constamment vers Yahvé de la bouche de ceux qui assurent le service du temple.

 

Église. Le Temple de la Jérusalem nouvelle, comme autrefois celui de Sion, garde ses portes toujours ouvertes (Αp 21, 25). C’est là que le Père répand sans cesse sur nous « toutes sortes de béné­dictions spirituelles »; devant le Père, le Fils y offre « en tout temps le sacrifice de louange » afin que « ceux qui confessent son Nom » (Hé 13, 15), s’y unissent en lui.

 

            Nazareth. Le soir est le début d’un nouveau jour. Le geste le plus beau est la bénédiction, face au temple, “où la présence du Seigneur” demeure. Une expérience a été vécue à Nazareth où, la maison même devient le nouveau temple de la présence du Seigneur. De Nazareth s’est répandue sur la terre la présence incarnée du Seigneur, présence que nous redécouvrons chaque jour dans le tabernacle de chaque église.

 

USAGE :          Congédiement : après la prière du soir

Bénédiction d’adieux

Avec Ps 132 et 133 : promesses de Dieu à son Église

TEXTE : Εp 1, 3-14

 

 

PSAUME 134 (HÉBR. 135) : LE DIEU D’ISRAEL BÉNIT SES SERVITEURS

 

Israël. Nulle part Israël n’éprouve plus de joie à chanter le Seigneur qu’au temple. Ceux qui assurent le service, au sanctuaire de Dieu, célèbrent le nom du Seigneur qui a choisi Israël, l’a pris en charge, le considérant comme son bien propre. Le vœu di­rectement adressé à Dieu, c’est de voir s’éterniser la mémoire de son nom. La contemplation émue du geste divin implique le sentiment que le Seigneur a réalisé ce dont nul autre n’était ca­pable, et qu’il n’y a que Lui pour agir ainsi. La bénédiction monte alors des hommes vers Dieu, et y sont conviés les craignant-Dieu, de même que tout le peuple élu.

 

Église. Dieu continue de se pencher miséricordieusement sur l’Église, son bien choisi. Et heureux sommes-nous si, cons­cients de cet amour fidèle, nous savourons le privilège de chan­ter notre Sauveur. Faut-il alors que nos cœurs restent ouverts pour accueillir, dans la joie, au nom de toute l’humanité, ce don immérité du choix divin; faut-il aussi que nous soyons toujours prêts à célébrer les gloires de Celui qui a fait de nous « une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, pour la gloire de son Nom ».

 

            Nazareth. Cet hymne au Dieu de la création et de l’histoire est grandiose, si célébré dans le temple de Jérusalem ; et Jésus, Marie et Joseph en ont fait plusieurs fois l’expérience; mais, il est aussi grandiose si célébré à Nazareth, où l’histoire du salut, commencée dès la création se termine dans l’incarnation. Dieu, à Nazareth, se fait visiblement et humainement présent dans la création et dans l’histoire. L’Église héritera l’expérience de ce style de présence créatrice et rédemptrice, mais qui peut certainement être expérimentée certainement par tous les hommes de bonne volonté.

 

USAGE :        Avec le Ps 136 : liturgie du soir

Célébration du Nom du Seigneur

TEXTE : 1 P 2, 9

 

 

PSAUME 135 (HÉBR. 136) : HOMMAGE D’ISRAËL À L’ÉTERNELLE TENDRESSE DE SON DIEU

 

Israël. Israël se recueille devant les mirabilia du Seigneur : car si Dieu a créé le monde, c’est pour y installer le Peuple élu. Le poète chante la tendresse spéciale dont Israël est l’objet, pressentant que ce destin privilégié s’inscrit dans un dessein universel.

 

Église. Qui de nous ne trouverait, non seulement dans l’histoire du Christianisme où s’inscrit la sienne, mais dans sa propre aventure, des sujets d’émerveillement ? Puissions-nous ne pas être oublieux de la Geste de Dieu ! Puissions-nous, pour repren­dre courage sur la route qui mène à Lui, garder vivant le souve­nir des étapes lumineuses ! Alors, revigorés, nous nous écrie­rons avec le Peuple saint : « Éternelle est ta tendresse ! »

 

            Nazareth. Cette litanie des gestes de la miséricorde de Dieu reste avec toute sa puissance dans la foi de l’Israël, mais encore plus fort dans la foi du nouvel Israël, parce qu’elle reste ouverte à d’autres nouveautés. A Nazareth nous sommes conscients que Dieu, en Marie, a opéré grandes choses et que ce qu’Il opérera par Jésus restera inépuisable dans les siècles.

 

USAGE :         Chant de procession

Avec le Ps 135 : liturgie du soir

Samedi saint

TEXTE : Εp 1, 3-14

CHANT : Alpec 1 Psaume 135 et 2 Psaume 135 Fiche Z 135-24

 

 


 

PSAUME 136 (HÉBR. 137) : LES CHANTRES DE SION À BABYLONE

 

Israël. Les chantres de Sion ont déposé leurs instruments de musique sur les peupliers, bien décidés à ne pas reprendre, en exil, leur activité liturgique. Leurs gardiens sont fortement déçus, ils au­raient pourtant !’occasion unique d’entendre les chants de Sion. Mais le peuple élu peut-il galvauder les hymnes au Très-Haut, en cette terre païenne, souillée par des idoles, et devant des vainqueurs éphémères ? Délibérément, les exilés se murent dans leur deuil, jusqu’à ce qu’ils soient de retour à Jérusalem; car ils ont beau être loin de la ville ravagée; ils ne se considèrent, ni comme séparés du Seigneur, ni comme déliés de l’Alliance. Ils jurent, par un grand serment, de se souvenir. Ils retrouvent, ce­pendant, leur voix pour lancer les imprécations les plus véhé­mentes contre les vassaux rendus insolents par l’infortune de Sion, et contre Babylone, source principale de leurs souffran­ces.

