A l’occasion du centenaire de la mort du bienheureux Charles de Foucauld, il est bon de lire (ou de relire) au moins quelques pages de ses nombreux écrits.
Plusieurs retraites ont marqué le séjour de Charles de Foucauld en Terre Sainte. Il avait quitté la trappe d’Akbès (Syrie) et il cherchait encore sa voie. La retraite faite à Nazareth a eu lieu du 5 au 15 novembre 1897. Il était au service des Clarisses comme jardinier et il vivait dans une cellule-cabane installée dans le jardin même du monastère. Il participait à la vie liturgique des Clarisses et aussi des Franciscains à la grotte de l’Annonciation.
Pour cette retraite il écrit lui-même ses méditations : il fait un parcours de la vie de Jésus et des vertus chrétiennes. La méditation sur la vie cachée de Jésus est placée entre celle sur l’Incarnation et celle sur la vie publique. Il cherchait l’inspiration dans la vie de Jésus à Nazareth comme modèle de sa propre vie de solitude, d’humilité, de pénitence, de pauvreté, aussi semble-t-il en certains passages transposer la vie des trappistes et des chartreux à celle de la Sainte Famille. Il souligne également l’intense communion entre Jésus, Marie et Joseph, leur continuelle vie de prière et de travail, comme aussi la soumission filiale de Jésus à ses parents. Dans d’autres méditations, il revient sur la vie de Jésus à Nazareth, thème central de son itinéraire spirituel.
Il ne s’agit pas d’un texte élaboré destiné à la publication, mais de notes de méditation.

Jésus, Sa vie cachée
Mon Jésus, qui êtes si près de moi, inspirez-moi ce qu’il faut que je pense de votre vie cachée… Je ne demande pas tout ce qu’elle fut : elle fut l’infini comme vous L’étiez vous-même… Mais dites-moi ce que vous voulez que j’en pense aujourd’hui, dans cette heure… « Il descendit avec eux, et alla à Nazareth, et Il leur était soumis ». Il descendit, il s’enfonça, s’humilia… ce fut une vie d’humilité : Dieu vous paraissez homme ; homme, vous vous faites le dernier des hommes : ce fut une vie d’abjection, vous descendîtes jusqu’à la dernière des dernières places ; vous descendîtes avec eux, pour y vivre de leur vie, de la vie des pauvres ouvriers, vivant de leur labeur ; votre vie fut comme la leur pauvreté et labeur : ils étaient obscurs vous vécûtes dans l’ombre de leur obscurité ; vous allâtes à Nazareth petite ville perdue, cachée dans la montagne, d’où « rien ne sortait de bon » disait-on. C’était la retraite, l’éloignement du monde et des capitales, vous vécûtes dans cette retraite… Vous leur étiez soumis, soumis comme un fils l’est à son père, à sa mère, c’était une vie de soumission, de soumission filiale, vous obéissiez en tout ce qu’obéit un bon fils : si un désir de vos parents n’était pas selon la vocation divine que vous aviez, vous ne l’accomplis­siez pas, vous obéissiez « à Dieu plutôt qu’aux hom­mes », comme quand vous restâtes trois jours à Jérusalem ; mais sauf le cas où la vocation que vous aviez demandait que vous ne vous rendiez pas à leurs désirs, vous vous y rendiez en tout, étant en tout le meilleur des fils, et par conséquent non seulement obéissant à leurs moindres désirs, mais les prévenant, faisant tout ce qui pouvait leur faire plaisir, les consoler, leur rendre la vie douce et agréable, tâchant de tout votre cœurs de les rendre heureux, étant le modèle des fils et ayant toutes les attentions possibles pour vos parents, dans la mesure bien entendu de ce que permettait votre vocation – mais votre vocation c’était d’être parfait, et vous ne pouviez pas ne pas être parfait, ô Fils éternel, ô Fils Dieu, ainsi pendant ces trente ans fûtes-vous le fils le plus tendre, le plus prévenant, le plus soumis, le plus aimable, le plus consolant, faisant tout le plaisir possible à vos parents, les aidant, les soutenant, les encourageant dans le labeur quotidien, en prenant part pour vous la plus grande part possible pour les reposer, ne les contredisant jamais (à moins de nécessité pour la gloire de Dieu, et alors avec quelle douceur, cruelle tendresse, quel charme qui rendait la contradiction plus douce qu’un acquiescement et la faisait recevoir comme une rosée céleste), ayant toutes les petites attentions, les grâces, délicatesses, les prévenances, les amabilités qui rendent la vie si douce quand elles sont faites par une telle âme… n’omettant rien de ce qui pouvait consoler vos parents et faire de leur petite maison ce qu’elle est, un ciel… Voilà ce que fut votre vie à Nazareth, puisque j’ai l’infini bonheur, la grâce incomparable de vivre dans ce Nazareth chéri. Merci ! merci ! merci !… Votre vie était celle du modèle des fils, vivant entre un père et une mère pauvres ouvriers.
