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Archives de l' A. I. S. F. |
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Chers amis:
Je m’adresse à vous pour vous rappeler que la date de
notre prochaine
réunion du Conseil Régional approche de plus en
plus.
Pour une meilleure organisation, nous vous serions très
reconnaissants que vous nous fassiez parvenir le nombre exact de
participants en séparant les congressistes des accompagnateurs
ainsi que les dates d’arrivée et de départ de l’hôtel.
Ci-joint le programme et nous pouvons déjà vous informer que
l’estimation du coût que nous avons réalisé pour ce congrès est
d’environ 100€. Nous pensons qu’il pourrait
être moindre mais comme vous le savez bien, cela dépendra du
nombre total de participants.
Le coût de l’hôtel sera de 66€ par chambre double et par nuit,
c’est à dire pour deux personnes, plus 6€ pour le petit déjeuner
par personne et par jour.
Le nom de l’hôtel est “Hotel Torre Garden” qui est situé
très près du Collège.
Comme vous pouvez le voir dans le programme, nous irons vous
chercher à l’hôtel en car et ensuite nous partirons du Collège
en excursions, pour ceux qui pourrons s’y rendre, et bien
entendu, le car vous ramènera à l’hôtel. C’est pour cela qu’il
est très important que tous les participants dorment dans le
même hôtel.
Pour tout renseignement supplémentaire, vous pouvez me
contacter, ou contacter
José Luis Pacheco ou Raul Vicente.
Dans l’attente de votre participation, je vous salue très
cordialement.
Juan José García
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JOURNEE
ASSEMBLEE CONSEIL REGIONAL EUROPEEN ET FEDERATION
NATIONALE
XXXIV
ASSEMBLEE FEDERATION NATIONALE A.P.E.L COLLEGES SA-FA
II
ASSEMBLEE DU CONSEIL REGIONAL EUROPEEN DE
L’ASSOCIATION INTERNATIONALE SAINTE FAMILLE
Madrid,
23 et 24 avril 2005
Ordre du jour :
Samedi 23 avril
Matin
10,
00 h
Ouverture conjointe des assemblées du Conseil Régional Européen
de l’AISF et de la Fédération Nationale des A.P.E.L
Collèges Sainte Famille.
*
Prière
* Salutation du Président
d’honneur
* Présentation des
participants de chaque délégation
10h
15 :
Présentation des
exposés et des conférenciers.
Exposé sur “L’INTEGRATION
D’AUTRES CULTURES” par le prêtre
Salésien
D.Angel Astorgano
(Président de l’association Internationale de l’Ecole Catholique
)
10h
25
Conférence
11h
30 Repos et Café
12h
00
Réunion par groupes
13h
00
Débat et
présentation de conclusions sur l’exposé
14
h
00
Repas
Après-midi
16h
00
Assemblée du
Conseil Régional Européen de l’Association Internationale Sainte
Famille
1.
Commentaires et/ou rectifications des Actes de
l’assemblée précédent
2.
Renouvellement des conseiller.
3. Rapport de la
présidence
4. Rapport
de Trésorerie. Approbation des comptes, présentation et
approbationdes budgets.
5. Rapport
d’Activités :
* Rapport et résultats des Olympiades de Gavá
2004
* Organisation de la Semaine culturelle 2006
6.
Renouvellement des responsabilités
7. Souhaits et
questions
17h 30 :
Repos et café
18h 00 :
XXIV Assemblée de la Fédération Nationale
A.P.E.L
1. Commentaires
et/ou rectifications des Actes de l’Assemblée précédente.
2.