 

Église. Cette fidélité d’Israël nous apprend que dans la lutte où nous place l’adversaire acharné de l’Église, il n’y a ni à transiger, ni à douter. La confiance inébranlable en Dieu et la force du lien fra­ternel nous permettent de témoigner, à la face du monde, que l’appartenance au Père nous rend capables de fidélité, d’amour et de pardon mutuel. Loin de maudire nos persécuteurs, nous prions pour eux, selon l’enseignement de Jésus; c’est la charité qui terrassera nos ennemis, en faisant d’eux de nouveaux fils du Père, de nouveaux frères accueillis dans la communauté.

 

            Nazareth. Jésus, Marie et Joseph auront certainement chanté ce psaume avec une profonde implication. Mais en eux grandit une nouvelle dimension, que Jésus proclamera comme nouveauté “chrétienne” : sans trahir Dieu, il est possible de pardonner aux ennemis et de prier pour eux. Ce n’est pas la malédiction qui gagne, mais la bénédiction et le pardon. Cela a été montré par l’histoire récente de l’Israël et aussi dans la Shoah.

 

USAGE :        Solidarité dans une épreuve collective

TEXTE : Rm 12, 19-21

 

 

PSAUME 137 (HÉBR. 138) : L’ACTION DE GRÂCE D’UN SIMPLE FILS D’ISRAËL

 

Israël. Un juif de la diaspora, bénéficiaire de la faveur divine, entonne un hymne au Seigneur. Son action de grâce provoque même les rois à confesser la gloire divine. Pour sa part, le fidèle est con­fiant dans l’avenir et son chant se conclut en une prière.

 

Église. Il n’est que faiblesse dans le Chrétien; mais en compensa­tion, il possède les arrhes de l’Esprit :

« Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10). Contre toute attente, à la face du monde, il sera l’objet de l’élection divine : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force (… ), car ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (1 Co 1, 27, 25). Aussi, connatra-t-il des lendemains éblouissants : « Les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Rm 8, 18).

 

            Nazareth. Jésus complétera son œuvre en établissant l’eucharistie, l’action de grâce et la parfaite louange. C’est pour cela que nous pensons qu’entendre ce psaume était habituel à Nazareth. Et il doit continuer à l’être pour le chrétien.

 

USAGE :         Jour d’Action de grâce

Clôture d’une retraite

Célébration du Nom du Seigneur

TEXTE : 1 Co 1, 25 et 27

 

 

PSAUME 138 (HÉBR. 139) : L’HOMME DU SEIGNEUR

 

Israël. Dieu sait tout, et son fidèle, quoi qu’il fasse, ne saurait lui échapper. Cette impossibilité de fuir l’emprise divine ne de­vient pas obsédante; elle cause, au contraire, un sentiment de réconfort; elle engendre une certitude de paix : jamais le fidèle ne se sentira seul dans l’aventure humaine; il n’aura même pas à craindre les ténèbres, car si l’obscurité aveugle l’homme, Dieu voit toujours; et dans les nuits de la gestion, il connait déjà celui qu’il crée, il scrute le dessein qui le concerne. L’homme n’a plus qu’à s’abandonner en toute confiance, il s’endort en paix et il demeure à la disposition de son Dieu, ne pactisant pas avec les ennemis du Seigneur qui sont aussi les siens.

 

Église. Le regard de Dieu ne me quitte jamais. Noyé dans l’infini de la présence divine qui m’enveloppe et me dépasse, et sans ja­mais prétendre scruter la volonté de Dieu, je me livre à l’action divine. Je suis conduit à la Terre Promise, cette conquête du Christ en croix. Je marche sur la route tracée par la main divine, celle qu’à l’insu du monde, dans les ténèbres, Dieu a d’avance choisie, celle sur laquelle le Christ me précède, en m’invitant à le suivre. Que mon grand désir d’adhérer au plan divin puisse permettre à Dieu de réaliser son œuvre d’amour en moi et par moi !

 

            Nazareth. Seulement l’amour sait découvrir le profil de la personne aimée des entrailles de son existence. Ce psaume, lu à Nazareth, fait comprendre ce double désir de découvrir jusqu’au fond la personne aimée : Dieu est le fondement de l’amour de l’homme; l’homme, est l’objet de l’amour de Dieu. Nous pensons à Marie qui tâche de comprendre le cœur de son fils, pendant qu’elle essaie de cultiver son amour vers le Père. “ Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! ” Comment auront-ils perçu cela Marie et Joseph ? Et comment eux-mêmes auront-ils tâché de découvrir l’amour mystérieux de Dieu dans leur fils ? Une contemplation jamais terminée !

 

USAGE :        Engagement

Anniversaire de naissance : mystère de l’être humain

Ouverture d’une retraite : le prix de ma vie

TEXTE : Rm 11, 33-36

CHANT : Alpec 1 Psaume 138 et 2 Psaume 138

 

 

PSAUME 139 (HÉBR. 140) : DÉBARRASSÉ DU MÉCHANT

 

Israël. Le patient se plaint des violences et des ruses de ses ennemis, contre lesquels il lance de vigoureuses imprécations. S’il en ap­pelle à l’intervention du Seigneur, c’est que Dieu, il le sait, fera justice aux pauvres, pour la plus grande joie des hommes droits.

 

Église. La véhémence de la prière et des imprécations des persécu­tés fait comme écho à l’éclat de la colère divine. Le chrétien ne peut, certes, souhaiter le mal à ses ennemis; à travers ce tumulte des cœurs humains qui, sous l’ancienne Alliance, réclament si violemment leurs droits, il peut cependant entrevoir ce que ne manque pas d’être la réaction du souverain justicier :

« A moi vengeance, dit-il, c’est moi qui paierai de retour. . .

C’est chose effroyable que de tomber entre les mains du Dieu vivant » (He 10, 30-31).

 

            Nazareth. Chaque homme a un instrument de vie ou de mort : sa langue. Avec la langue il peut bénir Dieu et les hommes, avec sa langue il peut tuer les hommes et se rendre ennemi de Dieu. A Nazareth, Jésus met au point l’enseignement : que votre parler soit la vérité, qu’il soit oui quand il est oui et qu’il soit non quand il est non. Jésus lui-même expérimentera pendant sa vie la méchanceté de la langue de ses adversaires.

