“Les Circoli Minori ont, enfin, conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux.”
C’est la conclusion de la synthèse non officielle du travail des Circoli minori ce 16 octobre 2014.
Voici les documents qui permettent d’alimenter la réflexion entre Eglise et Famille.

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SALA STAMPA DELLA SANTA SEDESynod14 – Onzième Congrégation générale: « Relatio post disceptationem »
du Rapporteur Général, le Cardinal Péter Erdö , 13.10.2014
[Traduction non officielle]

 Introduction

I Partie

L’écoute: le contexte et les défis concernant la famille

Le contexte socioculturel
L’importance de la vie affective
Les défis pastoraux

 II Partie

Le regard sur le Christ: l’Évangile de la famille

Le regard sur Jésus et la gradualité dans l’histoire du salut
La famille dans le dessein salvifique de Dieu
Le discernement des valeurs présentes dans les familles blessées
et dans les situations irrégulières
Vérité et beauté de la famille et miséricorde

 III Partie

La discussion: les perspectives pastorales

Annoncer l’Évangile de la famille aujourd’hui, dans les différents contextes
Guider les futurs époux sur le chemin de la préparation au mariage
Accompagner les premières années de vie conjugale
Les aspects positifs dans les unions civiles et les concubinages
Soigner les familles blessées (séparés, divorcés non remariés,
divorcés remariés)
 Accueillir les personnes homosexuelles
La transmission de la vie et le défi de la dénatalité
Le défi de l’éducation et le rôle de la famille dans l’évangélisation

Conclusion

* * *

Introduction

        1.        Lors de la veillée de prière célébrée sur la Place Saint-Pierre, samedi 4 octobre 2014, en préparation au Synode sur la famille, le Pape François a évoqué de manière simple et concrète la centralité de l’expérience familiale dans la vie de tous, en s’exprimant ainsi: « Le soir descend désormais sur notre assemblée. C’est l’heure où l’on rentre volontiers chez soi pour se retrouver à la même table, entouré par la présence des liens d’affection, du bien accompli et reçu, des rencontres qui réchauffent le cœur et le font croître, comme un bon vin qui anticipe au cours de l’existence de l’homme la fête sans crépuscule. C’est aussi l’heure la plus douloureuse pour celui qui se retrouve en tête à tête avec sa propre solitude, dans le crépuscule amer de rêves et de projets brisés : combien de personnes traînent-elles leurs journées sur la voie sans issue de la résignation, de l’abandon, voire de la rancœur ; dans combien de maisons est venu à manquer le vin de la joie et donc la saveur — la sagesse même — de la vie […] Ce soir, nous nous faisons la voix des uns et des autres à travers notre prière, une prière pour tous ».

        2.        Lieu intime de joies et d’épreuves, d’affections profondes et de relations parfois blessées, la famille est véritablement « école d’humanité » (« Familia schola quaedam uberioris humanitatis est »: Concile Vatican II, Constitution sur l’Église dans le monde contemporain Gaudium et Spes, n°52), dont le besoin est fortement perçu. Malgré les nombreux signaux de crise de l’institution familiale dans les différents contextes du « village global », le désir de famille demeure vif, en particulier parmi les jeunes et motive le besoin que l’Église annonce sans relâche et au travers d’un partage profond cet « Évangile de la famille » qui lui a été confié au travers de la révélation de Dieu en Jésus Christ.

       3.        Sur la réalité de la famille, décisive et précieuse, l’Évêque de Rome a appelé à réfléchir le Synode des Évêques en son Assemblée générale extraordinaire d’octobre 2014, pour approfondir ensuite la réflexion lors de l’Assemblée générale ordinaire qui se tiendra en octobre 2015, tout comme au cours de l’ensemble de l’année qui s’écoulera entre les deux événements synodaux. « Le fait de convenire in unum autour de l’Évêque de Rome est déjà un événement de grâce, dans lequel la collégialité épiscopale se manifeste sur un chemin de discernement spirituel et pastoral » : c’est ainsi que le Pape François a décrit l’expérience synodale, en indiquant les devoirs liés à la double écoute des signes de Dieu et de l’histoire des hommes et à la fidélité, double et unique, qui en découle.

        4.          À la lumière de ce même discours, nous avons recueilli les résultats de nos réflexions et de nos dialogues au sein des trois parties suivantes : L’écoute, pour regarder la réalité de la famille aujourd’hui, dans la complexité de ses lumières et de ses ombres ; le regard fixé sur le Christ pour repenser, avec fraîcheur renouvelée et  enthousiasme ce que la révélation transmise dans la foi de l’Église, nous dit sur la beauté et la dignité de la famille ; la confrontation à la lumière du Seigneur Jésus pour discerner les voies grâce auxquelles renouveler l’Église et la société dans leur engagement en faveur de la famille.

Première Partie

L’écoute: le contexte et les défis concernant la famille

Le contexte socioculturel

        5.        Le changement anthropologique et culturel influence aujourd’hui tous les aspects de la vie et requiert une approche analytique et diversifiée, capable de percevoir les formes positives de la liberté individuelle. Il faut également prendre en compte le danger croissant représenté par un individualisme exacerbé qui dénature les liens familiaux et finit par considérer chaque composant de la famille comme une île, faisant prévaloir, dans certains cas, l’idée d’un sujet qui se construit selon ses propres désirs considérés comme un absolu.

        6.        La plus grande épreuve pour les familles de notre temps est souvent la solitude, qui détruit et provoque une sensation générale d’impuissance vis-à-vis de la réalité socio-économique qui, souvent, finit par les écraser. Il en est ainsi de la croissante précarité du travail, qui est parfois vécue comme un véritable cauchemar, ou d’une fiscalité trop lourde qui n’encourage certainement pas les jeunes à se marier.

        7.        Il existe des contextes culturels et religieux qui lancent des défis particuliers. Dans les sociétés africaines, existe encore la pratique de la polygamie et, dans certains contextes traditionnels, la coutume du « mariage par étapes ». Dans d’autres contextes, se maintient la pratique des mariages combinés. Dans les pays où la religion catholique est minoritaire, nombreux sont les mariages mixtes, avec toutes les difficultés qu’ils comportent en ce qui concerne la configuration juridique, l’éducation des enfants et le respect réciproque du point de vue de la liberté religieuse mais aussi avec les grandes potentialités de rencontre dans la diversité de la foi que ces histoires de vie familiale présentent. Dans de nombreux contextes, et pas seulement occidentaux, se diffuse actuellement largement la pratique de la cohabitation qui précède le mariage ou encore de cohabitations non orientées à prendre la forme d’un lien institutionnel.

        8.        Nombreux sont les enfants qui naissent en dehors du mariage, en particulier dans certains pays et nombreux sont ceux qui grandissent ensuite avec un seul de leurs parents ou dans un contexte familial élargi ou reconstitué. Le nombre des divorces est croissant et le cas de choix déterminés seulement par des facteurs d’ordre économique n’est pas rare. La condition de la femme a encore besoin d’être défendue et promue parce que de nombreuses situations de violence s’enregistrent à l’intérieur des familles. Les enfants font souvent l’objet de luttes entre leurs parents et ils constituent les véritables victimes des lacérations familiales. Les sociétés traversées par la violence à cause de la guerre, du terrorisme ou de la présence de la criminalité organisée connaissent également des situations familiales détériorées. Les migrations représentent en outre un autre signe des temps qu’il faut affronter et comprendre avec toute sa charge de conséquences sur la vie familiale.

L’importance de la vie affective

        9.        Face à ce cadre social, on rencontre chez les individus un plus grand besoin de prendre soin de leur propre personne, de se connaître intérieurement, de vivre mieux en syntonie avec leurs émotions et leurs sentiments, de chercher une relation de qualité dans la vie affective. De même, on peut rencontrer un désir diffus de famille, qui s’accompagne de la recherche de soi-même. Mais comment cultiver et soutenir cette tension au soin de soi-même et ce désir de famille ? Il y a là un grand défi également pour l’Église. Le danger de l’individualisme et le risque de vivre de manière égoïste sont importants.

     10.        Le monde actuel semble valoriser une affectivité sans limite, dont tous les versants doivent être explorés, même les plus complexes. De fait, la question de la fragilité affective est de grande actualité : une affectivité narcissique, instable et changeante qui n’aide pas toujours les sujets à atteindre une plus grande maturité. Dans ce contexte, les couples sont parfois incertains, hésitants et ont du mal à trouver des manières pour grandir. Nombreux sont ceux qui tendent à demeurer aux premiers stades de la vie émotionnelle et sexuelle. La crise du couple déstabilise la famille et peut arriver, au travers des séparations et des divorces, à produire des conséquences sérieuses sur les adultes, les enfants et la société, affaiblissant l’individu et les liens sociaux. Le déclin de la population ne détermine pas seulement une situation dans laquelle le remplacement des générations n’est plus assuré mais risque de conduire, avec le temps, à un appauvrissement économique et à une perte d’espérance dans l’avenir.

Les défis pastoraux

     11.        Dans ce contexte, l’Église perçoit le besoin de dire une parole d’espérance et de sens. Il faut partir de la conviction que l’homme vient de Dieu et que, donc, une réflexion capable de proposer à nouveau les grandes questions sur la signification d’être hommes peut trouver un terrain fertile dans les attente les plus profondes e l’humanité. Les grandes valeurs du mariage et de la famille chrétienne correspondent à la recherche qui traverse l’existence humaine, y compris à une époque marquée par l’individualisme et par l’hédonisme. Il faut accueillir les personnes avec leur existence concrète, savoir soutenir leur recherche, encourager le désir de Dieu et la volonté de se sentir pleinement partie intégrante de l’Église même de ceux qui ont fait l’expérience de l’échec ou se trouvent dans les situations les plus disparates. Ceci exige que la doctrine de la foi, que l’on doit faire connaître toujours davantage dans ses contenus fondamentaux, soit proposée avec la miséricorde.

II Partie

Le regard sur le Christ: l’Évangile de la famille

Le regard sur Jésus et la gradualité dans l’histoire du salut

     12.        Afin de « contrôler notre allure sur le terrain des défis contemporains, la condition décisive est de garder le regard fixé sur Jésus Christ, de s’arrêter dans la contemplation et dans l’adoration de sa face […]. En effet, chaque fois que nous revenons à la source de l’expérience chrétienne, de nouvelles routes et des possibilités impensables s’ouvrent. (Pape François, Discours du 4 octobre 2014). Jésus a regardé les femmes et les hommes qu’Il a rencontré avec amour et tendresse, accompagnant leurs pas avec patience et miséricorde dans l’annonce des exigences du Royaume de Dieu.

     13.        Du moment que l’ordre de la Création est déterminé par l’orientation au Christ, il faut distinguer sans les séparer les différents degrés au travers desquels Dieu communique à l’humanité la grâce de l’alliance. En raison de la loi de la gradualité (cf. Familiaris Consortio, 34), propre à la pédagogie divine, il s’agit de lire en termes de continuité et de nouveauté l’alliance nuptiale, dans l’ordre de la Création et dans celui de la Rédemption.

    14.        Jésus Lui-même, en se référant au dessein premier sur le couple humain, réaffirme l’union indissoluble entre l’homme et la femme, tout en comprenant que « en raison de votre dureté de cœur (que) Moise vous a permis de répudier vos femmes ;mais dès l’origine, il n’en fut pas ainsi » (Mt 19,8). De cette manière, Il montre combien la condescendance divine accompagne toujours le chemin de l’homme, l’orientant vers son principe, non sans passer par la croix.

La famille dans le dessein salvifique de Dieu

     15.        Puisque, par l’engagement de l’accueil réciproque et par la grâce du Christ, les fiancés se promettent fidélité et ouverture à la vie, ils reconnaissent comme éléments constitutifs du mariage les dons que Dieu leur offre, prenant sérieusement leur mutuel engagement en son nom et face à l’Église. Or, dans la foi, il est possible de prendre les biens du mariage comme des engagements plus soutenables au travers de l’aide de la grâce du sacrement. Dieu consacre l’amour des époux et en confirme l’indissolubilité, en leur offrant l’aide pour vivre la fidélité et pour s’ouvrir à la vie. Le regard de l’Église ne se tourne donc pas seulement vers le couple mais vers la famille.

     16.        Nous pouvons distinguer trois étapes fondamentales dans le dessein divin concernant la famille : la famille des origines, lorsque Dieu créateur institua le mariage primordial entre Adam et Éve, comme fondement solide de la famille : homme et femme Il les créa (cf. Gn 1, 24-31 ; 2, 4b) ; la famille historique blessée par le péché (cf. Gn 3) et la famille rachetée par le Christ (cf. Ep 5, 21-32), à l’image de la Sainte Trinité, mystère dont découle tout amour véritable. L’alliance conjugale, inaugurée avec la Création et révélée dans l’histoire entre Dieu et Israël, arrive à sa plénitude avec le Christ dans l’Église.

Le discernement des valeurs présentes dans les familles blessées et dans les situations irrégulières

     17.        Vu le principe de gradualité du plan salvifique divin, on se demande quelles possibilités sont données aux époux qui vivent l’échec de leur mariage ou comment il est possible de leur offrir l’aide du Christ au travers du ministère de l’Église. À ce propos, une clef herméneutique significative provient de l’enseignement du Concile Vatican II, qui, s’il affirme que « l’unique Église du Christ subsiste dans l’Église catholique », reconnaît également que « bien (que) des éléments nombreux de sanctification et de vérité se trouvent hors de sa sphère, éléments qui, appartenant proprement par le don de Dieu à l’Église du Christ, portent par eux-mêmes à l’unité catholique » (Lumen Gentium, 8).

     18.        Dans cette perspective, doivent tout d’abord être réaffirmées la valeur et la consistance propre du mariage naturel. Certains se demandent s’il est possible que la plénitude sacramentelle du mariage n’exclut pas la possibilité de reconnaître des éléments positifs également dans les formes imparfaites qui se trouvent en dehors de cette réalité nuptiale mais dans tous les cas ordonnées à celle-ci. La doctrine des degrés de communion, formulée par le Concile Vatican II, confirme la vision d’une manière articulée de participer au Mysterium Ecclesiae de la part des baptisés.

     19.        Dans cette même perspective, que nous pourrons qualifier d’inclusive, le Concile ouvre également l’horizon dans lequel s’apprécient les éléments positifs présents dans les autres religions (cf. Nostra Aetate, 2) et cultures, malgré leurs limites et leurs insuffisances (cf. Redemptoris Missio, 55). Du regard tourné vers la sagesse humaine présente en eux, en effet, l’Église apprend comment la famille est considérée universellement comme forme nécessaire et féconde de coexistence humaine. Dans ce sens, l’ordre de la Création, dans lequel la vision chrétienne de la famille est enracinée, se déploie au niveau historique dans les différentes expressions culturelles et géographiques.