Renouvellement des Conseillers
3. Rapport de
présidence
4. Etat des
comptes et approbation s’il y a lieu
5. Proclamation
des gagnants du Prix SAFA ESPAÑA 2005
6. Proposition
des travaux sur le Prix SAFA ESPAÑA 2006
7. Proposition
d’exposés pour la prochaine réunion (“NOUVELLES CONFIGURATIONS
FAMILIALES)
8. Rapport sur
la fondation Gabriel Taborin
9. Souhaits et
questions
10. Conclusion du
Président d’honneur
22h 00 :
Dîner de Gala
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PROGRAMME DES
ACCOMPAGNATEURS
23
AVRIL -SAMEDI
09h
30 Rendez-vous à l’hôtel et départ au
Collège
10h
00
Départ à destination de l’Escorial
11h
30
Visite du Monastère de l’Escorial
13h 00
Départ
à destination de Madrid
14h
00:
Repas pris ensemble
avec les congressistes
16h
00
Départ pour une visite locale
17h
00
Entrée au Palais Royal
18h
00
Entrée dans la Cathédrale de la Almudena
19h
00
Départ vers l’hôtel
19h
30
Retour à l’hôtel
21h
30
Rendez-vous à l’hôtel pour le dîner de Gala
22h00
Dîner de Gala
24 AVRIL – DIMANCHE
(congressistes
et accompagnateurs)
09h
30 Rendez –vous à l’hôtel pour aller au Collège
10h
00 MADRID VISION
12h
00
Retour au Collège
12h
30
Eucharistie au Collège
14h
00
Repas d’adieux
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P A
R O L E S D U S U P É R I E U R
G É N É R A L |
Nécessité
du dialogue dans un contexte de pluralisme,
A tous, bonjour,
et surtout bon travail dans la fraternité,
pour le bien de tous ceux que le Seigneur nous a confiés, fils,
élèves,
mais aussi pour tous ceux qui, d'une manière ou de l'autre,
entrent en contact avec nous.
Car je crois qu'un des devoirs principaux d'une
Association de Parents est de travailler pour que la société
devienne toujours plus humaine et fraternelle, afin de répondre
au plan de Dieu.
Ecoutons un petit
conte tibétain; "Un jour, j’ai vu de loin dans une marche en
montagne, une bête. En m’approchant, je me suis aperçu que
c’était un homme. Arrivé près de lui, j’ai vu que c’était mon
frère".
La distance,
l'éloignement, et aussi les préjudices, les soupçons, jettent la
confusion sur les profils, engendrent les peurs, créent les
monstres, empêchent la compréhension authentique. Et surtout,
ils font souffrir, ils conduisent à l'émargination, et suscitent
souvent réactions et violences.
Il faut nous
approcher, c'est-à-dire chercher à comprendre, à affronter ce
que antérieurement on considérait comme un danger, ou simplement
un "autre" auquel on n'accorde pas de considération. Plus les
distances s'amenuisent, plus apparaissent les contours vrais, et
plus se voient les détails.
Mais cela ne suffit
pas encore. Il faut avoir le courage de se placer en face de
l'autre, de se regarder dans les yeux, de se parler; ce n'est
qu'alors qu'on découvrira réellement l'autre. Un écrivain a bien
souligné cette réalité: «Vivre, aimer, se sanctifier dans
notre monde, ce n'est pas donné par des théories ou des
phénomènes de la nature, mais nous est donné par ces centres de
vie que sont les visages, visages à regarder, à respecter, à
caresser … ».
Dans l'Evangile de
demain, nous lirons, de fait, le reproche de Jésus à Philippe
qui n'a pas encore découvert le Père dans le visage de Jésus.
Que de fois il devrait nous faire un semblable reproche à nous
qui, sous la peau cuivrée, noire ou jaune … ne savons pas
découvrir un frère, et nous le traitons comme un étranger, un
différent, un inférieur.
Aujourd'hui plus que
par le passé, nous Frères et vous membres d'une Association qui
entend travailler en esprit taborinien, nous ne pouvons nous
laisser guider par la peur, une peur souvent motivée par
l'égoïsme, par le désir de tranquillité, par le sens
d'appartenance à une nation ou à un état social, à une
culture, parce que ce sont autant de choses qui créent des
discriminations et des souffrances
Nous devons nous
convaincre que noue n'avons pas été appelés seulement à
travailler pour les autres, mais à travailler avec les autres;
c'est en effet, la seule façon qui aide notre personne à
grandir, toujours plus riches de ces dons, que le Seigneur a
répandus sur tous les hommes, sans distinction de race ou de
situation.
Le thème que vous avez
choisi pour votre rencontre: "Education interculturelle, un
défi pour les sociétés plurielles", par référence justement
aux élèves immigrés, est un thème qui fait partie d'un
chapitre bien plus vaste, qui traite, comme je le disais
avant, des rapports avec l'autre; cet autre n'est ni un numéro,
ni un être inférieur, mais une personne comme nous, ayant la
même dignité et les mêmes droits.
C'est un fait qu'à
l'école, l'interculturel doit être compris comme une paideia,
comme une voie ordinaire de l'éducation, ayant comme but de
former le citoyen et de l'intégrer dans la société plurielle.
Par conséquent l'interculturel doit recouper les projets, les
cours, les matériels didactiques, les méthodes éducatives, les
critères d'évaluation, les rapports école-famille et
école-territoire.