 

USAGE :        Lorsque se trouve compromise la paix d’un groupe

TEXTE : He 10, 30-31

 

 

PSAUME 140 (HÉBR. 141) : LA MISE À L’ÉCART DU SANS-LOI

 

Israël. Le fidèle prend résolument parti contre les sorciers et contre les artisans de ruines. Il refuse leur fréquentation, lui préférant la compagnie des justes, dût-il essuyer près d’eux de dures mais fraternelles corrections. Acceptant ainsi un combat inégal avec les sans-loi, il ne sent que trop sa fragilité et s’en remet, pour sa victoire, à Dieu lui-même.

 

Église. Il faut choisir entre un Dieu qu’on ne voit pas et auquel on doit faire confiance, et le mal qui partout, séduit et triomphe. De prime abord, cette option représente un acte de liberté verti­gineux, bien au-dessus des possibilités de l’humaine nature. Mais :

« c’est lui qui vous affermira jusqu’au bout. . . Il est fidèle, le Dieu par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur » (1 Co 1, 8-9).

 

            Nazareth. Ne laisse pas mon cœur pencher vers le mal” (v. 4). A Nazareth telle supplication est cultivée jusqu’à devenir partie des demandes du Notre Père : “Ne nous laisse pas entrer en tentation, délivre-nous du mal.” Le cœur doit apprendre à se maintenir fort dans la lutte contre le mal.

 

USAGE :        Lorsqu’on a à prendre position

TEXTE : 1 Co 1, 8-9

 

 

PSAUME 141 (HÉBR. 142) : LE CRI DU PAUVRE

 

Israël. Un fidèle, à bout de souffle, « raconte » au Seigneur sa détresse, se sentant poursuivi par des gens plus forts que lui. Seul et sans appui, il réclame le secours de Dieu; ce geste espéré, qui témoi­gnera de la libéralité divine à son égard, réconfortera le cœur de tous les justes.

 

Église. L’homme est devenu anonyme dans un monde indifférent où nul ne le reconnait, où tout échange est impossible. Cepen­dant, on sait que la solitude peut être rompue par la prière et qu’un véritable dialogue s’engage lorsqu’on parle à Dieu. Puissions-nous découvrir l’interlocuteur divin susceptible de nous arracher à notre isolement !

 

            Nazareth. De l’Évangile nous pouvons déduire que Jésus et Marie se sont fait écho souvent de cette sensation angoissante des personnes qui s’approchaient d’eux avec confiance. Jésus portera cette angoisse jusqu’à Gethsémani et dans sa Passion. Et Marie sera la Mère “transpercée par l’épée de la douleur pour son Fils et pour ses fils.” Celui-ci est le dernier cri d’angoisse du psautier, presque pour nous rappeler que la croix accompagne l’homme, et même l’homme Jésus, pendant toute la vie.

 

USAGE :        Dans les moments de solitude et d’abandon

TEXTE : Mt 27, 46

 

 

PSAUME 142 (HÉBR. 143) : DERNIÈRE LAMENTATION

 

Israël. Du fond de sa détresse, un orant exprime le désir d’être entendu et d’obtenir une réponse; et i1 affirme que si le Seigneur l’exi­geait de ceux qui l’implorent, un compte rigoureux de leur con­duite, jamais personne ne serait exaucé, parce que nul n’est jus­te devant Dieu. Pour inciter le Seigneur à passer à l’action, le fidèle oppose les gloires d’hier aux misères d’aujourd’hui. À bout de souffle, il aspire entendre Dieu lui signifier sa tendres­se. Ce n’est pas seulement un oracle de restauration qu’il at­tend, mais des instructions lui permettant de suivre la route divi­ne; car il désire, par-dessus tout, communier pleinement à la volonté divine.

 

Église. Ô Dieu, tu m’as sauvé en ton Fils, je me rappelle la puissan­ce de sa résurrection et la promesse réalisée de m’envoyer la puissance de sa résurrection et la promesse réalisée de m’en­voyer l’Esprit qui poursuit son œuvre en moi et achève ta ré­demption. Je compte sur ta miséricorde, Seigneur, pour soute­nir ma cause et donner réponse à mes appels quand je suis en lutte avec des ennemis qui en veulent à ma vie. Pour moi, ô Christ, tu es le Chemin, la Vérité et la Vie; ta Parole est l’expression de la volonté divine. Apprends-moi le chemin de vie.

 

            Nazareth. Apprends-moi à faire ta volonté, car tu es mon Dieu” (v. 10). A Nazareth Jésus grandissait en âge, en sagesse et en grâce. Ce psaume nous apprend une prière confiante et pleine de sagesse : en elle on demande non seulement d’être libéré des ennemis, mais de connaître le chemin à parcourir pour faire la volonté de Dieu. Et de Nazareth le reste du chemin sera indiqué avec les Béatitudes, le Notre Père, la louange, le remerciement, la foi en Celui qui est et reste mon Dieu.”

 

USAGE :        Célébration pénitentielle

TEXTE : Ga 2, 16

 

 

PSAUME 143 (HÉBR. 144) : ISRAËL EST BÉNI DANS SON ROI

 

Israël. Le fidèle se remémore, dans l’action de grâces, ce que Dieu a déjà fait pour lui. Monte ensuite sa prière; il demande au Sei­gneur d’agir pour avoir une nouvelle raison de le louer. Assuré du secours divin, il évoque alors le tableau des bénédictions at­tendues.

 

Église. David et ses successeurs jouaient un rôle important dans la prière d’Israël. Médiateurs naturels entre Dieu et son peuple, ils apparaissaient comme le canal des dons divins. Ce qui pour nous est le cas du Christ-Jésus. Il ne manque toutefois pas de chrétiens pour oublier que rien de ce que prodigue le Père ne passe par une autre voie que le Fils : « En sa main, le Père a tout remis » (Jn 3, 35). Ce n’est que par Lui et en Lui que nous avons la vie : si avec Lui nous sommes morts, avec Lui nous vivrons. Si nous tenons ferme, nous régnerons avec Lui (2 Tm 2, 12).