     20.        Un discernement spirituel étant donc nécessaire en ce qui concerne les cohabitations et les mariages civils ainsi que pour ce qui est des divorcés « remariés », il appartient à l’Église de reconnaître ces semina Verbi répandus hors des frontières visibles et sacramentelles. En suivant le vaste regard du Christ, dont la lumière éclaire tout homme (cf. Jn 1, 9 ; cf. Gaudium et Spes, 22), l’Église se tourne avec respect vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète et imparfaite, appréciant plus les valeurs positives qu’ils conservent que leurs limites et leurs manquements.

     Vérité et beauté de la famille et miséricorde

     21.        L’Évangile de la famille, alors qu’il resplendit grâce au témoignage de nombreuses familles qui vivent avec cohérence la fidélité au sacrement, produisant les fruits murs de la sainteté quotidienne authentique, nourrit également ces semina Verbi qui attendent encore de mûrir et doit soigner les arbres qui sont devenus secs et demandent à ne pas être négligés.

     22.        Dans ce sens, une nouvelle dimension de la pastorale familiale actuelle, consiste dans la prise en compte de la réalité des mariages civils et également, en faisant les différences nécessaires, des cohabitations. En effet, lorsque l’union atteint une stabilité notable au travers d’un lien public, est marquée par une affection profonde, par la responsabilité vis-à-vis des enfants, par une capacité à résister dans les épreuves, elle peut être considérée comme un bourgeon à accompagner dans son développement vers le sacrement du mariage. Très souvent, en revanche, la cohabitation ne s’établit pas en vue d’un futur mariage possible mais sans aucune intention d’établir un rapport institutionnel.

     23.        Conforme au regard miséricordieux de Jésus, l’Église doit accompagner avec attention et sollicitude ses enfants les plus fragiles, marqués par un amour blessé et perdu, redonnant confiance et espérance, comme la lumière du phare d’un port ou d’une torche placée au milieu d’un groupe de personnes peut illuminer ceux qui ont perdu la route ou se trouvent au milieu de la tempête.

III Partie

La discussion: les perspectives pastorales

Annoncer l’Évangile de la famille aujourd’hui, dans les différents contextes

 24.         Le dialogue synodal a permis de s’accorder sur les instances pastorales les plus urgentes à confier à la concrétisation des Églises locales, dans la communion cum Petro et sub Petro.

  25.          L’annonce de l’Évangile de la famille constitue une urgence pour la nouvelle évangélisation. L’Église doit la réaliser avec la tendresse d’une mère et la clarté d’une maîtresse (cf. Ep 4,15), dans la fidélité à la kénose miséricordieuse du Christ. La vérité s’incarne dans la fragilité humaine non pas pour la condamner, mais pour la guérir.

  26.          Évangéliser est une responsabilité partagée par le peuple de Dieu tout entier, chacun selon son propre ministère et charisme. Sans le témoignage joyeux des époux et des familles, l’annonce, même si elle est correcte, risque de ne pas être comprise et de se noyer dans le flot de paroles qui caractérise notre société (cf. Novo millennio ineunte, 50). Les Pères synodaux ont à plusieurs reprises souligné que les familles catholiques sont appelées à être elles-mêmes les sujets actifs de toute la pastorale familiale.

  27.          Il est fondamental de mettre en exergue le primat de la grâce, et par conséquent, les possibilités que l’Esprit offre par le sacrement. Il s’agit de faire comprendre par l’expérience que l’Évangile de la famille est une joie qui «remplit le cœur et toute la vie», parce que dans le Christ nous sommes «libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement» (Evangelii gaudium, 1). À la lumière de la parabole du semeur (cf. Mt 13, 3), notre tâche consiste à coopérer aux semailles: le reste est l’œuvre de Dieu. Il ne faut pas oublier que l’Église qui prêche sur la famille est un signe de contradiction.

  28.          C’est pourquoi une conversion missionnaire est requise : il ne faut pas se limiter à une annonce purement théorique et détachée des problèmes réels des personnes. Il ne faut jamais oublier que la crise de la foi a comporté une crise du mariage et de la famille et, par conséquent, la transmission de la foi des parents aux enfants a été souvent interrompue. L’imposition de certaines perspectives culturelles qui affaiblissent la famille et le mariage n’ont pas d’incidence sur une foi solide.

  29.          La conversion doit être avant tout une conversion du langage pour qu’il soit effectivement significatif. L’annonce doit faire connaître par l’expérience que l’Évangile de la famille est la réponse aux attentes les plus profondes de la personne humaine: à sa dignité et à la pleine réalisation dans la réciprocité et dans la communion. Il ne s’agit pas seulement de présenter des règles, mais aussi de proposer des valeurs, en répondant ainsi à un besoin que l’on constate aujourd’hui dans les pays les plus sécularisés.

  30.          L’approfondissement biblico-théologique indispensable doit être accompagné par le dialogue, à tous les niveaux. Beaucoup ont insisté sur une approche plus positive des richesses contenues dans les différentes expériences religieuses, sans passer sous silence les difficultés. Dans les différents contextes culturels, il faut tout d’abord saisir les possibilités, puis, à la lumière de celles-ci, repousser les limites et les radicalisations.

  31.          Le mariage chrétien ne peut pas être considéré uniquement comme une tradition culturelle ou une exigence sociale, il faut que ce soit une décision vocationnelle assumée après une préparation adéquate et un discernement mûr, dans un parcour de foi. Il ne s’agit pas de poser des difficultés ou de compliquer les cycles de formation, mais d’aller en profondeur et ne pas se contenter de rencontres théoriques ou d’orientations générales.

  32.          D’un commun accord, il a été rappelé que, dans la perspective familiale, une conversion de la pratique pastorale dans son ensemble est nécessaire pour dépasser les optiques individualistes qui la caractérisent encore. C’est pourquoi on a insisté à plusieurs reprises sur le renouvellement de la formation des prêtres et des autres agents pastoraux, avec une implication plus grande des familles.

  33.          De même, a été souligné le besoin d’une évangélisation qui dénonce avec franchise les facteurs culturels, sociaux et économiques, par exemple la place excessive donnée à la logique du marché, qui empêchent une vie familiale authentique, entraînant la discrimination, la pauvreté, l’exclusion, la violence. C’est pourquoi il faut développer un dialogue et une coopération avec les structures sociales, et encourager et soutenir les laïcs qui s’engagent dans les domaines culturel et sociopolitique.

Guider les futurs époux sur le chemin de la préparation au mariage

  34.          La réalité sociale complexe et les défis que la famille est appelée à affronter aujourd’hui demandent un engagement plus grand de la communauté chrétienne pour la préparation des futurs époux au mariage. En ce qui concerne ce besoin, les Pères synodaux ont insisté d’un commun accord sur l’exigence d’une implication plus grande de la communauté tout entière, en privilégiant le témoignage des familles, ainsi que l’enracinement de la préparation au mariage dans le chemin d’initiation chrétienne, en soulignant le lien du mariage avec les autres sacrements. On a également mis en évidence le besoin de programmes spécifiques de préparation proche au mariage qui soient une véritable expérience de participation à la vie ecclésiale et qui approfondissent les différents aspects de la vie familiale.

Accompagner les premières années de la vie conjugale

  35.          Les premières années de mariage représentent une période vitale et délicate au cours de laquelle le couple devient plus conscient des défis et du sens du mariage. D’où l’exigence d’un accompagnement pastoral qui dépasse la célébration du sacrement. Dans cette pastorale, la présence de couples ayant de l’expérience s’avère de la plus haute importance. La paroisse est considérée comme le lieu idéal où les couples experts peuvent être à la disposition de ceux plus jeunes. Les couples doivent être encouragés à assumer une attitude fondamentale d’accueil du grand don que représentent les enfants. Il faut souligner l’importance de la spiritualité familiale et de la prière, en encourageant les couples à se réunir régulièrement pour promouvoir la croissance de la vie spirituelle et la solidarité dans les exigences concrètes de la vie. Les liturgies significatives, les pratiques dévotionnelles et les Eucharisties célébrées pour les familles ont été mentionnées comme étant vitales pour favoriser l’évangélisation à travers la famille.

Les aspects positifs dans les unions civiles et les concubinages

  36.          Une nouvelle sensibilité de la pastorale d’aujourd’hui consiste à comprendre la réalité positive des mariages civils et, compte tenu des différences, des concubinages. Il faut que dans la proposition ecclésiale, tout en présentant clairement l’idéal, nous indiquions aussi les éléments constructifs de ces situations qui ne correspondent plus ou pas encore à cet idéal.

  37.          On relève également, dans de nombreux pays, un “nombre croissant de couples qui vivent ensemble ad experimentum, sans aucun mariage, ni canonique ni civil” (Instrumentum Laboris, 81). En Afrique, cela se produit surtout dans le mariage traditionnel, contracté entre familles et souvent célébré par étapes. Face à ces situations, l’Église est appelée à être “toujours la maison ouverte du Père […] où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile” (Evangelii gaudium, 47) et à aller en aide à celui qui éprouve le besoin de reprendre son chemin de foi, même s’il n’est pas possible de célébrer un mariage canonique.

  38.          En Occident, le nombre de ceux qui, après avoir longtemps vécu ensemble, demandent de célébrer le mariage à l’église est aussi en croissance constante. Le simple concubinage est souvent choisi à cause de la mentalité générale, s’opposant aux institutions et aux engagements définitifs, mais aussi dans l’attente d’une sécurité existentielle (un emploi et un salaire fixes). Dans d’autres  pays, les unions de fait sont très nombreuses, non pas par rejet des valeurs chrétiennes relatives à la famille et au mariage, mais surtout du fait que se marier est un luxe ; ainsi la misère matérielle pousse à vivre dans une union de fait. Dans ces unions aussi, on peut voir des valeurs familiales authentiques, ou du moins le désir de celles-ci. Il faut que l’accompagnement pastoral commence toujours par ces aspects positifs.

  39.          Toutes ces situations doivent être affrontées de manière constructive, en essayant de les transformer en opportunité de cheminer vers la plénitude du mariage et de la famille, à la lumière de l’Évangile. Il s’agit de les accueillir et de les accompagner avec patience et délicatesse. À cet effet, le témoignage attrayant de familles chrétiennes authentiques, comme sujets de l’évangélisation de la famille, est important.

Soigner les familles blessées (séparés, divorcés non remariés, divorcés remariés)

  40.          Au cours du Synode, le besoin de choix pastoraux courageux a été clairement ressenti. Confirmant avec force la fidélité à l’Évangile, les Pères synodaux ont perçu l’urgence de chemins pastoraux nouveaux, qui partent de la réalité effective des fragilités familiales, en reconnaissant que, le plus souvent, celles-ci sont “subies” plus que choisies en toute liberté. Il s’agit de situations différentes dues à des facteurs personnels comme culturels et socioéconomiques. Envisager des solutions uniques ou s’inspirant de la logique du “tout ou rien” n’est pas signe de sagesse. Le dialogue et la confrontation vécus au Synode devront se poursuivre dans les Églises locales, avec la participation des différentes composantes, de manière à ce que les perspectives qui se profilent puissent être menées à leur plein mûrissement par le travail de la prochaine Assemblée Générale Ordinaire. L’Esprit qui nous guide, et qui est constamment invoqué, permettra au peuple de Dieu de vivre la fidélité à l’Évangile de la famille comme une prise en charge miséricordieuse de toutes les situations de fragilité.

 41.            Toute famille blessée doit tout d’abord être écoutée avec respect et amour, en devenant son compagnon de route, comme le Christ avec les disciples sur le chemin d’Emmaüs. Pour ces situations, les paroles du Pape François sont particulièrement pertinentes: «L’Église devra initier ses membres – prêtres, personnes consacrées et laïcs – à cet “art de l’accompagnement”, pour que tous apprennent toujours à ôter leurs sandales devant la terre sacrée de l’autre (cf. Ex 3,5). Nous devons donner à notre chemin le rythme salutaire de la proximité, avec un regard respectueux et plein de compassion mais qui en même temps guérit, libère et encourage à mûrir dans la vie chrétienne» (Evangelii gaudium, 169).

 42.            Un tel discernement est indispensable pour les personnes séparées ou divorcées. Il faut notamment respecter la souffrance de ceux qui ont subi injustement la séparation ou le divorce. Pardonner l’injustice subie n’est pas facile, mais c’est un chemin que la grâce rend possible. De même, il faut toujours souligner qu’il est indispensable de prendre en charge, de manière loyale et constructive, les conséquences de la séparation ou du divorce sur les enfants: ils ne peuvent pas devenir un “objet” de dispute, et il faut chercher les meilleurs moyens pour qu’ils puissent surmonter le traumatisme de la scission familiale et grandir le plus possible dans la sérénité.

 43.            Plusieurs Pères ont souligné le besoin de rendre les procédures de reconnaissance des cas de nullité du mariage plus accessibles et allégées. Il a été notamment proposé de pouvoir se passer de l’obligation de la double sentence conforme; ouvrir une voie administrative sous la responsabilité de l’évêque diocésain; entamer un procès sommaire dans les cas de nullité notoire. Selon des propositions éminentes, il faudrait envisager la possibilité de considérer l’importance de la foi des futurs époux pour la validité du sacrement du mariage. Dans tous ces cas, il faut bien souligner qu’il s’agit d’établir la vérité sur la validité du lien.

 44.            Quant aux procès matrimoniaux, outre la préparation d’un nombre suffisant d’agents, clercs et laïcs, qui s’y consacrent prioritairement, la simplification de la procédure, demandée par un grand nombre, exige que l’on augmente la responsabilité de l’évêque diocésain, qui pourrait, dans son diocèse, charger un prêtre, préparé en bonne et due forme, de conseiller gratuitement les parties sur la validité de leur mariage.

 45.            Les personnes divorcées non remariées doivent être invitées à trouver dans l’Eucharistie la nourriture qui les soutient dans leur état. La communauté locale et les pasteurs doivent accompagner ces personnes avec sollicitude, surtout si elles ont des enfants ou vivent dans une situation de pauvreté grave.

 46.            Les situations des personnes divorcées remariées exigent aussi un discernement attentif et un accompagnement empreint de respect, évitant tout langage ou attitude qui les feraient sentir discriminées. Prendre soin de ces personnes ne représente pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage de l’indissolubilité du mariage, au contraire, c’est par ces soins qu’elle exprime sa charité.