C’était la moitié de votre vie, celle qui regardait la terre, tout en répandant vers le ciel un parfum céleste… était la partie visible…- la partie invisible c’était la vie en Dieu, la contemplation de tout instant : Dieu vous viviez en Dieu ; homme vous ne cessiez de jouir de tous vos instants de la vision béatifique et de dons incomparables… Vous travaillez, vous consoliez vos parents, vous vous entreteniez tendrement et saintement avec eux, vous priiez avec eux durant le jour… mais comme vous priiez aussi dans la solitude et l’ombre de la nuit, comme votre âme s’exhalait en silence… Toujours, toujours vous priiez… Vous priiez à tout instant, puisque prier c’est être avec Dieu et que vous étiez Dieu, mais comme votre âme humaine prolongeait cette contemplation pendant les nuits, comme pendant tous les moments du jour elle s’unissait à votre divinité… Comme votre vie était un épanchement continuel en Dieu, un regard continuel de la terre vers Dieu : contemplation continuelle de Dieu, en tous vos instants; prières vocales et mentales dans le recueillement extérieur plusieurs fois par jour, longues oraisons, longs tête à tête, longue contemplation la nuit… Et qu’était cette prière qui faisait la moitié de votre vie à Nazareth ? C’était d’abord et surtout l’adoration, c’est-à-dire la contemplation, l’admiration muette qui est la plus éloquente des louanges « tibi silentium laus », cette admiration muette qui renferme la plus passionnée des déclarations d’amour, comme l’amour d’admiration est le plus ardent des amours… puis, secondairement, en deuxième lieu et prenant moins de temps l’action de grâce : action de grâces d’abord de la gloire de Dieu, de ce que Dieu est Dieu, puis des grâces faites à la terre et à toutes les créatures ; le cri de pardon, pardon pour tous les péchés commis contre Dieu, pardon pour ceux qui ne demandent pas pardon, acte de contrition au nom du monde entier, douleur de voir Dieu offensé ; la demande, demande de la gloire de Dieu, que Dieu soit glorifié par toutes ses créatures, que Son règne arrive parmi elles que Sa volonté se fasse en elles comme parmi les anges, et que ces pauvres créatures reçoivent au spirituel et au temporel tout ce dont elles ont besoin et soient enfin délivrées de tout mal en ce monde et dans l’autre… Et que les grâces se répandent en particulier en abondance sur ceux que la volonté divine à mis auprès de Jésus, autour de Lui, sa mère, son père, ses cousins, ses amis, les âmes qui L’aiment, ceux qui s’attachent à Lui…
– Y avait-il aussi de la pénitence, mon Dieu, dans votre vie de Nazareth ?… Mon enfant, j’ai toujours aimé, voulu la pénitence : elle est un devoir pour tous les pécheurs, puisque le moindre péché, étant une offense à Dieu est digne d’une pénitence infinie comme l’offensé : j’avais pris sur moi tous les péchés du monde :… ma première parole quand j’ai commencé à prêcher a été « Faites pénitence ! » … J’ai dit à mes apôtres que « Quand je ne serai plus là ils jeûneraient » que c’était donc par exception qu’ils ne jeûnaient pas habituellement dans ma vie publique ; je leur ai dit aussi que « certains démons ne se chassaient que par la prière et le jeûne »… je n’ai pas parlé de mes jeûnes dans ma vie cachée comme je n’ai pas parlé de mes prières, ni de mes travaux, ni de rien : je n’ai dit qu’un mot pour indiquer qu’elle était cachée, ensevelie, pauvre, obscure et que c’était celle d’un bon fils soumis à ses parents… Mais il ne suit pas de là que je ne jeunâsse pas, comme il ne s’en suit pas que je ne priasse point… Je n’ai parlé que d’une de mes pénitences, la Sainte quarantaine : sa rigueur prouve assez que j’aime la pénitence. Si je l’aime c’est que je la trouve bonne et sainte, si je la trouve telle j’en ai fait beaucoup dans ma vie… d’ailleurs, regarde mes