 

            Nazareth. Ce que Dieu a fait à David, et David à son peuple, est vraiment grand, et éveille la confiance. Mais la question de fond reste celle-ci : “ Qu’est-ce que l’homme, pour que tu le connaisses, Seigneur ?.” Nazareth donne la réponse : Dieu a tant aimé l’homme qu’Il lui a envoyé son Fils. Pour celui-ci, à Nazareth les sentiments de ce psaume seront radicalement transformés, parce que Dieu est miséricordieux avec tous. Alors, chaque jour, nous chanterons un chant nouveau. La merveille qui nous dépasse consiste à nous avoir envoyé son Fils comme notre rédempteur et comme notre frère, capable de convertir le cœur de l’homme.

 

USAGE :        Pour la prospérité de la nation ou pour la paix de l’Église

TEXTE : Αρ 5, 9-10

 

 


 

PSAUME 144 (HÉBR. 145) : MON DIEU ET MON ROI

 

Israël. Le fidèle s’invite lui-même à bénir le Seigneur. Sa voix se mêle à celle du monde ambiant qui, par la suite, aura seul la parole. L’action de grâce d’Israël est expansive par nature; elle s’étend de l’individu aux fidèles de la communauté d’Israël, et d’Israël, à l’univers entier. La grandeur insondable de Dieu. La puissan­ce de ses prodiges impressionne Israël autant que l’interpel­lent la gratuité et la fidélité de Dieu. L’orant se sent dépassé quand il considère ce qu’est le Seigneur pour lui, et c’est ce qui crée l’enthousiasme de tout le monde élu lorsqu’il chante son Dieu. Israël prend conscience que le Règne de Dieu est déjà où est le Seigneur, et les premiers que comble Dieu, ce sont ceux qui épousent sa volonté.

 

Église. Ô Dieu, je veux chanter ton nom, je n’aurai jamais assez de mots ni assez de temps pour libérer la joie qui dilate mon cœur quand je songe à ce que tu es pour moi. C’est un débordement éperdu de chants, d’actions de grâce, que je voudrais faire mon­ter chaque jour, et sans fin. Père, tu t’es révélé à moi dans ton Fils; par Lui, j’éprouve ton action toute-puissante et ta miséri­corde, et je désire ce jour où je pourrai sans me lasser, te louer éternellement. Ta fidélité de Père a, dans son Fils, ouvert la voie à cette entrée dans le lieu de louange éternelle; garde-moi dans cette volonté de devenir de plus en plus, dans le Christ, en conformité amoureuse à tes désirs, ô Père.

 

            Nazareth. Hymne de louange à la tendresse de l’amour de Dieu : “La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres.” (v. 9). C’est Nazareth le lieu où s’est révélée la gloire incommensurable de son amour comme patience, miséricorde, grâce, intimité. Là il a voulu se faire proche de ceux qui l’invoquent d’un cœur sincère : Marie qui a cru et Joseph le juste. Là, dans le Fils, l’humanité est renouvelée radicalement par la miséricorde, la grâce et la tendresse de l’amour. Là l’homme-fils s’adresse non seulement à un Père plein de tendresse envers les hommes, mais envers toutes les créatures qui remplissent l’univers.

 

USAGE :       Prière du matin

Chant de reconnaissance pour toutes circonstances

Célébration du Nom de Dieu

Christ-Roi

TEXTE : Αρ 15, 3-4 TEXTE : Αρ 15, 3-4

CHANT : Alpec 1 Psaume 144 et 2 Psaume 144

 

 

PSAUME 145 (HÉBR. 146) : CONFIANCE AU ROI DE SION

 

Israël. Israël vit dans l’espérance d’un règne éternel du Seigneur à Sion. Dans cette perspective, le fidèle dénonce les grands de ce monde, incapables de sauver; il exhorte, en revanche, à faire confiance au Dieu de l’Alliance : car celui-ci, créateur de l’uni­vers, demeure la seule source efficace de bénédiction, et le seul promoteur d’une justice où s’achève son œuvre.

 

Église. Israël fut progressivement amené à sentir que le Règne pro­mis commençait, au moins partiellement, à se réaliser dans le temps. De ce fait, il était déjà sur le chemin des certitudes néo­testamentaires. En effet, si le chrétien cherche du regard, au-delà de l’horizon, le Royaume où il espère prendre pied, c’est tout au long de son itinéraire terrestre qu’il a conscience, tant qu’il ne s’exclut pas de l’Alliance, d’être déjà une parcelle vivante au Royaume :

« Sachez-le : c’est parmi vous qu’il est, le Royaume de Dieu » (Lc 17, 21).

 

            Nazareth. Le Seigneur aime les justes. A Nazareth nous avons par excellence les “justes aimés par Dieu.” A Nazareth grandit la certitude qu’il vaut mieux faire confiance à Dieu qu’aux hommes. Seulement Dieu peut sauver réellement et Jésus en sera le témoin fidèle. Jésus sera le Dieu qui apportera la justice aux opprimés, donnera du pain aux affamés, libérera les prisonniers, donnera la vue aux aveugles, protégera les faibles. Les mêmes actions de grâce nous les appliquons aussi à Marie et à Joseph.

 

USAGE :        Christ-Roi

TEXTE : Jn 18, 36

 

 

PSAUMES 146-147 (HÉBR. 147 A & 147 B) : HYMNE D’ISRAËL AU DIEU QUI REΒAΤΙΤ SION

 

Israël. Ι1 est bon de chanter le Seigneur, le Dieu de l’Alliance, qui bâtit. Ι1 est bon de chanter le Seigneur, le Dieu de l’Alliance, qui bâtit Jérusalem et regroupe les exilés en inaugurant son œuvre de pardon. Dieu restaure son peuple en maître absolu. Et après avoir rebâti Sion, il assure à la terre des pluies fécondantes, étendant sa sollicitude aux animaux sauvages eux-mêmes. Puisque c’est Dieu qui choisit son peuple, il agit avec celui-ci selon la confiance qu’on lui témoigne. C’est Lui, le Maître qui fait descendre les bénédictions sur Jérusalem, qui procure aux siens la paix. Et la Parole divine, issue de la bouche du Dieu Très-Haut, agit en Sion; en même temps qu’elle est génératrice de vie, elle est source d’exigences, revêtant la forme de juge­ments et de décrets.