 47.            Quant à la possibilité d’accéder aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, certains ont argumenté en faveur de la discipline actuelle en vertu de son fondement théologique, d’autres se sont exprimés en faveur d’une plus grande ouverture à des conditions bien précises, quand il s’agit de situations qui ne peuvent pas être dissoutes sans entraîner de nouvelles injustices et souffrances. Pour certains, il faudrait que l’éventuel accès aux sacrements soit précédé d’un chemin pénitentiel – sous la responsabilité de l’évêque diocésain –, et avec un engagement évident en faveur des enfants. Il s’agirait d’une situation non généralisée, fruit d’un discernement réalisé au cas pas cas, suivant une règle de gradualité, qui tienne compte de la distinction entre état de péché, état de grâce et circonstances atténuantes.

 48.            Suggérer de se limiter uniquement à la “communion spirituelle” pour un nombre non négligeable de Pères synodaux pose des questions: si la communion spirituelle est possible, pourquoi ne pas pouvoir accéder à celle sacramentelle? Un approfondissement théologique a été donc sollicité à partir des liens entre sacrement du mariage et Eucharistie par rapport à l’Église-sacrement. Il faut également approfondir la dimension morale de cette problématique, en écoutant et en éclairant la conscience des époux.

 49.            Les questions relatives aux mariages mixtes ont été souvent citées dans les interventions des Pères synodaux. La diversité de la discipline relative au mariage dans les Églises orthodoxes pose, dans certains contextes, des problèmes graves auxquels il faut donner des réponses adéquates en communion avec le Pape, ce qui est valable aussi pour les mariages interreligieux.

       Accueillir les personnes homosexuelles

 50.            Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne: sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent  rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?

 51.            La question homosexuelle nous appelle à une réflexion sérieuse sur comment élaborer des chemins réalistes de croissance affective et de maturité humaine et évangélique en intégrant la dimension sexuelle: elle se présente donc comme un défi éducatif important. L’Église affirme, par ailleurs, que les unions entre des personnes du même sexe ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme. Il n’est même pas acceptable que l’on veuille exercer des pressions sur l’attitude des pasteurs, ou que des organismes internationaux soumettent les aides financières à la condition d’introduire des lois s’inspirant de l’idéologie du gender.

 52.            Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Église prête une attention spéciales aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang.

       La transmission de la vie et le défi de la dénatalité

 53.            Il n’est pas difficile de constater la diffusion d’une mentalité qui réduit l’engendrement de la vie à une variable des projets individuels ou de couple. Les facteurs d’ordre économique exercent un poids parfois déterminant contribuant à la baisse importante de la natalité qui affaiblit le tissu social, compromet les relations entre les générations et rend plus incertain le regard vers l’avenir. L’ouverture à la vie est une exigence intrinsèque de l’amour conjugal.

 54.            Sans doute faut-il, dans ce domaine aussi, un langage réaliste, qui se base sur l’écoute des personnes et qui sache expliquer que la beauté et la vérité d’une ouverture sans réserve à la vie est ce dont l’amour humain a besoin pour être vécu en plénitude. C’est sur cette base que peut reposer un enseignement sur les méthodes naturelles, permettant aux époux de vivre leur communication de manière harmonieuse et consciente, dans toutes ses dimensions, avec la responsabilité d’engendrer. Dans cette optique, il faut redécouvrir le message de l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI, qui souligne le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de contrôle des naissances.

 55.            Aussi faut-il aider à vivre l’affectivité, même dans le lien conjugal, comme un chemin de maturation, dans un accueil de plus en plus profond de l’autre et en se donnant de manière de plus en plus pleine. En ce sens, il faut insister sur le besoin d’offrir des chemins de formation qui alimentent la vie conjugale, et sur l’importance d’un laïcat qui offre un accompagnement fait de témoignage vivant. L’exemple d’un amour fidèle et profond, fait de tendresse, de respect, capable de croître dans le temps et qui vit, par son ouverture concrète à l’engendrement de la vie, l’expérience d’un mystère qui nous transcende, est sans aucun doute une grande aide.

       Le défi de l’éducation et le rôle de la famille dans l’évangélisation

 56.            Le défi fondamental face auquel se trouvent les familles aujourd’hui est certainement le défi éducatif, rendu plus difficile et complexe par la réalité culturelle d’aujourd’hui. Il faut bien tenir compte des exigences et des attentes de familles capables d’offrir un témoignage dans la vie quotidienne, lieux de croissance, de transmission concrète et essentielle des vertus qui forgent l’existence.

 57.            L’Église peut jouer ce rôle précieux de soutien aux familles, à partir de l’initiation chrétienne, à travers des communautés accueillantes. Aujourd’hui encore plus qu’hier, dans des situations complexes comme dans les situations ordinaires, il lui est demandé de soutenir les parents dans leur tâche éducative, en accompagnant les enfants, les adolescents et les jeunes dans leur croissance, par des parcours personnalisés, pouvant les introduire au sens plein de la vie, et susciter des choix et des responsabilités, vécus à la lumière de l’Évangile.

Conclusion

 58.            Les réflexions proposées, fruit du dialogue synodal qui s’est déroulé en toute liberté et dans un mode d’écoute réciproque, entendent poser des questions et indiquer des perspectives que les Églises locales devront faire mûrir et préciser, par leur réflexion, durant l’année qui nous sépare de l’Assemblée Générale Ordinaire du Synode des évêques, prévue en octobre 2015. Il ne s’agit pas de décisions prises, ni de perspectives faciles. Cependant, le chemin collégial des évêques et la participation du peuple de Dieu tout entier, sous l’action du Saint-Esprit, pourront nous guider vers des voies de vérité et de miséricorde pour tous. Tel est le souhait que le Pape François a exprimé dès le début de nos travaux, en nous invitant au courage de la foi et à l’accueil humble et honnête de la vérité dans la charité.

[03037-01.01] [Testo originale: Italiano] [Traduction non officielle]

Synode 1

Douzième Congrégation générale du Synode : Résumé non official

La douzième Congrégation générale, qui s’est tenue ce matin en présence du Saint-Père, a vu la présentation des rapports des dix Circuli Minores : trois en anglais, deux en espagnol, deux en français, trois en italien. Ces textes proposent une évaluation de la Relatio post disceptationem (RDP), document provisoire de mi-parcours synodal, ainsi que propositions pour la Relatio Synodi (RS), document final définitif.

Bien qu’elle ait été légitime, on a mis en doute l’opportunité de publier la RDP car ce document de travail ne présente pas l’opinion partagée par les pères synodaux. Saluant les efforts déployés comme le contenu de ces textes, les groupes linguistiques ont exposé leurs suggestions.

On a d’abord souligné que la RDP regroupait les préoccupations des familles en crise, sans toucher plus largement au message de l’Évangile de la famille, au fait que la mariage est un sacrement d’union indissoluble entre un homme et une femme, et que de très nombreux couples y croient toujours. C’est pourquoi la RS devra contenir un fort encouragement et soutien de l’Église à l’institution familiale.

Dans ce sens il est essentiel de mieux exposer la doctrine du mariage comme don de Dieu. On a suggéré d’inclure dans la RS des éléments qui ne figurent pas dans la RDP comme l’adoption, pour lesquelles il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le web pour aider la vie de la famille, ainsi qu’une note sur l’importance de politiques en faveur de la famille.

Il convient aussi d’être plus attentifs à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l’exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d’évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu’est la famille chrétienne.

Quant aux situations difficiles, les Circuli ont rappelé que l’Église doit être un espace de compréhension pour tous, de manière à ce que personne ne se sente exclu. Pour éviter toute confusion, des approximations comme des euphémismes, il faut être très clairs sur la loi de gradualité qui ne doit pas devenir gradualité de la loi. Certains se sont dits perplexes du rapprochement fait avec le paragraphe 8 de Lumen Gentium car il risque de faire croire à une volonté de l’Église de légitime les situations familiales irrégulières, même si celles-ci peuvent être un étape vers le sacrement matrimonial. D’autres ont exprimé le vœu d’approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser.

Pour ce qui est de l’accès des divorcés remariés à la communion, on souhaite que la doctrine demeure ce qu’elle est tout en envisageant des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Ceci, à des conditions précises. Il faudrait soumettre la question à une commission interdisciplinaire. Il faudrait également être plus attentifs aux divorcés non remariés, qui sont souvent des témoins héroïques de la fidélité conjugale. Les procédures de reconnaissance de la nullité ou de la validité doivent être accélérées. Et il faut que les enfants soient considérés non comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l’amour conjugal.

On a recommandé une meilleure orientation christocentrique du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l’homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l’Évangile.

Sans qu’on puisse définir mariage l’union homosexuelle, les personnes impliquées doivent être suivis pastoralement et leur dignité respectée. Il ne doit pas être question d’une approbation de l’Église à leur mode de vie. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie.

Les Circuli Minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. La Relatio Synodi sera en tout cas le document préparatoire aux assises synodales d’octobre 2015.

[03043-03.01] [Texte original : Italien – version de travail]

Synod14 – 12ª Congregazione generale: Relazioni dei Circoli minori, 16.10.2014

Relatio – Circulus Gallicus “A”
Moderator: Em.mo Card. Robert SARAH
Relator: S.E. Mons. François-Xavier DUMORTIER, S.J

Je voudrais présenter ce rapport en cinq moments :

– quelques considérations générales;

– à propos de la première partie de la Relatio post Disceptationem;

– à propos de la deuxième partie;

– à propos de la troisième partie;

– quelques réflexions en conclusion.

1. Quelques considérations générales.

Je pense pouvoir dire, au nom de tous ceux et celles qui ont participé à ce Circulus, qu’a été très apprécié le caractère ouvert, simple, fraternel de rencontres vécues dans la simplicité, avec un fort sens de notre responsabilité, et dans la confiance mutuelle. Cela nous a permis un travail intense puisque nous ne nous sommes pas limités à écrire des amendements mais nous avons proposé en plusieurs endroits clés du texte une nouvelle formulation.

Je pense devoir exprimer aussi l’émotion et le désarroi qu’a provoqués la diffusion d’un document que nous considérions comme un simple- bien que très utile – document de travail, donc provisoire. Ce que nous avons vécu, à savoir la dimension contre-productive de cette diffusion, nous semble devoir conduire à évaluer avec soin les causes et les conséquences d’un événement qui, en semant perplexités et questions, n’a pas aidé la réflexion.

Nous avons fait l’expérience de la pluralité et de la diversité des situations ecclésiales. Toutes les Églises locales ne sont pas également ni de la même manière concernées ni touchées par les problèmes soulevés. Davantage conscients de cette réalité, nous souhaitons qu’une certaine autonomie soit laissée aux Églises locales dans la recherche de réponses aux préoccupations pastorales qui sont les leurs.

Enfin, nous avons constaté dans nos travaux l’importance d’une réelle vigilance et rigueur dans l’emploi des mots que nous utilisons- ainsi des termes de couple, de mariage, d’individu ou de personne.

2. A propos de la première partie de la Relatio.

Il nous a semblé important de considérer les lumières et les ombres des réalités conjugales et familiales dans le contexte de nos sociétés et du monde actuel en épousant le regard du Christ sur les hommes : les défis à affronter et à vivre peuvent alors se vivre, selon la tradition de l’Église, avec une attitude d’accueil, de compréhension et de compassion. Cela nous a conduits à insister, au -delà de la pauvreté, sur la misère déshumanisante qui est une des causes majeures de la précarisation et de la destruction des familles, sur les “périphéries de misère qui entourent beaucoup de grandes métropoles…les situations de violence et de guerre et leurs conséquences”. Nous avons aussi désiré affirmer que la vie affective se développe, se structure et se réalise de façon privilégiée dans le cadre de la vie familiale. A cet égard, nous avons pensé important de mettre en évidence les éléments positifs des situations familiales, les valeurs, les générosités dont nous sommes témoins, ce qui construit au lieu de détruire … c’est à dire tout ce qui stimule l’Église dans son devoir d’exprimer une parole de vérité et d’espérance pour nos contemporains et d’interpeller certaines organisations internationales sur la manière de lier leur aide à l’acceptation de leur propre conception de l’homme, du mariage et de la société.

3. A propos de la deuxième partie de la Relatio.

L’examen de ce texte a soulevé des questions qui nous ont conduits à choisir une réécriture de cette partie et à la proposer comme telle, si cela peut aider è l’élaboration d’un prochain texte sur le chemin de réflexion où l’Église est engagée. Notre texte est résolument christocentrique : il met au centre le Christ, sa personne et sa parole, l’appartenance au Christ et l’expérience personnelle du Christ dénonçant la dureté de cœur et incarnant la pédagogie divine de patience et de miséricorde jusque dans sa passion, sa mort et sa résurrection. C’est en effet sur l’attachement au Christ et l’appartenance au Christ depuis le baptême que se fonde le sacrement du mariage.

Constater les échecs de l’amour et les unions imparfaites qui se multiplient appelle une attention pastorale qui sache respecter ces personnes, encourager les efforts de repentance et offrir l’appui fraternel de la communauté chrétienne à laquelle elles appartiennent. Un tel constat ne doit pas faire oublier les familles qui vivent avec cohérence et fidélité le mariage chrétien et rendent ce témoignage au travers de leurs joies mais aussi en dépit d’épreuves comme la pauvreté, le chômage, la maladie, le deuil, la stérilité et les difficultés dans l’éducation des enfants.

4. A propos de la troisième partie de la Relatio.

Sur le rapport entre les divorcés remariés et les sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie, notre texte dit qu’il importe de “ne pas changer la doctrine de l’Église sur l’indissolubilité du mariage et la non-admission des divorcés remariés aux sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie mais d’appliquer cette doctrine constante de l’Église aux situations diverses et douloureuses de notre époque avec un regard renouvelé de compassion et de miséricorde sur les personnes”. Nous pensons comme une priorité que soient facilités l’examen des mariages douteux et l’accélération des procédures pour les déclarations de nullité matrimoniale. Il importe aussi d’avoir un langage qui soit positif et propositif et de considérer de manière distincte des personnes qui vivent des situations différentes.

Concernant l’accueil des personnes homosexuelles, il nous semble clair que l’Église, à l’image du Christ Bon Pasteur (Jn 10,11-18), a toujours voulu accueillir les personnes qui frappent à sa porte, porte ouverte à tous, qui sont à accueillir avec respect, compassion et dans la reconnaissance de la dignité de chacun. Accompagner pastoralement une personne ne signifie valider ni une forme de sexualité ni une forme de vie.