En janvier 2005, le
défunt Pape Jean Paul II, pensant à la journée des migrants et
des réfugiés, nous a à nouveau invités à porter nos regards sur
le phénomène migratoire, justement au point de vie de
l'intégration culturelle. Il a bien souligné ce que doit être
l'intégration. qu'on définit souvent comme la nécessité
qu'ont les migrants de s'intégrer vraiment dans les pays
d'accueil. Nous savons que le "contenu" de ce concept et sa
pratique ne se définissent pas facilement.
Et, dans l'Instruction
Erga migrantes caritas Christi, l'intégration n'est pas
présentée comme une assimilation, laquelle suppose la
suppression ou l'oubli de sa propre culture. Le contact avec
l'autre est vu comme quelque chose qui porte plutôt à découvrir
un "secret", à s'ouvrir à lui pour en recevoir les aspects
valables et contribuer ainsi à une meilleure connaissance de
chacun. Et cela bien que n'échappent à personne les conflits
d'identité qui naissent souvent dans la rencontre de
cultures diverses.
Il y faut donc un
juste équilibre entre respect de sa propre identité et la
reconnaissance de celle d'autrui. On doit reconnaître la
légitime pluralité des cultures présentes dans un pays. On doit
éviter les modèles "assimilistes", qui tendent à faire du
différent une copie de soi-même, ou les modèles de
«marginalisation des migrants». La voie à suivre est celle de la
vraie intégration. Il en découle donc la nécessité du dialogue
dans un contexte de pluralisme, qui aille au-delà de la simple
tolérance, et arrive à la sympathie. Nous devons nous
convaincre de la nécessité d'une fécondation réciproque des
cultures.
Au problème de
l'immigration, diverses organisations ecclésiales ont su
proposer une large gamme d'interventions qui vont de
l'assistance à la promotion, à la formation, et qui l'ont fait
par des gestes et des paroles prophétiques.
Aujourd'hui nous le
proposons à l'attention de nos écoles SF.
Notre Administration
générale, dans une rencontre avec les Supérieurs provinciaux, en
2002, a tenté d'étudier les visages de cette réalité, surtout à
l'égard de la pluri religiosité dans le contexte scolaire en
Afrique et en Asie. Dans ces pays, les écoles des FSF
accueillent des jeunes de religions différentes. Et, durant
cette réflexion, nous nous sommes aperçus que le problème
touchait aussi certaines de nos écoles européennes,
françaises en particulier; nos amis Français connaissent bien ce
gros problème. C'est pourquoi, je suis content qu'il soit
proposé aujourd'hui, parce que ni l'Italie, ni l'Espagne ne
peuvent faire mine de l'ignorer.
A vrai dire, j'aurais
grandement désiré que la présente rencontre fût une mise en
commun d'un sérieux travail réalisé en divers lieux avec le
corps enseignant et la présence des Parents des établissements
SAFA. De France, nous aurions pu avoir des informations très
valables pour notre programme.
Là est une des
richesses de notre Association, celle de nous enrichir. Nous
enrichir par l'expérience de ceux qui travaillent comme nous
dans des établissements animés du même esprit, qui est celui que
nous a laissé frère Gabriel Taborin.
C'est par ailleurs, ce
que l'on peut lire dans les Statuts de l'AISF. L'article V dit
que l'Association collabore à la mission de l'Institut des FSF,
elle organise des congrès ...qui puissent étayer le Projet
Educatif.
Le souhait que je formule est donc
que si notre rencontre n'est pas un point d'arrivée après études
et recherches, qu'elle soit du moins un point de départ pour une
réflexion qui doit aller son seulement au profit de notre école
SAFA, mais à l'avantage de personnes qui l'attendent d'une école
catholique, qui le souhaitent d'un établissement des FSF.
Fr. Lino Da Campo
Supérieur Général
Madrid, 23 avril 2005
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I N T E R V E N
T I O N D U Á N G E L
A S T O R G A N O |
L’ENSEIGNEMENT INTERCULTUREL
Un défi pour les Sociétés pluralistes
0 INTRODUCTION
La
présence de plus en plus importante de minorités ethniques,
culturelles et religieuses dans nos pays et leur incidence dans
le milieu scolaire représente un des plus grand défi de
l’actualité pour les communautés éducatives de nos écoles.
L’arrivée de
nombreuses personnes en provenance de pays moins développés, qui
recherchent dans nos pays des conditions de vie plus digne, est
une réalité visible. Cette situation a une importante incidence
sur le système éducatif non seulement sur le plan quantitatif
mais surtout sur le qualitatif.