 

Église. Le Verbe, envoyé par le Père, pour créer et recréer, a habité parmi nous et « nous avons vu sa gloire » (cf. Jn 1, 14), et « tout a été créé par Lui et pour Lui » (Co ! 1, 16). Quelle joie pour le chrétien d’être, non seulement créature de Dieu, mais privilégié du Père qui s’est révélé en son Fils ! : « dès avant la création du monde, Dieu nous a élus, déterminant d’avance que nous se­rions pour Lui des fils adoptifs par Jésus-Christ » (Ep 1, 3-5). Quelle grandeur ! être appelé à poursuivre l’œuvre commencée par le Père !

 

            Nazareth.  Il envoie sa parole sur la terre…” (vv. 15.18.19). Cela semble être le motif de louange à Dieu, qui unit l’Ancien et le Nouveau Testament. La différence est cependant celle-ci : Jérusalem remercie pour la Parole qui se fait écriture peu à peu, tandis que dans le Nouveau Testament on rend grâce parce que la Parole est Jésus, le Verbe incarné. À Jérusalem, ils voient grandir la Parole écrite; à Nazareth, Marie et Joseph voient grandir la Parole vivante, qui est Jésus.

 

USAGE :        Chapitre général

Reconstruction d’une cellule d’Église : dans l’attente de la Jérusalem Nouvelle

Fête du Saint-Sacrement

TEXTE : Αp 21, 1-7

 

 

PSAUME 148 : LE MONDE INVITE À LOUER LE SEIGNEUR AVEC ISRAËL

 

Israël. Israël invite l’univers à louer son Dieu et toutes les créatures viennent partager son enthousiasme. Les cieux préludent à ce chant, la terre se joint à eux, puis les hommes. Cet hymne du monde annonce et prépare celui de Sion, qui dresse victorieuse­ment son front (sa corne) au-dessus de l’édifice, le sort des élus achevant et récapitulant l’aventure du cosmos.

 

Église. L’univers « attend en gémissant » que notre état « d’enfant de Dieu » soit glorieusement manifesté aux yeux de tous. Il pourra alors s’associer à l’hymne jailli non plus de nos lèvres, mais de tout notre être, pour dire avec nous en vérité :

Que ton nom soit sanctifié !

 

            Nazareth. Tout est motif à donner gloire à Dieu. A Nazareth Jésus, Marie et Joseph se seront souvent unis au chœur du peuple pour chanter cet hymne. Mais à Nazareth on est en train de préparer un moment d’extase, que Jésus résumera ainsi : Je te remercie, Père, parce que ces choses tu les as révélés aux petits comme Marie et Joseph et à ceux qui les ressemblent. Seulement les purs de cœur percevront que le Nom du Seigneur est vraiment sublime.

 

USAGE :        Prière dans la nature

TEXTE : Rm 16, 25-27

CHANT : Fiche Z 148-12 Z 148-19 Z 166- 8

 

 

PSAUME 149 : CHANT D’ISRAËL TRIOMPHANT À SON ROI

 

Israël. La poursuite du dessein divin s’inscrit dans un événement nou­veau. Un Israël rajeuni et plus vigoureux apparaît. Seuls des chants aux accents bien neufs conviennent maintenant. Pécheur humilié, Israël a retrouvé le sourire de la Face de Dieu; pauvre, il est devenu puissant, et c’est bien aujourd’hui qu’il a le droit d’exulter. Israël ne connaissait que la joie d’être le Peuple pour qui le Seigneur accomplissait ses prodiges; il est devenu le com­battant de Dieu, il participe à l’action divine. La splendeur toute royale des fidèles éclate dans l’exercice de la vengeance divine : tout s’humilie devant Israël et devant Dieu qui est la force d’Israël. Du jugement, le peuple est devenu lui-même l’agent et le ministre. Armé de la puissance de Dieu, revêtu de l’éclat pro­mis aux élus, Israël partage la Gloire divine.

 

Église. Armé de la puissance de l’Esprit du Christ ressuscité, le chrétien mène le combat contre des adversaires nombreux. Mais il a raison de glorifier Dieu qui soutient sa faiblesse : « Je puis tout en Celui qui me rend fort » (Ph 4, 13). S’appuyant sur la certitude d’une victoire, le disciple du Christ ne s’en enor­gueillit pas; et sa grande joie, c’est cette participation au triom­phe du Dieu, maître du ciel et de la terre.

 

            Nazareth. Alléluia ! Chantez au Seigneur un chant nouveau…  il donne aux humbles l’éclat de la victoire.” A Nazareth, cet hymne universel se fait “chant nouveau” pour un Dieu plein de tendresse et de miséricorde. C’est l’hymne qu’on chantera à la suite de l’agneau immolé. Les armes qui les ont porté à la gloire sont la louange Dieu et le fait d’exécuter sa volonté.

 

USAGE :        Prière dans l’action

Célébration du Nom du Seigneur

TEXTE : Αρ 2, 25-29

 

 

PSAUME 150 : DOXOLOGIE FINALE

 

Israël. La louange d’Israël monte du sanctuaire et retentit jusque dans les cieux pour célébrer les prouesses et la grandeur de son Dieu. C’est ce que n’ont cessé de chanter tous les psaumes tant à pro­pos de l’œuvre cosmique que de l’œuvre historique du Sei­gneur. Le peuple est là tout entier, avec ses prêtres qui sonnent du cor, ses lévites qui jouent de la lyre, ses femmes qui dansent au son du tambourin, les ménestriers et flûtistes de ses réjouis­sances populaires, dans le retentissant vacarme des hourras du public assemblé. Les louanges d’Israël à son Dieu entraînent avec elles celles de tout l’univers : « Que loue le Seigneur tout ce qui respire ! »

 

Église. « Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des canti­ques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. En tout temps et à tout propos, rendez grâce à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ ». (Ερ 5, le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ ». (Ερ 5, 19-20) .