5. Quelques réflexions en conclusion

Le mariage et la famille sont véritablement au cœur d’enjeux cruciaux aujourd’hui: l’auto-compréhension de l’homme d’aujourd’hui et les enjeux anthropologiques actuels- l’analyse des causes socio-économiques de la fragilisation de la famille- la réflexion sur le lien entre mariage, famille et société- l’approfondissement biblique et théologique de ce que nous avons réfléchi trop rapidement…L’important travail mené jusqu’ici nous semble requérir maintenant qu’une réflexion approfondie – notamment anthropologique et théologique- soit entreprise et menée de la manière la plus appropriée avant le Synode de l’année prochaine. Nous ne pensons pas qu’une commission ad hoc conviendrait; nous pensons important que les questions soient abordées dans toute leur ampleur et que les diverses conférences épiscopales soient impliquées dans cette réflexion.

[03042-03.01] [Texte original : Français]

 

Relatio – Circulus Gallicus “B”
Moderator: Em.mo Card. Christoph SCHÖNBORN, O.P.
Relator: S.E. Mons.
André LÉONARD

Notre travail s’est déroulé dans un beau climat de franchise et d’écoute mutuelle. Tous ont apprécié cette « palabre » universelle où les voix de l’Europe, de l’Asie et du Moyen Orient, de l’Afrique et de l’Amérique du Nord ont résonné en des timbres fort diversifiés, mais de manière généralement symphonique. Les constats et les enjeux ont pu être clarifiés grâce aux expériences si diverses au sein d’un même groupe linguistique.

Nous avons salué avec gratitude la présence des laïcs, hommes et femmes – des couples principalement – qui nous ont touchés et édifiés par leur « témoignage » vécu, parfois plus performant que nos « élucubrations » théologiques, indispensables, elles aussi, pourtant.

Dans nos tout premiers échanges, en réaction aux innombrables interventions des Pères synodaux, notre attention s’est d’abord portée sur deux enjeux principaux :

1. Comment unir doctrine et discipline, approche dogmatique et proximité pastorale ? Comment conjoindre l’amour de la vérité et la charité pastorale d’une manière qui ne choquera ni le fils cadet ni le fils aîné de la célèbre parabole rapportée par Luc ?

2. Comment prendre en compte la grande variété des situations pastorales à travers le monde et en renvoyer éventuellement le traitement aux Conférences épiscopales nationales, régionales ou continentales, en vertu du principe de subsidiarité, tout en respectant la catholicité et donc l’universalité de l’Église, d’autant plus que beaucoup de problématiques essentielles sont liées, en même temps, aux traits fondamentaux de la nature humaine ?

Tout en regrettant globalement un style touffu, filandreux, excessivement verbeux et donc, assez généralement, ennuyeux – style encore aggravé par la traduction dans une autre langue – nous avons surtout réagi en produisant des modi substantiels sur des points essentiels qui sont les suivants :

1. Faute de majorité absolue (9 pour, 5 contre, 4 abstentions), a été écarté le recours au concept de « gradualité », à l’analogie œcuménique développée par Lumen gentium (§ 8 : « subsistit in ») et à l’expression patristique « semences du Verbe », chaque fois que ces expressions risquaient, à tort, d’être comprises comme la légitimation a priori de situations de vie irrégulières, voire peccamineuses, même si nous reconnaissons que, a posteriori, plusieurs de ces situations peuvent être un chemin ou une étape vers une situation meilleure.

2. Quant à la possibilité d’accéder aux sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie, certains Pères ont argumenté, dans une perspective à la fois doctrinale et pastorale, en faveur de la discipline actuelle en vertu de son fondement doctrinal, constamment confirmé par le Magistère de l’Église. D’autres Pères, inspirés par le même souci doctrinal et pastoral proposent au Magistère de l’Église d’adopter une autre discipline, mais à des conditions bien précises (Cf. n.47 de la Relatio Post Disceptationem).

3. Nous avons demandé que la pratique de la « communion spirituelle », recommandée traditionnellement à ceux qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas communier « sacramentellement », soit étudiée et évaluée en ses fondements théologiques et, si elle est accréditée par cet examen, soit promue et mieux diffusée parmi les fidèles.

4. Nous avons souligné avec force que, même si elle ne peut légitimer toutes les situations de vie, la miséricorde du Seigneur et de son Église rejoint, par contre, chacun dans sa situation de vie afin de nous conduire tous sur un chemin de vérité, de conversion et de paix.

5. Nous avons redit notre respect et notre accueil aux personnes homosexuelles et avons dénoncé les discriminations injustes et parfois violentes qu’elles ont subies et subissent encore parfois, y compris dans l’Église, hélas ! Mais cela ne signifie pas que l’Église doive légitimer les pratiques homosexuelles et encore moins reconnaître, comme le font certains États, un soi-disant « mariage » homosexuel. Au contraire, nous dénonçons toutes les manœuvres de certaines organisations internationales visant à imposer, par voie de chantage financier, aux pays pauvres des législations instituant un soi-disant « mariage » homosexuel.

6. Enfin, nous avons voulu présenter de manière positive et actualiser pour aujourd’hui l’inspiration prophétique qui a animé le bienheureux Paul VI quand, dans son encyclique Humanae vitae, il a célébré la beauté du lien si profond qui unit, dans la vie conjugale l’union à la fois spirituelle et charnelle des époux et l’ouverture au don de la vie.

[03042-03.02] [Texte original : Français]

 

Relatio – Circulus Anglicus “A”
Moderator: Em.mo Card. Raymond Leo BURKE
Relator: S.E. Mons. John Atcherley DEW

I present this report of behalf of the English speaking group Anglicus “A”. The group has suggested a number of amendments to the RELATIO POST DISCEPTATIONEM, some are major amendments and others quite small, nevertheless they have significant meaning attached to them. In proposing amendments we have shifted the focus from particular situations described in the Relatio to the people involved in the situations, concentrating on the goodness to be found in them.

We believed that there needed to be a new introduction to the Relatio. Our proposed Introduction is placed within the context of the great gift of the Sacrament of Matrimony and the grace of God freely given through the sacraments. It also provides a theological anthropological foundation, which we believe is needed in order to address serious issues spoken on in the Synod. We have addressed these issues within the context of Scripture and the remarkably rich Magisterium of the Church. We want the final Synod document to speak of human life, marriage and family life, as we know it to be revealed to us by God through reason and faith, both aided by the grace of God. The Relatio Synodi must proclaim the truth of the Gospel, the truth of human life and sexuality as revealed by Christ. The Word of Christ illuminates our knowledge of human nature and the intrinsic sexuality of man and woman through the natural law.

We agreed that this is to be a pastoral document, as has been expressed as the wish of the Synod, a document which speaks to people about the often critical issues which confront families today. Those issues cannot be separated from Church teaching found in the treasury of her documentation. We are aware that the final Relatio Synodi will be discussed and debated over the next year; therefore as we proposed amendments we indicated appropriate references to the Sacred Scriptures and Magisterial documents

We referred to the methodology used as appearing to be based on the SEE, JUDGE, ACT principles, but in this case it was LISTEN, JUDGE, ACT.

LISTEN and observe what others are saying and what the situation is regarding marriage and family life in the world today.

JUDGE according to what we have been gifted with through the Deposit of Faith.

ACT through our pastoral accompanying of all God’s people entrusted to our care.

W e have attempted to show in our amendments that the “Listening” or “seeing” must always be through the lens of the Gospel. Our Proposals have stressed God’s love and our pastoral love and care for individuals, while at the same time honestly recognizing and acknowledging sinful situations, and searching for ways to invite conversion of heart.

In our amendments we see suggest a return to the SEE, Judge, Act formula.

We know that the final Synod document gives us a wonderful opportunity to influence the prevailing culture and for the Church to present the way of Jesus Christ who is “The Way, the Truth and the Life” (John 14). Our amendments have tried to show that living as disciples of Jesus Christ, with all the challenges that brings is the life that leads to true joy and human happiness.

For example, where the Relatio appeared to be suggesting that sex outside of marriage may be permissible, or that cohabitation may be permissible, we have attempted to show why such lifestyles do not lead to human fulfillment. At the same time, we want to acknowledge that there are seeds of truth and goodness found in the persons involved, and through dedicated pastoral care these can be appreciated and developed. We believe that if we imply that certain life-styles are acceptable, then concerned and worried parents could very easily say “Why are we trying so hard to encourage our sons and daughters to live the Gospel and embrace Church teaching?”

We did not recommend the admission to the sacraments of divorced and re-married people, but we included a very positive and much –needed appreciation of union with Christ through other means.

The group recognizes and favors the concern and compassion the Relatio shows for those who face difficult pastoral situations in their lives. However our amendments suggest that we express these carefully so as not to create confusion in the minds and hearts of our people.

We had serious questions about the presentation of the principle of GRADUALITY. We wished to show in our amendments that we are not speaking of the GRADUALITY of DOCTRINE of faith and morals, but rather the gradual moral growth of the individual in his or her actions.

We also believe that in the Relatio Synodi we need to express words of encouragement and support to those who are faithfully living out their marriage vows and bringing up their families according to the teaching of the Church. We are grateful to those married couples who gave their witness in the Synod Hall and thank them sincerely. We also wish to address words of encouragement to grandparents and extended family members who support their families often at great expense to themselves.

There is agreement that the Relatio Synodi needs to be a pastoral document in which we use language which does not hurt people but which encourages them and helps them in their journey to God. It must speak the Truth of the Gospel clearly and directly, using language that cannot be interpreted by some to be condemning them, but rather expressing the Church’s deep interest and care for them.

As the Conclusion of the Relatio Post Disceptationem states the Synodal dialogue took place in freedom and a spirit of reciprocal listening. It has certainly raised questions that will have to be seriously considered and clarified by reflection in the Particular Churches of the world over the next year. Our prayer too is that all God’s people under the guidance of the Holy Spirit will find roads of truth and mercy for all. We thank Pope Francis for the invitation to us to live the courage of faith and the humble and honest welcome of the truth in charity.

[03042-02.01] [Original text: English]

 

Relatio – Circulus Anglicus “B”
Moderator: Em.mo Card. Wilfrid Fox NAPIER, O.F.M.
Relator: S.E. Mons. Diarmuid MARTIN

Of the Synodal Fathers members of the group: five were from Africa, seven from Asia, one each from Oceania, the United States of America and Europe. The uditores and a fraternal delegate contributed significantly to the reflection of the group.

In the first place, the group strongly felt that the Relatio ended up placing too much emphasis on the problems facing the family and did not stress sufficiently the need to provide an enthusiastic message which would encourage and inspire hope for those Christian families who despite many challenges and even failures – strive every day to live out faithfully and joyfully their mission and vocation within the Church and society.

The group proposed to add at the beginning of the Report — as was done in the Instrumentum Laboris – some paragraphs clearly stressing how the Word of God, and the beauty of the Gospel of Marriage, must be central to the entire focus of the Final Report of the Synod.

The group asked me to record explicitly its concern about some of the conclusions drawn in the Relatio, about its methodology, its complicated language (compounded by poor translation) and of the effects of its publication before it had been reviewed by the Synodal Fathers. Despite these difficulties the Group enthusiastically and profitably took up the discussion of the Relatio.

The task of the extraordinary Synod was to draw up a picture of the family and of the challenges facing the pastoral activity of the Church in today’s complex and diverse world. Inevitably this meant that it would focus on problems and on some of the principal challenges which are of particular concern in the Church today.

However, the Report of the Synod should go beyond a mere focus on the problems and the pathology of marriage and the family. The group felt that it could well draw on the testimonies – and the language – of the lay men and women who addressed the Synod.

Many in the group felt that a young person reading the Relatio would if anything become even less enthusiastic about undertaking the challenging vocation of Christian matrimony. The Synod Report – and the Message – should direct itself towards young people, to help them understand and be attracted by the Christian vision of marriage and the family, in a world in which they are exposed to many contradictory visions.

It was felt that in the current situation of widespread cultural confusion about marriage and the family and the human suffering that this can bring, there is an urgent need for leadership in today’s world and that such clear leadership can only come from the Church. Such leadership is an urgent part of the Church’s service to contemporary society and a failure to give such witness would be to fail humanity.

Some members of the group stressed the need of pastors to recognize their own failures and their inadequacies in fostering support for families. The Church needs a radical renewal of its style of ministry to families. Marriage accompaniment is a lifelong task not limited to preparation for the wedding. It is a task which belongs within a broad faith itinerary and must encourage and foster family prayer.

The main thrust should be to encourage those who are committed and witness to the Christian ideal and who struggle day by day, with the help of God’s grace to realize that ideal. This is important to stress as we move towards the Ordinary Session of the Synod of 2015 which is about “the vocation and mission of the family”.

The Church must of course also reach out to the realities of those whose lives do not yet fully realize that ideal. The problems should not be allowed to steal the principal narrative, but neither should the narrative end up marginalizing or discouraging those are still struggling.

It is not primarily a question of producing new documents or of simply repeating the Church’s teaching, but of reaching out and finding a language which can help the men and women and especially the young people of our time to open their hearts and minds to the Gospel of the Family, to understand it and to be attracted by it. This new language must dig deeper into the treasury of the faith and tradition of the Church and find ways of listening to the lived experience of faithful couples of their Sacrament of Matrimony.

The Church must teach with clarity, but must also, as one member of the group stressed, “have the courage to knock on forbidden doors”. Very often when we find the courage to knock on forbidden doors what we discover surprises us: what we encounter inside is the loving presence of God which helps us to address the challenges of today, no longer on our terms, but in new ways which might otherwise have been unimaginable. Knocking on forbidden or unaccustomed doors involves risk and courage. Fear and anxiety of what we think are forbidden doors may mean excluding opening ourselves to the God who always surprises.

All of us need the help of the mercy of God. The mercy of God is not just a medicine, much less a consolation prize, for those who fail. None of us can be faithful without experiencing God’s mercy. No one should devalue the place of mercy in the economy of salvation.

Let me briefly present some of the more significant conclusions of the group.

On the subject of the admission of the divorced and remarried to the Eucharist the group stressed two principles flowing directly from God’s Word:

the clear affirmation of the indissolubility of a valid sacramental union, while humbly admitting that we need a more credible way of presenting and witnessing to that teaching;

the strong desire to invite and embrace sincere Catholics who feel alienated from the family of the Church because of irregular situations.