Outre ce nouveau
phénomène social auquel nous devons faire attention, il est
aussi nécessaire de situer les minorités culturelles qui font
parties de nos sociétés depuis des siècles mais qui demeurent
dans une situation de marginalisation sans pouvoir compter sur
des propositions éducatives suffisamment adéquates. Un exemple
poignant est celui des gitans, cette situation attend toujours
une démarche coordonnée et globale, orienté à la constitution
d’un futur plus juste.
L’éducation d’enfants
de minorités ethniques, culturelles ou religieuses n’est pas une
concession qui est fait à leur égard avec l’ouverture de portes
de nos écoles mais bien un droit qui leur revient et qui est
reconnu dans la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme : « L'éducation doit permettre à toute
personne une participation effective dans une société libre
et favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre
toutes les nations et tous les groupes raciaux […] » (Art.
26.2).
Nous pouvons affirmer
qu’actuellement, qu’il existe une plus grande sensibilisation
vis-à-vis de l’éducation d’enfants appartenant à ces minorités
mais aussi à ce que représente et implique un enseignement
interculturel en vue de fournir une éducation intégrale de tous
ces élèves. Un défi pédagogique auquel les écoles doivent faire
face est de répondre aux demandes d’une société de plus en plus
multiculturelle où la culture dominante ne peut ignorer ou taire
les cultures minoritaires.
Heureusement,
force est de constater que la conscience collective est de plus
en plus sensible vis-à-vis de l’identité culturelle de chaque
Etre Humain dans son processus de socialisation et de
développement. Les droits inhérents à la dignité humaine
incluent un versant culturel qui ne peut être omis des
perspectives éducatives.
Outre certaines
considérations d’ordre plus techniques qui demande une étude
plus approfondie des solutions menées dans nos pays, il est
nécessaire d’accentuer la sensibilité sociale des communautés
éducatives afin de cerner et d’évaluer les difficultés scolaires
des élèves appartenant à ces minorités qui souvent sont proie de
conditions socio-économiques défavorables.
Il est clair que le
corps enseignant ne se sent pas encore prêt à faire face à une
demande scolaire qui pourrait être progressive. Par ailleurs,
les parents se préoccupent de la qualité de l’enseignement et
peuvent émettre quelques réserves sur l’intégration scolaire de
ces enfants et adolescents ci celle-ci ce fait au détriment de
l’enseignement recherché. Nul ne peut nier que la pluralité de
cultures est une richesse en soi et qu’une école multiculturelle
bénéficiant d’un projet approprié avec les moyens, le soutien et
les ressources nécessaire, peut être une expérience
enrichissante pour tous les élèves. Toutefois, il faut savoir
comment procéder et comment le préparer pour appliquer une
démarche éducative dans ce type de situation.
Il ne fait l’ombre
d’un doute que nous sommes face à un problème complexe. Quoi
qu’il en soit, le phénomène migratoire actuel, comme dans le cas
de la population gitane, possède des caractéristiques originales
qui doivent entrer en ligne de compte lors de toutes
préparations de programmes éducatifs.
Toujours est-il que
les propositions éducatives mises en avant face à ce problème
plus d’ordre socio-économique que pédagogique, est parsemé de
difficultés que les études sociologiques et les expériences
quotidiennes des enseignants mettent en exergue.
Bien que coûteuse, la
promotion des élèves d’environnements marginalisés aux cultures
propres est nécessaire car la présence multiculturelle au sein
de l’école est intéressante surtout pour les élèves autochtones
qui peuvent à cette occasion pratiquer le respect,
l’acceptation, la tolérance et le dialogue envers un camarade
d’une autre culture, ethnie ou religion. Les manifestations
d’intolérance, racisme et xénophobie à l’encontre de certains
groupes immigrés observable dans la société démontrent le besoin
d’éduquer avec une perspective nouvelle et ouverte dans les
centres éducatifs.
A ce sujet, il est
utile d’observer ceux qui vont de l’avant dans la réflexion et
dans l’expérience. Ainsi, nous pouvons observer dans les pays
européens dont l’immigration est plus stable, une évolution des
perspectives éducatives.
Un premier objectif
fut l’intégration des enfants d’immigrés dans les écoles en
promouvant leur scolarisation. Les programmes pour ces enfants
s’axaient sur un principe d’assimilation à travers lequel la
culture dominante du pays accueil se donne le droit de
déterminer et d’imposer leurs conditions à ceux qui accédaient
au système éducatif.