Saints, qui avaient mon esprit : ils ont différé en certaines choses, selon les grâces que je donnais à chacun ; mais tous ont été hommes de prière, de pauvreté, de pénitence, car la pénitence fait nécessairement partie de toute vie sainte, elle est de l’essence de mon esprit… on ne peut avoir mon esprit si on ne l’a pas : regarde un saint Jean Baptiste, une Sainte Magdeleine : C’est mon esprit qu’ils avaient et non le leur… Dans l’ancienne loi regarde Judith ! Regarde plus près de toi Sainte Elisabeth de Hongrie… elle vivait en famille, mais dans quelle pénitence ! – La Sainte Vierge et S. Joseph n’ont pas manqué de suivre cette loi de tous mes saints et de faire une rigoureuse pénitence : S. Ambroise dit que la Sainte Vierge ne mangeait que deux ou trois fois par semaine, et bien peu chaque fois ;… vivant en frère et sœur et uniquement pour Dieu et tout à fait en Dieu, faisant de leur vie d’union avec Dieu, d’oraison, d’amour divin, la grande affaire de leur vie, et ne faisant passer que tout à fait en second lieu leur union entre eux, comme l’amour des créatures bien qu’il doive être très tendre en vue de Dieu, doit toujours passer bien après l’amour de Dieu, ils faisaient pénitence, chacun selon ses forces, sans se contrarier l’un l’autre, mais au contraire en s’aidant, s’approuvant l’un l’autre, se soutenant mu­tuellement, ayant confiance dans leur sainteté, leurs lumières réciproques, croyant chacun que ce que l’autre faisait était bien ce que Dieu voulait de lui… et ainsi ils vivaient tous deux d’une vie très pénitente… Parfois ils insistaient tendrement l’un près de l’autre pour qu’ils ménageassent leurs forces, mais sans insister et avec grand respect, car ils avaient confiance l’un dans l’autre et ils ne voulaient ni diminuer la gloire qui revenait Dieu des bonnes œuvres de leur époux, ni la gloire future de celui-ci, ni lui être une pierre d’achoppement… Quand j’entrai dans cet intérieur qui vivait tout en Dieu, quelle y fut ma vie ? Celle de mes parents ne changea pas, si ce n’est que je fus le centre de leur amour, de leurs adorations, le bonheur de leur vie… Je fis comme eux parce qu’eux avaient fait comme moi avant même de m’avoir vu : je les avais animés de l’esprit divin, de cet esprit qui par les prophètes passés et les saints de tous les temps a crié : « Prière et ,pénitence »… je fis comme eux, et pour les mêmes motifs pour lesquels ils ne s’entravaient pas l’un l’autre, ils ne m’entravaient pas : ils avaient pour moi non seulement un respect, une confiance, mais une adora­tion illimitée, ils n’auraient eu garde de me contredire, de chercher à m’empêcher de faire ceci ou cela… Ils savaient que j’étais Dieu et qu’ils étaient créatures. Je leur étais soumis, c’est vrai : mais soumis volontai­rement, ils me commandaient par obéissance comme Jean me baptisa par obéissance ; je voulais qu’ils me commandassent en toutes les choses extérieures de la vie, quand je dis commander, c’est demander, c’est plutôt recevoir : j’étais soumis, en ce que je prévenais leurs désirs, en ce que je me conformais à leur vie, à leurs volontés toutes connues de moi, en ce que je prévenais tous leurs souhaits, en ce que je devançais tous leurs vœux avant qu’ils eussent le temps de les formuler : et ainsi je leur était soumis sans qu’ils commandassent jamais : s’ils demandaient, c’était comme Marie à Cana, en poussant vers moi un soupir… Je ne dis pas que parfois, craignant dans leur tendresse que je ne souffrisse beaucoup, (ils auraient tant voulu dans leur amour me voir toujours, toujours sans aucune souffrance sur la terre comme dans les cieux), ils ne me demandassent de prendre quelques soulagement, mais avec quel respect ! et jamais ils n’auraient osé insister, car ils avaient confiance en moi et respect, obéissance, adoration…!