The group recalled the necessity of finding a new vocabulary to preserve the timeless teaching of the Church in a fresh and appealing manner. It recommended the examination of possible paths of repentance and discernment by which, in particular circumstances, a divorced and remarried person might participate in the sacraments; and about providing alternatives, such as a deeper appreciation of the classical wisdom and value of spiritual communion.

It was strongly emphasized that such brothers and sisters remain part of the Church and must be encouraged to remain part of the Church through prayer, attendance at Mass, the practice of virtue, participation in small Christian communities and apostolic service. They must always encounter in the Church the welcoming gaze and embrace of Jesus.

The group expressed concern about an over emphasis on the term “positive elements” when speaking of civil marriage and cohabitation. It preferred language which would address the law of gradualness as a way to enter into a pastoral dialogue with such people and seek to identify elements of their life which might lead them towards a greater openness to the Gospel of Marriage in its fullness. We must identify elements which could become bridges in our efforts of evangelization of the many who do not yet or no longer correspond to the ideal. It was stressed that the law of gradualness always involves a progression and a conversion towards the full ideal.

On the subject of the pastoral care of persons with homosexual tendencies, the group noted that the Church must continue to promote the revealed nature of marriage as always between one man and one woman united in lifelong, life-giving, and faithful communion.

The group encouraged pastors and parishes to care for individuals with same sex attraction, providing for them in the family of the Church, always protecting their dignity as children of God, created in his image. Within the Church, they should find a home where, with everyone else, they hear the call of Jesus to follow Him in fidelity to the truth, to receive His grace to do so, and. His mercy when they fail.

On the question of openness to life, it was noted that in many areas of the world children are seen as a burden rather than a gift of God. The group stressed that children are really the supreme gift of marriage. Hence, while not making the other purposes of matrimony of less account, the true practice of conjugal love will help couples to be ready with generous hearts to cooperate with the love of the Creator who through them will enlarge and enrich His own family day by day.In this light, the group felt that the Church should revisit and give a positive reevaluation of the message of the Encyclical Humanae Vitae for the formation of conscience regarding family planning.

On the subject of polygamy the group tried to define more clearly the specific pastoral challenges in different parts of the world. The primary pastoral challenge concerns new converts who are in a polygamous marriage who were not yet Christians when they entered into a polygamous union. A comprehensive pastoral study is recommended to be undertaken by the Episcopal Conferences of Africa.

The group recommended a new conclusion to the Relatio focusing on our Blessed Mother, who with her spouse St. Joseph, because of her unique role in the Holy Family of Nazareth and at the wedding feast of Cana and continues to play an important role in the Church. Married couples should have recourse to her especially when they face difficult challenges in their lives so that Mary our Mother may be an anchor of hope for all Christian families.

[03042-02.02] [Original text: English]

 

Relatio – Circulus Anglicus “C”
Moderator: S.E. Mons. Joseph Edward KURTZ
Relator: S.E. Mons. Stephen BRISLIN

Anglicus Group C was surprised by the release of the Relatio to the media but nonetheless we were able to complete our work with openness and frankness.

1. Marriage is a gift of God to man, a blessing given by him for the well-being of his creatures, made in his image. From the beginning God ordained that it is not good for man to live alone and so he created for him a helpmate, one equal to him, that they may live in relational complementarity. This gift, this mystery of attraction and love between man and woman, was recognized from earliest times as coming from God. In the New Testament, the relationship between man and woman is deepened and explained even more fully and as mirroring the relationship between Christ and his Body, the Church. Through the centuries, the Church has built on this Biblical teaching in order to teach and assist Christians to live and appreciate marital life as God intended it to be lived and appreciated; she has also strived to protect the meaning and mystery of marriage, safeguarding the treasure of which we are stewards, so that it will not be trivialized or seen as a mere human institution separated from God’s will and his love. The gift of self in marriage, which in some way manifests the self-giving of Jesus Christ to his people, reaches its fullest expression in sexual intercourse, where the couple express their total giving of self to other, emotionally, physically and spiritually, and not as a selfish self-gratification. It is in such self-giving that we become more human and more Christ-like. It is important that the Scriptural foundation for marriage, as well as the teaching found in Tradition, be made clear in the document from its beginning in order to build the framework for the issues to be discussed.

2. We strongly felt that the tone of the entire document should express our confidence in marriage. Reflecting on the pastoral challenges of marriage and family life in itself necessitates considering brokenness, pain and loneliness and a caring response to those in need. The challenges also cause us to reflect on questions being asked about the usefulness of marriage, as well as to consider the attempts to propose different forms of marriage. We should not fall into the trap of thinking, or in some way conveying, that marriage and family are a failure, no longer appropriate to our times. We must not lose sight of the fact that there are many marriages that – despite the ups and downs of life – do radiate harmony and love, where children are raised in a safe environment, are nurtured and educated in virtue and the values taught to us by Christ, and where the family is truly a domestic Church. We must acknowledge that the faithful are committed to marriage and that many families give hope, are an inspiration and example to others, especially younger couples.

3. For this reason, the document should also give encouragement to those committed to their marriages and families. They must not lose hope. The Church needs them, indeed the world needs them. Their efforts are appreciated and the Church is committed to giving them support and pastoral care. They are witnesses to married life as a vocation to holiness; of themselves, they proclaim that fruitful, life-long commitment in marriage is attainable, and this must be stated clearly. They are witnesses to the love of Christ for his people – they give concrete expression to his self-giving love. They have an essential role to play in evangelization, the spread of the Gospel, especially at a time when the Church wishes to make new efforts, using new methods and with renewed energy, to evangelize the world and to enter into dialogue with the world. Their families are truly missionary, faithful to the command given to us by Christ, to go to the world.

4. Thus, it is important that the document does not, in any way, weaken the hope that such marriages express, or weaken the commitment that the members have for each other. We rightly wish to welcome, without judgement or condemnation, those who, for some reason, are not yet able to express life-long commitment in a marriage between a man and a woman. We wish also to give them encouragement, to help them recognize their own goodness, and to care for them as Christ cares for his sheep. We wish them to know that they are loved by God and rejected neither by him nor the Church. In expressing such sentiments we may inadvertently convey the impression that marriage is not important, or that it is an ideal that only a few select people can achieve. It is possible that some may even have the impression that all unions are equal. For this reason, we felt it necessary to carefully define the meaning of the law of gradualness, which should not be understood as gradualness of the law. Gradualness should not make insipid the challenge of the Gospel to conversion, to “go and sin no more”, as Jesus said to the woman caught in adultery. The aim of recognizing gradualness should be to draw people closer to Christ. Truth and mercy are not mutually exclusive terms, and in proclaiming truth we also proclaim the most profound mercy – that of reconciliation and unity with God; on the other hand, it is in mercy that we find truth.

5. Bearing this in mind, the document must be a positive expression of the Church’s love for all people, the love which knows no bounds and which welcomes sinners and those who are made to be on the fringes of society. We understand that for many their situation in life may not be a free choice, that economic circumstances limit many people in that which can be achieved, that the prevailing culture itself can limit free choice. In dealing with the detail of each section of the document, and closely examining the wording, we were conscious that we may well be losing sight of the necessity for the document to express the welcome, acceptance and the love for those in difficult and painful circumstances, those who are searching for truth and for those longing for the comfort of Christ’s healing.

6. The task presented to us during the synod has made it clear that proper pastoral care of the married and for those in other relationships, demands well-formed priests, who are properly trained in issues of marriage and family life, and who have the pastoral heart to care and welcome those who seek Christ. Acknowledgement should be given to those lay organizations and associations that are committed to strengthening marriage and who make themselves available to couples who are experiencing pain and difficulty, giving them support and encouragement. They have an increasingly important role to play. Furthermore, acknowledgement and encouragement must also be given to those movements which specifically give witness to marriage and family as part of their charism.

7. We are grateful for the openness that has prevailed throughout this Extraordinary Synod. This has enabled us to listen to the insights and experiences of many people which has helped present a balanced and comprehensive appreciation of the vibrancy of family life and also of various concerns. Especially beneficial were the insights from different cultures which has enriched and deepened our knowledge – this has only been possible as a result, not only of the freedom to express ourselves, but also the willingness to listen by all participants.

[03042-02.03] [Original text: English]

Relatio – Circulus Italicus “A”
Moderator: Em.mo Card. Fernando FILONI
Relator: S.E Mons. Edoardo MENICHELLI

I Padri sinodali del Circolo Italicus A e le due coppie di sposi presenti in qualità di Esperti e di Uditori hanno manifestato gratitudine verso l’Eminentissimo Cardinale Peter Erdő per la relazione con cui ha sintetizzato i numerosi e diversificati interventi avvenuti in aula.

È stata posta subito una questione: quale scopo si prefigge il Sinodo? Tutti hanno convenuto nell’impostazione pastorale che si colloca in un prospettiva dentro la quale alla famiglia venga riconosciuto il proprio posto nella Chiesa, attraverso il ministero degli sposi e nella giusta “laicità” da dare al matrimonio, all’interno di una corresponsabilità missionaria da riscoprire e naturalmente da vivere, per impostare adeguatamente la soluzione dei problemi pastorali.

Il Circolo ha passato in rassegna le tre Parti della Relatio post Disceptationem.

1) Prendendo in considerazione l’analisi del contesto e delle sfide del tempo presente dentro il quale la famiglia è chiamata oggi a vivere e a testimoniare, i Padri sinodali hanno condiviso quanto nel testo è descritto facendo tuttavia notare come altri elementi intersecano la vita familiare ponendo interrogativi nuovi e provocando suggestioni che toccano la coscienza. In particolare è stato sottolineato come il fenomeno delle migrazioni spezzi le famiglie con le conseguenze che facilmente possono essere immaginate. Inoltre è stato sottolineato come l’ingresso delle bio-tecnologie abbia ridotto la famiglia a diventare una sorta di “campus” sperimentale con risvolti etici ed educativi di non facile soluzione.

L’approfondimento del contesto in cui la famiglia al presente vive evidenzia un distacco tra Chiesa e mondo su temi delicati perché è venuto a mancare il “comune ragionare” sull’idea di persona, sul suo impegno e la sua totale realizzazione nella dimensione corpo e anima, nella sua relazionalità a causa di un soggettivismo esasperato che spezza e rallenta ogni dinamica di comunione. A questo riguardo sono stati proposti dei Modi in particolare sul ruolo della donna, sulla sua dignità e sul suo genio ricco di speranza. Si è fatto inoltre notare che come antidoto a tutto ciò si contrappone la testimonianza di tante famiglie che vivono con impegno il matrimonio.

Il contesto e le sfide sulla famiglia impongono alla Chiesa di ridire parole evangeliche coniugando con speranza la verità e la misericordia, cercando di intercettare l’esistenza concreta delle persone facendo riemergere in esse il desiderio di Dio.

2) L’approfondimento della II Parte della Realtio post disceptationem ha posto subito una difficoltà circa il significato da dare all’espressione “legge della gradualità” senza tuttavia trovarne un’interpretazione adeguata e condivisa, anche in riferimento al n. 34 della Familiaris Consortio, citato nel n. 13, che non è sembrato applicabile nel nostro contesto dal momento che in quel Documento Pontificio, la legge della gradualità era applicata prevalentemente a una questione morale circa la paternità e la maternità consapevole. L’espressione sembra essere sfuggente con il pericolo di far pensare che le difficoltà della vita sponsale inducano ad abbassare il significato plenario della vocazione sponsale stessa. Nel prosieguo della discussione gli interventi dei Padri sinodali hanno convenuto in modo pressoché unanime che questa parte della Relatio non sembra offrire un’adeguata proposta circa la verità del matrimonio. E’ emersa quindi la necessità di suggerire alla Segreteria che questa II Parte fosse riscritta proponendo in modo chiaro e anche gioioso il progetto del matrimonio posto da Dio Creatore, nella Genesi e ripreso da Gesù, cercando – a questo riguardo – di far emergere quanto Gesù stesso ha detto e fatto, tenendo presente e l’esperienza della Famiglia di Nazareth nonché gli incontri di Gesù con la Samaritana, la donna adultera e con gli sposi che si trovarono con le giare vuote. In tal senso il Circolo si è impegnato e ha presentato un’ipotesi nuova di stesura della II Parte rimodulando il contenuto e l’articolazione dei numeri, attraverso una serie di Modi. E’ risultato opportuno che venissero ripresi e gli insegnamenti del Concilio Vaticano II (Gaudium et Spes, 48) e del Magistero Pontificio (Familiaris Consortio, 11) dove il matrimonio viene presentato come “mutuo dono di sé stessi”. Così si dà forte rilievo a Cristo Signore, Sposo della Chiesa: una sponsalità iniziata con l’Incarnazione, resa totale sul Calvario e contemporanea all’umanità con il dono dello Spirito Santo nei Sacramenti; solo così si fanno risplendere la bellezza e il fascino della sponsalità e della famiglia che rimangono segni dell’amore di Cristo.

I Padri sinodali hanno sottolineato con particolare attenzione la questione della inapplicabilità dell’analogia espressa nel testo con quanto detto nella Lumen Gentium, 8.

3) Approfondendo le prospettive pastorali si è convenuto anzitutto di richiamare alcuni punti fondamentali per una rinnovata azione pastorale che qui vengono elencati:

a) la famiglia deve essere riconosciuta come soggetto pastorale; b) la ministerialità degli sposi in forza del sacramento; c) la necessità di ripensare tutta la pastorale a partire dalla famiglia; d) tutta la comunità deve farsi carico della pastorale familiare; e) la formazione dei sacerdoti più adeguata; f) Riconoscere il ruolo del Vescovo nella pastorale familiare, in particolare nelle situazioni più problematiche.

La pastorale ordinaria richiede delle esigenze: a) riformare le tappe dell’evangelizzazione dando più continuità ; b) valorizzare il laicato anche formando persone ad acquisire competenze specifiche per il servizio delle famiglie; c) proporre un itinerario comune per la formazione di laici e sacerdoti.

Uno sguardo particolare i Padri l’hanno messo nella preparazione al matrimonio dove si deve proporre non solo il tema della validità ma della fruttuosità del sacramento, con un accompagnamento personale dei nubendi.

Una prospettiva pastorale rinnovata deve essere capace di rendere le famiglie consapevoli della loro missionarietà da esprimere all’interno della propria dimensione (educazione alla Fede, formazione cristiana etc.) come anche nei confronti dell’intera comunità sociale.