Plus tard, et après
avoir observé les problèmes qu’avaient ces élèves, il fut
nécessaire de s’occuper de leur lacunes moyennant des activités
éducatives compensatoires.
Actuellement, les
efforts s’axent sur la conception et réalisation d’un
enseignement à perspective interculturelle s’appuyant sur le
principe d’intégration et dirigé à toute la population scolaire,
y compris l’autochtone.
L’enseignement
interculturel puise sa source dans le phénomène sociologique de
la coexistence de différents groupes culturels où certains sont
majoritaires et d’autres minoritaires. De plus, elle est fondée
sur le droit de tous citoyens au respect de leur culture, ce qui
suppose une reconnaissance des cultures présentes dans le milieu
scolaire ainsi que la valorisation positive qu’implique leur
interaction.
Du point de vue de
l’enseignement interculturel, la connaissance du milieu est
prépondérante au sein de l’établissement scolaire, en effet, il
faut tenir compte de la situation socioéconomique et culturelle
des familles, les carences et besoins, leur attitude face à
l’intégration, etc. Ainsi, tous ces éléments devront entrer en
ligne de compte lors de l’élaboration des objectifs éducatifs
pour les élèves de ce milieu. Toutefois, l’action éducative sera
insuffisante si les aides sociales couvrant les besoins de base
ne sont pas fournies et si des programmes de formation familiale
dirigée spécialement aux parents ne sont pas établis.
Il convient aussi de
noter l’impacte que peuvent avoir les médias, plus spécialement
la radio et la télévision dans la sensibilisation de la société
face au problème de l’immigration et une approche conséquente à
un enseignement interculturel.
Il est dès lors
important que parents et enseignants soient attentifs à ce sujet
comme pour tant d’autres, vis-à-vis des messages que véhiculent
les médias en faisant preuve d’une attitude critique pour aider
les jeunes générations à faire de même et pouvoir juger et
analyser ainsi les informations reçues.
1. DIMENSION
INTERCULTURELLE DE L’ENSEIGNEMENT
Tout d’abord,
l’enseignement interculturel met en évidence, la reconnaissance
et l’appréciation de toutes les cultures présentes dans le
domaine et milieu éducatif ainsi que l’enrichissement mutuel que
ce phénomène implique à travers tout le processus éducatif. Quoi
que peu exploré, quelques lignes importantes de
recherche-action se sont ouvertes dans ce domaine avec divers
modèles et perspectives dans toutes la série de programmes mis
en marche.
Selon les experts, un
des principaux buts de l’enseignement interculturel est la
préparation des tous les élèves, autochtones y compris à la
compréhension, adaptation et une bonne interaction au sein d’une
société multiculturelle. Par conséquence, il est nécessaire
d’inclure cette perspective dans le Projet Educatif et mener
dans les classes et école une série d’activité facilitant la
connaissance des différences cultures présentes, promouvant des
attitudes favorables face à la diversité, éradiquant les
préjugés et cela s’entend, prévoir des programmes spécifiques
d’apprentissage de la langue ou des langues du pays d’accueil
conçu pour ces enfants.
Un autre grand but de
l’enseignement interculturel est d’atteindre un niveau élevé
d’égalité d’opportunité pour les enfants issus des minorités
souvent marginalisés. Cependant, cette action demande des
politiques sociales globales, il ne fait l’ombre d’un doute que
l’éducation peut apporter une base importante grâce à une
possibilité réelle d’adaptation des programmes éducatifs ainsi
qu’un soutien qualifié au bénéfice de cet objectif éducatif et
social.
A cette fin, il semble
nécessaire de mettre en œuvre quelques mesures pour
l’amélioration de la qualité de l’enseignement :
·
Assurer une attention précoce aux jeunes enfants
susceptible d’avoir des problèmes d’apprentissage.
·
Accorder des conditions spéciales pour les
centres éducatifs ayant des élèves sujets à l’échec scolaire
favorisant les études de type universitaire à ce sujet et le
soutien de la recherche dans ce domaine.
·
Embaucher des enseignants spécialisés pour les
écoles rurales regroupées et pour les centres d’intégration
d’élèves ayant des besoins éducatifs spéciales.
·
Proposer des programmes spécifiques conçus pour
la formation d’enseignants qui puissent travailler avec des
élèves appartenant à des minorités défavorisées.
·
Augmenter les programmes de formation d’adultes.
·
Etablir des mécanismes compensatoires.
En effet, des mesures doivent être appliquées
tant dans les centres publics comme dans les centres privés
s’alignant sur ce principe d’égalité d’opportunité.