Quand je fus petit enfant, volontairement je me laissai donner tout ce qu’on voulait… et comme je fus choyé. L’âge venant je commençai à jeûner, bientôt j’eus une vie de travail, de jeûne, de prières, une vie cachée et perdue en Dieu, comme Marie et Joseph entr’eux, à leur ombre et les éclairant… Nous priions, lisions à certains moments ensemble, à d’autres seuls, le jour ensemble, la nuit en partie ensemble, en partie seuls : avant que je fusse là ils étaient plus souvent seuls ; mais, moi étant là, ils ne pouvaient se détacher de moi et moi je ne leur ôtais pas la consolation, la félicité de m’avoir au milieu d’eux. Nous parlions ensemble à certains moments ; nous étions presque toujours ensemble : Avant que je fusse là, ils étaient tantôt ensemble, tantôt seuls ; moi présent, ils étaient toujours ensemble pour être avec moi… On contemplait sans cesse, ils me regardaient et je regardais Dieu, et en même temps nous avions, par amour de Dieu et par bonté, de bien doux regards les uns pour les autres… on parlait avec modération, on parlait de Dieu, de moi, de nous trois, du salut des hommes, du salut de ceux qui nous entouraient de plus près… Pendant les heures de travail on parlait moins mais on contemplait sans cesse; il y avait des moments de repos où on parlait, où on lisait les prophètes… Quand j’étais enfant je prenais mes repas et on me regardait les prendre, mes parents poursuivant leurs jeûnes habituels ; ils mangeaient si peu, ne prenaient pas de repas, ils mangeaient du pain en travaillant quand ils croyaient devoir le faire… ils ne prenaient de repas ensemble que les jours de fête et les sabbats où la loi de Dieu engage à donner de petites joies au corps pour qu’il ait part à la joie de l’esprit… Je fis de même, mangeant du pain en travaillant quand je crus devoir le faire, prenant des repas avec mes parents les sabbats et jours de fête, où quand l’arrivée d’un hôte faisait dresser la table, ce qui n’arrivait guère car nous étions très pauvres, très retirés ; deux raisons qui faisaient qu’on ne s’adressait guère à nous pour recevoir l’hospitalité… D’ailleurs, même en ce cas, on ne rompait pas d’ordinaire le jeûne : on servait l’hôte seul, charitablement et gracieuse­ment, mais on ne mangeait pas avec lui, à moins qu’il ne fut si tendrement uni à la Sainte Famille que son arrivée fit de ce jour une fête pour elle… Mais de tels amis ne se trouvent pas souvent ici-bas !… Tu vois donc que nos repas quotidiens étaient en quelque sorte comme le repas des nattes de S. François et de Sainte Claire, où on parla de Dieu et fut enflammé de son amour et où personne ne mangea ; nous parlions de Dieu, brûlions de Son amour, mais nous ne nous mettions pas même à table et ne préparions ni nattes, ni pain… Nous nous reposions à certaines heures en parlant de Dieu, nous entretenant saintement, priant, … nous mangions du pain en travaillant chacun selon qu’il croyait en Dieu devoir le faire, et nous ne prenions en commun que les repas des jours de réjouissance de l’année liturgique… – Portiez-vous le sac, le cilice, Mon Dieu, comme Judith, et tant de saints… Non, mon enfant : extérieurement je ne me distinguais en rien des autres hommes, et je ne portais aucun instrument de pénitence : ma pénitence consistait en jeûnes et en veilles ; le premier a l’avantage de favoriser la pauvreté ; quand on mange peu on a besoin de peu pour vi­vre ; ayant besoin de moins d’argent, de moins de travail, on peut donner plus de temps à la prière, à la lecture de la parole de Dieu ; et en outre il reste plus d’argent pour donner aux pauvres… la veille favorise la prière puisqu’on l’emploie à prier… Je n’avais aucun instrument de pénitence : ces instruments se connaissent presque toujours, et j’aime, comme je l’ai dit dans l’Evangile, les pénitences qui ne se connaissent pas : mes jeûnes et mes veilles n’étaient connues que de Marie et de Joseph, et ce qui était connu de mes seuls parents était pour moi comme n’étant pas connu… regarde de quel secret j’ai, nous avons tous trois entouré nos jeûnes, puisque les Saints Evangiles ne disent pas un seul mot des pénitences de ma vie cachée… et cette vie fut très très pénitente comme celle de tous mes saints… Cette vie de trois personnes vivant fraternelle­ment l’une à côté de l’autre dans cette union en Dieu, dans cette union avec Dieu, cette vie céleste, cette existence toute dans le ciel, c’était une vie de très grande rigueur, mais très douce rigueur et très grande simplicité… On s’approuvait les uns les autres, on ne se gênait pas, ne se cachait pas les uns des autres… on se respectait et s’admirait mutuellement et on mettait son union et sa consolation non à manger ensemble (sauf dans les occasions que j’ai dit) mais à aimer ensemble Dieu et à le prier et en parler ensemble.