Nell’affrontare le problematiche descritte nel documento nei nn. 36-52, il Circolo Italicus A ha creduto opportuno di suggerire di modificare i titoli dei paragrafi utilizzando sempre l’espressione “cura pastorale” coniugandola sia rispetto alle unioni civili e alle convivenze sia verso i separati, divorziati non risposati, divorziati risposati e persone omosessuali. Più specificatamente per quanto attiene alla cura pastorale delle unioni civili e delle convivenze si è inteso suggerire che la sensibilità maggiore della pastorale voglia cogliere gli aspetti positivi che non appartengono all’esperienza stessa ma che vanno trovati dentro l’esperienza, naturalmente con lo sguardo trasformativo verso l’accoglimento del dono del matrimonio e della famiglia. Nell’esaminare la parte relativa alla cura pastorale verso i separati, divorziati non risposati e divorziati risposati i Padri del Circolo Italicus A pur condividendo il tono pastorale con cui il testo presenta la problematica, hanno ritenuto di apportare qualche rilevante correzione sempre dentro un cammino di impegnata prossimità.

Non si è condivisa la possibilità dell’azione diretta del Vescovo diocesano nei processi di dichiarazione di nullità soprattutto in riferimento a un deficit di preparazione specifica suggerendo tuttavia che si cammini più sinergicamente su una pastorale che veda coinvolti tribunali, consultori e i vari uffici famiglia delle diocesi. Si auspica che la comunità cristiana si prenda cura di queste situazioni come espressione e testimonianza di carità. Rispetto alla ammissione ai sacramenti della Penitenza e dell’Eucaristia i Padri del Circolo pur sensibili alla problematica propongono che l’argomento sia ristudiato alla luce del n. 84 della Familiaris Consortio al fine di precisare eventuali condizioni diverse dalla disciplina attuale.

Riguardo alla cura pastorale delle persone omosessuali ci si è orientati verso la proposta di un unico numero dentro il quale si è sottolineato sia un impegno di prossimità orientata alla evangelizzazione sia lo stile della Chiesa, come casa aperta, valorizzando i doni, la buona volontà e il cammino sincero di ciascuno. Si è riaffermato che le unioni fra le persone dello stesso sesso non possono essere equiparate al matrimonio fra uomo e donna esprimendo anche la preoccupazione di salvaguardare i diritti dei figli che devono crescere armonicamente con la tenerezza del padre e della madre.

Rispetto alla trasmissione della vita e alla sfida della denatalità non si è ritenuto di modificare né aggiungere qualcosa a quanto contenuto nel testo, auspicando un successivo sviluppo e approfondimento.

Sulla sfida educativa e sul ruolo della famiglia nell’evangelizzazione i Padri del Circolo Italicus A hanno suggerito di integrare quanto contenuto nel testo con due sottolineature: la continuità dell’evangelizzazione all’interno della famiglia e la necessità di garantirla anche attraverso il coinvolgimento delle varie esperienze ecclesiali (Associazioni, Movimenti e nuove comunità) che costituiscono una ricchezza nella vita della Chiesa ed esprimono nuovi carismi dentro la Chiesa.

Come conclusione crediamo di poter manifestare all’Assemblea la necessità, peraltro già conosciuta, di metterci insieme davanti allo Spirito di Dio che di tempo in tempo suscita novità con le quali la Chiesa diventa sempre più serva della Parola che le è stata donata per la salvezza del mondo.

[03042-01.01] [Testo originale: Italiano]

 

Relatio – Circulus Italicus “B”
Moderator: Em.mo Card. Angelo BAGNASCO
Relator: S.E Mons.
Salvatore FISICHELLA

L’incontro del circolo minore ha permesso di dare ampio spazio alla discussione e soprattutto di poter verificare sia l’unità fondamentale che ha caratterizzato il nostro dialogo come pure la complementarità delle posizioni frutto delle proprie esperienze locali e della diversità culturale dei partecipanti. L’impegno del circolo minore è stato duplice: in un primo tempo, si è affrontata la discussione generale sulla Relatio, mentre successivamente si è passati all’analisi e alla proposta delle modifiche da apportare al testo. Mi soffermo, quindi, solo sulle considerazioni generali sintetizzando i punti più salienti.

1. Riteniamo sia importante una rielaborazione della seconda parte della Relatio riguardo il vangelo della famiglia. Questo ci sembra essere il fondamento su cui costruire l’intero impianto del documento. Si nota, infatti, una sproporzione tra la trattazione del vangelo della Famiglia e le diverse situazioni di crisi e di realtà ad essa estranee, che non permettono di cogliere immediatamente la visione positiva e la bellezza della famiglia. Riteniamo che i primi destinatari delle nostre riflessioni debbano essere proprio le famiglie cristiane che hanno l’urgente bisogno di essere sostenute nella loro testimonianza per trovare la forza di continuare il loro impegno quotidiano in un contesto non certamente facile e a loro favorevole. Non possiamo permetterci, quindi, di dare l’impressione che la famiglia cristiana sia stata trascurata nel nostro dialogo sinodale.

2. In questo senso, non dovrebbero mancare considerazioni che portano a verificare le diverse condizioni pastorali che sorgono in contesti differenti. Si pensi alla famiglia nell’ambito delle grandi città e metropoli, e quelle di piccoli paesi e villaggi. In questo contesto, sarebbe estremamente utile una riflessione anche sulla condizione degli anziani nella vasta gamma della loro situazione esistenziale. Il prolungamento dell’età sta creando situazioni di grave difficoltà che non dovrebbe trovare la Chiesa impreparata ma al contrario, lungimirante nel proporre impegni pastorali che rendano evidente la sua presenza e la sua vicinanza. Ci sono famiglie di anziani ridotte in povertà, anziani soli relegati lontano dalla famiglia originaria e famiglie di anziani ormai prive di speranza e con il solo desiderio della morte. Queste realtà ci interrogano e obbligano a una risposta credibile. Il nostro silenzio sarebbe dannoso.

3. Alcune tematiche del Sinodo presentano una oggettiva complessità che richiede un necessario approfondimento in grado di coinvolgere esperti della materia. La fretta di arrivare ad alcune conclusioni non sempre permette di ottenere il risultato sperato. Per questo è importante giungere a una visione coerente e unitaria della problematica senza cadere in prospettive unilaterali e privi del necessario supporto storico e teologico. Questo vale sia per le proposte di percorsi penitenziali sia per una corretta disanima della prassi propria alle Chiese ortodosse. Vedere in che modo si possono trasportare nella Chiesa latina richiede uno studio ponderato, una presentazione non conflittuale e una soluzione comune nella comunione.

4. Il testo finale dovrebbe necessariamente mostrare come vi sia una continuità nell’insegnamento del magistero in proposito. Il carattere pastorale di questo Sinodo, d’altronde, dovrebbe evidenziare ancora di più che non esiste una frattura tra la dottrina e la pastorale, ma che questa si fonda sulla prima e ne esprime la verità nella vita quotidiana della comunità cristiana. Come diceva s. Gregorio Magno: “L’impegno pastorale è la prova dell’amore”. Proprio per questo è importante porre a fondamento il cuore stesso del Vangelo. Ciò comporta anche l’esigenza di evidenziare che siamo sempre dinanzi a uno sviluppo progressivo della dottrina. Questo è garanzia per la pastorale perché rimane dinamica e non cede alla tentazione di iniziative che, per dirla con Papa Francesco, esprimono un’accidia pastorale. Il vangelo della famiglia quindi ha bisogno di essere presentato in tutta la sua complessità ma anche con credibilità.

5. Una tematica sulla quale merita attirare la nostra attenzione è quella degli sposi che vivono una maternità o paternità ferita e che comunque accettano questa loro condizione. Si aprono però a una scelta di amore gratuito che diventa forma di adozione per quanti, non possedendo una loro famiglia, sono soli e abbandonati. Questa scelta permette, a tutti gli effetti di esprimere una famiglia vera che sa accogliere, che genera a nuova vita e che dona speranza per il futuro. Queste famiglie meritano una particolare attenzione. Abbiamo anche esempi di famiglie che hanno già figli e che comunque si aprono a una comunione di vita per quanti non hanno il dono di una loro famiglia naturale. Le forme di adozione e di affidamento sono da sostenere non solo a livello di proposta culturale che privilegia questa strada a quella più facile della maternità medicalmente assistita nelle sue differenti accezioni. Essa diventa anche un appello perché i governi ascoltino queste richieste e si rendano attivi sostenitori attraverso una legislazione che faciliti l’adozione piuttosto di impedirne l’accesso mediante forme burocratiche asfissianti.

6. E’ importante che il lavoro sinodale continui affermando che il matrimonio e la famiglia non sono in primo luogo un’esigenza etica, come spesso sembra emergere in diversi punti della Relatio, ma prima di tutto è una dimensione ontologica e sacramentale che sta a fondamento dell’orizzonte etico, non viceversa. In questo modo diventa più

7. Sembra che si abbia timore di esprimere un giudizio su diverse questioni che sono divenute ormai espressioni culturali dominanti. Questo non appare coerente con la missione profetica che la Chiesa possiede. E’ importante che il testo esprima al meglio il ruolo profetico che i Pastori e la comunità cristiana possiedono ben sapendo che non andiamo alla ricerca di un facile populismo che tutto assopisce e ovatta, ma che abbiamo la responsabilità di esprimere anche un giudizio che proviene dalla Parola di Dio. Ritornano significative in questo contesto le parole rivolte al profeta Ezechiele: “Quando sentirai dalla mia bocca una parola, tu dovrai avvertirli da parte mia. Se io dico al malvagio: Tu morirai! e tu non lo avverti e non parli perché il malvagio desista dalla sua condotta perversa e viva, egli, il malvagio, morirà per la sua iniquità, ma della sua morte io domanderò conto a te. Ma se tu ammonisci il malvagio ed egli non si allontana dalla sua malvagità e dalla sua perversa condotta, egli morirà per il suo peccato, ma tu ti sarai salvato” (Ez 3,17-19). Ciò diventa evidente soprattutto dinanzi a situazioni che sono assunte come una forma di de-istituzionalizzazione del matrimonio e della famiglia in forza di pretesi diritti individuali. Una semplice fenomenologia del dato non appare consona alla funzione profetica della Chiesa.

8. Una voce critica è bene che si faccia sentire anche su espressioni della cultura contemporanea che sono veicolate da internet. Nel contesto della formazione è bene che si accentui la raccomandazione perché le famiglie e le istituzioni valutino con la dovuta attenzione la nuova cultura che emerge da questi mezzi, il linguaggio che ne è stato assunto e le conseguenti forme comportamentali che ne derivano. Pensare che questo sia solo uno strumento non consente di valutare la reale nuova cultura che sta alla base e che condiziona fin dai primi anni di vita le giovani generazioni. E’ bene che si recuperi fortemente il rapporto interpersonale e per quanto riguarda la pastorale familiare si rinnovi la dinamica di un rapporto da famiglia a famiglia perché la debolezza di una possa trovare forza nel sostegno dell’altra.

[03042-01.02] [Testo originale: Italiano]

 

Relatio – Circulus Italicus “C”
Moderator: S.E. Mons. Angelo MASSAFRA, O.F.M.
Relator: Rev. P. Manuel Jesús ARROBA CONDE, C.M.F.

L’unità tematica tra questa e la prossima assemblea sinodale, nonché la novità che rappresenta la sostituzione delle Propositiones con una Relatio Synodi hanno indotto alla totalità dei padri del circolo a sollecitare chiarezza sulla natura del documento finale, esprimendola direttamente all’inizio del testo.

La maggior parte dei padri si è detta sorpresa della diffusione pubblica della Relatio post disceptationem; altri, consapevoli che questa è stata la prassi in precedenti assemblee sinodali, suggeriscono di evitarla nel futuro; non è mancato chi ha ritenuto positiva la diffusione, perché in linea con la franchezza che ha caratterizzato le manifestazioni alla stampa di tanti padri sinodali prima e, soprattutto, durante l’assemblea; sarebbe opportuno tornare alla prassi di pubblicare gli interventi dei singoli.

Come elemento generale e ricorrente, ciò che nel discernimento del circolo ha reso più difficile la formulazione di proposte prontamente condivise è stata la scelta sulla prospettiva di fondo da privilegiare oggi, trenta anni dopo il precedente sinodo sul tema, nell’annuncio rinnovato del Vangelo della Famiglia, in piena fedeltà rispetto ai suoi contenuti, ma anche al necessario progresso che esigono, per una trasmissione efficace del nucleo della fede, le mutate condizioni delle culture, delle differenti società e delle persone del nostro tempo.

Tale difficoltà ha segnato continuamente il dialogo e l’interscambio sui vari contenuti della Relatio, emergendo due sensibilità diverse, entrambe animate da identico zelo apostolico.

Una prima sensibilità parte dalla preoccupazione che il rinnovato annuncio del Vangelo della famiglia, per il linguaggio da utilizzare, gli accenti e la selezione delle tematiche, contribuisca involontariamente ad accentuare la mancata accoglienza integrale dei suoi contenuti. Questi padri, pur accettando che il profilo specifico del tema che investe questa assemblea straordinaria è quello delle sfide pastorali, ritengono imprescindibile che la Relatio ribadisca in maniera esplicita la dottrina su matrimonio, famiglia e sessualità, senza tentennamenti nell’avvalersi delle categorie di “peccato” e “adulterio” e “conversione” rispetto alle situazioni oggettivamente contrastanti con il Vangelo della famiglia. Gli stessi padri insistono sul fatto che usare eufemismi possa provocare malintesi tra i fedeli, soprattutto per distorte interpretazioni fatte da una parte della stampa non specializzata.

La seconda sensibilità parte dalla priorità che si ritiene debba essere attribuita al “desiderio di famiglia” seminato dal Creatore nel cuore di ogni persona, anche di quei fedeli che, per svariate ragioni, non lo vivono in piena coerenza con la Parola di Cristo. Poiché tra le ragioni di detta incoerenza si annoverano la mancata coscienza di peccato e i gravi condizionamenti culturali, questi padri ritengono necessario un linguaggio nuovo e incoraggiante, che nell’orientare verso la pienezza del messaggio evangelico, possa far leva sugli elementi positivi che di esso sono già presenti nelle esperienze familiari imperfette. Rispetto alle situazioni oggettive di peccato, gli stessi padri, senza venir meno all’annuncio della verità, muovono dalla convinzione che il Vangelo della misericordia sia una parte imprescindibile integrante la verità stessa e, di conseguenza, non possa essere ridotto all’osservanza di un mero atteggiamento pastorale sulle persone.