Ceci dit, comme dans
tous les autres domaines, il est nécessaire de mettre sur pied
des programmes concrets et bien planifiés pour que ces objectifs
puissent voir le jour et ne restent pas une simple manifestation
de bonnes intentions. Ces programmes veilleront au développement
d’aptitudes favorisant la communication, à l’éducation par la
connaissance mutuelle, l’éducation pour l’intégration, etc. Une
analyse de la situation réelle scolaire ainsi que de
l’environnement socioculturel est nécessaire pour pouvoir
détecter les besoins et établir les programmes spécifiques afin
d’y répondre.
Deux éléments sont
essentiels pour que l’enseignement interculturel soit mis en
place dans les écoles : le programme scolaire et le corps
enseignant. Un programme ouvert, flexible, adaptable, et des
enseignants motivés, préparés disposant de ressources
didactiques. De plus, l’intercommunication entre ces centres est
primordiale.
Il convient de souligner qu’au-delà des
aspects techniques de l’enseignement interculturel, qui
nécessitent une recherche approfondie ainsi qu’une mise en
contraste de projets menés dans cette optique, cette éducation
est fondée sur un humanisme véritable. Grâce à une telle
perspective, chaque élève est considéré comme une personne
singulière, une reconnaissance plus proche et affectueuse des
multiples visages est possible, ils apprennent à jouer et
travailler ensemble, le besoin de créer entre tous est stimulé,
pour que pas à pas, un futur meilleur, plus fraternel et
participatif où le dialogue permanent soient possibles.
L’enseignement interculturel sera atteint grâce des programmes
concrets mais surtout grâce à l’expérience scolaire éducative.
2.
LE DEFI DE L’ENSEIGNEMENT INTERCULTUREL DANS NOS PAYS
Il est de plus en
plus clair que notre société est multiculturelle. Ainsi, dans
une société comme la notre, l’enseignement joue un double rôle :
d’une part, l’intégration de chaque personne dans leur propre
milieu culturel par leur langues, traditions, façons
d’entretenir des relations et d’interpréter la réalité, les
valeurs les plus significatives, les façons de sentir, etc.
Toujours est-il que dans la tache éducatrice il ne faut pas
négliger la préparation de l’individu afin qu’il puisse vivre de
manière responsable et dans un contexte multiculturel. Ceci
reste un important objectif à atteindre.
Bien que cette
situation soit source de grand intérêt éducatif, actuellement
nous voulons nous concentrer sur le défi que représente la
présence dans nos pays de cultures minoritaires marginalisées au
sein de nos écoles.
De nos
jours, l’immigration, ce phénomène douloureux et profondément
humain, prend une dimension particulière en Espagne puisque en
très peu de temps nous avons pu observer une inversion des
tendances : de pays source d’immigrés il y a quelques années,
nous recevons à présent des immigrants provenant de situations
vraiment dramatiques. Actuellement, il est indispensable de
prendre en compte et étudier une série de faits importants lors
de la présentation de ce problème social d’un point de vue
éducatif.
L’arrivée et
l’établissement de gens en provenance de groupes ethniques,
culturels et religieux différents toujours minoritaires et
souvent issu du Tiers Monde est un phénomène croissance,
progressif et incessant.
Ce phénomène, constaté
partout en Europe, est d’autant plus préoccupant pour notre pays
que les traités et engagements communautaires demande une
répartition égalitaire des pourcentages d’immigration.
Ces enfants,
pré-adolescents et adolescents issus de familles immigrées
doivent accéder grâce à leur droit comme individu à un
enseignement, ce que de plus en plus font et qui confronte les
écoles publiques et privés à une nouvelle situation : dans un
même espace et dans un même horaire scolaire il faut que des
élèves de différentes ethnies, cultures et religions d’origine
coexistent et apprennent ensemble alors que l’une d’entre elles
est minoritaire.
Cette situation appelle les
écoles à réexaminer leur intervention éducative dans le domaine
interculturel pour ne pas échouer dans le processus
d’apprentissage et de socialisation des enfants. Gardant comme
objectif, une intégration harmonieuse, celle-ci implique la
formation d’élèves à disposition l’un de l’autre, donnant et
recevant avec une attitude positive, la reconnaissance de la
richesse qu’implique la diversité.