 

            Nazareth. Jésus, Marie et Joseph avec tout le peuple de l’Ancien et du Nouveau Testament participent à cet hymne de louange, où chacun fait résonner un instrument par sa participation à la liturgie universelle. Mais nous pouvons du cœur de Marie et de Joseph intérioriser cet orchestre pour le Seigneur qui habite l’humble maison de Nazareth et continue à se faire présent dans l’humilité de nos tabernacles. Et ainsi continuer à chanter avec un cœur et une voix joyeux notre « alléluia », toujours et partout, parce que le Seigneur de Nazareth continue à se faire présent parmi nous.

 

USAGE :        Prière de conclusion

TEXTE : Ερ 5, 19-20

CHANT : Fiche Ζ 150-19

 

 

 

 

 


TABLE THÉMATIQUE POUR L’UTILISATION DES PSAUMES

 

Action de grâce ou Psaumes de Remerciement, : 23.30.57.65.66.92.103.105.111.116.118. 124.126.138.145.

Affrontement, choc, conflit : 3

Apôtre : 52

Attente : 147

Anniversaire : 29.34.40.44.67.81.92.105.139.

Bénédiction : 24.128

Célébrations communautaires : 2.29.95.106.116.133.

Chapitre : 29.48.50.66.95.105.106.147.

Communion : 23.34.84.100.

Célébrations Pénitentielles : 6.13.15.25.26.32.38.39.41.51.65. 78.79.90.99.103.106.130.143.

Contemplation : 61

Conversion : 29

Critique ou calomnie : 7.14.64.

Décisions à prendre : 1.12.25.31.101.127.143

Détresse (= angoisse, danger, misère, etc. : 56.59.70.

Dirigeants : 12.20.100.

Discernement spirituel : 1. 51.

ÉGLISE : 18.46.55.60.74.76.79.80.83.93.147.

Engagement : 1.16.19.25.33.34.45.50.57.73.78.79.81. 89.95.111.112.123.139.

FÊTE religieuse, paroissial, dédicace d’une église : 24.67.81.84.87.96.111.118.133.

Joie : 92

Fidélité : 100.105.112.

Confiance : 25.27.54.62.86.91.146.

Impuissance : 36

Impasse : 4

Injustice : 7.9.10.17.22.35.58.75.82.94.109.

Intrigue : 11.12.

Éloge : 21.63.92.117.148.149.

Luttes sociales : 11

Malades : 6.27.65.69.84.86.88.102.

Se mettre à la présence de Dieu : 61.91.95.96.100.104.105.119.

Mort/mourants/funérailles : 13.27.31.74.77.

Paix : 37.55.85.140.144.

Pèlerinage : 48.120.121.122.125.

Persécutions : 2.14.35.42.43.44.64.109.129.130.131.

Pauvres, prisonniers, exilés, réfugiés : 42.43.68.72.107.137.148.

Prière : 3

Prière – OFFICE DU MATIN : 5.57.61.63.90.92.108.145

Prière – OFFICE DU SOIR : 3.4.71.91.120.121.131.134.

Preuve : 129.137.

Responsabilité : 12.101.

Retraite (exercices spirituels) : 1.61.63.138.139.

Sécheresse, aridité spirituelle : 13.73.137.

Triomphe : 18.21.44.76.

Trouble : 49.120.140

Troisième âge (jubilé) : 40.63.71.81.84.91.127.

Voyage : 20.91.110.120.121.125.

Visite à un complexe ou à une œuvre importante, : 8.93.

À l’air libre : 148.


TABLE LITURGIQUE D’UTILISATION DES PSAUMES :

 

 

Avent : 80

Noël : 2.85

Épiphanie : 72.96.97.98.

Carême : 51.91.

Passion : 22.35.69.

Vendredi Saint : 23.42.43.114.136

PÂQUES : 2.113.114.115.116.118.

Ascension : 21.24.47.68.110

PENTECÔTE : 29.50.68.96.97.98.

Corpus Domini (Fête Dieu) et célébrations du NOM du Seigneur : 84.86.135.138.145.149.

Christ Roi : 18.24.66.68.72.75.89.91.93.97.99.104.110.132.145.146.

Sainte Vierge : 45.46.

Apôtres : 52.

Psaumes d’entrée : 100.122.

Célébrations pénitentielles : 6.13.15.25.26.32.38.39.41.51. 65.78.79.90.103.106.130.143.

Parole (célébration de la) : 12.56.

Offertoire : 5

Notre Père : 131.

COMMUNION : 23.34.84.100.

Bénédiction et rite d’envoi : 128.134.

Vêpres : 123.124.125.126.127.128.

Messe en plein air (célébration dans la nature) : 8.65.104.148.

BAPTÊME :16.23.36.50.91.99.114.

Profession de foi : l6.62

Mariage / Profession religieuse : 45.50.78.84.89.111.112. 116.127.128.

Fête des mamans : 113.128.

Sacrement des malades : 27

Funérailles : 13.27.31.74.77.

 


TITRE DES PSAUMES

 

(Bible de Jérusalem)

 