Nonostante queste due differenti sensibilità, i padri del circolo si sono sforzati molto seriamente per compiere un discernimento in grado di produrre formulazioni il più condivise possibile, accogliendo gli uni le indicazioni degli altri, soprattutto in merito a possibili lacune del testo proposto e, non di rado, rinunciando ad alcuni concetti problematici, pur di salvaguardare i contenuti. Di ciò è prova il fatto che la maggior parte dei modi, pur oggetto di accese discussioni, sono stati votati in maniera unanime, specialmente quelli riferiti alla prima e seconda parte della Relatio.

Vengono ora indicati sinteticamente gli aspetti generali e alcuni più specifici che sono stati oggetto di speciale discernimento nel circolo su ciascuna delle tre parti del testo.

Introduzione

Una buona parte dei padri, nell’analizzare il testo dell’introduzione al documento, segnalò l’esigenza di utilizzare formule che lascino fuori dubbio sin dall’inizio che l’unico modello di famiglia che corrisponde alla dottrina della Chiesa è quello fondato sul matrimonio tra uomo e donna. L’indicazione fu accolta prontamente.

Prima parte

Quale aspetto di portata generale emerso nella riflessione sulla prima parte del documento, il circolo segnalò la necessità di indicare in modo più efficace e dettagliato la portata culturale che possiede la crisi della famiglia e i suoi principali effetti.

Sul punto si è votato all’unanimità un modo in cui si manifesta la pericolosa rottura del nesso matrimonio-famiglia-vita, in forza di una esagerata esaltazione dell’individuo, cui si riconosce la possibilità di ricomporre la triade a proprio piacimento, col paradossale risultato di rendere i singoli più deboli e soli, e le società più fragili (proprio perché de-familiarizzate).

La permanenza di un generalizzato desiderio di famiglia rende impensabile sradicarla dalla normale esperienza, seppure gli elementi di crisi manifestano la necessità di favorire modelli di famiglia attenti alla qualità delle relazioni tra i coniugi e tra questi e i figli, nonché ai rapporti e alla sinergia di azione tra le famiglie.

Come contributi più specifici al testo di questa prima parte il circolo ha ritenuto di annoverare, tra le difficoltà pastorali, la mancata conoscenza della dottrina sulla famiglia e l’insufficiente attenzione che riescono a prestare le strutture pastorali abituali alle esperienze di vita e di fede che incombono sulle famiglie concrete.

Seconda parte

Il contributo di portata più generale che il circolo ha ritenuto di dover offrire, rispetto alla seconda parte del testo della Relatio, è stato la menzione espressa della dottrina, come alcuni padri richiamavano. Essendo oggetto specifico di questa parte “Lo sguardo verso Cristo” e il “Vangelo della famiglia”, sono stati inclusi in maniera esplicita alcuni testi della Scrittura e del Magistero che presentano il modello ideale di matrimonio e famiglia. Di conseguenza, si è proposta la riordinazione dei numeri di questa parte, senza incidere radicalmente nella struttura del documento. Si è incluso un numero che, rispetto alle convivenze e alle nuove unioni dopo un fallimento, allude in maniera espressa e chiara all’incoraggiamento e alla conversione verso la costituzione o ricostituzione del nucleo familiare, coerentemente col Vangelo.

Alcuni contenuti specifici di questa parte sono risultati oggetto di un confronto più difficile: la “chiave ermeneutica” di Lumen Gentium 8 proposta come possibile analogia per le situazioni di famiglia; il tema della legge della gradualità; la questione del grado di comunione con la Chiesa delle persone coinvolte in situazioni irregolari. Sul primo e il terzo concetto si sono addotte le difficoltà che potrebbe comportare il loro utilizzo da un punto di vista ecumenico; sul secondo, il rischio di tramutare la legge della gradualità in gradualità della legge.

Dopo un intenso dialogo, anche i padri più convinti della bontà dei riferiti concetti, hanno ritenuto preferibile che non siano utilizzati nel testo.

Terza parte

La riflessione sulle prospettive pastorali della terza parte è stata più lunga e articolata circa quelle proposte che comportano qualche evoluzione della disciplina attuale rispetto ai fallimenti matrimoniali. Tuttavia, l’aspetto generale più degno di nota é l’apprezzamento che i Padri hanno subito manifestato sui numeri in cui si snoda la scelta di fondo più generale: “ripartire dalla famiglia” nell’intera azione pastorale convinti che il Vangelo della famiglia rappresenti occasione privilegiata per l’annuncio dei contenuti essenziali del Vangelo nel mondo di oggi.

La scelta é speculare alla portata culturale della crisi che i padri del circolo hanno ritenuto di approfondire nella prima parte. In effetti, la famiglia è scuola di umanità, perché scuola di amore nella vita e nella crescita della persona, grazie alle relazioni che il matrimonio richiede fra i coniugi e fra genitori e figli. E’ scuola di socialità, perché sostiene la persona nello sviluppo delle sue capacità al servizio della società. E’ grembo di vita ecclesiale, che educa a vivere nella comunione della Chiesa e ad essere protagonisti attivi in essa. E’ infine scuola di santificazione, in cui si esercita e si alimenta il cammino di santità dei coniugi e dei figli, deve essere un vivaio speciale di vocazioni alla vita sacerdotale e consacrata. Per queste ragioni la Chiesa annuncia il valore e la bellezza della famiglia e con ciò rende un servizio decisivo a un mondo che implora di essere rischiarato dalla luce della speranza.

Al riguardo, i padri hanno segnalato alcuni aspetti più specifici per arricchire le proposte formulate nel testo: una menzione espressa sui movimenti familiari; un numero apposito sulle adozioni; un invito a studiare nuove presenze in campo educativo; un ritorno ai testi dell’instrumentum laboris circa le unioni omosessuali; un appello alle istituzioni per promuovere politiche in favore della famiglia.

Sull’evoluzione della disciplina il circolo si è pronunciato in modo unanime sulla necessità di studiare l’ampliamento dell’esercizio della Potestas Clavium e le condizioni per trattare con procedura giudiziale extraordinaria le cause che non richiedano un giudizio ordinario; si chiede ai vescovi di avviare una pastorale giudiziale accurata, preparando sufficienti operatori, chierici e laici.

Sull’accesso dei divorziati ai sacramenti il circolo ha votato una proposta, approvata per maggioranza dei voti, che apre tale possibilità in condizioni precise ed in momenti definiti della vita ecclesiale e familiare, valorizzando il significato dell’eucaristia come sacramento per la crescita nella vita cristiana, tenendo ferma la dottrina sull’indissolubilità coniugale.

Alcuni padri hanno ritenuto vincolante la disciplina attuale e altri non sufficientemente maturo lo studio sul fondamento teologico che consente l’evoluzione.

[03042-01.03] [Testo originale: Italiano]

 

Relatio – Circulus Hibericus “A”
Moderator: Em.mo Card. Francisco ROBLES ORTEGA
Relator: S.E. Mons.
Luis Augusto CASTRO QUIROGA, I.M.C.

El grupo ibérico A, conformado por 17 padres sinodales, un sacerdote experto, tres sacerdotes asesores y cuatro laicos muy competentes, inició su trabajo tomando en consideración la Introducción, no sin lamentar la pésima traducción del documento.

Se hizo notar que lo primero que debía aparecer era dar un saludo a todas las familias cristianas que viven con fidelidad, amor y sacrificio el evangelio de la familia y que son testigos de Cristo ante la sociedad toda.

Igualmente, se consideró oportuno saludar y animar a todas las parroquias y movimientos laicales que unidos a ellas trabajan con y en favor de las familias para promover en los hogares la vivencia del evangelio de la familia.

El grupo consideró que debía proseguir dando una mirada global al documento. De este primer acercamiento global, se infirió que las tres partes imitaban la metodología del ver – juzgar. – actuar aunque con términos análogos. Se vio que la segunda parte merecía un título más específico y se sugirió “el anuncio del evangelio de la familia”.

Posteriormente se pasó a considerar cada uno de los tres artículos. Se hicieron algunas correcciones de forma, como el suprimir las referencias al África y hablar simplemente de algunas regiones del mundo, evitar el término pareja de resonancias muy secularizantes y reducir la repetida frase “los padres sinodales”. Luego se prosiguió con las correcciones de fondo.

A cuanto dice el número cinco sobre el cambio antropológico y cultural actual se vio oportuno añadir que el efecto más evidente del mismo es la crisis de la fe que ha golpeado a tantos católicos y ha comportado una crisis del matrimonio y de la familia. Esta crisis ha llevado al aumento de uniones libres, matrimonios ad experimentum, divorcios y un cerrarse a la vida con el crecimiento de la práctica abortiva.

La referencia a la soledad, pobreza de la cultura actual, es ante todo fruto de la ausencia de Dios, de la fragilidad de las relaciones interpersonales y de tantas otras dificultades que se interponen para construir comunidades de vida y amor.

El grave diagnóstico ofrecido en el número 10, mereció el siguiente comentario: “Esto es el resultado de la mentalidad difundida que reduce la generación de la vida a una variable del proyecto individual o de pareja. Los factores de orden económico ejercen un papel a veces determinante contribuyendo a la fuerte caída de la natalidad, que compromete la relación entre las generaciones. En el drama de la infertilidad, cuando busca una solución a través de las técnicas de fertilización asistida, también se destruye la dignidad del amor humano y del hijo”.

Prosiguiendo con el análisis, se evidenció la necesidad de denunciar la gravísima mutilación genital de la mujer o ablación practicada en algunas culturas del mundo y lamentar la situación de tantos seres humanos obligados a la prostitución como esclavos sexuales. Además, nos pusimos frente a las responsabilidades que nos atañen, como también a los gobiernos y a las sociedades, frente a los llamados “niños de la calle” muchos de ellos carentes de familia. No menos preocupante es la explotación física y virtual de la niñez, realidad escandalosa y perversa de nuestra sociedad actual.

La segunda parte nos puso frente a la familia en el plan salvífico de Dios. Nos pareció bien enriquecer el número quince con esta observación: “En la tradición cristiana el matrimonio es una alianza de amor integral y definitiva inspirada en el amor entre Cristo y su Iglesia y llamada a crecer hasta ser en el mundo testimonio del amor de Dios y camino de perfección que llega hasta la vida eterna.”

Nos pareció que el número siguiente ofrecía la visión de S. Juan Pablo II y valía la pena citar esta fuente que es su catequesis sobre el amor humano.

Los números del 17 al 23 sobre el discernimiento de los valores presentes en las familias heridas forman una unidad novedosa y de inmenso valor. No admiten subtítulos que distraen. Desde los tiempos de Justino se habla de las semillas del Verbo sembradas en todas las culturas. ¿No podemos hablar igualmente de esa presencia escondida, germinal y viva que es acción del Espíritu y que gradualmente puede ir creciendo en las familias? Creemos que el Evangelio de la familia puede realizar esta crecimiento allí donde las semillas esperan madurar.

La aceptación de las anteriores consideraciones nos animan a exhortar a los matrimonios civiles y a los divorciados vueltos a casar, a secundar la llamada de Dios hasta alcanzar la plenitud de la comunión y de la gracia divina.

Hemos querido concluir esta segunda parte diciendo que “sabiendo que la mayor misericordia es decir la verdad con amor (San Agustín), vamos más allá de la compasión. El amor misericordioso así como atrae y une, también transforma y enaltece e invita a la conversión. Ver (Jn 8,1-11).

Iniciamos la tercera parte anotando que la denuncia propia de la evangelización debe abarcar también los factores políticos y legislativos que también pueden destruir la vida familiar.(n.33). Luego, volvimos al número 31 para intercalar la siguiente observación: “Para que la realidad expresada en el sacramento pueda ser aceptada y vivida por los contrayentes, es preciso que la celebren con fe clara y decidida, con voluntad de aceptar lo que les ofrece la Iglesia en el sacramento. Esta fe de novios y esposos debe ser alimentada con la Palabra de Dios y la Eucaristía.

Volviendo a los novios (34) es necesario recordar la importancia educativa de las virtudes y particularmente de la castidad y de la pureza, condición absolutamente imprescindible para el crecimiento genuino del amor interpersonal. A los novios hay que plantearles el ideal matrimonial con claridad para que puedan discernir y decidir con libertad.

Dado que esta parte focaliza el problema y desafío de las familias heridas, se hizo notar que cuando los matrimonios se encuentran con problemas en su relación, cuentan con la ayuda y el acompañamiento de la Iglesia. La pastoral de la caridad y de la misericordia se traduce en la recuperación real de las personas y las relaciones. La experiencia muestra que con la ayuda adecuada y con la acción regeneradora de la gracia, un alto porcentaje de crisis matrimoniales se resuelve satisfactoriamente.

Claro está que a esa ayuda hay que añadir otra muy interior como es la capacidad de perdonar. Saber perdonar y sentirse perdonado es una experiencia fundamental en la vida familiar.El perdón entre los esposos permite experimentar un amor que es para siempre y no pasa nunca (1 Cor 13,8). A veces resulta difícil, pero quien ha recibido el perdón de Dios, tiene fuerzas para ofrecer un perdón auténtico que regenera a la persona.

En relación con el aconsejar a las partes sobre la validez del matrimonio (44), no se requiere exactamente un sacerdote pues puede ser también otra persona pero debidamente preparada.

Sobre las personas divorciadas pero no vueltas a casar, además de lo dicho en el número 45, hay que añadir que muchas veces “ellos son testigos heroicos de la indisolubilidad y de la fidelidad

Pasando al n.50, se ha observado que no se debe hablar de personas homosexuales casi como si el homosexualismo fuese parte de su ser ontológico, sino de personas con tendencias homosexuales. Se solicitó sustituir el texto de este número por el siguiente: “la sexualidad que nos hace existir como humanidad en lo masculino y lo femenino, es un valor irrenunciable en la antropología y en la teología cristiana. Nos hace ser los unos para con los otros no en la indistinción sino en la complementariedad…Las personas con tendencias homosexuales también necesitan de acogida y acompañamiento que les ayude a crecer en la fe y a conocer el plan de Dios para ellos.”.

Sobre la transmisión de la vida (53) se anotó que los hijos no son un estorbo al amor conyugal sino su fruto natural más precioso, el amor hecho carne (G.S 48-51).

Se consideró oportuno reformular el número 55 de esta manera: “Es necesario incorporar a la pastoral itinerarios formativos para ayudar a vivir la sexualidad como lenguaje del amor. El testimonio y el acompañamiento permanente de familia a familia ha demostrado su eficacia en el camino de madurez del vínculo conyugal en la más profunda aceptación del otro y en una donación más plena. Esto se logra integrando la dimensión sensible del cuerpo, impulsividad y afectividad con la dimensión espiritual de la razón y la voluntad. En este crecimiento en el tiempo se va fortaleciendo un amor fiel y profundo hecho de ternura y respeto, en donde el goce de la comunión se proyecta en el fruto de la vida, en la generosidad coronada por el don del hijo o en el camino de la adopción para recibir el regalo que Dios ha preparado en otro lugar.”.