Vue la précarité
socioéconomique et la marginalisation dont souffre les groupes
ethniques et culturels issus de pays du Tiers Monde, il est
nécessaire de travailler à plusieurs objectifs : trouver une
solution aux problèmes de logement, de santé, de travail,
favoriser la participation active des gens impliqués dans cette
quête de solutions, promouvoir entre les différents groupes
culturels la connaissance, la compréhension et la coexistence
mutuelle plus profonde.
Une coordination
réciproque entre les divers politiques globales et l’école sera,
sans nul doute, un facteur extrêmement positif pour
l’intégration.
Partant des
expériences déjà existantes, nous pouvons affirmer que la
présence d’enfants issus de l’immigration comporte plusieurs
difficultés :
Une première série ce
sont les lacunes que ces élèves ont lorsqu’ils intègrent le
système éducatif espagnol : de faibles niveaux d’enseignement de
base, méconnaissance de la langue officielle de l’Etat où ils se
trouvent, situation socioculturelle désavantageuse, une pauvre
estime de soi, tendance à l’introversion ou au renfermement dans
des petits groupes ethniques marginaux.
Outre ces
difficultés, d’autres peuvent être occasionnées par une attitude
de réserve, rejet ou inhibition explicite ou occulte que les
élèves autochtones peuvent manifester vis-à-vis des différences
de leurs camarades. En effet, ce problème creuse le sentiment de
rejet qui peut être renforcé dans la famille et parfois dans les
médias.
Le statut d’immigré en plus de la
marginalisation socioéconomique ainsi que la conscience
d’appartenir à une minorité culturelle et marginale, parfois
menacée, implique des caractéristiques que la communauté
éducative doit accepter, comprendre et intégrer dans les
propositions éducatives mises en avant.
3. RECOMMANDATIONS
Face au défi que représente de nos jours pour
l’éducation cette situation sociale et multiculturelle dans
notre société, nous nous permettons de faire quelques
recommandations pour que dans le cas échéant elles puissent être
prises en compte.
Il est clair que ces
recommandations pourront varier en fonction des centres ayant
des élèves de minorités marginales ou si il s’agit de centres
qui comptent parmi eux, des élèves issus de l’immigration des
pays du Tiers Monde.
Dans le premier cas de
figure, il se pourrait que le thème de l’interculturisation ne
semble pas les concerner, or, l’éducation pour une société
multiculturelle est un phénomène inéluctable par les temps qui
courent. Outre cette situation, il serait bon que les centres
vivant déjà l’expérience de l’interculturalisation, renforcent
et diffusent le fruit de cette expérience autant que possible.
CENTRES N’AYANT
PAS D’ELEVES APPARTENANT MAJORITAIREMENT A DES MINORITES
ETNIQUES, CULTURELLES OU RELIGIEUSES
1. Apporter aux Projets Educatifs une
gamme de valeurs éthiques qui puissent contribuées à un accueil
et une intégration des minorités ethniques et culturelles
résidant dans le pays.
Chaque communauté éducative décidera quelles
sont les valeurs qui convergent vers cette perspective. Quelques
critères de base configurant la dimension interculturelle de
l’éducation et qui peuvent aider et orienter la réflexion sont :
la centralité de chaque Etre Humain, l’acceptation des
différences comme facteurs de maturité, la promotion d’un esprit
critique capable de comprendre et d’analyser les causes de
l’immigration, le développement méthodique du dialogue,
l’importance d’une solidarité opérationnelle, etc.
2. Inclure dans la formation d’enseignants le thème de
l’enseignement interculturel.
Tous constatent que la société ne cesse de se
complexifier, et parmi les divers facteurs en interaction, l’un
d’entre eux provient de la diversité des groupes ethniques et
culturels. La conscience de plus en plus manifeste d’une
identité culturelle spécifique au sein de chaque groupe, peut
créer entre ceux-ci des tensions dans le dialogue parfois
conflictuelles à l’égard de la culture dominante. La soi-disant
assimilation culturelle, qui a pu remporter un certain succès à
une époque, doit laisser place à l’intégration et la
reconnaissance des différentes cultures dans la société. Il ne
fait l’ombre d’un doute que l’éducation à un rôle prépondérant à
jouer dans ce processus, d’où l’importance capitale de former le
corps enseignants.
Toujours est-il que la
bonne volonté n’est pas suffisante. Il faut que les enseignants
soient préparés à recevoir et comprendre leurs élèves, leurs
familles et collègues provenant d’autres pays ; qu’ils
respectent la diversité de langues, de modes de vie, de projets,
de comportements, de religions ; qu’ils puissent traiter les
conflits qui pourraient survenir et qu’ils sachent en profiter
afin que tous s’en enrichir culturellement. Car c’est en effet,
la formation des enseignants qui est la clé de l’enseignement
interculturel.
