La prière contemplative dans la spiritualité Sa-Fa

1) Se défaire d’un préjugé

Il y a des personnes qui pensent que la prière contemplative est réservée à des personnes très cultivées spirituellement ou qui ont déjà parcouru un long chemin dans la vie chrétienne. Mais il n’en est pas ainsi, la prière contemplative est pour tous, elle n’est pas plus difficile que la méditation ou la prière qui consiste à dire des expressions déjà formulées par d’autres.

En réalité, un moment contemplatif est nécessairement inclus dans toute prière; un bon exemple à cela est la prière liturgique avec ses moments de silence.

Sous toutes ses formes, la prière, si elle est authentique, comprend des temps d’écoute, des temps de pause admirative, des temps d’accueil de l’action de Dieu en nous. Il n’y a pas de dialogue sans réciprocité et sans alternance.

2) Qu’est-ce que la contemplation ?

Devant un paysage splendide, au milieu d’une fête dans laquelle nous sommes en profonde communion ou devant une situation complètement inattendue, nous avons tous vécu parfois une expérience qui nous saisit et qui dépasse notre capacité de réflexion et d’assimilation rationnelle, une expérience qui nous porte d’une façon ou d’une autre au-delà de nous-mêmes. L’esprit humain possède une capacité innée d’admiration, d’intuition, d’extase. C’est ce que vivent souvent les enfants ou les artistes : ils ont un regard simple et fasciné par l’inconnu ou par la beauté.

Sur cette base si humaine prend pied la prière contemplative.

La prière contemplative nous introduit dans le mystère de Dieu, laissant l’admiration et l’amour nous envahir devant sa bonté, sa beauté et l’énergie de son action créatrice. La prière contemplative consiste à laisser la sphère intellectuelle ou discursive pour passer à d’autres zones plus profondes de nous-mêmes, comme l’émotivité, l’affectivité, le sens de la transcendance, l’amour, le désir de bonheur ou de don total.

La prière contemplative chrétienne est une perception de Dieu qui se révèle en Jésus-Christ comme Père, et qui grâce à l’action du Saint-Esprit nous transforme et nous appelle près de lui avec tous les hommes nos frères.

3) Un chemin concret pour la pratique

Les indications les plus communes que nous pouvons rappeler ici sont celles-ci :

* Ambiance. Choisir le temps et le lieu les mieux adaptés pour chacun ou pour le groupe; de la fidélité à ce choix dépendent beaucoup d’autres aspects.

* Le corps. Dédier un premier moment à se mettre dans une posture confortable et relaxée; on peut faire quelque exercice qui facilitent la relaxation, ainsi que la respiration à un rythme uniforme. Il est important le recueillement des sens.

* L’esprit. Fixer l’attention avec calme sur une image ou sur une expression de l’Évangile (l’évangile du jour, par exemple) ou un autre texte bref. Prêter attention à la sensation ou à l’émotion que l’image ou le texte suscite en nous ; on peut la reprendre plusieurs fois dans notre intérieur, ou y revenir en cas de distraction.

* Le passage à la contemplation. Laisser le regard intérieur, attentif et silencieux, gagner en espace et en importance. Dans une réciproque attention, commence ainsi un dialogue dans lequel nous ne sommes plus désormais ceux qui tenons les rênes, mais nous nous laissons porter. Nous savons que c’est le Saint-Esprit celui qui nous porte à dire “Père” et à nous savoir fils dans le Fils. C’est pourquoi nous devons commencer toujours la prière par l’invocation au Saint-Esprit, puisque c’est lui qui nous guide vers un amour qui culmine dans le cercle de la Trinité, la famille divine dans laquelle nous sommes avec tous et avec tout.

4) Nos modèles d’inspiration

* L’attitude de Marie et de Joseph devant Jésus pendant les longues années de la vie à Nazareth.

* La nostalgie contemplative de Frère Gabriel qui appelait Tamié “la porte du ciel.”

* Notre tradition spirituelle, qui commence avec le Fondateur, et qui nous invite à « aller sous le toit de Nazareth », à contempler le tableau officiel de l’Institut et à y entrer.

5) En partant de la vie et pour la vie

La contemplation n’interrompt pas le flux de la vie et de l’activité ; elle est profondément insérée dans la vie. Elle n’annule pas non plus la lutte pour la vie, avec ses préoccupations et ses inquiétudes, au contraire, elle donne une plus grande force pour assumer les propres responsabilités, dans la famille, dans la communauté, etc. Elle offre une perception plus claire et plus sereine pour agir en profondeur, selon les propres possibilités, et elle stimule l’espérance d’arriver à une harmonie dans laquelle tout s’intégrera un jour.

Frère Teodoro Berzal

Belley, janvier 2014

 

 

 

 

 

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