Hacia el final de la tercera parte se observó que no se trata de que la iglesia pueda desarrollar sino que desarrolla un papel importante de apoyo a las familias que son iglesias domésticas con su ministerio conyugal, comenzando por la iniciación cristiana, a través de comunidades acogedoras.

Se vio más que necesario anotar que la maternidad de María, ícono por excelencia de la fecundidad divina, en su ternura, misericordia, sensibilidad y cercanía, puede saciar el hambre de humanidad y vida por el que nuestras familias y pueblos suplican y claman. Una pastoral y devoción mariana creativa es un punto de partida muy oportuno para presentar el ideal de la familia cristiana.

Al concluir se quiso que quedara bien claro que el próximo sínodo en octubre dl 2015 está dedicado a la vocación y a la misión de la familia en la iglesia y en el mundo contemporáneo.

[03042-04.01] [Texto original: Español]

 

Relatio – Circulus Hibericus “B”
Moderator: Em.mo Card. Lluís MARTÍNEZ SISTACH
Relator: S.E. Mons.
Rodolfo VALENZUELA NÚÑEZ

[puntos sobre los que se ha llegado a un consenso y que han sido objeto de los modos presentados]

En el Círculo Hibericus B en un ambiente fraterno y dialógico los modos presentados han sido aprobados por unanimidad. El círculo ha logrado en el trabajo grupal un buen conocimiento de la Relatio Post Disceptationem (RPD), con la participación activa también de los auditores. Ha visto el texto de la misma como un reflejo de lo compartido en el aula: la diversidad de realidades de la Iglesia y del mundo y los puntos comunes en los que compartimos realidades humanas básicas y realidades de una fe común, así como también las diferencias de enfoques o énfasis teológicos o jurídicos.

Hemos visto muy bueno y necesario, como indica el mismo texto, que algunos temas sean estudiados en comisiones interdisciplinarias” ad hoc” sobre los temas más importantes. Pastores y expertos en teología y derecho deberán llegar a propuestas más claras sobre temas como la eventual admisión de los divorciados vueltos a casar a la comunión Eucarística y los procesos jurídicos de nulidad matrimonial, entre otros temas que se han planteado. Y que sin duda deben ser un insumo indispensable para la próxima asamblea sinodal ordinaria. Evidenciamos desde el inicio la RPD como un documento mejorable, solamente un instrumento de trabajo, abierto a las necesarias precisiones, y para el círculo ha sido un instrumento de trabajo útil.

Consideramos que faltaron en el mismo énfasis sobre temas importantes como el aborto, los atentados contra la vida, el amplio fenómeno de la adopción, las decisiones en conciencia de los esposos, así como una mayor claridad sobre el tema de la homosexualidad.

Consideramos de vital importancia el que algunos temas se profundicen en las comisiones ya previstas, con la conveniente consulta a las iglesias Particulares durante el lapso de tiempo previo a la asamblea ordinaria del 2015.

Nos ha parecido muy positiva la estructura del documento que coincide con el ya difundido método del ver/juzgar/actuar, en la forma de la escucha/la mirada en Cristo/el encuentro o perspectivas pastorales. Damos gracias a Dios Uno y Trino porque es padre, que ve la realidad de la Iglesia y el mundo con mirada misericordiosa, nos revela el camino en Jesucristo su Hijo, que hace camino con la humanidad entera y nos da su Espíritu que guía a la Iglesia hacia su plenitud.

Hemos visto que la RPD no enfatizaba suficientemente el mensaje positivo del evangelio de la familia, quizá porque refleja principalmente las preocupaciones pastorales de las conferencias episcopales sobre las sombras que se ciernen sobre la familia y el mundo actual.

Estamos conscientes de la finalidad netamente pastoral y no académica del sínodo, del cual se espera un nuevo impulso decidido a la pastoral familiar y un apoyo a todos los laicos, familias y movimientos que se encuentran en este camino. No obstante esta finalidad creemos indispensable insistir sobre los elementos doctrinales básicos que eviten parcializaciones o incluso magisterios paralelos.

Hay una enorme riqueza en el magisterio reciente de Pablo VI, San Juan Pablo II, Benedicto XVI y Papa Francisco sobre la familia, que requiere una renovada atención.

Nuestros principales aportes al documento van en la línea de:

– subrayar las luces de la familia y la importancia del matrimonio

– Afirmar la doctrina sobre el matrimonio y la familia y

– Animar la pastoral familiar en las circunstancias actuales.

– Esperar del sínodo luz y orientaciones sobre las nuevas situaciones matrimoniales.

Se ha planteado en nuestro círculo que en la elección de participantes al próximo sínodo se sugiera que sean nombrados obispos que han participado en esta asamblea extraordinaria en orden a lograr continuidad de los trabajos y las reflexiones del mismo.

[03042-04.02] [Texto original: Español]

Synod14 – Message de la IIIème Assemblée générale extraordinaire du Synode des Évêques, 18.10.2014

[B0768]

III ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE
DU SYNODE DES ÉVÊQUES

MESSAGE

Nous, Pères synodaux réunis à Rome autour du Pape François pour l’Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques, nous nous adressons à toutes les familles des divers continents, et en particulier à celles qui suivent le Christ, Chemin, Vérité et Vie. Nous manifestons notre admiration et notre gratitude pour le témoignage quotidien que vous nous offrez, ainsi qu’au monde, par votre fidélité, votre foi, votre espérance et votre amour.

Nous aussi, pasteurs de l’Église, nous sommes nés et avons grandi dans des familles aux histoires et vicissitudes les plus diverses. En tant que prêtres et évêques, nous avons rencontré et avons vécu aux côtés de familles qui nous ont raconté en parole et révélé en actes toute une série de merveilles mais aussi de difficultés.

La préparation même de cette assemblée synodale, à partir des réponses au questionnaire envoyé aux Églises du monde entier, nous a permis de nous mettre à l’écoute de nombreuses expériences familiales. Notre dialogue durant les jours du Synode nous a ainsi enrichis mutuellement, nous aidant à regarder la réalité vivante et complexe dans laquelle évoluent les familles.

À vous, nous proposons cette parole du Christ : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20). Comme il le faisait durant ses pérégrinations sur les routes de la Terre Sainte, entrant dans les maisons des villages, Jésus continue à passer aussi aujourd’hui par les rues de nos villes. Dans vos foyers, vous faites l’expérience d’ombres et de lumières, de défis exaltants, mais parfois aussi d’épreuves dramatiques. L’obscurité se fait encore plus épaisse, jusqu’à devenir ténèbres, lorsque le mal et le péché s’insinuent au cœur même de la famille.

Il y a, avant tout, le grand défi de la fidélité dans l’amour conjugal. L’affaiblissement de la foi et des valeurs, l’individualisme, l’appauvrissement des relations, le stress d’une frénésie qui empêche la réflexion marquent aussi la vie familiale. On assiste alors à de nombreuses crises matrimoniales, affrontées souvent de façon expéditive, sans avoir le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice. Ces échecs sont ainsi à l’origine de nouvelles relations, de nouveaux couples, de nouvelles unions et de nouveaux mariages, qui créent des situations familiales complexes et problématiques quant au choix de la vie chrétienne.

Parmi ces défis, nous souhaitons ensuite évoquer les épreuves de l’existence même. Pensons à la souffrance qui peut apparaître lorsque qu’un enfant est handicapé, lors d’une grave maladie, lors de la dégénérescence neurologique due à la vieillesse, lors de la mort d’une personne chère. La fidélité généreuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec courage, foi et amour est admirable, lorsqu’elles les considèrent non comme quelque chose qui leur a été arrachée ou imposée, mais comme quelque chose qui leur a été donné et qu’ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces personnes éprouvées le Christ souffrant lui-même.

Nous pensons aux difficultés économiques causées par des systèmes pervers, par le « fétichisme de l’argent » et par « la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain » (Evangelii gaudium, 55) qui humilie la dignité de la personne. Nous pensons aux pères et aux mères sans emploi, impuissants face aux besoins les plus élémentaires de leur famille ; et à ces jeunes qui se trouvent devant des journées désœuvrées et sans espérance, proies potentielles des dérives de la drogue et de la criminalité.

Nous pensons enfin à la foule des familles pauvres, à celles qui s’agrippent à une barque pour atteindre des moyens de survie, aux familles de réfugiés qui émigrent sans espoir à travers des déserts, à celles qui sont persécutées simplement à cause de leur foi et de leurs valeurs spirituelles et humaines, à celles qui sont frappées par la brutalité des guerres et des oppressions. Nous pensons aussi aux femmes qui subissent la violence et sont soumises à l’exploitation, à la traite des personnes, aux enfants et aux jeunes victimes d’abus même de la part de ceux qui devraient en prendre soin et les faire grandir en confiance, aux membres de tant de familles humiliées et en difficulté. «La culture du bien-être nous anesthésie et […] toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon. (Evangelii gaudium, 54). Nous faisons appel aux gouvernements et aux organisations internationales pour promouvoir les droits de la famille en vue du bien commun.

Le Christ a voulu que son Église soit une maison avec la porte toujours ouverte et accueillante, sans exclure personne. Nous sommes ainsi reconnaissants envers les pasteurs, les fidèles et les communautés prêts à accompagner et à porter les déchirures internes et sociales des couples et des familles.

***

 Cependant, il y a également la lumière qui brille le soir derrière les fenêtres dans les maisons des villes, dans les modestes résidences des périphéries ou dans les villages et même dans les baraquements : celle-ci brille et réchauffe les corps et les âmes. Cette lumière, dans les vicissitudes de la vie nuptiale des conjoints, s’allume grâce à une rencontre : il s’agit d’un don, d’une grâce qui s’exprime -comme le dit la Genèse (2,18)- quand deux visages se retrouvent chacun l’un « en face » de l’autre, comme une «aide qui lui corresponde », c’est-à-dire à la fois semblable et complémentaire. L’amour de l’homme et de la femme nous enseigne que chacun des deux a besoin de l’autre pour être soi-même, chacun demeurant pourtant différent de l’autre dans son identité qui s’ouvre et se révèle dans le don réciproque. C’est ce qu’exprime de façon suggestive la femme du Cantique des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui […] Je suis à mon bien-aimé, mon bien-aimé est à moi » (Ct 2, 16 ; 6,3).

Pour que cette rencontre soit authentique, le cheminement commence avec le temps des fiançailles, temps de l’attente et de la préparation. Il s’actualise pleinement dans le sacrement du mariage où Dieu appose son sceau, sa présence et sa grâce. Ce chemin passe aussi par la sexualité, la tendresse, la beauté, qui perdurent même au-delà de la vigueur et de la fraîcheur de la jeunesse. De par sa nature, l’amour tend à rimer avec toujours, jusqu’à donner sa vie pour la personne qu’on aime (cf. Jn 15,13). À cette lumière, l’amour conjugal, unique et indissoluble, persiste malgré les nombreuses difficultés des limites humaines ; c’est l’un des plus beaux miracles, bien qu’il soit aussi le plus commun.

Cet amour se déploie au travers de la fécondité et de la générativité qui ne sont pas seulement procréation mais aussi don de la vie divine dans le baptême, éducation et catéchèse des enfants. Il s’agit aussi d’une capacité à offrir la vie, de l’affection et des valeurs. Cette expérience est possible même pour ceux qui n’ont pu avoir d’enfant. Les familles qui vivent cette aventure lumineuse deviennent pour tous un témoignage, en particulier pour les jeunes.

Durant ce cheminement, qui s’avère parfois un sentier ardu avec ses difficultés et ses chutes, on retrouve toujours la présence et l’accompagnement de Dieu. La famille en fait l’expérience dans l’affection mutuelle et le dialogue entre époux et épouse, entre parents et enfants, entres frères et sœurs. Elle le vit aussi en se mettant ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu et en partageant la prière commune : petite oasis spirituelle à mettre en place à un moment chaque jour. Il y a aussi l’engagement quotidien de l’éducation à la foi, à la beauté de la vie évangélique et à la sainteté. Ce devoir est souvent partagé et exercé avec beaucoup d’affection et de dévouement aussi par les grands-parents. Ainsi la famille se présente comme une authentique Église domestique, qui s’ouvre sur cette famille de familles qu’est la communauté ecclésiale. Les époux chrétiens sont alors appelés à devenir des maîtres dans la foi et dans l’amour également auprès des jeunes couples.

Il y a ensuite une autre expression de la communion fraternelle, celle de la charité, du don, de la proximité auprès des laissés pour compte, des marginalisés, des pauvres, des personnes seules, des malades, des étrangers, des familles en crise, gardant en mémoire la parole du Seigneur : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20,35). Il s’agit d’un don de biens partagés, de présence, d’amour et de miséricorde et aussi d’un témoignage de vérité, de lumière, de sens donné à la vie.

Le sommet qui recueille et récapitule tous ces liens de la communion avec Dieu et le prochain est l’Eucharistie dominicale, lorsque, avec toute l’Église, la famille prend place à la table du Seigneur. Lui-même se donne à nous tous, pèlerins de l’histoire en route vers la rencontre ultime lorsque le «Christ sera tout en tous» (Col 3,11). Pour cela, dans la première étape de notre chemin synodal, nous avons réfléchi à l’accompagnement pastoral et à la question de l’accès aux sacrements des personnes divorcées-remariées.

Nous, pères synodaux, vous demandons de cheminer avec nous vers le prochain synode.

Que demeure sur vous la présence de la famille de Jésus, Marie et Joseph réunis dans leur modeste maison. Ensemble, tournés vers la Famille de Nazareth, faisons monter vers notre Père à tous notre invocation pour les familles de la terre.

Père, donne à toutes les familles la présence d’époux courageux et remplis de sagesse, qui soient source d’une famille libre et unie.

Père, donne aux parents d’avoir une maison où vivre dans la paix avec leur famille.

Père, donne aux enfants d’être signes de confiance et d’espérance, et aux jeunes le courage de l’engagement stable et fidèle.

Père, donne à tous de pouvoir gagner leur pain de leurs propres mains, de jouir de la sérénité d’esprit et de garder allumé le flambeau de la foi même dans les moments d’obscurité.

Père, donne-nous de voir fleurir une Église toujours plus fidèle et crédible, une cité juste et humaine, un monde qui aime la vérité, la justice et la miséricorde.

[03043-03.01] [Texte original: Italien]