3. Accepter la scolarisation d’enfants provenant de minorités
culturelles issus de l’immigration.
Il est clair que la demande variera en fonction
de l’emplacement du centre scolaire. Toutefois, nous ne pouvons
entraver l’attention portée aux demandes qui pourraient surgir
et ce malgré les difficultés que celle-ci puisse impliquer ou
toutes résistances même si justifiées, qu’il puisse y avoir.
Il vrai que la société demande une
certaine qualité éducative. Ceci dit, il est nécessaire
d’intégrer l’interculturalité de manière responsable et
concertée de façon à influencer positivement la qualité
éducative à laquelle nous aspirons.
CENTRE AYANT DEJA UNE PRESENCE IMPORTANTE
D’ELEVES ISSUS DE MINORITES ETHNIQUES ET CULTURELLES.
1. Aussi bien le corps enseignant que la
communauté éducative méditent sur le défi que représente
l’intégration d’élève issus de minorités, tant pour les élèves y
compris les autochtones que pour l’organisation du centre et les
enseignants.
La première chose à prévoir est une intégration
adéquate de chaque élève immigré dans les niveaux scolaires. Il
est également nécessaire de connaître et de repérer les
difficultés qui font obstacles à l’intégration (méconnaissance
de la langue du pays d’accueil, tendance à l’introversion, etc.)
et mettre en place des programmes débloquant la situation de
marginalisation et facilitant une normalisation rapide. Une
autre mesure serait de concrétiser la manière et le degré
intégration des expressions de la culture d’origine au sein de
l’école. Une autre mesure serait encore, la façon de travailler
dans la pratique l’éducation pour la compréhension et
l’acceptation des différences.
Le renfort et appuis
que peuvent apporter les enseignants sont fondamentaux pour
pouvoir mener à bien une proposition éducative d’interculturalisation.
De même il est
essentiel de veiller à l’organisation scolaire qui réponde aux
besoins concrets de ces élèves : analyser la situation
personnelle et scolaire de chaque enfant, créer des programmes
spécifiques rattrapage individuels ou en petits groupes,
appliquer des méthodes pédagogiques ad hoc, avoir un corps
enseignant préparé en cas d’intervention spécifique.
Aussi, faut-il stimuler les élèves pour
qu’ils aient une attitude de respect et estime de la diversité
culturelle en vue d’arriver une coexistence enrichissante.
2. Inclure dans le Projet Educatif les perspectives de
l’enseignement interculturel : un enseignement pour tous élèves,
l’intégration d’éléments interculturels dans la préparation des
programmes scolaire ainsi que dans la programmation et prévoir
la possibilité de les adapter, l’intégration de programmes
spécifiques pour l’apprentissage d’un langage commun.
Le Projet Educatif doit énoncer clairement le
système de valeur que l’école choisi, quelles pourraient être
les possibilités et limitations à l’intégration d’élèves
immigrés en vue d’assurer une qualité éducative pour tous ainsi
que les relation avec le contexte, etc.
Nous devons prendre conscience que
l’enseignement interculturel touche tous les centres scolaires,
les objectifs, les programmes et les modes de travail. Petit à
petit, la Direction et le corps enseignant introduiront dans le
Projet éducatif les nouveaux éléments de l’interculturalisation
en tenant compte des besoins et de l’expérience scolaire.
3.
Etablir un réseau de centres scolaires qui ont déjà scolarisés
des enfants de minorités ethniques et culturelles. Ce réseau
d’intercommunication à niveau régional, par ville, par
Communautés autonomes devra unir les efforts et étudier les
solutions communes.
Quelques lignes d’actions
qui pourraient être travaillée en commun sont : formation du
corps enseignant, développement du programme scolaire,
l’organisation, difficultés rencontrés en fonction de l’origine
des élèves.
Quelques sujets à
étudier ensemble sont : éléments et valeurs culturelles des
minorités présentent dans chaque école, profil des élèves
immigrés, méthodes qui favorise la socialisation des enfants et
réduisent les préjugés.
Finalement, la
formation du corps enseignant doit ce faire tant sur le plan
théorique que pratique. A cette fin, des groupes d’enseignants
‘inter-centre’ pourraient être organisés intégrant un programme
de réflexion et action dans lesquels il y aurait un cadre de
formation théorique.
Angel Astorgano Ruiz
Sécrétaire
Général
OIEC
Madrid, 23
avril 2005
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