Hébr. Vulg. Titres donnés par la Bible de Jérusalem
1 1 Les deux voies
2 2 Le drame messianique
3 3 Invocation matinale du juste persécuté
4 4 Prière du soir
5 5 Prière du matin
6 6 Imploration dans l’épreuve
7 7 Prière du juste persécuté
8 8 Puissance du nom divin
9-10 9 Dieu abaisse les impies et il sauve les humbles
11 10 Confiance du juste
12 11 Contre le monde mensonger
13 12 Invocation confiante
14 13 L’homme sans Dieu
15 14 L’hôte du Seigneur
16 15 Le Seigneur, ma partie d’héritage
17 16 Invocation de l’innocent
18 17 Te Deum royal
19 18 Le Seigneur soleil de justice
20 19 Prière pour le roi
21 20 Rite de couronnement
22 21 Souffrances et espoirs du juste
23 22 Le bon pasteur
24 23 Liturgie d’entrée dans le sanctuaire
25 24 Prière dans le danger
26 25 Prière de l’innocent
27 26 Avec Dieu aucune crainte
28 27 Supplication et remerciement
29 28 Hymne au Seigneur dans l’orage
30 29 Remerciement après un danger mortel
31 30 Prière dans l’épreuve
32 31 L’aveu libre du péché
33 32 Hymne à la Providence
34 33 Éloge à la justice divine
35 34 Prière d’un juste persécuté
36 35 Malice du pécheur et bonté de Dieu
37 36 Le sort du juste et de l’impie
38 37 Prière dans l’angoisse
39 38 L’homme est néant devant Dieu
40 39 Remerciement, Invocation d’aide
41 40 Prière du malade délaissé
42-43 41-42 Plainte du lévite exilé
44 43 Plainte nationale
45 44 Epithalame royal
46 45 Dieu est avec nous
47 46 Le Seigneur roi d’Israël et du monde
48 47 Sion, la montagne de Dieu
49 48 Les richesses ne sont rien
50 49 Pour le culte en esprit
51 50 Miserere
52 51 Condamnation du cynique
53 52 L’homme sans Dieu
54 53 Invocation au Dieu qui rend justice
55 54 Prière du calomnié
56 55 Le fidèle ne succombera pas
57 56 Au milieu des “lions”
58 57 Le juge des juges terrestres
59 58 Contre les impies
60 59 Prière nationale après la défaite
61 60 Prière d’un exilé
62 61 Dieu seule espoir
63 62 Le désir de Dieu
64 63 Punition des calomniateurs
65 64 Hymne de remerciement
66 65 Remerciement public
67 66 Prière collective après la récolte annuelle
68 67 L’épopée glorieuse de l’Israël
69 68 Plainte
70 69 Cri d’angoisse
71 70 Prière d’une personne âgé
72 71 Le roi promis
73 72 La justice finale
74 73 Plainte après le pillage du temple
75 74 Jugement total et universel
76 75 Chant au Dieu terrible
77 76 Méditation sur le passé de l’Israël
78 77 Les leçons de l’histoire de l’Israël
79 78 Plainte nationale
80 79 Prière pour la renaissance de l’Israël
81 80 Pour la fête des cabanes
82 81 Contre les princes païens
83 82 Contre les ennemis de l’Israël
84 83 Chant de pèlerinage
85 84 Prière pour la paix et la justice
86 85 Prière dans l’épreuve
87 86 Sion, mère des peuples
88 87 Prière du fond de l’angoisse
89 88 Hymne et prière au Dieu fidèle
90 89 Fragilité de l’homme
91 90 Sous les ailes divines
92 91 Cantique du juste
93 92 Le Dieu majestueux
94 93 Le Dieu juste
95 94 Invitatoire
96 95 Le Seigneur roi et juge
97 96 Le Seigneur triomphe
98 97 Le juge de la terre
99 98 Dieu, roi juste et saint
100 99 Invitation à la louange
101 100 Le miroir des princes
102 101 Prière dans le malheur
103 102 Dieu est amour
104 103 Les splendeurs de la création
105 104 L’histoire merveilleuse d’Israël
106 105 Aveu national
107 106 Dieu sauve l’homme de tout danger
108 107 Hymne du matin et prière nationale
109 108 Psaume imprécatoire
110 109 Le sacerdoce du messie
111 110 Éloge des œuvres divines
112 111 Éloge du juste
113 112 Au Dieu glorieux et miséricordieux
114 113A Hymne pascal
115 113B L’unique vrai Dieu
116 114-115 Remerciement
117 116 Invitation à la louange
118 117 Liturgie pour la fête des cabanes
119 118 Éloge de la loi divine
120 119 Les ennemis de la paix
121 120 Le gardien d’Israël
122 121 Salutation à Jérusalem
123 122 Prière du malheureux
124 123 Le sauveur d’Israël
125 124 Dieu protège les siens
126 125 Chant du retour
127 126 L’abandon à la Providence
128 127 Bénédiction sur le fidèle
129 128 Contre les ennemis de Sion
130 129 De profundis
131 130 L’esprit de l’enfance
132 131 Pour l’anniversaire du déplacement de l’arche
133 132 La vie fraternelle
134 133 Pour la fête de nuit
135 134 Hymne de louange
136 135 Grande litanie de remerciement
137 136 Chant de l’exilé
138 137 Hymne de remerciement
139 138 Hommage à qui sait tout
140 139 Contre les méchants
141 140 Contre l’attrait du mal
142 141 Prière d’un persécuté
143 142 Supplication humble
144 143 Hymne pour la guerre et la victoire
145 144 Louange au Seigneur roi
146 145 Hymne au Dieu qui secourt
147 146-147 Hymne au Tout-Puissant
148 148 Louange cosmique
149 149 Chant triomphal
150 150 Doxologie finale

 

 


Les Psaumes se divisent en 5 livres.

 

 

 

1er livre 1 – 41
2e livre 42 – 72
3e livre 73 – 89
4e livre 90 – 106
5e livre 107 – 150

 

On peut retrouver “quelques collections” de psaumes plus spécifiques :

PSAUMES COLLECTIONS :
3 – 41 Première collection davidique
51 – 71 Deuxième collection davidique
138 – 145 Troisième collection davidique
42 – 49 Collection lévitique de Coré
50.73 – 83 Collection lévitique d’Asaph
84 – 89 Collection lévitique
93 – 99 Récolte “royale”- Dieu-roi
105-107.

111-118.