– Dans quelles mesures travaillez-vous, mon Dieu ? Assez pour vivre, assez pour prendre sur moi la plus grande partie de la charge de la maison, mais moins, beaucoup moins que les autres ouvriers ; nos jeûnes nous permettant de vivre de moins que les autres, je pouvais moins travail­ler, et donner plus de temps à la prière, aux saints entretiens, à la lecture de la parole de Dieu… Les ouvriers, les marchands travaillent au moins 10 à 12 heures par jour, souvent plus…- A moins de quelque cas tout à fait extraordinaire, charité à faire, maladie de St. Joseph, que sais-je, chose tout à fait extraordinaire je travaillais 8 heures : en moyenne 8, en hiver un peu moins, en été un peu plus.

Résolutions.- Vivre, moi dont la vocation est d’imiter la vie cachée de Jésus, d’une vie d’humilité, d’abjection, de pauvreté, de labeur,    d’obscurité, de retraite, de soumission, de prière, de pénitence… me faire par l’abjection le dernier des hommes, un ver et non un homme, le mépris du peuple et l’opprobre des hommes : plus je descendrai, plus je serai avec Jésus… vivre de la plus grande pauvreté ; Jésus vivait plus pauvrement que les derniers ouvriers, car 1° il travaillait moins qu’eux afin de donner plus de temps à la prière et aux Saintes lectures, aux Saints entretiens ; 2° Du peu qu’il gagnait il donnait une part aux pauvres ; 3° la grande pénitence, le jeûne de Jésus, Marie et Joseph leur permettait, en diminuant leurs besoins, de travailler moins que les autres ouvriers, et de prier et lire davantage, tout en ayant de quoi faire aux pauvres de petites aumônes, pauvres comme eux… Vivre dans le labeur ; travailler d’un travail manuel de 7 H. 1/2 du matin à 4 H. 1/2 du soir en hiver, 5 H. en automne et au printemps, 5 H. 1/2 en été… prendre sur ce temps le temps de dire les heures canoniales qui se trouvent à dire pendant cette partie du jour, et une heure vers midi pour une Sainte lecture : cela fera tantôt 7 H. 1/2, tantôt 8 H., tantôt 8 H. 1/2 de travail… Soumission, la soumission       d’un fils à ses parents, soumission qui consiste non seulement à leur obéir, mais à faire tout ce qu’on peut pour les rendre heureux, à prévenir tous leurs désirs, à les rendre aussi heureux que possible, à faire que la terre leur devienne un ciel si c’était possible, (le tout dans les limites bien entendu de la volonté de Dieu) ; être le modèle des fils dans la maison où je suis comme Jésus fut le modèle, le plus tendre des fils de la Sainte maison de Nazareth… Prière, présence de Dieu continuelle, prières vocales de l’Eglise aux heures établies par l’Eglise, séparées les unes des autres et chacune à leur heure, (à moins de raisons rendant le contraire plus parfait), (sans se faire scrupule de les dire une demi-heure plus tôt ou plus tard ; mais les séparer et les dire chacune en son temps, (quand des raisons particulières ne rendent pas plus parfait de faire autrement), et autant que possible devant le S. Saint Sacrement), oraison, prières la nuit… pénitence consis­tant en jeûne et veilles : pas d’instruments particuliers de pénitence sauf la discipline… repas seul à une heure quelconque en travaillant, sans arrêter le travail pour manger : pain et eau : ne prendre autre chose que du pain et de l’eau. Et ne prendre les repas aux heures de tout le monde que les dimanches et jours de fêtes et en cas de maladie : les autres jours manger une fois, deux fois, trois fois, pas du tout suivant le besoin et lu santé…- Se coucher vers 9 H. du soir et se lever au premier réveil.