135-136

146-150

Alléluia
122-134 Collection des “ascensions” (à Jérusalem)

 

 

 

 

PRIÈRE DU MATIN ET DU SOIR

LES QUATRE SEMAINES DU PSAUTIER

 

Première Semaine

PRIÈRE DU MATIN
Psaume Cantique Psaume Lectures
Dimanche 63 (62), 2-9 Dn 3, 57-58.56 149 Ap 7,10.12
Lundi 5, 2-10.12-13 1 Chr 29, 10-13 29 (28) 2 Th 3, 10-13
Mardi 24 (23) Tb 13, 1-5.7-8 33 (32) Rm 13, 11.12-13
Mercredi 36 (35) Jdt 16, 2-3.13-15 47 (46) Tb 4, 16-17.19-20
Jeudi 57 (56) Jr31, 10-14 48 (47) Is 66, 1-2
Vendredi 51 (50) Is 45, 15-26 100 (99) Ep 4, 29-32
Samedi 119 (118) Ex 15,1-4.8-13.17-18 117 (116) 2P 1, 10-11
 

PRIÈRE DU SOIR

Psaume Psaume Cantique Lectures
Dimanche 110(109)1-5.7 114, 113 à, 1-8 Ap 19, 2.5-7 2 Cor 1,3-4
Lundi 11 (10) 15 (14) Ep 1, 3-10 Col 1,9-11
Mardi 20 (19) 21 (20), 2-8.14 Ap 4, 11; 5,9.10.12 1 Jn 3, 1.2
Mercredi 27 (26) 27 (26) Col 1,12-20 Jc 1, 22.25
Jeudi 30 (29) 32 (31) Ap11,17-18;12,10-12 1 P 1, 6-9
Vendredi 41 (40) 46 (45) Ap 15, 3-4 Rom 15, 1-3
Samedi 119 (118) 16 (15) Ph 2, 6-11 Col 1, 3-6

 

Deuxième semaine

PRIÈRE DU MATIN
Psaume Cantique Psaume Lectures
Dimanche 118 (117) Dn 3, 52-57 150 Ez 36, 25-27
Lundi 42 (41) Sir 36,1-7.13-16 19 (18) Jr15, 16
Mardi 43 (42) Is 38,10-14.17-20 65 (64) 1 Th 5, 4-5
Mercredi 77 (76) 1 Sam 2,1-10 97 (96) Rom 8, 35-37
Jeudi 80 (79) Is 12,1-6 81 (80) Rom 14, 17-19
Vendredi 51 (50) Abc 3,2-4.13.15-19 147, 12-20 Ep 2, 13-16
Samedi 92 (91) Dt 32, 1-12 8 Rom 12, 14-16
PRIÈRE DU SOIR
Psaume Psaume Cantique Lectures
Dimanche 110(109),1-5.7 115, 113 B, Ap 19, 1-2.5-71 Pt 2,21-24 2 Th 2, 13-14
Lundi 45 (44) 45 (44) Ep 1, 3-10 1 Th 2, 13
Mardi 49 (48) 49 (48) Ap 4, 11; 5, 9-10.12 Rom 3, 23-25
Mercredi 62 (61) 67 (66) Col 1, 12-20 1 P 5, 57
Jeudi 72 (71) 72 (71) Ap 11, 17-18; 12, 10-12 1 P 1, 22-23
Vendredi 116 (114-115), 1-9 121 (120) Ap 15, 3-4 1 Cor 2, 7-10
Samedi 113 (112) 116 (114-115), 10-19 Ph 2, 6-11 He 13, 20-21

 

Troisième semaine

PRIÈRE DU MATIN
Psaume Cantique Psaume Lectures
Dimanche 93 (92) Dn 3, 57-58.56 148 Ez 37, 12-14
Lundi 84 (83) Is 2, 2-5 96 (95) Jc 2, 12-13
Mardi 85 (84) Is 26, 1-4.7-9.12 67 (66) 1 Jn 4, 14-15
Mercredi 86 (85) Is 33, 13-16 98 (97) Jb 1, 21; 2, 10
Jeudi 87 (86) Is 40, 10-17 99 (98) 1 P 4, 10-11
Vendredi 51 (50) Jr14, 17-21 100 (99) 2 Cor 12, 9-10
Samedi 119 (118), 145-152 Ap 9, 1-6.9-11 117 (116) Ph 2, 14-15
PRIÈRE DU SOIR
Psaume Psaume Cantique Lectures
Dimanche 110 (109),1-5.7 111 (110) Ap 19, 1-2.5-7

1 P 2, 21-24

1 P 1, 3-5
Lundi 123 (122) 124 (123) Ep 1, 3-10 Jc 4, 11-12
Mardi 125 (124) 131 (130) Ap 4, 11; 5, 9.10.12 Rom 12, 9-12
Mercredi 126 (125) 127 (126) Avec le 1, 12-20 Ep 3, 20-21
Jeudi 132 (131) 132 (131) Ap 11, 17-18; 12, 10-12 1 P 3, 8-9
Vendredi 135 (134) 135 (134) Ap 15, 3-4 Jc 1, 2-4
Samedi 122 (121) 130 (129) Ph 2, 6-11 2 P 1, 19-20

 

Quatrième semaine

PRIÈRE DU MATIN
Psaume Cantique Psaume Lectures
Dimanche 118 (117) Dn 3, 52-57 150 2Tm 2, 8.11-13
Lundi 90 (89) Is 42, 10-16 135, 134) :1-12 Jdt 8, 21-23
Mardi 101 (100) Dn 3, 26-27.29.34-41 144 (143), 1-10 Is 55, 1
Mercredi 108(107) Is 61, 10-62, 5 146 (145) Dt 4, 39-40
Jeudi 143 (142), 1-11 Is 66, 10-14 147, 1-11 Rom 8, 18-21
Vendredi 51 (50) Tb 13, 8-11.13-15 147, 12-20 Gal 2, 19-20
Samedi 92 (91) Ez 36, 24-28 8 2P 3, 13-14
 

PRIÈRE DU SOIR

Psaume Psaume Cantique Lectures
Dimanche 110 (109), 1-5.7 112 (111) Ap 19, 1-2.5-7

1P 2, 21-24

He 12, 22-24
Lundi 136 (135) 136 (135) Ep 1, 3-10 1Tss 3, 12-13
Mardi 137 (136), 1-6 138 (137) Ap 4, 11 :5, 9.10.12 Col 3, 16
Mercredi 139 (138), 1-18 139 (138), 23-24 Col 1, 12-20 1 Jn 2, 3-6
Jeudi 144 (143) 144 (143) Ap 11, 13-18; 12, 10-12 Col 1, 23
Vendredi 145 (144) 145 (144) Ap 15, 3-4 Rom 8, 1-2
Samedi 141 (140), 1-9 142 (141) Ph 3, 6-11 Rom 11, 33.36